Pour la libération nationale de la Palestine, la décolonisation et le démantèlement de l’entité coloniale sioniste

Pour la libération nationale de la Palestine, la décolonisation et le démantèlement de l’entité coloniale sioniste
Pour la libération nationale de la Palestine, la décolonisation et le démantèlement de l’entité coloniale sioniste
N° 973 15/04/2026
Au Liban, les sionistes bombardent, mais se heurtent à la Résistance
Depuis la paix armée installée entre l’Iran et ses agresseurs américano-sionistes, l’armée sioniste d’invasion met les bouchées doubles, bombardant et tuant à qui mieux mieux. Il ne s’agit pas vraiment de cibler X ou Y, mais de terroriser au sens propre du mot les Libanais, particulièrement ceux des quartiers de Beyrouth où est implantée la Résistance.
L’objectif de l’aviation génocidaire est tel ce fut le cas en Iran, d’effacer les traces du passé : bombardement, pour la seconde fois du mausolée de Simon-Pierre, ou encore nouvelles destructions de monuments antiques à Tyr.
Tout cela, bien entendu sans que le gouvernement français ne fasse rien, sans que la nécessité de la rupture du pacte entre l’UE et l’État colonial sioniste avance d’un iota. En revanche les valets serviles dirigeant officiellement l’État libanais, le président Aoun et le premier ministre Nawaf rivalisent de courbettes devant l’entité sioniste et son maître US. Ainsi des pourparlers israélo-libanais, sous médiation américaine, ont débuté mardi 14 avril à Washington. Les ambassadeurs israélien et libanais aux États-Unis se sont rencontrés. Si les déclarations quant à l'objectif des discussions paraissent un peu contradictoires, l’idée serait, semble-t-il de négocier un prétendu « cessez-le-feu ». Or, les dirigeants libanais ont tout fait pour ne surtout pas riposter à l’agression sioniste, ordonnant même à l’armée libanaise de se retirer des zones de combat au sol. Comme ils ne sont donc pas en guerre avec l’État colonial sioniste, on voit mal la signification d’un cessez-le-feu. En réalité, pendant queNetanyahu gagne du temps et de poursuit les bombardements systématiques du Liban, Aoun et Nawaf sont prêts à se coucher, à lâcher même le sud du Litani, au risque de provoquer une guerre civile. Le premier ministre Nawaf, on se souvient  avait râlé contre le premier cessez-le-feu négocié à Islamabad, dont le premier ministre pakistanais avait dit qu’il comprenait bien le Liban. Nawaf avait expliqué qu’un cessez-le-feu au Liban ne pouvait être négocié seulement par les Libanais et, quelques minutes plus tard, les bombardements sionistes avaient repris de plus belle.
Pour autant, tout n’est pas rose pour l’État colonial sioniste, ayant toujours autant de mal à avancer dans le sud du Liban, lors des combats au sol. La Résistance, et notamment les miliciens du Hezbollah, se défend avec acharnement, infligeant de nombreuses pertes à l’armée d’invasion. Chaque jour, les
media
du Hezbollah annoncent ici la destruction de chars, là une embuscade, là encore le retrait des forces d’invasion
. Le match chars contre drones tourne à l’avantage des drones, ceci est une caractéristique constatée avec cet affrontement.
Les fausses négociations d’Islamabad
Les discussions entre l’agresseur impérialiste US et l’agressé iranien ont eu lieu samedi 11 avril à Islamabad, capitale du Pakistan, sous l’égide de celui-ci. Les dix conditions fixées par l’Iran sont connues de tous. Pour autant, le vice-président US est venu les mains vides, reparlant de l’uranium et du détroit d’Ormuzd. Il a mis fin brusquement à ces négociations n’en étant pas. On sait depuis les accords de Minsk concernant l’Ukraine la tactique des impérialistes occidentaux est toujours la même : la discussion ne sert qu’à gagner du temps pendant que les impérialistes se préparent à relancer l’agression. Cela se double, s’il s’agit des sionistes ou de leur mentor US, du ciblage et des tentatives d’exécution des négociateurs. Ainsi, l’aviation pakistanaise a dû accompagner l’avion transportant les dirigeants iraniens pour leur retour dans leur pays après le capotage de la discussion.
Pendant la paix armée, l’attention est portée sur le détroit d’Ormuzd, que les US voudraient rouvrir par la force. Des forces armées sont semble-t-il transportées au Moyen Orient, un destroyer US s’approchant un peu trop du port de Bandar Abbas a été fortement touché par la marine iranienne (elle annonce qu’il a été coulé), les autres se sont repliés.
Certains États de l’UE prennent clairement leurs distances avec la guerre d’agression US-sioniste, cela leur vaut les foudres de Trump. C’est le cas de l’Espagne, ayant annoncé la reprise de l’achat de pétrole à l’Iran ainsi qu’un accord commercial avec la Chine. C’est aussi le cas de l’Italie, dont la première ministre, Georgia Meloni, a condamné depuis le début l’agression impérialiste de l’Iran. Nous avons d’ailleurs assisté à une joute verbale entre Trump et elle, celle-ci n’est pas sans intérêt. Comme elle avait fermement condamné la façon dont le président US a parlé du pape, trouvant ses paroles inacceptables, Trump s’est fendu d’une tirade qu’il a pensée vengeresse : «
C’est elle qui est inacceptable, elle se moque que l’Iran obtienne l’arme nucléaire et fasse sauter l’Italie en deux minutes.
». Ce à quoi la première ministre a répondu à bon escient : «
Jusqu’à présent, que je sache, neuf nations possèdent l’arme nucléaire, et une seule s’en est jamais servi. Cette nation, ce sont les États-Unis. Monsieur Trump doit adoucir son ton. Personne ne lance de menaces nucléaires comme Washington, et il devrait surveiller ses paroles.
».
En Italie
S’il est fort probable que les capitalistes italiens aient peu d’intérêt à la guerre d’agression menée par le chef du bloc impérialiste occidental, les réactions de Melloni s’expliquent aussi par la position ferme des travailleurs italiens en faveur de la Palestine, les protestations organisées notamment par le syndicat USB font le plein à chaque fois : encore plus de 100 000 manifestants à Rome le 28 mars (pour 15 000 à Paris). Melloni s’est également attiré les foudres des sionistes disant: «
J'accuse Israël d'avoir franchi la ligne rouge, je condamne le massacre des civils palestiniens, et j'annonce que l'Italie soutiendra les sanctions européennes contre Israël.
».
Un autre événement fait parler en Italie, la une du magazine l’Espresso montrant un militaire sioniste toisant et se moquant d’une femme palestinienne agenouillée en Cisjordanie. Le magazine publie la photo avec un titre éloquent : « L’abus ». Cette une a fait l’objet d’une protestation de l’ambassadeur de l’entité coloniale sioniste en Italie : «
Nous condamnons fermement l'utilisation manipulatrice de la récente couverture de L'Espresso. Cette image déforme la réalité complexe à laquelle Israël est confronté, et alimente les stéréotypes et la haine. Un journalisme responsable se doit d'être équilibré et impartial.
». Les sionistes sont tellement habitués à ce que les media de l’UE présentent leur version qu’ils s’étranglent dès qu’un magazine se révèle justement impartial et que des journalistes effectuent leur travail de journaliste. La photo a bien été prise par un photographe italien, Pietro Masturzo, en Cisjordanie à l’occasion d’une opération des colons sous protection de l’armée détruisant plus d’une centaine d’oliviers au sud-ouest du village de Massafer Yatta. Et l’ambassadeur Peled s’est attiré une longue et cinglante réponse de la part du rédacteur en chef adjoint du magazine, Enrico Bellavia, dont nous publions quelques extraits : «
Le dernier article de couverture de L'Espresso sur les exactions des colons en Cisjordanie, que l'ambassadeur Peled a imprudemment
"condamné
", nous apprend plusieurs choses. D'abord et avant tout, pour nous qui avons beaucoup à apprendre. Même de nos propres actions.Sans le sourire narquois du colon se moquant de la Palestinienne, capturé par l'objectif expert de Pietro Masturzo, ce récit, empreint de déracinement, de violence et d'effusion de sang, n'aurait pas eu le même impact. Car il témoigne d'un nettoyage ethnique visant à nourrir les ambitions expansionnistes du Grand Israël.Et il n'a rien à voir avec la sécurité nationale. Il ne répond pas à la logique, aussi déformée ou fonctionnelle soit-elle, de la lutte contre les menaces terroristes. […] Nous ne sommes pas ceux qui propagent les stéréotypes et la haine. Face aux néonazis et aux néofascistes, face aux antisémites, nous restons fidèles à nos principes. Nous ne considérons pas les terroristes comme un groupe ethnique ni les criminels comme un peuple. Le génocide est ainsi nommé. Et nous ne ferons aucune concession à ceux qui dissimulent ou déforment la réalité, pas même au nom de l'Histoire.
».
En Palestine occupée
Les persécutions des colons ne se résument pas à la destruction des arbres et des récoltes en Cisjordanie. Au nord d’Hébron, des colons ont coupé les conduites d’eau alimentant les agriculteurs palestiniens à proximité de la source d’Ain Al-Auja le 14 avril.
Le ministre Smotrich a confirmé le 14 la création par l’entité coloniale sioniste de 34 nouvelles colonies en Cisjordanie, ayant été annoncée le 11 avril par une ONG sioniste de gauche « La Paix Maintenant » qui fait profession de s’opposer à la colonisation de la Cisjordanie, dans un rapport.Ces 34 nouvelles colonies s’ajouteront aux 68 déjà établies par le gouvernement de Netanyahu depuis sa formation fin 2022. Dix des 34 nouvelles colonies sont des avant-postes existants et seront légalisés et 24 autres sont en projet.Ces avant-postes sont des implantations dont toutes les bonnes âmes disent qu’elles sont illégales non seulement au regard du soi-disant droit international, mais même au regard de celui de l’État colonial sioniste. Elles sont destinées à créer des faits accomplis sur le terrain.
Dans la localité palestinienne de Deir Ammar, les habitants redoutent que l’avant-poste établi un an au paravent au sommet d’une colline proche de leur village ne figure parmi ceux tout juste légalisés. Or, la liste des futures colonies publiée par la Commission de résistance à la colonisation et au mur, relevant de l’Autorité palestinienne, l’emplacement prévu de la colonie de Ramatim Tzofim correspond à celui de l’avant-poste situé près de Deir Ammar. En outre, les colons ont empilé des pierres sur un chemin de terre emprunté par les agriculteurs locaux afin d’accéder à leurs champs près des nouveaux avant-postes, et ont détruit tout un verger d’oliviers. C’est le quotidien de la Cisjordanie, et, là encore, ni la France, ni l’Union européenne n’agissent pour que cela cesse.
Et en France, le poids de la question coloniale mine le mouvement de solidarité
Si, ici et là, la mobilisation en faveur de la solidarité avec la libération nationale de la Palestine se poursuit dans notre pays, elle n’est pas à la hauteur de ce qui se passe dans les pays voisins, Royaume Uni, Italie, Espagne ou encore Belgique et Pays Bas. Nous avons déjà eu l’occasion de nous pencher sur ce problème, c’est une vraie préoccupation pour tous les militants de la solidarité avec la libération de la Palestine et plus particulièrement les militants du Parti Révolutionnaire Communistes. Il est important de revenir sur la question.
Nous faisons deux constats. Le premier, une partie du mouvement de solidarité porte des positions erronées. Ce ne sont pas les plus ancrés dans la lutte, mais ceux dont on parle dans les media, en particulier LFI. Nous l’avons écrit à plusieurs reprises, le grand mérite des militants de LFI est d’avoir très tôt dénoncé le génocide et d’avoir contribué à mettre la question palestinienne sur le devant de la scène. Mais ils sont restés au milieu du gué. Comme le PCF et EELV, ils sont pour la pseudo-solution à deux États. Or, la mise à nu de la réalité du sionisme pour les travailleurs et les peuples du monde a objectivement enterré cette diversion. Même les plus fermes partisans de l’application des résolutions de l’ONU, au nom du sacro-saint mais mythique droit international, ne l’évoquent presque plus. Et, si les dirigeants de LFI font comme les autres et sont devenus muets à ce sujet, ils s’interdisent de mettre en cause l’existence de l’État colonial sioniste et dénoncent seulement « le gouvernement d’extrême-droite de Netanyahu ». Ces mots d’ordre envoient le mouvement de solidarité droit dans le mur. La décolonisation passe par la fin de l’entité sioniste. Quelque part, tous les soutiens de la Palestine le savent, mais beaucoup se refusent à le dire, car leur conception ou leur rapport à la colonisation n’est pas clair.
Le second constat est l’absence quasi-totale des syndicats dans le mouvement de solidarité avec la libération de la Palestine en France, plus particulièrement, l’absence de la CGT. En Italie, la confédération des syndicats de base créée depuis dix ans, l’USB, a joué un rôle majeur dans les mobilisations et particulièrement dans deux journées nationales de grève en octobre et novembre 2025. Et son mot d’ordre dominant est clair : libération de la Palestine. Dans le Royaume Uni, si la direction des Trade Unions n’est pas dans le coup, nombre de syndicats et de syndicalistes participent depuis le début au mouvement de solidarité, d’autres ont rejoint et beaucoup défendent aussi la libération de la Palestine. En Belgique, le syndicat réformiste, la FGTB et le syndicat chrétien sont également mobilisés, sur des mots d’ordre moins avancés, mais beaucoup contre la livraison d’armes et le commerce en général avec l’entité sioniste. En France, à part quelques structures ici et là, quelques syndicats ou individus isolés, la CGT n’est pas de ce combat. Le 28 mars, à Paris, la manifestation à l’occasion de la journée de la terre a rassemblé quinze mille personnes. Ils étaient moins de 500 dans le cortège intersyndical. Ce second constat trouve l’explication identique au premier, l’incompréhension de la question coloniale. Le projet de document d’orientation du futur congrès de la CGT nous éclaire à la fois sur le refus de la CGT de considérer la France comme un État impérialiste partie prenante du bloc occidental, ce qui n’aide certes pas à la compréhension de la situation en Palestine, mais le texte met sur le même plan la guerre en Ukraine, une guerre impérialiste, opposant le bloc occidental au bloc Chine-Russie et la guerre de libération nationale de la Palestine face au prolongement organique de l’impérialisme occidental : l’entité coloniale sioniste. Ces guerres ne sont absolument pas de même nature, et nier la spécificité de la guerre coloniale en Palestine, c’est passer à côté de l’enjeu essentiel que représente, pour les travailleurs du monde entier, pour notre propre émancipation, la libération nationale de la Palestine.
Depuis deux ans et demi, le mouvement de solidarité avec la Palestine a remporté une seule victoire, mais une victoire essentielle, la libération de Georges Abdallah. Or, tant les discours de Georges que les mots d’ordre de la Campagne Unitaire Pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah (CUPLGIA) permettent de cerner ceci, l’ennemi est l’État colonial sioniste, toute la Palestine colonisée doit être libre et cela passe par le démantèlement de l’entité.
La révèlation de la relative faiblesse du mouvement pour la libération de la Palestine en France, c’est que la prise en compte et l’analyse juste du fait colonial reste minoritaire. Entre certains trotskistes nous parlant de rassembler le prolétariat palestinien et le « prolétariat israélien » et LFI qui ne combat pas le colonialisme marocain au Sahara Occidental, nous avons les limites objectives du mouvement. Les premiers sont traumatisés par la question nationale, liée à la question coloniale et les seconds ne voient clairement pas ce qu’est l’impérialisme quand ils défendent la « défense » du Groënland par l’UE ou celle des bases britanniques à Chypre par la marine française. Les uns comme les autres se gardent bien de dire que la colonisation concerne l’ensemble de la Palestine et, dans le même mouvement, défendent objectivement l’existence de l’entité coloniale sioniste. Nous avons peut-être cru, dans les années 70 que la question coloniale était éclaircie en France. Il n’en est rien force est de le constater. Et cela s’explique grandement par le fait que la gauche française, y compris le PCF, a eu, à partir de 1945, des positions soit franchement colonialistes (la SFIO et ses suivants), soit, pas vraiment anticolonialistes. On se souvient en particulier des positions du PCF à propos de la libération nationale de l’Algérie, accusant en 1945 les manifestants de Sétif d’être infiltrés par les Hitlériens et de sa forte divergence avec le PC Algérien sur le soutien ou non à l’insurrection.
S’il est plus faible qu’ailleurs, le mouvement de solidarité avec la libération nationale de la Palestine est bien présent et gêne considérablement l’ordre établi.La cause palestinienne affronte partout, mais spécialement en France le silence, la désinformation, la censure, la répression et la volonté de formater. A l’École est dévolu ce rôle de formatage. Mais il en est de l’information comme de la vérité sur l’entité sioniste, malgré les menaces, la censure, les pressions, le monde sait. Le combat des dirigeants sionistes, de nos propres dirigeants impérialistes et des
media
serviles afin d’empêcher qu’on connaisse à la fois la situation coloniale, le vrai visage de l’État colonial sioniste et son délabrement actuel pour cause de missiles iraniens est totalement vain. Continuer inlassablement de défendre la libération nationale est le seul moyen d’avancer sur la compréhension de la question coloniale et de lutter contre tous les obstacles dont nous parlons. Partout, contre la falsification au service de l’impérialisme occidental, la criminalisation de l’anticolonialisme, en faveur de la défense de la vérité et de la libération nationale de la Palestine, pour un discours clair sur le colonialisme, on trouvera les militants du Parti Révolutionnaire Communistes.Les barricades n’ont que deux côtés, comme disait Elsa Triolet. C’est la libération nationale de la Palestine ou la soumission d’une manière ou d’une autre à l’ordre colonial.
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, le combat de la Résistance palestinienne, qui affronte directement la pointe avancée de l’impérialisme occidental est vital pour les prolétaires de l’ensemble de la planète ; les Palestiniens sont
un peuple acteur de sa propre histoire, en lutte contre le sionisme, l'impérialisme et la réaction, pour sa libération nationale, un long combat dont nous devons reconnaître la centralité et le caractère stratégique pour notre propre émancipation.
L’État colonial sioniste tombera, c’est le sens de l’histoire ; et la Palestine sera libre de la mer au Jourdain !
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