Aroumain — Wikipédia
Aller au contenu
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis
Langue aroumaine
Aroumain
Armãneascã, Armãneshce, Armãneashti, Armãnã.
Pays
Albanie
Bulgarie
Grèce
Macédoine du Nord
Roumanie
Serbie
Nombre de locuteurs
environ 250 000
Classification par famille
langues indo-européennes
langues italiques
langues latino-falisques
langues romanes
langues romanes orientales
aroumain
Codes de langue
IETF
rup
ISO 639-2
rup
ISO 639-3
rup
Étendue
langue individuelle
Type
langue vivante
Linguasphere
51-AAD-ba
Glottolog
arom1237
État de conservation
Éteinte
EX
Éteinte
Menacée
CR
En situation critique
SE
Sérieusement en danger
DE
En danger
VU
Vulnérable
Sûre
NE
Non menacée
Langue
en danger
DE
) au sens de l’
Atlas des langues en danger dans le monde
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (
le texte en français
Articlu 1.
Tuti iatsãli umineshtsã s-fac liberi shi egali la nãmuzea shi-ndrepturli. Eali suntu hãrziti cu fichiri shi sinidisi shi lipseashti un cu alantu sh-si poartã tu duhlu-a frãtsãljiljei.
modifier
langues romanes orientales
Roumain
Aroumain
Mégléno-roumain
Istro-roumain
L’
aroumain
endonyme
limba armãneascã
ou
armãnã
, désigné aussi par l’
adverbe
armãneashte
armãneshce
), dit aussi
macédo-roumain
en
Roumanie
, est une
langue romane
parlée dans le Sud des
Balkans
par les
Aroumains
, faisant partie du
diasystème roman de l'Est
L’aroumain est considéré par certains
linguistes
comme une
langue
à part, comme le daco-roumain (qu’on appelle communément le
roumain
), le
mégléno-roumain
et l’
istro-roumain
Toutefois, pour d’autres linguistes
, il s’agirait d’un
dialecte
du roumain. La seule certitude sur laquelle tous les linguistes et les
toponymistes
s’accordent, est que ces langues, individualisées à partir du
siècle
, proviennent d’un tronc commun roman appelé
proto-roumain
, évolué du
latin vulgaire
parlé dans la péninsule des
Balkans
et le bassin du Bas-
Danube
Locuteurs
modifier
modifier le code
Sur le nombre de locuteurs de l’aroumain il n’y a que des estimations. La plus fiable semble être celle d’un document du
Conseil de l'Europe
qui fait état de 250 000 personnes sur un nombre total de 500 000
. La seule donnée numérique exacte se trouve dans les résultats du recensement de la population de
2011
d’
Albanie
, où 3 848 personnes se déclarent de
langue maternelle
albanaise
sur 8 266 se déclarant d’
ethnie
aroumaine
La plupart des Aroumains vivent dans les Balkans (en
Grèce
, Albanie,
Serbie
Bulgarie
et
Macédoine du Nord
), et leur
diaspora
est relativement significative, étant répandue en
Roumanie
, en
Europe occidentale
France
Allemagne
), aux
États-Unis d'Amérique
, au
Canada
, en
Amérique latine
et en
Australie
Histoire externe
modifier
modifier le code
Le lexique de Daniil Moscopoleanul (
Venise
1794
1802
).
L’histoire externe de l’aroumain est d’habitude divisée en trois périodes
La première période, pré
littéraire
, entre la formation de la langue et le
XVIII
siècle
, est pratiquement inconnue et bon nombre de ses aspects sont controversés.
On s’accorde en général à considérer que l’aroumain s’est individualisé au sud du
Danube
, étant le premier à se détacher du proto-roumain, au
siècle au plus tard, mais le territoire de ce processus est discuté. La plupart des linguistes
le voient dans la partie Est de la région située entre le Danube et la chaîne de montagnes du
Grand Balkan
, d’où les Aroumains auraient migré vers le Sud. D’autres linguistes
affirment que l’aroumain s’est formé au moins en partie dans le
Pinde
et en Albanie du Sud aussi. La première attestation des Aroumains appartient au chroniqueur
byzantin
Georgios Kedrenos
qui mentionne leur existence en
Macédoine
en se rapportant à l’an
976
. Au
XI
siècle
, c’est l’aristocrate byzantin
Kékauménos
qui les mentionne, en affirmant qu’ils sont arrivés dans le Pinde depuis la région du Danube.
De cette période il ne reste que des
mots
aroumains isolés (noms de personnes, dont des
surnoms
) dans des textes
grecs
slaves
et
turcs
. Le plus ancien serait le nom de personne
Tsintsilukis
, noté par un historien byzantin en
1156
. D’après Alexandru Philippide et Theodor Capidan il provient du
syntagme
tsintsi luchi
« cinq loups ».
Au
XV
siècle
, le chroniqueur
Laonikos Chalkokondylas
remarque la parenté entre l’aroumain et le roumain.
La grammaire de Boiagi, (
Vienne
1813
).
La deuxième période, ancienne, de l’aroumain est le
XVIII
siècle. C’est à cette époque-là que l’aroumain devient la seule langue sud-danubienne écrite, d’abord en
alphabet grec
. Les premiers textes sont brefs. Ce sont une inscription sur une
icône
, avec la traduction en
grec
, en
albanais
et en latin, attribuée à un
moine
et
prêtre
, Nectarie Tărpu, et datée
1731
10
, ainsi qu’une inscription non datée sur un récipient appelé « vase de Simota »
11
Au cours de ce siècle, la ville
Moscopole
d’Albanie devient un centre culturel aroumain important. Des moines et des prêtres y vivant créent surtout une littérature
religieuse
orthodoxe
, mais aussi des ouvrages
lexicographiques
et
pédagogiques
. Sont à mentionner :
un livre de
liturgie
non daté et non localisé ;
un
glossaire
grec-aroumain-albanais
12
un
lexique
de conversation grec-albanais-aroumain-
bulgare
13
un
abécédaire
14
un recueil manuscrit de traductions religieuses non daté, connu sous le nom de
Codex Dimonie
Après la destruction de Moscopole par les
Turcs
, en
1788
, de nombreux lettrés aroumains émigrent dans la
Monarchie de Habsbourg
, où ils connaissent les idées des
Lumières
et commencent à travailler sous l’influence de l’
École transylvaine
, un mouvement culturel national des lettrés
roumains
de
Transylvanie
Zones avec des écoles roumaines pour les Aroumains et les Mégléno-roumains dans l’
Empire ottoman
(en gris) (
1886
).
La troisième période, moderne, commence au
XIX
siècle
. Les auteurs passent à l’
alphabet latin
et font paraître des ouvrages
philologiques
latinisants influencés par la langue roumaine
15
. À cause de cette influence, leur langage est artificiel, éloigné de la langue parlée.
Dans la deuxième moitié de ce siècle, après qu’en Macédoine on a fondé des écoles roumaines, il apparaît une littérature aroumaine moderne, surtout de la plume d’anciens élèves de ces écoles. À partir de
1864
, ils cultivent une littérature artistique et des
essais
en aroumain, traduisant aussi des ouvrages en cette langue. Les représentants les plus notables de cette littérature sont Mihail Nicolescu, Tashcu Iliescu, Constantin Belimace, Nushi Tulliu, Zicu A. Araia, Nicolae Batzaria et George Murnu.
On publie aussi des contes populaires et des textes de
chansons
folkloriques
, surtout après
1890
, dans des recueils réalisés par
Gustav Weigand
(de)
16
et Pericle Papahagi
17
Des écoles destinées aux Aroumains soutenues par l’État roumain et enseignant, il est vrai, surtout en roumain, ont existé jusqu’en
1945
, surtout en Grèce. Toujours dans la deuxième moitié de ce siècle, et jusqu’en 1945, il y a eu aussi, dans certaines périodes, des services
religieux
en aroumain.
Situation au
XXI
siècle
modifier
modifier le code
Dans tous les pays où elle vit, les tendances d’assimilation de la population aroumaine et, par conséquent, de perte de sa langue et de sa culture, ont été puissantes. La langue aroumaine a reculé, mais subsiste, et sa situation s’est même améliorée après
1990
L’Assemblée parlementaire du
Conseil de l'Europe
a adopté lors d’une session en
1997
, la recommandation 1333 sur la culture et la langue aroumaines, en soulignant le caractère menacé de cette langue. Elle a appelé les gouvernements des États où vivent des Aroumains à faciliter l’utilisation de leur langue dans l’enseignement, le culte et les médias
18
. Bien que cette recommandation ne soit pas entièrement suivie, on constate un certain progrès dans la préservation de l’aroumain.
La Macédoine du Nord est un pays où les Aroumains ont le statut de
minorité nationale
et depuis
2001
, l’aroumain est langue officielle dans la ville de
Kruševo
19
. En 2001, le linguiste américain Victor A. Friedman constatait que l’aroumain était enseigné à
Skopje
Štip
Bitola
, Kruševo,
Kumanovo
Struga
et
Ohrid
, et qu’il y avait des émissions de
radio
et de
télévision
en cette langue
20
Dans ce pays, la vie littéraire aroumaine est relativement active. À côté d’ouvrages littéraires originaux, il est intéressant de mentionner que l’écrivain Dina Cuvata a traduit en aroumain le
Cantique des Cantiques
, l’
Iliade
, l’
Odyssée
, l’
Énéide
, la
Chanson des Nibelungen
, la
Divine Comédie
, etc.
21
, et qu’il a publié un dictionnaire des écrivains aroumains
22
En Albanie aussi, les Aroumains ont reçu le statut de minorité nationale le
13 octobre 2017
23
. Le chercheur Dorin Lozovanu, de la
République de Moldavie
, écrivait en
2012
que dans les localités de
Korçë
Divjakë
Selenicë
et
Vlora
il y avait des écoles où on enseignait l’aroumain en option. Il mentionnait également qu’à Divjaka et à Vlora, les services religieux se faisaient surtout en cette langue, ainsi que l’existence d’une presse aroumaine
24
En Roumanie, les Aroumains n’ont aucun statut juridique, mais l’intérêt pour leur langue a pris un certain essor là aussi. Dans l’enseignement public, les établissements peuvent introduire dans leur cursus, à titre optionnel, l’enseignement de la discipline « Culture et traditions aroumaines » comprenant aussi des leçons de langue
25
. Il y a aussi des programmes approuvés par le Ministère de l’éducation, qui prévoient une heure de cours par semaine pour cette discipline
26
. La langue est enseignée également dans le cadre de projets d’organisations aroumaines
27
Dans ce pays aussi, la vie littéraire aroumaine est relativement active. Dès les
années 1980
ont paru quelques volumes, et depuis les années 1990, les écrivains aroumains peuvent cultiver librement leur littérature. Le genre le mieux représenté est la
poésie
et les ouvrages paraissent en volume ou dans des revues, publiés par les éditions Cartea Aromãnã, par exemple
28
, qui publie également
Rivista di litiratură shi studii armãni
[« Revue de littérature et études aroumaines »]. Un autre éditeur d’ouvrages en aroumain est la société Predania
29
, dans le cadre de son projet « Avdhela »
30
Radio România Internațional émet régulièrement des programmes en aroumain
31
En
2013
on a présenté le premier film artistique de long métrage en aroumain,
Nu hiu faimos ama hiu Armãn
(Je ne suis pas fameux mais je suis Aroumain), du réalisateur aroumain de Roumanie Toma Enache
32
. Le même réalisateur traduit en aroumain et met en scène des pièces roumaines et autres
33
L’aroumain est aussi cultivé par certaines organisations aroumaines de la diaspora occidentale, par exemple l’Association des Français Makedon-Armouns (AFMA) – Tra Armanami
34
Efforts de standardisation
modifier
modifier le code
À cause des conditions spécifiques de son existence, l’aroumain n’est pas
standardisé
. Les auteurs du passé ont écrit chacun dans sa propre
variété régionale
, et les auteurs actuels font de même.
C’est la linguiste d’origine aroumaine Matilda Caragiu Marioțeanu ayant vécu en Roumanie qui a commencé les activités de standardisation. Son dictionnaire paru en 1997 propose des normes conformément à plusieurs critères. Selon l’un de ceux-ci, elle choisit les traits les plus répandus sur le territoire de l’aroumain, en éliminant ceux qui se limitent à des régions relativement peu étendues. Du point de vue
étymologique
, elle propose des variantes qui sont le plus proches de leurs
étymons
. Elle prend également pour critère les spécifités de l’aroumain, en retenant des variantes qui ne sont pas communes avec les autres langues romanes orientales. Pour ce qui est de l’adaptation des
emprunts
récents, elle leur donne des terminaisons aroumaines mais s’oppose à la modification de leurs
radicaux
selon les
lois phonétiques
anciennes. Dans le même temps, elle préconise de garder les
graphèmes
utilisés traditionnellement par les linguistes roumains pour transcrire l’aroumain, ce qui implique d’utiliser pour les
phones
communs avec le roumain les mêmes graphèmes que l’
écriture du roumain
35
Le linguiste aroumain Iancu Ballamaci d’Albanie utilise lui aussi la notation traditionnelle dans son manuel d’aroumain
36
. Dans le même temps, il s’efforce de s’adresser à tous les Aroumains, en donnant souvent plusieurs variantes dialectales des mots.
Tiberius Cunia, un intellectuel aroumain sans formation linguistique qui a vécu aux États-Unis, a proposé un système d’écriture destiné à être standardisé, dont il a éliminé toutes les lettres roumaines à
diacritiques
. Il l’a présenté à un congrès tenu en 1997 à Bitola, en Macédoine, où il a été adopté, bien que ce congrès ne puisse pas représenter tous les Aroumains
37
. En
2010
, Cunia a fait paraître un vaste dictionnaire avec l’explication des mots en aroumain et donnant leurs équivalents en roumain, en français et en anglais, écrit avec son système graphique et dans lequel il a appliqué les lois phonétiques de l’aroumain sur les radicaux aussi
38
. Il existe un cours en ligne d’initiation à son système d’écriture
39
Ces efforts de standardisation n’ont pas abouti, à cause des divergences entre leurs initiateurs.
Variétés régionales
modifier
modifier le code
Parlers de l’aroumain
aroumain: F – parler de
Frashër
(dit
fãrsherot
) et de
Myzeqe
; M – parler de
Moscopole
; B – parlers de Gopeš, de Mulovište et de Bjala ; P – parlers du
Pinde
et
olympiote
; G – parler de
Gramos
mégléno-roumain
L’aroumain est une langue en essence unitaire, avec des
parlers
entre lesquels il y a
intelligibilité mutuelle
, mais qui sont nombreux et s’entre-pénètrent. Leur classification est controversée
40
La classification de
Gustav Weigand
(en)
, partagée par les linguistes actuels Matilda Caragiu Marioțeanu et Nicolae Saramandu, est basée sur des critères phonétiques seulement. Selon eux il y a deux groupes de parlers :
un groupe du Nord-ouest, appelé de type
fãrsherot
, dont font partie :
le parler
fãrsherot
, dans les environs de la ville albanaise de
Frashër
le parler de
Moscopole
, dans les environs de cette localité albanaise ;
le parler de la plaine de
Myzeqe
, en Albanie ;
le parler des localités Gopeš et Mulovište, en Macédoine du Nord ;
le parler de la localité Bjala, en Macédoine du Nord ;
un groupe du Sud-est, appelé de type non
fãrsherot
, parlé sur un territoire beaucoup plus étendu que l’autre, avec :
le parler du Pinde, en Grèce ;
le parler de la région du
mont Olympe
, en Grèce ;
le parler de la région des monts
Gramos
, en Grèce.
Theodor Capidan et Tache Papahagi ont proposé une classification légèrement différente de celle ci-dessus, fondée sur plusieurs traits
phonétiques
, mais aussi
grammaticaux
et
lexicaux
. Selon eux il y a un groupe de parlers du Nord, comprenant ceux appelés ci-dessus du Nord-ouest, plus le parler de Gramos, et un groupe du Sud, avec les autres parlers appelés ci-dessus du Sud-est.
Phonologie, phonétique et graphie
modifier
modifier le code
Le système
phonologique
de l’aroumain ne diffère pas essentiellement de celui du roumain, surtout si l’on prend également en compte les traits de certains parlers roumains
41
Voyelles, semi-voyelles et phones asyllabiques
modifier
modifier le code
Les
voyelles
aroumaines ne diffèrent pas en général de ceux du roumain standard. Seules
/ə/
et
/ɨ/
présentent des différences, puisque les deux se réalisent dans certains parlers [ə], dans d’autres [ɨ], dans d’autres encore entre les deux
42
Les
semi-voyelles
sont les mêmes qu’en roumain. Avec des voyelles, elles forment des
diphtongues
et des
triphtongues
. Diphtongues :
[e̯a] :
ea
tã
« fille » ;
[o̯a] :
dad
oa
ra
« la deuxième fois » ;
[j]
+ voyelle :
ie
du
« chevreau » ;
voyelle + [j] :
oi
sprãdzatse
« douze » ;
[w] + voyelle :
stea
ua
« l’étoile » ;
voyelle + [w] :
lj
au
« je prends ».
Triphtongues :
spun
eai
[spu'ne̯aj] « tu disais »,
ali dunja
uei
[ali du'ɲawej] « du monde, des gens » (
génitif
).
En aroumain il y a deux
phones
asyllabiques
se trouvant en fin de
mot
après une voyelle + une consonne. L’un d’eux existe en roumain aussi, [ʲ]. L’autre, [ʷ], provient de [u]. Il s’est conservé en roumain dans certains parlers seulement, et en aroumain non plus il ne se trouve pas dans tous les parlers. Il est décrit par Caragiu Marioțeanu 1997
43
, il est présent dans Cunia 2010 en tant que terminaison alternative, mais il n’apparaît pas dans Ballamaci 2010.
Consonnes
modifier
modifier le code
La plupart des
consonnes
de l’aroumain se trouvent en roumain aussi.
Trois consonnes aroumaines existent en roumain dans certains parlers, par exemple celui du
Maramureș
[d͡z]
, prononcée comme
zz
dans « pizza » (exemple :
dz
atsi
« dix ») ;
[ʎ]
, à peu près comme
li
dans « lierre » (
oc
lj
« œil ») ;
[ɲ]
, comme
gn
dans « agneau » (
nj
el
« agneau »).
Trois autres consonnes n’existent pas en roumain. Deux d’entre elles ne sont pas communes à tous les parlers aroumains :
[ð]
(comme
th
dans le mot
anglais
there
« là-bas », dans des
emprunts
au grec et à l’albanais, mais seulement dans certains parlers, dans les autres étant prononcé [d]
44
(exemple :
dh
ascal
ou
ascal
« chantre »).
[θ]
(comme
th
dans l’anglais
theatre
) provient également du grec, étant prononcée ainsi dans certains dialectes et correspondant à [t] dans les autres
45
(exemple :
cathi
ou
cati
« chacun, -e »).
[ɣ]
qui existe en grec, où il est écrit
gamma
) se trouve dans chaque parler aroumain dans des emprunts au grec mais aussi dans des mots d’origine latine, et se réalise comme [g] ou [v] aussi :
yinyits
vinghits
ou
yinghits
« vingt »
46
Graphie
modifier
modifier le code
Les premiers textes écrits en aroumain le furent avec l’alphabet grec mais actuellement l’utilisation de l’alphabet latin est presque exclusive. Cependant, l’emploi de l’alphabet grec subsiste
47
L’écriture en alphabet latin et l’
orthographe
de l’aroumain ne sont pas unitaires, puisque non standardisées. Il y a trois systèmes d’écriture actuels
48
. Deux d’entre eux sont presque identiques, basés traditionnellement sur la graphie du roumain. Ils sont utilisés par Caragiu Marioțeanu et Ballamaci, par exemple. Le troisième est le système de Cunia.
Les graphèmes
ce
ci
che
chi
ge
gi
ghe
ghi
et
(les lettres pour les semi-voyelles étant les mêmes que celles pour les voyelles correspondantes) ;
et
(dans des mots étrangers) ont la même valeur qu’en roumain, tout comme les autres lettres sans diacritique (voir
Écriture du roumain
, section
Valeurs phonémiques des lettres et des groupes de lettres
).
Graphie de [ə] et de [ɨ]
modifier
modifier le code
Ballamaci 2010 utilise les lettres
et
, mais non pas la lettre
(utilisée en roumain uniquement en début et en fin de mot), puisque chez lui il n’y a pas de [ɨ] en début de mot. En fin de mot, il emploie
. Caragiu Marioțeanu utilise les trois lettres, mais
seulement en début de mot, en fin de mot employant
, comme à l’intérieur des mots. Cunia transcrit les deux voyelles par la lettre
, en motivant cela par les réalisations diverses de ces voyelles selon les parlers. Par ailleurs, chez lui c’est la seule lettre à diacritique
42
. Exemples :
Ballamaci
Caragiu Marioțeanu
Cunia
Roumain
cântă
cântâ
cãntã
cântă
« il/elle chante »
mplin
împlinu
mplin / ãmplin
plin
« plein »
Graphie de consonnes partiellement différente de celle du roumain
modifier
modifier le code
Pour ce qui est de la graphie des consonnes existant en roumain aussi, il y a des différences entre la traditionnelle et celle de Cunia. Ce dernier utilise
sh
pour
[ʃ]
(comme
ch
dans « chat ») et
ts
pour
[t͡s]
(comme
ts
dans « tsigane »). Exemples :
Traditionnel
Cunia
Roumain
șasi
shasi
șase
« six »
ți
tsi
ce
« quoi »
Les consonnes [ð], [θ] et [ɣ] absentes du roumain sont transcrites de la même façon par les trois auteurs :
dh
th
et
respectivement. Quant aux autres consonnes, il y a des différences :
Consonne
Ballamaci
Caragiu Marioțeanu
Cunia
Roumain
[d͡z]
dzâț
ḑați
dzatsi
zece
« dix »
[ʎ]
ocl’u
ocl’u
oclju
ochi
« œil »
[ɲ]
ńel
ńelu
njel
miel
« agneau »
Évolution des phones latin en aroumain et en roumain
modifier
modifier le code
Plusieurs phones ont évolué différemment du latin à l’aroumain, respectivement au roumain
49
Latin
Aroumain
Roumain
mots à consonne initiale :
ROMANUS
prothèse
fréquente de [a] :
r(ã)mãn
absence de prothèse :
român
« roumain »
[e]
tonique
FETA
diphtonguée dans toutes les formes d’un même mot :
ea
tã
ea
ti
diphtonguée dans certaines formes, refaite dans d’autres :
tă, f
te
« fille, filles »
[e] suivant une
consonne labiale
PECCATUM
« péché »
conservée :
catoshlji
évoluée en une autre voyelle :
cătoșii
« les pécheurs »
[e] initiale de mot :
EST
sans prothèse de [j] :
esti
[esti] /
easti
[e̯asti]
prothèse de [j] :
este
este] « il/elle est, il y a »
[e] précédée de [g] ou [d] :
GENUC(U)LUS
fermée à [i] :
dz
nuclju
conservée :
nunchi
« genou »
[i] précédée de [g] ou [d] :
DICO
> [ə] :
dz
conservée :
« je dis »
[o]
atone
ARBOR
fréquemment fermée à [u] :
arb
re
conservée :
arb
re
« arbre »
[u] de terminaison précédée de voyelle + consonne :
FAGUS
> [ʷ] :
fag
tombée :
fag
« hêtre »
[u] de terminaison précédée d’un groupe de consonnes :
LIGNUS
conservée :
lemn
tombée :
lemn
« bois » (le matériau)
voyelles atones entre consonnes :
ALAPA
fréquemment tombées :
arpã
évoluées en une autre voyelle :
ar
pă
« aile »
le
préfixe
IN-/IM-
IMPARTO
plusieurs évolutions :
partu
am
partu
/ [
əm
partu] / [
ɨm
partu]
50
îm
part
« je distribue, je partage »
[w] suivie d’une
consonne voisée
LAUDO
> [v] :
ala
du
> [wu] :
la
« je vante »
[w] suivie d’une
consonne sourde
: *
CAUTO
51
> [f] :
ca
tu
> [wu] :
ca
« je cherche »
[k] suivie de [e] ou [i] :
CAELUM
> [t͡s] :
ts
er
[t͡ʃ]
er
[t͡ʃer]
52
« ciel »
[d] suivie de [e] ou [i] :
DICO
> [d͡z] :
dz
ãc
> [z] :
ic
« je dis »
[g] suivie de [e] ou [i] :
GELUM
> [d͡z] :
dz
er
[d͡ʒ]
er
[d͡ʒer]
53
« gel » (le phénomène météorologique)
[j] suivie de [a], [o] ou [u] :
JOCUS
> [d͡ʒ] :
gi
oc
[ʒ]
oc
« jeu »
[l] suivie de [e] ou [i] :
LEPOREM
> [ʎ] :
lj
epure
> [j] :
epure
« lièvre »
[kl] :
INCLAGO
> [kʎ] :
clj
eg
> [k] :
în
ch
eg
« je fais cailler »
[gl]:
GLACIUM
> [gʎ] :
glj
ets
> [g] :
gh
eață
« glace »
[n] suivie de [e] ou [i] :
CALCANEUM
> [ɲ] :
cãlcã
nj
tombée :
călcâ
« talon »
[m] en
syllabe
tonique :
MERCURIS
> [ɲ]:
nj
ercuri
conservée :
iercuri
« mercredi »
[p] suivie de [e] :
PETRA
palatalisée
à [k] :
ch
eatră
conservée :
iatră
« pierre »
[b] suivie de [e] :
BENE
palatalisée à [g] :
gh
ine
conservée :
ine
« bien »
[f] suivie de [e] ou [i] :
FIGO
[h]
54
igu
conservée :
în
ig
« j’enfonce »
Grammaire
modifier
modifier le code
La structure
grammaticale
de l’aroumain diffère dans une certaine mesure de celle du roumain, pour plusieurs raisons. D’abord, à cause de son relatif isolement, il a un caractère plus archaïque, conservant certains traits de stades antérieurs du roumain. Ensuite, son évolution indépendante et dans des conditions différentes a créé la possibilité d’innovations propres. Enfin, certaines différences sont dues aux influences exercées sur l’aroumain par les langues avec lesquelles il est entré en contact : le grec, l’albanais, le
serbe
, le bulgare, le macédonien, le turc
55
Morphologie
modifier
modifier le code
Dans le système
morphologique
on remarque des traits tels la
déclinaison
plus riche qu’en roumain du
pronom possessif
, le
subjonctif
à quatre formes
temporelles
par rapport à deux en roumain, le
conditionnel
présent
synthétique
par rapport à celui
analytique
en roumain, ou le
plus-que-parfait
analytique par rapport à celui synthétique en roumain.
Les articles
modifier
modifier le code
L’article défini
est placé à la fin du mot, comme dans les autres idiomes romans de l’Est. Ses formes sont
56
pour les
noms
masculins
terminés en voyelle + consonne (+ [ʷ]) –
lup(u)
57
(roum.
lup
) « loup » :
au
singulier
lup
lu
(roum.
lupul
) « le loup » ;
au
pluriel
lup
lji
(roum.
lupii
) « les loups » ;
en deux consonnes + [u] –
corbu
(roum.
corb
) « corbeau » :
au singulier :
corbu
(roum.
corbul
) ;
au pluriel :
corghi
lj
(roum.
corbii
) ;
en [e]/[i] –
frate / frati
58
(roum.
frate
) « frère » :
au singulier :
frati
le
frati
li
(roum.
fratele
) ;
au pluriel :
frats
lji
(roum.
frații
) ;
pour les
féminins
featã
(roum.
fată
), « fille »,
bisearicã
, (roum.
biserică
) « église » :
au singulier :
feat
(roum.
fata
),
bisearic
(roum.
biserica
) ;
au pluriel :
feati
le
feati
li
(roum.
fetele
),
bisearits
le
bisearits
li
(roum.
bisericile
) ;
pour les
neutres
59
en voyelle + consonne (+ [ʷ]) –
foc(u)
(roum.
foc
) « feu » :
au singulier :
foc
lu
(roum.
focul
) ;
au pluriel :
focur
le
focur
li
(roum.
focurile
) ;
en deux consonnes + [u] –
lucru
(roum.
lucru
) « chose » :
au singulier :
lucru
(roum.
lucrul
) ;
au pluriel :
lucrur
le
lucrur
li
(roum.
lucrurile
).
La voyelle devant les articles
-lu
-lji
et
-le/-li
tombe au neutre pluriel, devant le dernier parfois au féminin pluriel également.
L’article indéfini
masculin est
un
, comme en roumain [
un
bãrbat(u)
(roum.
un bărbat
) « un homme »], mais au féminin
unã
unã
featã
(roum.
o fată
) « une fille ».
Le nom
modifier
modifier le code
Il y a certaines différences entre l’aroumain et le roumains tant dans la formation du pluriel des
noms
, que dans leur déclinaison.
Le pluriel
modifier
modifier le code
La terminaison au
cas
nominatif
singulier et pluriel diffère parfois entre aroumain et roumain mais certaines différences concernent seulement certains parlers
60
Genre
Singulier
Pluriel
Masculin
voyelle + consonne (+ [ʷ]) :
lup(u)
61
(roum.
lup
) « loup »
voyelle + consonne + [ʲ] :
luchi
(roum.
lupi
voyelle + consonne + consonne autre que [k] et [g] + [u] :
corbu
(roum.
corb
) « corbeau »
voyelle + consonne + consonne + [i] :
corghi
(roum.
corbi
[korbʲ])
62
voyelle + consonne + [k] + [u]:
porcu
(roum.
porc
) « porc »
voyelle + consonne + [t͡s] + [i] :
portsi
(roum.
porci
[port͡ʃʲ])
voyelle + consonne + [g] + [u]:
murgu
(roum.
murg
) « (cheval) brun »
voyelle + consonne + [d͡z] + [i] :
murdzi
(roum.
murgi
[murd͡ʒʲ])
voyelle + [n] + [i]/[e]:
cãni / cãne
(roum.
câine
) « chien »
voyelle + [ɲ] :
cãnj
(roum.
câini
[kɨjnʲ])
voyelle + [t] + [i]/[e]:
frati / frate
(roum.
frate
) « frère »
voyelle + [t͡s] :
frats
(roum.
frați
[frat͡sʲ])
consonne + [t] + [i]/[e]:
munti / munte
(roum.
munte
) « mont »
consonne + [t͡sə] :
muntsã
(roum.
munți
[muŋt͡sʲ])
[ə] atone :
tatã
(roum.
tată
) « père »
[əɲ] :
tãtãnj
(roum.
tați
[ə] tonique (dans des mots d’origine grecque ou turque) :
amirã
« empereur »
[ad͡z] :
amiradz
63
Féminin
voyelle + consonne + [ə] :
casã
« maison »
voyelle + consonne + [i]/[e] :
casi / case
(roum.
case
consonne + [t] + [ə] :
poartã
« portail »
consonne + [t͡sə] :
portsã
(roum.
porți
consonne + [t] + [i]/[e] :
carti / carte
« livre »
consonne + [t͡sə] :
cãrtsã
(roum.
cărți
voyelle + consonne + [i]/[e] :
cali / cale
« voie »
voyelle + consonne + [urʲ] :
cãljuri
(roum.
căi
[kəj])
voyelle + consonne + [ə] (dans des mots d’origine grecque) :
yramã
« lettre » (caractère)
dans des mots d’origine grecque + [ate] :
yramate
63
Neutre
voyelle + consonne (+ [ʷ]) :
foc(u)
« feu »
voyelle + consonne + [urʲ] :
focuri
(roum.
focuri
voyelle + deux consonnes + [u] :
vimtu
« vent »
voyelle + deux consonnes + [urʲ] :
vimturi
(roum.
vânturi
voyelle + consonne (+ [ʷ]) :
os(u)
« os »
voyelle + consonne + [i]/[e] :
oasi / oase
(roum.
oase
[t͡s] (+ [ʷ]):
brats(u)
« bras »
[t͡sə] :
bratsã
(roum.
brațe
Remarques :
Là où au pluriel les phones de fin de mot sont voyelle + la consonne
nj
dz
ou
ts
, les traits de celles-ci sont déterminés par la terminaison [ʲ] qui ne s’entend plus.
Les terminaisons
-adz
et
-ate
sont empruntées au grec.
La forme de pluriel est identique à celle de singulier pour les noms féminins terminée en
64
nj
lj
sh
ts
i/e
lupoanji / lupoanje
(roum. sg.
lupoaică
, pl.
lupoaice
) « louve, louves » ;
unglji / unglje
(roum.
unghie, unghii
) « ongle, ongles » ;
cireashi / cireashe
(roum.
cireașă, cireșe
) « cerise, cerises » ;
bohci / bohce
(roum.
boccea, boccele
) « baluchon, baluchons » ;
dultsi / dultse
(cf. roum.
dulce, dulci
« douce, douces ») « baklava, baklavas » ;
dz
ou
ts
frãndzã
(roum.
frunză, frunze
) « feuille, feuilles » ;
soatsã
(roum.
soață, soațe
) « compagne, compagnes ».
Déclinaison
modifier
modifier le code
Comme en roumain, la déclinaison des noms concerne principalement les articles. Avec l’article indéfini, seul celui-ci est décliné, alors qu’en roumain les noms féminins aussi ont une
désinence
de
génitif
datif
65
Cas
Masculin et neutre
Féminin
Nominatif-
accusatif
un bãrbat(u)
« un homme »
unã featã
« une fille »
Génitif-datif
a unui bãrbat(u)
« d’un/à un homme »
a unei featã
« de/à une fille »
La déclinaison avec article défini est la suivante
56
Cas
Masculin
Neutre
Féminin
Singulier
Pluriel
Singulier
Pluriel
Singulier
Pluriel
N.-A.
bãrbatlu
« l’homme »
bãrbatslji
foclu
« le feu »
focurle / focurli
feata
« la fille »
featile / featili
G.-D.
a bãrbatlui
« de/à l’homme »
a bãrbatslor(u)
« des/aux hommes »
a foclui
a focurlor(u)
ali/ale featã/feate/feati
ou
a featãljei/featiljei
66
a featilor(u)
Vocatif
bãrbate!
bãrbats!
foc(u)!
focuri!
featã!
feate! / feati!
N.-A.
fratile / fratili
« le frère »
fratslji
vimtul
« le vent »
vimturle / vimturli
dada
« la mère »
dadile / dãdãnjle
G.-D.
a fratilui
a fratslor
a vimtului
a vimturlor
ali/ale dadã/dade/dadi
a dadilor / a dãdãnjlor
Vocatif
frate!
frats!
vimt!
vimturi!
dado!
dade! / dãdãnj!
Remarques :
Le génitif et le datif sont identiques, y compris le fait qu’ils sont pourvus de la
préposition
67
dada
ficiorlui
« la mère du garçon »,
lju dau
vitsinlui
« je le donne au voisin ».
Au féminin singulier il y a deux types de noms. Dans le cas de ceux comme
dadã
« mère », l’article défini est antéposé au nom, étant contracté avec la préposition
. Ce type comprend également les prénoms féminins (ex.
ali/ale Ghene
« de/à Ghena »). Dans le cas de l’autre type, comme
featã
, l’article peut être antéposé ou postposé.
Au génitif-datif féminin singulier, le nom a des variantes avec la désinence
-e/-i
et des variantes sans désinence.
Le génitif-datif des noms propres masculins de personnes a l’article
al
antéposé :
al
Gog(u)
« de/à Gog(u) ».
Les formes de vocatif sont sans article mais ils sont présentés d’ordinaire dans le même tableau que les formes à article. Seuls certains noms ont une désinence au vocatif :
bãrbat
dad
L’adjectif qualificatif
modifier
modifier le code
Le pluriel et la déclinaison des
adjectifs
sont semblables à ceux des noms. Quant à leurs
degrés de comparaison
, il y a quelques différences par rapport au roumain
68
Le comparatif de supériorité se forme avec les
adverbes
ma
ou
cama
et le terme de comparaison est précédé de la
conjonction
di/de
El easte
ma
mare
di
mine
(rom.
El este mai mare decât mine
) « Il est plus grand que moi »,
cama
tsinjisitu
(roum.
mai cinstit
) « plus honnête ».
Au superlatif relatif de supériorité, l’adjectif reçoit l’article défini :
ma multe
le
ori
(roum.
de cele mai multe ori
69
« le plus souvent »,
cama mar
lji
(roum.
cei mai mari
) « les plus grands ». Dans les parlers du Nord on utilise aussi une
particule
empruntée au macédonien,
nai
, placée devant
ma
ou
cama
nai
ma mushatlu
« le plus beau ».
Le superlatif absolu peut être exprimé avec plusieurs adverbes :
multu bun(ã)
[roum.
foarte bun(ă)
] « très bon(ne) »,
vãrtos dultse
(roum.
foarte dulce
), « très doux(ce)/sucré(e) »,
un om dip avut
(roum.
un om foarte bogat
) « un homme très riche ». Un procédé spécifique aux langues balkaniques employé en aroumain aussi est la répétition de l’adjectif pour exprimer le superlatif absolu :
Ira linãvoasã-linãvoasã
« elle était très paresseuse »
70
Les pronoms
modifier
modifier le code
Le pronom personnel
modifier
modifier le code
Le
pronom personnel
a les formes suivantes en aroumain
71
Personne
Nominatif
Datif
Accusatif
Formes toniques
Formes atones
Formes toniques
Formes atones
I sg.
io, mine/mini
« je, moi »
anja
« à moi »
inj, nji, -nj, nj-
« me, m’ »
mine/mini
« moi »
me/mi
« me »
II sg.
tu
tine/tini
« tu, toi »
atsãja
« à toi »
ãts
tsã
ts
, ță
« te, t’ »
tine/tini
« toi »
te/ti
« te »
III sg.
masc.
el/elu
nãs
« il, lui »
aluj
« à lui »
ilj
ãlj
lji
li
-lj
lj-
« lui »
el/elu
« lui »
lu/lo
ul
-l
l-
« le, l’ »
fém.
ea/ia
nãsã
« elle »
aljei
« à elle »
ilj
lji
-lj
lj-
« lui »
ea
« elle »
o/u
« la, l’ »
I pl.
noi
« nous »
anoauã/anauã/anao
« à nous »
nã
« nous »
noi
« nous »
nã/ne
« nous »
II pl.
voi
« vous »
avoauã/avauã/avao
« à vous »
vã
« vous »
voi
« vous »
vã/ve
« vous »
III pl.
masc.
elj
nãsh
« ils, eux »
alor
« à eux »
lã
« leur »
elj
« eux »
ilj,
-lj
lj-
« les »
fém.
eale/iale/ele
nãse
« elles »
alor
« à elles »
lã
« leur »
eale
« elles »
le/li
« les »
Remarques :
Les formes
nãs, nãsã, nãsh, nãse
sont propres aux parlers du Nord.
Les formes d’accusatif
mine/mini
« moi »,
tine/tini
« toi » sont parfois employées au nominatif, à la place de
io
et
tu
respectivement, l’inverse aussi étant possible :
io
et
tu
à l’accusatif à la place de
mine/mini
tine/tini
72
Le
datif éthique
est plus fréquent qu’en roumain, pouvant être employé même quand dans la
proposition
il n’y a pas de
complément
d’une autre personne que celle du
sujet
. Exemple :
va-
nj
putridzãscu
« je vais pourrir », littéralement « je vais me pourrir (à moi-même) ».
Exemples în phrases :
Io
nu him surat
« Je ne suis pas marié » ;
Scoalã
tini
cas-shed
mini
(avec la forme d’accusatif à la place de celle de nominatif) « Lève-toi, toi, pour que je m’asseye, moi »
73
Tsãni-ti di
mini/io
(avec la forme d’accusatif ou celle de nominatif) « Accroche-toi à moi »
74
Tsã
era doru
« Tu te languissais (de qqch. ou de qn.) » ;
Alasã-
me
mine
« Laisse-moi » (litt. « Laisse-moi, moi ») ;
Nu
lã
spusim
alor
« Nous ne leur dîmes pas à eux/elles » ;
Ashi-
nj
ti
voi
(avec le datif éthique) « C’est ainsi que je veux que tu sois » (litt. « Ainsi me te veux ») ;
Nãsã
nu e aua
« Elle n’est pas là ».
Le pronom/adjectif possessif
modifier
modifier le code
En aroumain, la déclinaison du
pronom
adjectif possessif
est plus riche qu’en roumain
75
Posseseur(s)
Objet(s) possédé(s)
Genre
Cas
re
personne
personne
personne
Formes toniques
Formes atones
Formes toniques
Formes atones
Formes toniques
Formes atones
Un
Un
masc.
N.-A.
anjeu / ameu / anjãu / amel
« mon, le mien »
nju / njo
atãu / atãl
« ton, le tien »
tu / tsi / tsã
alui
76
aljei
77
lj, su / so / sio
G.-D.
anjui / anãui / aneui / amilui
njui / njoi
atãui
tui / toi
sui / soi
fém.
N.-A.
amea / ameauã / ameao
« ma, la mienne »
nj
ata / atauã / atao
« ta, la tienne »
ta / ts
alui, aljei
« sa, la sienne »
lj, sa
G.-D.
anjei / amiei / amiljei
meai
atãei / atãiei / atãljei
tai
sai
Plusieurs
masc.
N.-A.
anjei / amei / amelj
« mes, les miens »
atãi / atei / atãlj
« tes, les tiens »
ts
alor / aloru
« leur, les leurs »
lã
G.-D.
anjor / amior
atãor / atãoru
fém.
N.-A.
ameale / ameali
« mes, les miennes »
atale / atali
« tes, les tiennes »
ts
alor / aloru
« leur, les leurs »
lã
G.-D.
anjor / amior
atãor / atãoru
Plusieurs
Un
masc.
N.-A.
anostru / anostu
« notre, le nôtre »
avostru / avostu
« votre, le vôtre »
alor / aloru
« leur, le leur »
G.-D.
anostrui / anushtrui / anostrului
nã
avostrui / avustrui / avushtrui
vã
alor / aloru
fém.
N.-A.
anoastrã
« notre, la nôtre »
nã
avoastrã / avoastã
« votre, la vôtre »
vã
alor / aloru
« leur, la leur »
G.-D.
anushtrei / anoastrãljei
avustrei / avoastriljei
alor / aloru
Plusieurs
masc.
N.-A.
anoshtri / anoci
« nos, les nôtres »
nã
avoshtri / avoci
« vos, les vôtres »
vã
alor / aloru
« leur, les leurs »
G.-D.
anostror(u) / anustror(u) / anoshtrilor
avustror / avushtror
alor / aloru
fém.
N.-A.
anoastre
nã
avoastre / avoaste
vã
alor / aloru
G.-D.
anostror / anustror(u)
avustror / avushtror
alor / aloru
Remarques :
Les possessifs toniques servent de pronoms et d’adjectifs avec la même forme.
Les formes atones sont seulement adjectifs :
tatã-
nju
« mon père »,
feata-
vã
« votre fille »,
dzinir-
su
« son gendre ».
En tant qu’adjectifs, les possessifs se placent après le nom déterminé. Lors de l’emploi des adjectifs toniques, on décline et le nom, et l’adjectif :
a sorãljei
amei
« de/à ma sœur », alors qu’avec les formes atones, le nom n’est pas décliné :
a dadã-
meai
« de/à ma mère »,
a doamnã-
sai
« de/à sa maîtresse ».
Certains auteurs, par exemple Cunia 2010, écrivent
initial séparé du reste du pronom.
Exemples en phrases :
Furlu… pare mastur bun tu tehni-
lj
« Le voleur semble être un bon maître dans son métier » ;
Casa-
lã
s-pare ermã
« Leur maison semble vide » ;
Iria amirã hilj-
sio
« Son fils était empereur »
78
Se agãrshi limba
anoastrã
« On a oublié notre langue » ;
Lja-ts di measa-
nã
« Sers-toi de notre repas ».
Le pronom/adjectif démonstratif
modifier
modifier le code
Les formes du pronom/adjectif démonstratif aroumain sont
79
Type
Cas
Singulier
Pluriel
Masculin
Féminin
Masculin
Féminin
de proximité
N.-A.
aestu / aistu / aist
« ce, cet, celui-ci »
aestã / aistã
« cette, celle-ci »
aeshti / aeshtsã / aishti
« ces, ceux-ci »
aeste / aiste
« ces, celles-ci »
G.-D.
aestui / aeshtui / aistui / aishtui
aistei / aishtei / aishtãljei
aestor / aistor / aishtor
aestor / aistor / aishtor / aistelor
d’éloignement
N.-A.
atselu / atsãl / atsel
« ce/cet …-là, celui-là »
atsea / atsia
« cette …-là, celle-là »
atselj
« ces …-là, ceux-là »
atseale / atsele
« ces …-là, celles-là »
G.-D.
atselui / atsilui / atsului
atseljei / atsiljei
atseloru / atsiloru
de différenciation
N.-A.
alantu / alant / anantu / nantu
« l’autre »
alantã / anantã
« l’autre »
alantsã / anantsã
« les autres »
alante / anante
« les autres »
G.-D.
alãntui / anãntui
alãntei / anãntei
alãntor / anãntor
Remarques :
Les formes ci-dessus sont utilisées aussi bien comme pronoms (
Aist
s-lo acats
« Que tu attrapes celui-ci »), que comme adjectifs. Ces derniers peuvent être antéposés ou postposés au nom qu’ils déterminent :
tsi si-lj facã
aestui
om
« qu’il/elle fasse quoi à cet homme »,
furlu
aestu
« ce voleur ». Il y a aussi des formes avec la terminaison
-a
, rencontrée par Capidan, qui l’appelle « particule », seulement par écrit :
Acui sun oili
atsealea
tse pascu?
« À qui sont ces moutons-là qui paissent ? »
Il y a un type de
syntagme
qui dénomme l’épouse à l’aide du pronom d’éloignement
atsea
contracté avec
al
tsal Tuli
« la femme de Tuli ».
Capidan range parmi les démonstratifs les pronoms correspondant à « l’autre, les autres », considérés dans les grammaires du
comme indéfinis.
Autres exemples en phrases :
Arsãri sh-
aestu
« Celui-ci sauta aussi » ;
Lã aflã
aistor
cãte nã featã
« Il/Elle trouva une fille à chacun de ceux-ci » ;
Portul lor aundzeashte ma multu cu
aistelor
de ma nãpoi
« Leur habillement ressemble pluôt à celui de ces dernières » ;
S-duse pi locul
atsãl
« Il/Elle alla à cet endroit-là » ;
Anantsã
cãnj s-loarã dupã nãs
« Les autres chiens le suivirent ».
Le pronom interrogatif-relatif
modifier
modifier le code
En tant que pronoms interrogatifs et relatifs il y a les formes suivantes
80
singulier :
nominatif-accusatif :
care / acare / cari / acari / cai
« qui, que, lequel/laquelle »,
tse / tsi
« qui, quoi, que, lequel/laquelle, ce qui, ce que » ;
genitif-datif :
acui / acuri / acure
« à qui, duquel/auquel, de laquelle/à laquelle, à quoi, dont » ;
pluriel :
care / acare / cari / acari
« qui, que, lesquels/lesquelles ».
En phrases :
Cai
va s-ljai?
« Qui vas-tu prendre ? » ;
Acure
-i feata di pi leagãn?
« À qui est la fille sur la balance ? ;
muljare
acui
frate avea moartã
« une femme dont le frère était mort » ;
Tse
-i nãs nu-i vãrã
« Personne n’est ce qu’il est, lui ».
Les numéraux
modifier
modifier le code
Numéraux
cardinaux
81
unu
(masc.),
unã
(fém.)
doi
(masc.),
doauã
(fém.)
trei
patru
tsints(i)
shase / shasi
shapte / shapti
optu
noauã
10
dzatse / dzatsi
11
unsprãdzatse / unsprãdzatsi
12
doisprãdzatse / doisprãdzatsi
(masc.),
daosprãdzatse / daosprãdzatsi
(fém.)
20
yinghits / yinyits
(roum.
douăzeci
21
unsprãyinghits / unsprãyinyits
(rom.
douăzeci și unu, douăzeci și una
30
treidzãts
31
treidzãtsiunu
(masc.)
treidzãtsiunã
(fém.) (rom.
treizeci și unu, treizeci și una
100
unã sutã
(rom.
o sută
1000
unã njilje
2000
doao njilj
1 000 000
un miliune / miliuni
Dans le domaine du numéral cardinal il y a quelques particularités par rapport au
numéral roumain
Le numéral latin
VIGINTI
a subsisté en aroumain :
yinyints
ou
yinyits
(roum.
douăzeci
) « vingt ».
On construit avec préposition les numéraux à partir de 11 (à partir de 20 en roumain) :
unsprãdzatsi
di
dzãli
(roum.
unsprezece zile
) « onze jours ».
La préposition
spri
(roum.
spre
) « vers » est utilisée pour construire les nombres non seulement de 11 à 19, comme en roumain, mais aussi de 21 à 29 :
doi
spri
yinyits
(roum.
douăzeci și doi
) « vingt-deux ».
À partir de 31, les noms des dizaines sont liés à ceux des unités par la voyelle [i] :
treidzãts
unu
(roum.
treizeci și unu
) « trente et un ».
Les nombres peuvent être suivis de l’article défini et ils se déclinent :
doi
lji
, a doi
lor
(roum.
cei doi, celor doi
) « les deux, des/aux deux ».
Le numéral ordinal est formé du numéral cardinal + l’article défini :
shasi
le
(roum.
al șaselea
) « le sixième »,
noau
lu
(roum.
al nouălea
) « le neuvième ».
Les numéraux collectifs se forment avec les éléments premiers
amin-
ou
shamin-
suivis du numéral cardinal. Alors qu’en roumain l’élément de la même origine est utilisé seulement avec 2, en aroumain il l’est avec 3, 4, etc. aussi :
amindoi/shamindoi
(roum.
amândoi
) « (tous) les deux »,
(sh)amintrei
(roum.
toți trei
), « (tous) les trois »,
(sh)aminpatru
(roum.
toți patru
) « (tous) les quatre »,
(sh)amintsintsi
(roum.
toți cinci
) « (tous) les cinq ».
Le verbe
modifier
modifier le code
Les
verbes
aroumains sont groupés en quatre classes de
conjugaison
, comme les verbes roumains. Dans la
re
et dans la
il y a deux sous-classes : verbes sans
suffixe
et verbes à suffixe
82
Indicatif présent
modifier
modifier le code
L’
indicatif
présent
est la forme de base du verbe en grammaire de l’aroumain. Celle de la
re
personne du singulier est donnée en entrée dans les dictionnaires. Exemples de conjugaison de verbes réguliers :
re
conj.
re
conj. à suffixe
conj.
conj.
conj.
conj. à suffixe
cãntu
« je chante »
lucredzu
« je travaille »
cad(u)
83
bat(u)
dormu
grescu
„grăiesc”
cãntsã
lucredz
cadz
bats
dornji
greshti
cãntã
lucreadzã
cadi / cade
bati / bate
doarmi / doarme
greashti / greashte
cãntãm(u)
lucrãm(u)
cãdem(u)
batim(u)
durnjim(u)
grim(u)
cãntats
lucrats
cãdets
batits
durnjits
grits
cãntã
lucreadzã
cad(u)
bat(u)
dormu
grescu
Temps passés de l’indicatif
modifier
modifier le code
l’indicatif
imparfait
, la
personne du pluriel est identique à la
personne du singulier.
re
conj.
conj.
conj.
conj.
cãntam
« je chantais »
cãdeam
bãteam
durnjam
cãntai
cãdeai
bãteai
durnjai
cãnta
cãdea
bãtea
durnja
cãntam
cãdeam
bãteam
durnjam
cãntats
cãdeats
bãteats
durnjats
cãnta
(roum.
cântau
cãdea
bãtea
durnja
À la différence du roumain,
l’indicatif
passé simple
est utilisé dans la langue parlée, même plus souvent que le passé composé. On distingue verbes à accent sur la désinence (ceux du tableau ci-dessous) et verbes à accent sur le
radical
re
conj.
conj.
conj.
conj.
cãntai
« je chantai »
cãdzui
bãtui
durnjii
cãntash
cãdzush
bãtush
durnjish
cãntã
cãdzu
bãtu
durnji
cãntãm
(roum.
cântarăm
cãdzum
(roum.
căzurăm
bãtum
(roum.
băturăm
durnjim
(roum.
dormirăm
cãntat
(roum.
cântarăți
cãdzut
(roum.
căzurăți
bãtut
(roum.
băturăți
durnjit
(roum.
dormirăți
cãntarã
cãdzurã
bãturã
durnjirã
Les verbes à accent sur le radical ont la désinence
-sh(u)
à la
re
personne du singulier :
sco
shu
(roum.
scosei
) « je sortis » (
transitif direct
),
aprim
shu
(roum.
aprinsei
) « j’allumai »,
du
shu
(roum.
dusei
) « je menai ».
l’indicatif
passé composé
, le
verbe auxiliaire
am
« avoir » prend ses formes complètes, et il est le seul qu’on utilise.
Aroumain
Roumain
am cãntatã
« j’ai chanté »
am cântat
ai cãntatã
ai cântat
are cãntatã
a cântat
avem cãntatã
am cântat
avets cãntatã
ați cântat
au cãntatã
au cântat
À la différence du roumain,
l’
indicatif plus-que-parfait
synthétique ne s’est pas conservé en aroumain. Il a été remplacé par un plus-que-parfait analytique, comme le français, avec l’auxiliaire
am
« avoir » à l’imparfait.
aveam cãntatã
(roum.
cântasem
) « j’avais chanté »
aveai cãntatã
avea cãntatã
aveam cãntatã
aveats cãntatã
avea cãntatã
Temps futurs de l’indicatif
modifier
modifier le code
Il y a plusieurs formes d’indicatif
futur
, dont la plus répandue se construit avec le verbe
voi
« vouloir » à la
personne du singulier de l’indicatif présent (
va
) pour toutes les personnes du futur + le subjonctif présent (voir ci-après) :
va s-cãntu
(roum.
voi cânta
) « je chanterai ».
L’indicatif futur antérieur se forme avec
va
+ le subjonctif passé composé :
va s-am cãntatã
(roum.
voi fi cântat
) « j’aurai chanté ».
Subjonctif
modifier
modifier le code
Le subjonctif a quatre formes temporelles en aroumain (deux en roumain) : présent, imparfait, passé simple et passé composé. Il est utilisé avec la conjonction
sã
ayant trois autres variantes :
se
si
et
s-
Contrairement au roumain, au
subjonctif présent
, à la
re
conjugaison, la
personne ne diffère pas de la même personne de l’indicatif présent.
re
conj.
re
conj. à suffixe
conj.
conj.
conj.
conj. à suffixe
s-cãntu
« que je chante »
s-lucredzu
s-cad(u)
s-bat(u)
s-dormu
s-grescu
s-cãntsã
s-lucredz
s-cadz
s-bats
s-dornji
s-greshti
s-cãntã
(roum.
să cânte
s-lucreadzã
s-cadã
s-batã
s-doarmã
s-greascã
s-cãntãm(u)
s-lucrãm(u)
s-cãdem(u)
s-batim(u
s-durnjim(u)
s-grim(u)
s-cãntats
s-lucrats
s-cãdets
s-batits
s-durnjits
s-grits
s-cãntã
(roum.
să cânte
s-lucreadzã
s-cadã
s-batã
s-doarmã
s-greascã
Subjonctif imparfait
s-cãntam
s-
+ l’indicatif imparfait).
Subjonctif passé composé
s-am cãntatã
s-
+ l’indicatif passé composé).
Subjonctif plus-que-parfait
s-aveam cãntatã
s-
+ l’indicatif plus-que-parfait).
Conditionnel
modifier
modifier le code
Le conditionnel présent
n’est pas analytique, comme en roumain, mais synthétique, comme en français, les désinences étant ajoutées à la forme de l’infinitif.
s-cãntarim
(roum.
aș cânta
) « je chanterais »
s-cãntari
s-cãntare/cãntari
s-cãntarim
s-cãntarit
s-cãntare/cãntari
Le conditionnel passé
se forme le plus souvent avec l’imparfait du verbe
voi
« vouloir », à la forme unique
vrea
pour toutes les personnes + le conditionnel présent :
vrea s-cãntarim
(roum.
aș fi cântat
) « j’aurais chanté ».
Impératif
modifier
modifier le code
l’
impératif
, à part les formes de la
personne semblables à celles du roumain (impératif proprement dit), il y a aussi des formes pour la
re
personne, avec la conjonction
as
(empruntée au grec) + le subjonctif présent et, à la
personne, outre la conjonction
s(ã)
, on utilise aussi
las
+ le subjonctif présent.
re
conj.
re
conj. à suffixe
conj.
conj.
conj.
conj. à suffixe
as cãntu!
(roum.
să cânt!
) « que je chante ! »
as lucredzu!
as cad(u)!
as bat(u)!
as dormu!
as grescu!
cãntã!
lucreadzã!
cade!
bate!
dornji!
grea!
las cãntã!
(roum.
să cânte!
) « qu’il/elle chante ! »
las lucreadzã!
las cadã!
las batã!
las doarmã!
las greascã!
as cãntãm(u)!
as lucrãm(u)!
as cãdem(u)!
as batim(u)!
as durnjim(u)!
as grim!
cãntats!
lucrats!
cãdets!
bãtets!
durnjits!
grits!
las cãntã!
las lucreadzã!
las cadã!
las batã!
las doarmã!
las greascã!
L’infinitif aroumain n’ayant pas de forme brève (voir ci-après), l’impératif négatif de la
personne du singulier a la même forme que l’affirmatif :
nu cãntã!
(roum.
nu cânta!
) « ne chante pas ! ».
Modes impersonnels
modifier
modifier le code
L’
infinitif
n’a qu’une forme longue, héritée du latin.
re
conj.
conj.
conj.
conj.
cãntare / cãntari
« chanter »
cãdeare / cãdeari
batire / batiri
durnjire / durnjiri
Au
gérondif
, au suffixe hérité du latin on ajoute
-a
ou
-alui
re
conj.
conj.
conj.
conj.
cãntãnda(lui)
(roum.
cântând
) « (en) chantant »
cãdzãnda(lui)
bãtãnda(lui)
durnjinda(lui)
Au
participe
il y a une seule forme pour le masculin et le féminin singulier, la même qui en roumain est celle du féminin singulier.
re
conj.
conj.
conj.
conj.
cãntatã (roum.
cântat, -ă
) « chanté, -e »
cãdzutã
bãtutã
durnjitã
Les verbes de la
conjugaison appelés « à accent sur le radical » ont des désinences différentes :
arsu
(roum.
ars
) « brûlé »,
aprimtu
(roum.
aprins
) « allumé »,
coptu
(roum.
copt
) « cuit ».
Syntaxe
modifier
modifier le code
La
syntaxe
de l’aroumain ne diffère pas essentiellement de celle du roumain
84
Détermination par l’article défini
modifier
modifier le code
L’article défini est employé dans plus de cas qu’en roumain. Par exemple dans le domaine du nom, il peut être utilisé avec les noms propres de personnes aussi :
Gog
lu
(littéralement « le Gogu »).
Dans le domaine de l’adjectif, l’article défini intervient dans la formation du superlatif relatif :
cama mar
lji
(roum.
cei mai mari
) « les plus grands ».
L’article défini correspond à l’article démonstratif du roumain dans le domaine du numéral aussi. La détermination définie du numéral cardinal se fait avec l’article défini :
doi
lji
sots
(roum.
cei doi tovarăși
) « les deux compagnons ». L’heure aussi est exprimée à l’aide de l’article défini :
tu trei
le
oare
(roum.
la ora trei
) « à trois heures ». Le numéral collectif reçoit également l’article défini [
shamintrei
lji
cãnj
(roum.
toți cei trei câini
) « les trois chiens »], et le numéral ordinal se forme à partir du cardinal avec l’article défini :
shasi
le
(roum.
al șaselea
) « le sixième »,
noau
lu
(roum.
al nouălea
) « le neuvième ».
Dans le syntagme nom + adjectif démonstratif +
épithète
, le nom reçoit toujours l’article défini, et l’adjectif peut être utilisé avec ou sans article (en roumain seul le nom reçoit l’article) :
om
lu
atsel bun
ou
omlu atsel bun
lu
(roum.
omul acela bun
) « cet homme bon ».
Particularités dans l’expression du sujet et de certains compléments
modifier
modifier le code
Les formes du pronom personnel des
re
et
personne du singulier pour exprimer le sujet dans les parlers du Nord peuvent être celle d’accusatif,
mine/mini
et
tine/tini
à la place de
io
et
tu
respectivement. Caragiu Marioțeanu 1997 les recommande même en tant que norme :
mini
lucredzu
« je travaille »,
tini
lucredz
« tu travailles »
85
. Par contre, dans les parlers du Sud on emploie parfois
io
en fonction de
complément d'objet indirect
prépositionnel :
Tsãni-ti di
mini/io
« Accroche-toi à moi »
74
Le
complément d'objet direct
exprimé par un pronom personnel est en général utilisé sans préposition (en roumain toujours avec la préposition
pe
) :
nu ti voi tine
roum.
nu te vreau pe tine
) « je ne te veux pas, toi ».
Il est plus fréquent qu’en roumain d’anticiper le COD nom par un pronom personnel forme atone, c’est-à-dire y compris lorsqu’il s’agit d’un nom d’
inanimé
Unã intratã n casã,
bagã chiatra sun limbã
(roum.
Cum a intrat în casă, pune piatra sub limbă
) « Une fois entré(e) dans la maison, il/elle met la pierre sous sa langue ».
Le
complément circonstanciel de lieu
exprimé par un nom de localité se construit le plus souvent sans préposition [
Mi duc Bitule
(roum.
Mă duc
la
Bitolia
) « Je vais à Bitola »], et parfois avec préposition :
S-dusi
Sãrunã
(rom.
Se duse la Salonic
) « Il/Elle alla à
Salonique
».
Fonctions de
tse/tsi
modifier
modifier le code
Tse/tsi
est principalement pronom interrogatif-relatif. En tant que tel, il est plus fréquent que
cari/care
, aussi bien en fonction de sujet [
ficiorlu
tsi
vini
(roum.
feciorul care vine
) « le gars qui vient »], que dans d’autres
fonctions syntaxiques
, mais toujours sans préposition :
Fu dus tu odãlu
tse
era shi feata
(roum.
Fu dus în odaia în care era și fata
) « Il fut conduit dans la chambre où était la fille aussi ».
Ce mot peut être conjonction dans la
phrase complexe
Avea trei anj
tsi
ira dus
(roum.
Erau trei ani de când era dus
) « Cela faisait trois ans qu’il était parti »,
El o catsã oaia di gurmadzu
tsi
s-nu zghiară
(roum.
Prinde oaia de grumaz, ca să nu behăie
) « Il tient le mouton par le cou, pour qu’il ne bêle pas ».
Fonctions de l’infinitif
modifier
modifier le code
L’infinitif est utilisé surtout avec sa valeur
substantivale
. Avec sa valeur verbale, il est moins employé, dans les cas suivants :
dans la construction impersonnelle avec
va
ou
lipseashte
« il faut » :
Va
scriare
unã carte
(roum.
Trebuie să se scrie o scrisoare
) « Il faut écrire une lettre »,
Lipseashte
zburãre
cu un mastur
(roum.
Trebuie vorbit cu un meșter
) « Il faut s’adresser à un artisan » ;
en tant que complément circonstanciel de but sans préposition de certains verbes de mouvement :
Vru s-ducã
avinare
(roum.
Vru să se ducă să vâneze
) « Il voulut aller chasser » ;
dans un syntagme équivalent d’une
proposition subordonnée
, avec l’adverbe
unã
Unã
strigare
, tutsi se-adunarã
(roum.
Îndată ce strigă, toți se adunară
) « Aussitôt qu’il/elle cria, tous se rassemblèrent » ;
en tant que complément, avec plusieurs prépositions :
di/ti/tã/trã/tu mãcare
(roum.
de mâncat
) « à manger »,
[…] n-casã no-avea nitsi un lemnu
ti vãtãmare
shoaritslji
« [il était tellement pauvre, qu’]il n’avait dans sa maison même pas un bout de bois pour tuer les souris ».
Fonctions du participe
modifier
modifier le code
Le participe est utilisé également avec certaines autres fonctions qu’en roumain :
à sens actif :
duruta
mumã
(roum.
mama iubitoare
) « la mère aimante » ;
à la place de l’infinitif à valeur substantivale :
tru
ishitã
din hoarã
(roum.
la ieșirea din sat
) « à la sortie du village » ;
dans un syntagme équivalent d’une subordonnée, avec l’adverbe
unã
Unã
intratã
n casã, o bagã chiatra sun limbã
(roum.
Cum a intrat în casă, pune piatra sub limbă
) « Une fois entré(e) dans la maison, il/elle met la pierre sous sa langue » ;
avec le préfixe négatif
ni-
, devenant ainsi l’équivalent d’une proposition :
Tini,
ni
vinitã, vrei s-fudzi?
(roum.
Tu, abia ai venit și vrei să pleci?
) « À peine venu(e), tu veux déjà partir ? »
Particularités dans l’ordre des mots
modifier
modifier le code
L’une de ces particularités est présente dans le syntagme du nom avec article indéfini et
alt, -ã
« un(e) autre » :
altã unã bisearicã
(roum.
o altă biserică
) « une autre église ».
L’article défini est en général postposé, mais pas toujours. Au génitif-datif féminin singulier, certains noms peuvent avoir l’article défini postposé ou antéposé :
ali
featã
ou
a feati
ljei
« à/de la fille ». Avec d’autres noms, l’article est seulement antéposé. C’est le cas de certains noms communs féminins de personne (
ali
dadã
« à/de la mère ») et celui des noms propres de personnes, féminins et masculins :
ali
Ghene
« à/de Ghena » (fém.),
al
Griva
« à/de Griva » (masc.).
Une autre particularité est l’antéposition du COD exprimé par un pronom personnel forme atone non seulement au présent (comme en roumain), mais aussi au passé composé :
am vidzutã
(roum.
am văzut-o
) « je l’ai vue ». Par contre, lorsque le verbe est au futur sans la conjonction
sã
, le pronom est placé après l’auxiliaire :
va
ti
ved
(roum.
te voi vedea
) « je te verrai ».
Lexique
modifier
modifier le code
La partie fondamentale du lexique aroumain est formée pour la plupart de mots hérités du latin et la langue s’est enrichie au cours du temps par des emprunts aux langues voisines, ainsi que par la
formation de mots
sur son propre terrain, surtout par
dérivation
Mots hérités
modifier
modifier le code
Le lexique de base de l’aroumain est principalement hérité du latin. Il est significatif que la
liste Swadesh
de 207 mots de l’aroumain est composée pour 92 % de mots de cette origine.
L’aroumain conserve des mots et des sens latins absents dans les autres langues romanes orientales :
bash/bashiu
(roum.
sărut
) : « j’embrasse » ;
cusurin(u)
(roum.
văr
) : « cousin » ;
dimãndari/dimãndare
(roum.
poruncă
) : « commandement, ordre »;
uin(u)
(roum.
de oaie
) : « ovin » (adj.) ;
agiun(u)
(roum.
flămând
) : « affamé » (cf. français « à jeun ») ;
fumealji/fumealje
(roum.
familie
– mot emprunté
copii
) : « famille, enfants » ;
largu
(roum.
departe
) : « loin » ;
vatãm(u)
(roum.
ucid
) : « je tue » ;
mur(u)
(roum.
zid
) : « mur » ;
cãtinã
(roum.
lanț
) : « chaîne » ;
ermu
(roum.
pustiu
) : « désert » (adj.) ;
fleamã
(roum.
flacără
) : « flamme » ;
mes
(roum.
lună
) : « mois » ;
etã
(roum.
vârstă, secol
) : « âge, siècle » (cf. albanais
jetë
86
; etc.
Emprunts
modifier
modifier le code
Les emprunts anciens proviennent principalement des autres langues sud-danubiennes
87
. Les plus nombreux sont grecs :
pirazmo
« diable »,
cãrãvidhã
« écrevisse »,
yramã
« lettre » (caractère),
xen
« étranger »,
anarga
« lentement »,
tora
« maintenant », etc.
D'autres emprunts anciens proviennent des langues suivantes :
langues slaves
cucot
« coq »,
gaidã
« cornemuse »,
nimal
« assez » ;
albanais :
banã
« vie »,
gumar
« âne » ;
turc :
cãsãbã
« ville »,
huzmichiar
« domestique » (nom),
zurlu
« fou ».
Les emprunts actuels sont en général des mots romans entrés dans d’autres langues aussi. Chez Caragiu Marioțeanu (1997) apparaissent
servescu
« je sers »,
poezie
poetu
hotelu
pronumi interogativu
pronunțari
« prononciation »,
controversâ
vocalâ
« voyelle »,
consoanâ
neologismi
88
. Ballamaci introduit dans son manuel des mots romans entrés en albanais aussi :
vizitari
« visiter »,
agensiă
« agence »,
tur
giro
« tour » (terme de tourisme),
interesant
turistic
dacord
(cf. roum.
de acord
, français « d’accord »)
89
Formation des mots
modifier
modifier le code
Dérivation
modifier
modifier le code
Certains
affixes
de l'aroumain existent en roumain, d’autres sont empruntés à d'autres langues
90
Suffixes spécifiques :
-ame
bãrbat
ame
(roum.
mulți bărbați
) « beaucoup d’hommes »,
urãts
ame
(roum.
urâțenie
) « laideur » ;
-ic, -icã
frãt
ic
(roum.
frățior
) « petit frère, frérot »,
fiti
cã
(roum.
fetiță
) « fillette » ;
-ice
gur
ice
(roum.
guriță
) « petite bouche » ;
-inã
fucur
inã
roum. (
loc unde s-a făcut foc
) « endroit où l’on a fait du feu » ;
-ãriu
vãc
ãriu
(roum.
mulțime de vaci
) « multitude de vaches » ;
-ish
munt
ish
(roum.
de munte
) « de montagne » ;
-iu
limn
iu
(roum.
grămadă de lemne
) « tas de bois » ;
-ut
plãng
ut
(roum.
plânset
) « sanglots ».
Préfixes spécifiques :
xenu-
(du grec) :
xenu
lucredzu
(roum.
lucrez lucru străin
) « je fais un travail qui n’est pas le mien »,
xenu
zburãscu
(roum.
vorbesc aiurea
) « je parle n’importe comment, mal » ;
para-
(du grec) :
para
fac
(roum.
fac prea mult
) « je fais trop »,
para
lucredz
(roum.
lucrez prea mult
), « je travaille trop » ;
sum-
sum
arãd
(roum.
râd reținut
) « je ris avec retenue »
Composition
modifier
modifier le code
En aroumain il y a des mots composés communs avec le roumain mais aussi des compositions propres :
njadzã-iarnã
« mi-hiver »,
tsiripãne
(de
tseare
« il/elle demande +
pãne
« pain ») « mendiant »,
ayru-cucot
« coq de bruyère »,
tindugumar
(de
tindu
« je tends » +
gumar
« âne ») « paresseux »
91
Il y a aussi des mots composés d’un élément existant et d’un autre dépourvu de sens ayant le même nombre de syllabes que le premier, et qui rime avec celui-ci :
Astãdz mi dush s-acumpãr zahãre-mahãre, sare-mare, carne-marne, fãrinã-mãrinã…
« Aujourd’hui j’allai acheter du sucre, du sel, de la viande, de la farine… »
92
Notes et références
modifier
modifier le code
et
(en)
Aromanians. Report
, rapport présenté à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, document 7728, 17 janvier 1997 (consulté le 6 juin 2017).
« Macédo-roumain » est une appellation impropre (puisqu’il y a des
Aroumains
non seulement en
Macédoine
historique, mais aussi dans d’autres régions de la Grèce, en Albanie, en Bulgarie, etc.
Par exemple George Giuglea, Alexandru Graur, Ion Coteanu. (cf. Sala 1989,
p.
275).
Par exemple
Gustav Weigand
(en)
, Ovid Densusianu,
Sextil Pușcariu
, Alexandru Rosetti, Theodor Capidan. (cf. Sala 1989,
p.
275).
Sur le nombre d’Aroumains par pays, voir l’article
Aroumains
(en)
Population and Housing Census 2011. Main Results
(Recensement de la population de 2011. Principaux résultats),
re
partie, INSTAT. 2012,
pp.
71-72
(consulté le 6 juin 2017).
Section d’après Sala 1989,
pp.
36-37
, et Caragiu Marioțeanu 1968,
pp.
4-5
Gustav Weigand
(de)
, Ovid Densusianu, Sextil Pușcariu, Alexandru Rosetti.
Theodor Capidan, Tache Papahagi.
Trouvé en
1952
dans un
monastère
d’Albanie.
Trouvé par Pericle Papahagi vers
1900
chez le membre d’une famille aroumaine, les Simota.
Dans Theodor Anastas Cavallioti,
Protopeiria
[« Premier enseignement »],
Venise
1770
Daniil Moscopoleanul, Lexikon Tetragloson [« Lexique quadrilingue »],
Eisagogiki didaskalia
[« Enseignement introductif »], Venise,
1794
re
édition),
1802
de
édition).
Constantin Ucuta,
Nea paidagogia
[« Nouvelle pédagogie »],
Vienne
, 1794.
Gheorghe Constantin Roja,
Măestria ghiovăsirii românești cu litere latinești, care sînt literele Românilor ceale vechi
[« L’art de lire en roumain avec des lettres latines, qui sont les lettres anciennes des Roumains »],
Buda
1809
; Mihail G. Boiagi,
Grammatiki romaniki itoi makedonovlachiki
[« Grammaire romane ou macédo-valaque »], Vienne,
1813
Die Aromunen. Ethnographisch-philologisch-historische Untersuchungen über das Volk der sogenannten Makedo-Romanen oder Zinzaren
[« Les Aroumains. Recherches ethnographiques, philologiques et historiques sur le peuple de ceux qu’on appelle Macédo-roumains ou Zinzares »],
vol., Leipzig, Johann Ambrosius Barth (Arthur Meiner), 1894.
Par exemple
Din literatura poporană a aromânilor
[« Sélection de la littérature folklorique des Aroumains »], Bucarest, Editura Academiei Române, 1900.
Langue et culture aroumaines
En vertu de l’amendemant n° V. de la
(en)
constitution
, qui stipule que les langues minoritaires sont officielles à côté du macédonien dans les localités où la minorité en cause atteint 20 % de la population (consulté le 6 juin 2017).
Friedman 2001,
p.
10.
Bardu et Grădinaru 2006,
pp.
22-25
. o.
(rup)
Scriitori armãneshtsã
[« Écrivains aroumains »], Skopje, Unia ti Culturã-a Armãnjlor dit Machidunii. Biblioteca natsionalã armãneascã (Union culturelle des Aroumains de Macédoine. Bibliothèque nationale aroumaine), 2001 (consulté le 6 juin 2017).
Cf.
(sq)
Loi
96/2017 sur la protection des minorités nationales en République d’Albanie
(consulté le 9 mai 2018).
Lozovanu 2012,
p.
100.
Voir
(ro)
Ordin privind aprobarea planurilor-cadru de învățământ pentru învățământul gimnazial
(Ordre concernant l’approbation des curricula pour les collèges), 2016 (consulté le 6 juin 2017).
Voir
(ro)
programmes pour les collèges
et
programmes pour les lycées
(consulté le 6 juin 2017).
Par exemple le projet
Anveatsã armãneashti!
[« Apprends l’aroumain ! »], de Fara Armãneascã dit Romãnia (Communauté aroumaine de Roumanie) (consulté le 6 juin 2017).
Page de Cartea Aromãnã
sur le site
Tra Armanami
Site de la société Predania
(consulté le 6 juin 2017).
Site du projet « Avdhela »
(consulté le 6 juin 2017).
Page aroumaine
de Radio România Internațional (consulté le 6 juin 2017).
Site officiel du film
et
sa bande-annonce
Voir la page
Teatru armânescu
(Théâtre aroumain) du site de Radio România Internațional (consulté le 6 juin 2017).
Voir le site
Tra Armanami
Caragiu Marioțeanu 1997,
pp.
XVIII–XXII
Ballamaci 2010.
Cunia 1997
Cunia 2010
Cursu di scriari armãneascã
(Cours d’écriture aroumaine) (consulté le 6 juin 2017).
Section d’après Sala 1989,
p.
37 et Caragiu Marioțeanu 1997,
p.
XIX.
Section d’après Capidan 1932,
pp.
199-369
, sauf les informations des sources indiquées à part.
et
Cunia 2010,
p.
4.
Caragiu Marioțeanu 1997,
p.
XXXVI.
Prise en compte par Caragiu Marioțeanu 1997 et Ballamaci 2010, donnée comme alternative à [d] dans Cunia 2010.
Présente dans Caragiu Marioțeanu 1997, en tant qu’alternative à [t] dans Cunia 2010, absente dans Ballamaci 2010.
Ballamaci 2010,
p.
25 ; Cunia 2010,
p.
1110.
Voir par exemple
le site Aromania Catholica
(consulté le 6 juin 2017).
Les articles de la
Wikipédia aroumaine
peuvent être lus dans les trois, au choix.
Sala 1989,
p.
36 et Capidan 1932,
pp.
200-369
Caragiu Marioțeanu 1997 propose [ɨm] écrit
îm-
en tant que norme (
p.
XVII.).
L’
astérisque
indique une forme non attestée mais reconstituée.
[t͡ʃ] – comme
tch
dans « tchèque ».
[d͡ʒ] – comme
dans le prénom
italien
Gino
Comme
dans le mot
anglais
here
« ici ».
Caragiu Marioțeanu 1968,
p.
5.
et
Section d’après Capidan 1932,
pp.
383-396
, sauf les informations des sources indiquées à part.
La mise en parenthèse de certaines lettres signifie que les phones correspondants sont présents dans certains parlers et absents dans les autres.
La barre oblique sépare des variantes dialectales. Caragiu Marioțeanu 1997 recommande en tant que norme la variante avec [i] à l’intérieur des mots et en fin de mot, si elle provient d’une [e] latine atone (
p.
XV).
Comme dans les grammaires du roumain, le
nom
neutre l’est au sens qu’au singulier il est masculin et au pluriel – féminin.
Section d’après Capidan 1932,
pp.
373-383
, sauf les informations des sources indiquées à part.
Caragiu Marioțeanu 1997 recommande en tant que norme la variante avec [ʷ] et la transcription systématique de celle-ci avec
pp.
XVII-XVIII
).
En aroumain, [i] provoque la palatalisation de [b] et reste [i] vocalique, alors qu’en roumain il ne provoque pas cette palatalisation et devient [ʲ] (asyllabique).
et
Sans correspondant roumain de la même origine.
Caragiu Marioțeanu 1997,
p.
XLII.
Capidan 1932,
p.
404.
Caragiu Marioțeanu 1997 recommande les deux dernières variantes (
p.
XVI).
Selon Capidan 1932, c’est cette préposition (du latin
ad
) qui caractérise le génitif-datif et non pas une forme de l’
article possessif
(qui s’accorde en genre et en nombre), comme en roumain (
p.
385).
Section d’après Capidan 1932,
pp.
401-402
En roumain c’est l’
article démonstratif
qui est utilisé.
Capidan 1932,
p.
533.
Section d’après Capidan 1932,
pp.
408-412
Cunia 2010,
pp.
561
, 654.
Cunia 2010,
p.
1015.
et
Cunia 2010,
p.
654.
Section d’après Capidan 1932,
pp.
413-419
Posseseur du genre masculin.
Posseur du genre féminin.
Plusieurs exemples du présent article, comme celui-ci, sont tirés par Capidan 1932 de contes folkloriques.
Section d’après Capidan 1932,
pp.
419-425
Section d’après Capidan 1932,
pp.
426-427
Section d’après Capidan 1932,
pp.
402-407
Section d’après Capidan 1932,
pp.
438-482
, sauf les informations des sources indiquées à part.
Chez Capidan 1932 (
p.
438) et Ballamaci 2010 (
p.
186) sans
asyllabique finale après voyelle + consonne, chez Caragiu Marioțeanu 1997 avec
, formes qu’elle recommande en tant que norme (
p.
XLIV).
Section d’après Capidan 1932,
pp.
525-553
, sauf les informations des sources indiquées à part.
Caragiu Marioțeanu 1997,
p.
XLIV.
Exemples de Cunia 2010.
Exemples de Capidan 1932 (divers chapitres).
Caragiu Marioțeanu 1997,
p.
XXI.
Ballamaci 2010,
p.
60.
Section d’après Capidan 1932,
pp.
512-520
Capidan 1932,
pp.
520-521
Capidan 1932,
p.
524.
Voir aussi
modifier
modifier le code
Plus de 50 entrées
du
Wiktionnaire
décrivant des mots
en
aroumain
Wikipédia en aroumain
Bibliographie
modifier
modifier le code
(rup)
Ballamaci, Iancu,
Metoda aromână/vlahă
[« Méthode d’aroumain/de valaque »], Bucarest, Predania,
Projet « Avdhela »
, 2010
ISBN
978-606-8195-07-0
(consulté le
5 mars 2023
(ro)
Bardu, Nistor et Grădinaru, Mara Ioana,
« Observații asupra aromânei scrise azi în România, Bulgaria, Albania, Grecia și Macedonia »
[« Remarques sur l’aroumain écrit de nos jours en Roumanie, Bulgarie, Albanie, Grèce et Macédoine"], Dănilă, Elena
et al.
(dir.),
Comunicare interculturală și integrare europeană
[« Communication interculturelle et intégration européenne »], Iași, Alfa, 2006
ISBN
973-8953-07-3
pp.
21-38
(consulté le
6 juin 2017
(ro)
Capidan, Theodor,
Aromânii. Dialectul aromân. Studiu lingvistic
[« Les Aroumains. Le dialecte aroumain. Étude linguistique »], Bucarest, Monitorul Oficial și Imprimeriile Statului, Imprimeria Națională, 1932 (consulté le
6 juin 2017
(ro)
Caragiu Marioțeanu, Matilda, chapitre « Dialectul aromân » [« Le dialecte aroumain »], Iorgu Iordan (dir.),
Crestomație romanică
[« Chrestomathie romane »],
vol.,
re
partie, Bucarest, Editura Academiei, 1968 ; en ligne :
Dialectul aromân
Projet « Avdhela »
(consulté le
5 mars 2023
(ro)
Caragiu Marioțeanu, Matilda,
Dicționar aromân (macedo-vlah) (DIARO) comparativ (român literar-aromân), contextual, normativ, modern
[« Dictionnaire aroumain (macédo-valaque) (DIARIO) comparatif (roumain littéraire-aroumain), contextuel, normatif, moderne »],
er
vol., Bucarest, Editura Enciclopedică, 1997
ISBN
973-45-0188-7
; en ligne :
Introducere
[« Introduction »] (consulté le
5 mars 2023
(rup)
Cunia, Tiberius,
Dictsiunar a limbãljei armãneascã
, Constanța, Cartea Aromãnã, 2010 (consulté le
6 juin 2017
).
(en)
Cunia, Tiberius,
« On the Standardization of the Aromanian System of Writing. The Bituli-Macedonia Symposium of August 1997 »
[« Sur la strandardisation de système d’écriture aroumain. Congrès de Bitola (Macédoine), d’
août 1997
»],
site de la Société « Fărșărotul »
, 1999 (consulté le
6 juin 2017
(en)
Friedman, Victor A.,
« The Vlah Minority in Macedonia: Language, Identity, Dialectology and Standardization »
[« La minorité valaque de Macédoine : langue, identité, dialectologie et standardisation »], Juhani Nuoluoto, Martii Leiwo, Jussi Halla-aho (dir.),
Selected Papers in Slavic, Balkan, and Balkan Studies
, Slavica Helsingiensa, n° 21, Helsinki, Université d’Helsinki, 2001
ISBN
952-10-0246-8
pp.
26–50
(consulté le
6 juin 2017
Lozovanu, Dorin, « Aromânii din Albania: aspecte etnodemografice și identitare » [« Les Aroumains d’Albanie : aspects ethno-démographiques et identitaires »], Berciu-Drăghicescu, Adina (dir.),
Aromâni, meglenoromâni, istroromâni: aspecte identitare și culturale
[« Aroumains, mégléno-roumains, istro-roumains : aspects identitaires et culturels »], Bucarest, Editura Universității din București, Colection IEH, 2012
ISBN
978-606-16-0148-6
pp.
97-108
(consulté le
6 juin 2017
Sala, Marius (dir.),
Enciclopedia limbilor romanice
[« Encyclopédie des langues romanes »], Bucarest, Editura Științifică și Enciclopedică, 1989
ISBN
973-29-0043-1
Bibliographie supplémentaire
(rup)
Bara, Mariana,
« Curs nivel III »
, fiches pour le cours
Anveatsã armãneashti!
[« Apprends l’aroumain ! »], niveau 3, de l’organisation Fara Armãneascã dit Romãnia (Communauté aroumaine de Roumanie) (consulté le
6 juin 2017
Bara, Mariana,
Le lexique latin hérité en aroumain dans une perspective romane
, Munich, LincomEuropa Verlag, 2004
ISBN
3-89586-980-5
(ro + rup)
Bara, Mariana,
Limba armãneascã. Vocabular și stil
[« Langue aroumaine. Vocabulaire et style »], Bucarest, Editura Cartea Universitară, 2007
ISBN
978-973-731-551-9
Béis, Stamatis,
Le parler aroumain de Metsovo : Description d’une langue en voie de disparition
, thèse de doctorat, Université Paris V, 2000 (consulté le
13 septembre 2017
Béis, Stamatis, « L’aroumain dans le cadre des langues romanes balkaniques », dans
Südosteuropäische Romania : Siedlungs-/Migrationsgeschichte und Sprachtypologie
, sous la direction de Wolfgang Dahmen et al., Tübingen, Narr Francke Attempto, 2012, p. 165–173.
(ro + rup)
Caragiu Marioțeanu, Matilda et Saramandu, Nicolae,
Manual de aromână. Carti trâ învițari armâneaști
[« Manuel d’aroumain »], Bucarest, Editura Academiei Române, 2005
ISBN
978-973-27-1167-5
(ro)
Caragiu Marioțeanu, Matilda,
Fono-morfologie aromână: studiu de dialectologie structurală
[« Phono-morphologie aroumaine : étude de dialectologie structurale »], Bucarest, Editura Academiei R. S. R., 1968
(de)
Caragiu Marioțeanu, « Definition einer Volksgruppe : Glotta und Ethnos der Aromunen » [« Définition d’un groupe ethnique : glotta et ethnie des Aroumains »],
Österreichische Osthefte
, n° 2, 1971,
pp.
140–151
; en ligne :
Glotta und Ethnos der Aromunen
Projet « Avdhela »
(consulté le
6 juin 2017
Caragiu Marioțeanu, Matilda, « La romanité sud-danubienne : l’aroumain et le mégléno-roumain »,
La Linguistique
vol., fasc. 1, 1972,
pp.
105-122
(rup)
Cunia, Tiberiu,
« Cursu di scriari armãneascã »
[« Cours d’écriture aroumaine »],
site Tra Armanami
(consulté le
6 juin 2017
(de)
Dahmen, Wolfgang ; Kramer, Bärbel ; Kramer, Johannes ; Rolshoven, Jürgen, « Dialektologische Forschungen bei den Aromunen im Jahre 1976 » [« Recherches dialectologiques chez les Aroumains en 1976 »],
Balkan Archiv
, nouvelle série, n° 1, 1976,
pp.
7-78
Dahmen Wolfgang et Kramer, Johannes, « Enquête directe à l’aide d’enregistrement sur bandes magnétiques : expériences faites au cours d’enquêtes pour l’Atlas linguistique des parlers aroumains de la Grèce »,
Archives sonores de dialectologie
, Amiens, 1978,
pp.
55-63
(ro + rup)
Dalametra, Iancu,
Dicționar macedo-român
[« Dictionnaire macédo-roumain »], Bucarest, Academia Română, 1906 (consulté le
6 juin 2017
(rup)
Gheorghevic-Spoa, Risto et Iovanovic, Zoran,
Cântiți armânești
[« Chansons aroumaines »], Skopje, Societatea armânească „Pitu Guli”, 1982
(en)
Gołąb, Zbigniew,
The Arumanian Dialect of Kruševo, SR Macedonia
, Skopje, MANU, 1984.
(ro)
Kahl, Thede,
Istoria aromânilor
[« Histoire des Aroumains »], Bucarest, Tritonic, 2006
(ro + rup)
Papahagi, Tache,
Dicționarul dialectului aromân, general și etimologic
[« Dictionnaire du dialecte aroumain, général et étymologique »],
de
édition, Bucarest, Editura Academiei R. S. R., 1974
Poghirc, Cicerone, « Romanisation linguistique et culturelle dans les Balkans : survivances et évolution »,
Les Aroumains
, Paris, Publications Langues’O, 1989 (Cahiers du Centre d’étude des civilisations d’Europe centrale et du Sud-Est, n° 8),
pp.
9-45
(en)
Trudgill, Peter, « The Ausbau Sociolinguistics of Greece » [« Sociolinguistique
Ausbau
de la Grèce »],
Plurilinguismes
, n° 4, 1992,
pp.
167-191
Van Boeschoten, Riki,
Usage des langues minoritaires dans les départements de Florina et d’Aridea (Macédoine)
Strates
, n° 10, 2001 (consulté le
6 juin 2017
Articles connexes
modifier
modifier le code
linguistique
liste de langues
langues par famille
langues indo-européennes
langues romanes
Diasystème roman de l'Est
Langues paléo-balkaniques
Langues dans les Balkans
Proto-roumain
Roumain
Wikipédia en aroumain
Liens externes
modifier
modifier le code
Notices d'autorité
GND
Tchéquie
Glottocode
Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes
Britannica
Den Store Danske Encyklopædi
Store norske leksikon
(ro + rup)
Anveatsã armãneashti!
[« Apprends l’aroumain ! »], projet de Fara Armãneascã dit Romãnia (Communauté aroumaine de Roumanie) (consulté le
6 juin 2017
(en)
Aromanian (Armâneaști)
[« Aroumain »], sur
Omniglot
(consulté le
6 juin 2017
(en)
Aromanian. A language of Greece
[« Aroumain. Une langue de Grèce »], sur
Ethnologue. Languages of the World
(consulté le
6 juin 2017
).
(rup)
Dixi online
– variante informatisée de Cunia 2010 (consulté le
6 juin 2017
(en)
Language: Aromanian
[« Langue : aroumain »], sur
Glottolog
(consulté le
6 juin 2017
(en)
Liste Swadesh de 110 mots de l’aroumain
, sur
The Global Lexicostatistical Database
[« Base de données lexico-statistique globale »] (GLD) (consulté le
6 juin 2017
(rup)
Njiclu amirãrush
– le début du
Petit Prince
d’
Antoine de Saint-Exupéry
(consulté le
6 juin 2017
(rup)
Page de titre et deux pages de la grammaire de Boiagi
(1813) (consulté le
6 juin 2017
Portail des langues
Portail des minorités
Portail de la Grèce
Portail de l’Albanie
Portail de la Macédoine du Nord
Portail de la Bulgarie
Portail de la Roumanie
Portail de la Serbie et du peuple serbe
Ce document provient de «
».
Catégories
Langue sérieusement en danger
Inventaire de langues
Langue aroumaine
Langue romane orientale
Langue en Grèce
Langue en Macédoine du Nord
Langue en Serbie
Langue en Bulgarie
Langue en Albanie
Langue en Roumanie
Catégories cachées :
Article contenant un appel à traduction en anglais
Article contenant un appel à traduction en allemand
Article à illustrer Langue
Article utilisant une Infobox
Article de Wikipédia avec notice d'autorité
Page utilisant P1417
Page utilisant P8313
Page utilisant P4342
Page pointant vers des bases externes
Page pointant vers des dictionnaires ou encyclopédies généralistes
Page utilisant un modèle Bases inactif
Portail:Langues/Articles liés
Portail:Langues/Articles liés directement
Portail:Société/Articles liés
Portail:Minorités/Articles liés
Portail:Grèce/Articles liés
Portail:Europe/Articles liés
Portail:Albanie/Articles liés
Portail:Macédoine du Nord/Articles liés
Portail:Bulgarie/Articles liés
Portail:Roumanie/Articles liés
Portail:Serbie et peuple serbe/Articles liés
Portail:Serbie/Articles liés
Article de qualité dans une autre langue
Bon article en russe
Aroumain
Ajouter un sujet
US