Joséphine Baker — Wikipédia
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Pour les articles homonymes, voir
Baker
et
MacDonald
Joséphine Baker
Joséphine Baker en 1940.
Biographie
Naissance
juin
1906
Saint-Louis
Missouri
États-Unis
Décès
12
avril
1975
(à 68 ans)
Paris
France
Sépulture
Cimetière de Monaco
(depuis le
19
avril
1975
Panthéon
(depuis le
30
novembre
2021
Nom de naissance
Freda Josephine McDonald
Époque
XXe siècle
Nationalités
américaine
(jusqu'en
1937
française
(à partir du
30 novembre 1937
Domiciles
Le Vésinet
1929
1947
château des Milandes
1937
1969
Roquebrune-Cap-Martin
(à partir de
1969
Saint-Louis
New York
Paris
Activités
Officière de renseignement
(à partir de
septembre
1939
officier
23
mai
1944
septembre
1945
actrice
chanteuse
écrivaine
militante des droits civiques
mannequin
danseuse
meneuse de revue
musicienne de jazz
artiste de rue
personne du monde du divertissement
Période d'activité
1922
1975
Conjoint
Willie Wells
(1919 div 1919)
William Baker
(1921 div 1925)
Jean Lion
(1937 div 1940)
Jo Bouillon
(1947 div 1961)
Robert Brady
(1973 div 1974)
Autres informations
Propriétaire de
Collection de Joséphine Baker
Membre de
Franc-maçonnerie
1960
1964
Arme
Force aérienne
Grade militaire
Sous-lieutenant
1944
1945
Conflit
Seconde Guerre mondiale
Mouvement
Renaissance de Harlem
Labels
Columbia Records
Odeon
EMI
Mercury Records
RCA Records
Columbia Graphophone Company
Genres artistiques
Cabaret
music-hall
pop française
Site web
(en)
www.cmgww.com/stars/baker
Distinctions
Liste détaillée
Médaille de la Résistance française avec rosette
1946
Croix de guerre 1939-1945
1957
Chevalier de la Légion d'honneur‎
1957
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Médaille commémorative de la guerre 1939-1945
Prononciation
Œuvres principales
Les mémoires de Joséphine Baker
Signature.
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.
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Freda Josephine McDonald
dite
Joséphine Baker
, est une
chanteuse
danseuse
actrice
meneuse de revue
et
résistante
française
d’origine
américaine
, née le
3 juin 1906
Saint-Louis
Missouri
) et morte le
12 avril 1975
Paris
Vedette
du
music-hall
et
icône
des
années folles
, elle devient
française
en 1937 après son mariage avec
Jean Lion
, un
courtier
en sucre industriel. Durant la
Seconde Guerre mondiale
, elle est une
honorable correspondante
des services secrets français et se produit souvent gratuitement en
Afrique du Nord
devant les
troupes alliées
et termine la guerre comme lieutenante de l'
Armée française de la Libération
. En 1946, elle reçoit la
médaille de la Résistance française
Elle met ensuite sa grande popularité au service de la lutte contre le
racisme
et pour l’émancipation des
Noirs
, en particulier en soutenant le
mouvement américain des droits civiques
. Le
28 août 1963
, lorsque
Martin Luther King
prononce son discours
I have a dream
lors de la
marche sur Washington pour l'emploi et la liberté
, elle se tient à ses côtés en uniforme de l'
Armée de l'air française
et sera la seule femme à prendre la parole depuis le
Lincoln Memorial
Le
18 août 1961
, dans le parc du
château des Milandes
en
Dordogne
, Joséphine Baker est décorée de la
Légion d’honneur
et de la
croix de guerre
En 2021, près de cinquante ans après sa mort, elle entre au
Panthéon
, devenant ainsi la sixième femme et la première femme noire à rejoindre le « temple » républicain.
Biographie
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Jeunesse
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Freda Josephine McDonald enfant.
Freda Josephine McDonald, appelée plus tard de son
nom de scène
Joséphine Baker, naît le
3 juin 1906
, aux États-Unis, dans le
Missouri
. Sa mère, Carrie McDonald, est une musicienne et danseuse ayant des origines
afro-américaine
et
amérindienne
, fille d'une
esclave
. Son père probable, Eddie Carson, est un
musicien de rue
itinérant aux origines espagnoles
. Tous deux ont monté ensemble un numéro de chant et de danse, mais le père abandonne sa famille en 1907
, sans avoir reconnu Joséphine
. Sa mère se marie ensuite avec un ouvrier, Arthur Martin, avec qui elle a trois enfants : Richard, Margaret et Willie Mae
La jeune Joséphine passe une partie de son enfance à alterner l'école et les
travaux domestiques
pour des gens aisés chez qui sa mère l'envoie travailler
. Sa famille étant très pauvre, son salaire aide à nourrir la
fratrie
dont elle est l’aînée
. Finalement, Joséphine quitte l’école à
13 ans
, en
février 1920
, et s'engage dans un mariage qui ne dure que quelques mois, durant lequel le couple est hébergé dans la famille Martin
Débuts au music-hall
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Artiste de rue
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Joséphine — qui danse depuis qu’elle est toute petite
10
— rejoint en 1920, à l'issue de son mariage, un trio d'
artistes de rue
appelé le Jones Family Band
. Au moment où leur tournée s'arrête à
Philadelphie
, Joséphine fait la rencontre de William Howard Baker
11
. Elle l'épouse en 1921, s'installe avec lui et en prend le nom
11
. Pour gagner sa vie, elle danse au Standard Theater où elle gagne dix dollars par semaine
12
Danseuse à Broadway
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Mais Joséphine Baker voit grand, et l’envie de danser à
Broadway
la pousse — tout juste âgée de 16 ans — à quitter son second mari pour aller tenter sa chance à
New York
. Une fois sur place, elle met peu de temps à se présenter au
music-hall
de Broadway, sur la
63
Rue, le
Daly's 63rd Street Theatre
(en)
. Là, elle essuie plusieurs refus de la part du directeur avant d’enfin se voir offrir un rôle sommaire. Elle rejoint donc la troupe de la
comédie musicale
Shuffle Along
, un spectacle populaire à la distribution entièrement
noire
. Au bout de deux ans de
tournée
, elle change d’allégeance et s’associe aux
Chocolate Dandies
(en)
13
, qu’elle quitte à leur tour pour entrer au Plantation Club où elle fait la rencontre de
Caroline Dudley Reagan
. Cette
mondaine
, épouse de l’attaché commercial de l’
ambassade américaine à Paris
, Donald J. Reagan, voit en Joséphine Baker un grand potentiel. Elle lui offre donc un salaire de 250 dollars par semaine si celle-ci accepte de la suivre en France où Reagan veut monter un spectacle dont Joséphine Baker sera la
vedette
et qui fera d’elle une star : la
Revue nègre
14
Carrière française
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Joséphine Baker photographiée dans les années 1920 par
Henri Manuel
L'année 1925 révèle l'artiste aux yeux du public français
15
16
. Pour jouer la
Revue nègre
au
théâtre des Champs-Élysées
, Joséphine Baker et sa troupe effectuent la traversée New-York-Cherbourg du 15 au
22 septembre
sur le
Berengaria
17
18
. La première représentation du spectacle a lieu le
2 octobre 1925
18
. Joséphine Baker y interprète un tableau baptisé
La Danse sauvage
19
: dans un décor de
savane
, elle apparaît dansant le
charleston
quasiment nue, vêtue de sa désormais célèbre ceinture de bananes
20
. Pour elle, cette arrivée en France sera vécue comme une libération. Elle dira à ce sujet : « Un jour, j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris »
21
22
The Original
Charleston
: couverture de partition illustrée par
Roger de Valerio
, 1926.
Joséphine, après plus d’une centaine de représentations en France et à l’étranger, casse son contrat et accepte de signer, en 1927, pour la première fois avec le théâtre des
Folies Bergère
pour une revue où elle joue un des premiers rôles. Dans « La Folie du Jour », tandis que le danseur sénégalais
Féral Benga
joue du tam-tam
23
, elle porte plumes roses et ceinture de bananes, visible aujourd’hui au
château des Milandes
. Elle est accompagnée d’un
guépard
dont l’humeur fantasque terrorise l’orchestre et fait frémir le public. Cette même année, la jeune star se lance dans la chanson et, suivant les conseils de son nouvel
impresario
et amant, Giuseppe Abattino (dit « Pepito »), elle participe au film
La Sirène des tropiques
. Giuseppe ouvre le club « Chez Joséphine » et organise la tournée mondiale de la chanteuse en 1928.
Giuseppe Abattino était un tailleur de pierre originaire de
Sicile
. Il fut souvent qualifié de « gigolo ». Sa liaison avec Joséphine Baker durera dix ans, de 1926 à 1936
24
. En plus d’être son impresario, il jouera le rôle de
manager
et sera son
mentor
pendant toute la période de son ascension.
Dans le même temps, elle devient l’
égérie
des
cubistes
qui vénèrent son style et ses formes, et suscite l’enthousiasme des
Parisiens
pour le
jazz
et les
musiques noires
. À cette époque, elle rencontre
Georges Simenon
, qu’elle engage comme secrétaire et qui sera son amant
25
Actrice du mouvement de la Renaissance de Harlem
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Article détaillé :
Renaissance de Harlem
La carrière de Joséphine Baker était intimement liée au mouvement de la
Renaissance de Harlem
dont elle fut une militante acharnée
26
. Mouvement d’abord littéraire qui a pris sa source à
Harlem
, le
mouvement de renouveau
de la
culture afro-américaine
, dans l’
entre-deux-guerres
, prônait l’émancipation des Noirs américains confrontés à la
ségrégation raciale
depuis l'
abolition de l'esclavage
en 1865. Il regroupait des intellectuels et écrivains comme
Alain Locke
ou
Marcus Garvey
, des
mécènes
tels qu’
Arthur Schomburg
, surnommé le « père de l'
histoire noire américaine
», des photographes et sculpteurs, ainsi que des musiciens comme
Louis Armstrong
Duke Ellington
ou
Fats Waller
Les lieux emblématiques du mouvement de Renaissance de Harlem comptaient le
Cotton Club
ou l'
Apollo Theater
27
Danseuse vedette de la
Revue nègre
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Joséphine Baker dansant le
charleston
aux
Folies Bergère
à Paris lors de la
Revue nègre
en 1926 (photo de
Waléry
).
Article détaillé :
Revue nègre
Après la
Première Guerre mondiale
, le regard porté sur les
Noirs
en France se modifie, et dans le Paris des
années folles
, la lumière commence à briller sur les femmes noires, l'
esthétique
nègre devient à la mode. Ainsi, en 1919, est organisée la première exposition d’
art nègre
28
, un ensemble d'œuvres artistiques non occidentales, sources d'inspiration pour les
Fauves
et les
Cubistes
29
, dès 1907, à travers le
musée d'Ethnographie du Trocadéro
30
Sur les conseils du peintre
Fernand Léger
André Daven
, administrateur du
théâtre des Champs-Élysées
, décide de monter un spectacle entièrement exécuté par des Noirs : la
Revue nègre
. L’Américaine
Caroline Dudley
compose la troupe à
New York
, constituée de treize danseurs et douze musiciens, dont
Sidney Bechet
, et Joséphine Baker en devient la vedette parisienne
31
32
. La prestation initiale du groupe d'artistes noirs étant jugée « pas assez nègre » par les commanditaires du spectacle, il est proposé à la danseuse américaine de se présenter nue sur scène. D'abord indignée, Joséphine Baker, âgée de
19 ans
, se résigne à se produire
seins nus
, une ceinture de plumes à la taille, conformément à l'imagerie du
bon sauvage
africain en vogue dans l'
Empire colonial français
33
. L'incarnation par Joséphine Baker de cette femme noire, érotique et sauvage comme l'exigent les stéréotypes coloniaux et l'
exotisme
fantasmé du public français des années 1920, assure à la
Revue nègre
un succès immédiat. Le spectacle se déroule à guichets fermés
33
L’artiste
Paul Colin
réalise l’affiche de la revue, visible au
musée national de l’histoire de l’immigration
34
« Joséphine Baker y apparaît dans une robe blanche ajustée, les poings sur les hanches, les cheveux courts et gominés, entre deux hommes noirs, l’un portant un chapeau incliné sur l’œil et un nœud papillon à carreaux, l’autre arborant un large sourire »
. L’œuvre, à l’esthétique
Art déco
, un peu
caricaturale
dans ses traits, parvient néanmoins au moyen de ses déformations cubistes à rendre perceptible le rythme syncopé du
jazz
, d’apparition récente en France à l’époque
32
31
De nombreux artistes afro-américains séjournent alors en Europe, à l’instar des peintres
Lois Mailou Jones
ou
Henry Ossawa Tanner
, des sculpteurs
Augusta Savage
ou
Nancy Elizabeth Prophet
, des poètes comme
Langston Hughes
ou des romanciers comme
Claude McKay
, et trouvent à Paris le lieu idéal pour prolonger la
Renaissance de Harlem
, appréciant une société plus libérale et l'absence de
ségrégation
32
Joséphine Baker en tenue de scène
Joséphine Baker portant une ceinture de bananes en 1926
(photo de
Waléry
).
Joséphine Baker en costume
burlesque
dans
La Revue des Revues
en 1927.
Joséphine Baker croquée par Pierre Payen.
De la chanson
J'ai deux amours
à la Seconde Guerre mondiale
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Joséphine Baker et son guépard au
Casino de Paris
(affiche de
Zig
, 1930).
Henri Varna
, directeur du
Casino de Paris
par l’intermédiaire de son imprésario
Émile Audiffred
, l’engage pour
mener la revue
de la saison 1930-1931 et lui achète un guépard, nommé Chiquita
35
. En
1931
, elle remporte un succès inoubliable avec la chanson
J'ai deux amours
composée par
Vincent Scotto
36
Entre 1928 et 1947, elle vit dans la villa « Le Beau-Chêne » au
Vésinet
Joséphine Baker lors d'une distribution de
pot-au-feu
en 1932.
Après la
Grande Dépression
de 1929, le chômage explose en France dès 1931 : elle tient durant cette période un engagement social en participant à des
soupes populaires
pour les clochards de Paris
37
; dans le
18
arrondissement de Paris
, en 1932, elle est la marraine du Pot-au-feu des Vieux, œuvre qui distribue des
pot-au-feu
38
39
aux personnes âgées dans le besoin — un précurseur des
Restaurants du Cœur
40
Quelques rôles lui sont proposés au
cinéma
par des cinéastes, tel
Marc Allégret
. Elle tourne ensuite dans deux films qui lui sont consacrés et dont Abattino écrit le scénario :
Zouzou
, avec
Jean Gabin
et
Yvette Lebon
, puis
Illa Meery
, qui sera, un temps, la maîtresse du chef de la
Gestapo française
Henri Lafont
, et la fameuse chanson
Fifine
(composée par Vincent Scotto,
Henri Varna
et
Émile Audiffred
) puis
Princesse Tam Tam
qui ne rencontrent pas le succès espéré. Sur les planches du
music-hall
, en revanche, elle rassemble un plus large public en chantant et en dansant même le tango
Voluptuosa
de
José Padilla Sánchez
En
octobre 1935
, elle s'embarque à bord du paquebot
Normandie
pour une tournée d'un an aux
États-Unis
. Elle n'y rencontre pas la réussite escomptée. L'Amérique est sceptique et certains lui reprochent de parler parfois en français, ou en anglais avec un accent français. Pepito et Joséphine Baker se séparent après l’échec de ces
Ziegfeld Follies
Elle rentre en France en
mai 1936
, à nouveau à bord du
Normandie
, où elle se fait beaucoup d’amis. Elle acquiert la
nationalité française
36
en épousant, le
30 novembre 1937
Crèvecœur-le-Grand
, le jeune courtier en sucre Jean Lion
41
19
(la société Jean Lion et Compagnie existe encore), Giuseppe Abattino étant mort d'un
cancer
à l'automne 1936. Jean Lion est
juif
et aura à souffrir des persécutions
antisémites
. En 1937, le nouveau couple s'installe au
château des Milandes
Castelnaud-Fayrac
(aujourd'hui
Castelnaud-la-Chapelle
) en
Dordogne
. Elle surnomme la demeure son
« château de la Belle au Bois dormant »
Elle reprend les tournées organisées par
Émile Audiffred
sous le label Audiffred &
Marouani
[réf. nécessaire]
Portraits
Joséphine Baker en 1930 (photo de
Paul Nadar
).
Joséphine Baker par Jean Chassaing (affiche, 1931).
Joséphine Baker vers 1930 (photo de Paul Nadar).
Seconde Guerre mondiale
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Joséphine Baker en 1939
42
Au début de la
Seconde Guerre mondiale
, en
septembre
1939
, par le biais du frère de son imprésario Daniel Marouani, Joséphine Baker rencontre un officier de la section Allemagne des services de contre-espionnage français, Jacques Abtey, dont elle devient
honorable correspondant
. Elle rapporte donc à Abtey, devenu son
officier traitant
, les informations qu’elle peut glaner dans les soirées mondaines. Par exemple, une semaine après son engagement, elle lui fait savoir qu’elle a appris à l'
ambassade d'Italie
que
Benito Mussolini
vient de décider de jouer
Adolf Hitler
contre la France
43
. Selon
Guy Penaud
, il ne semble pas qu’elle ait réussi à collecter des renseignements de très grande valeur
44
. Elle met également son talent musical à contribution en chantant pour les soldats alors au front
44
. Joséphine participe également en tant qu’
IPSA
(infirmière pilote secouriste de l’air), affectée à la
Croix-Rouge
à la réception de réfugiés belges et hollandais
45
Après la
bataille de France
, elle reste en lien avec Jacques Abtey, dont la position est souvent trouble, mais qui a gardé des liens avec les services de contre-espionnage dirigés par
Paul Paillole
. En raison de l'occupation allemande et de l'
armistice du 22 juin 1940
, ces services sont camouflés en
Travaux ruraux
46
47
48
Jean-Luc Barré
a pu écrire que Joséphine Baker a travaillé « avec les services secrets de la
France Libre
49
, formulation nécessairement erronée, les services secrets de la
France de Vichy
et le
Bureau central de renseignements et d'action
de la France Libre n'ayant fusionné — péniblement — qu'à partir de 1943
50
. Guy Penaud a montré qu'aucun contact n'a existé avant 1943 entre Jacques Abtey et la France libre devenue en 1942 la « France combattante »
51
. Il n'en est pas moins vrai qu'Abtey restera aux côtés de Joséphine Baker jusqu’à la
Libération
en France puis en
Afrique du Nord
49
Après l'armistice du
22 juin 1940
, Joséphine regagne son château des Milandes où Abtey la rejoint avant de renouer avec Paillole, établi à Marseille
48
. Le
25 novembre 1940
, Joséphine part pour le Portugal en compagnie de Jacques Abtey. Paillole a remis à ce dernier un faux passeport au nom de Jacques Hébert « exerçant la profession d’artiste ». Le couple est censé être en transit pour le Brésil, où Joséphine Baker aurait un contrat à honorer. En fait, Abtey est missionné pour prendre contact avec l'
Intelligence Service
Lisbonne
. Paillole a évoqué un contact avec
« Bill » Dunderdale
47
46
. En fait, ce dernier était à Londres et c'est le représentant du
MI6
à Lisbonne, un certain Bacon, alias Joseph Richmond Stopford, que le couple Baker-Abtey rencontre
51
. Abtey aurait remis à Bacon un ensemble d'informations écrites à l'encre sympathique, concernant les unités militaires allemandes en France
52
À son retour de Lisbonne, Joséphine Baker revient à
Marseille
, où elle donne une série de galas organisés par
Émile Audiffred
, et du
24 décembre
au
17 janvier 1941
, elle joue le rôle de Dora dans
La Créole
à l’opéra de Marseille
53
. Le
17 janvier 1941
, elle s'embarqua sur un paquebot à destination d’Alger avec
28 malles
et cages (pour ses divers animaux (chien, singes, oiseaux …)
54
. On ne sait pas clairement si cette migration en Afrique du Nord fut motivée par des considérations professionnelles
53
ou si le couple Baker-Abtey y aurait été missionné par Paillole
55
Le temps de donner quelques galas à Alger, Joséphine partit pour
Casablanca
, au Maroc, pour obtenir un visa auprès du consulat du Portugal où elle projetait de faire une tournée. Finalement, elle s’installe à
Marrakech
, d’abord à
La Mamounia
, puis dans un
riad
de la Médina. À Marrakech, elle fréquente assidûment Si Mohammed Menebhi, fils de l’ex-grand vizir
54
De son côté, Abtey, dont on ne sait pas vraiment s’il travaille pour Paillole ou pour les Anglais, s’installe à Casablanca comme employé à la Compagnie chérifienne d’armement
54
. Comme l’écrit Guy Penaud
54
« À vrai dire, Jacques Abtey qui avait suivi sa « protégée » en Afrique du Nord, cherchait à l’accompagner lors d’une tournée de galas ou à contacter des services, fussent-ils étrangers, pour être rémunéré, ce que l’on comprend... »
Fin mars début avril, Joséphine Baker entreprend une tournée dans la péninsule ibérique, Portugal et Espagne. Abtey, qui n’a pas pu obtenir de visa, ne l’accompagne pas
56
. Elle aurait été porteuse de documents que lui a remis Abtey, documents dont on ne connaît pas le contenu et la provenance
56
. Sa tournée en Espagne dura trois semaines. Abtey a raconté que son voyage en Espagne a été l’occasion de glaner des renseignements dans les ambassades et qu’elle aurait dissimulé ses notes dans ses sous-vêtements
57
; Abtey semble avoir maintenu quelques contacts avec Paillole, sans que l’on sache exactement pour qui il travaille
56
« Jacques Abtey était-il alors un « électron libre » ne dépendant plus d’aucun service secret ? On a vu qu’il fréquentait des officiels américains mais n’apparaissait plus dans l’organigramme des services spéciaux français et qu’il était fâché avec les Anglais qui ne voulaient plus le payer. Quel jeu jouait-il alors ? »
Du mois de
juillet 1941
jusqu'en
décembre 1942
, Joséphine Baker a séjourné à la clinique Mers Sultan à Casablanca, à la suite d'une péritonite assortie de multiples complications. Elle reçut à la clinique de nombreuses visites, dont celles des vice-consuls américains Sydney L. Barrett d'abord et
Kenneth W. Pendar
(en)
ensuite
58
. Pendant son long séjour au Maroc, Joséphine s’était liée à un certain nombre de personnalités marocaines
46
« J’ai trois amis marocains merveilleux et profrançais. L’un est le premier calife et cousin germain du sultan, Moulay Larbi. L’autre est son riche beau-frère Mohammed Menebhi ; le troisième est
Thami El Glaoui
, le pacha de Marrakech. »
Si Mohammed Menebhi l’accompagnera lors de sa tournée en Jeep à travers toute l’Afrique du Nord et honorera de sa présence, en 1947, le mariage de Joséphine avec Jo Bouillon
59
. Après sa maladie, Joséphine Baker se produit sur scène pour la première fois le
20 mars 1943
, à Casablanca, lors de l’inauguration des clubs de la Croix-Rouge ouverts aux soldats alliés présents en Afrique du Nord à la suite du
débarquement de novembre 1942
. Le club dans lequel Joséphine a donné ce premier gala était réservé aux soldats américains de couleur car la
ségrégation raciale
régnait alors au sein des armées américaines. Le soir même, elle fut reçue à
Anfa
par le général américain
Mark Wayne Clark
59
À la suite de ce premier spectacle, Joséphine est engagée au célèbre cinéma-théâtre de Casablanca le Rialto, pour une série de concerts payants qui permettent de renflouer les caisses de la danseuse et ainsi de survivre jusqu’à la fin de la guerre car désormais, toutes les représentations qu’elle va donner seront bénévoles, comme le dernier gala qu’elle donne au Rialto, le
30 avril 1943
, au bénéfice de la Croix-Rouge, ou la tournée qu’elle effectue ensuite dans les camps de G.I.s américains en Algérie
59
. En fait, il semble bien qu’elle ait aussi chanté dans un certain nombre de galas payants
60
Fin
mai 1943
, après un certain nombre de galas donnés en Algérie pour les troupes alliées, elle chante pour la première fois depuis 1941 à Alger, sur la scène du Colisée
60
. Le
13 août 1943
, Joséphine participa à un grand gala à l’Opéra d’Alger sous la présidence effective du général de Gaulle. À la fin de la représentation, de Gaulle lui fit parvenir une petite croix de Lorraine en or. Elle aurait revendu cette médaille aux enchères quelques semaines plus tard au bénéfice de la Résistance
60
. Peut-être ce cadeau était-il la conséquence de l’accord qu’elle avait donné à la fin du mois de juin au colonel
Pierre Billotte
d’effectuer une tournée de propagande auprès des troupes françaises
60
La
campagne de Tunisie
s’étant achevée le
13 mai
, à partir de cette date toute l’Afrique du Nord est donc aux mains des Alliés. Jusqu’en
mai 1944
, Joséphine sillonne l’Afrique du Nord et le Proche-Orient dans une longue tournée en
jeep
, de
Marrakech
au
Caire
, puis au
Moyen-Orient
, de
Beyrouth
Damas
, accompagnée de Jacques Abtey, de Mohammed Mennebhi et d'un certain Fernand Zimmer, très proche d'Abtey depuis
novembre 1942
. Cette tournée est chapeautée par le commandant Brousset, chef du
bureau de la
re
division française libre
60
. Comme l'ensemble des
unités des FFL
[Quoi ?]
, à partir d'
août 1943
, la
re
division française libre a fusionné avec l'
Armée d'Afrique
pour devenir l'
Armée française de la Libération
, sous l'égide du
Comité français de libération nationale
. À la fin de l’année 1943, elle doit suspendre ses activités patriotiques et artistiques pendant quelques semaines pour se faire à nouveau soigner à Marrakech
60
À la suite d'un gala donné à Alger le
19 mai 1944
au bénéfice de l'Entr'aide de l'Aviation en présence du général
René Bouscat
, Joséphine Baker est officiellement engagée le
23 mai 1944
dans l'Armée de l'Air, comme « officier de propagande » avec le grade de sous-lieutenant. Cet engagement dans l'armée de l'air est à mettre en relation avec le fait qu'elle avait passé un brevet de pilote en 1938. Elle signe une déclaration d'abandon de sa solde au profit de l'hôpital complémentaire d'Alger. Avec une autorisation du général Bouscat de « revêtir une tenue bourgeoise », elle apparait pendant cette période aussi bien en uniforme qu'en tenue de scène. Sa supérieure directe est
Alla Dumesnil
61
Le
6 juin 1944
, le
Goéland C.445
qui la transporte en Corse, libérée depuis
septembre 1943
, dut effectuer un amerrissage forcé près du port de
Chiavari
. Les naufragés réfugiés sur le plan de l'appareil sont secourus par un détachement de
Tirailleurs sénégalais
61
Elle débarque à
Marseille
en
octobre
1944
49
62
. Elle chante à
Belfort
le
20 novembre 1944
pour les troupes du général de Lattre de Tassigny
63
À la
Libération
, elle poursuit ses activités pour la
Croix-Rouge
et chante pour les soldats et résistants près du front, suivant avec ses musiciens la progression de la
re
armée française
49
. Elle est finalement démobilisée le 1ᵉʳ
septembre 1945
64
Ses activités durant la guerre lui vaudront, après les hostilités, la
médaille de la Résistance française
avec
rosette
(par décret du
5 octobre 1946
65
- remise le
8 octobre 1946
vers 18 heures, alors hospitalisée à l'
hôpital américain de Neuilly
, par le colonel
Guy Baucheron de Boissoudy
66
et, le
19 août 1961
, les insignes de
chevalier de la Légion d’honneur
et la
croix de guerre 1939-1945
avec palme qu’elle reçoit des mains du général
Martial Valin
67
, à la suite de l'intervention du ministre de la Défense
Jacques Chaban-Delmas
68
Joséphine Baker sur scène à
Oran
en 1943.
Joséphine Baker à
Alger
en 1944.
Joséphine Baker portant son uniforme de l'
Armée de l'air française
en 1948.
Ambassadrice de la haute couture française
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Joséphine Baker est l’une des premières ambassadrices de la
haute couture
française, « spécialement après la Seconde Guerre mondiale. La France était très pauvre, il n’y avait donc pas beaucoup d’argent pour promouvoir la haute couture française. Cependant, Joséphine Baker était une très bonne amie de
Christian Dior
et de
Pierre Balmain
et ils adoraient l’habiller. Revenue des États-Unis en 1949-1950, Joséphine a porté — dans un spectacle, sur scène — ces robes fabuleuses »
69
Rêve d’une fraternité universelle
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Château des Milandes
, demeure de Joséphine Baker à compter de 1937.
Couverture du livre pour enfants
La Tribu arc-en-ciel
, 1957.
Après une grossesse à l’issue de laquelle Joséphine Baker accouche d’un enfant mort-né, elle contracte une grave infection
post-partum
et doit subir une
hystérectomie
Casablanca
en 1941
70
Avec
Jo Bouillon
, qu’elle épouse en
1947
, elle achète le
château des Milandes
en
Dordogne
, qu’elle loue depuis 1937 et où elle vivra jusqu’en 1969
71
. Elle y accueille douze enfants de toutes origines
, qu’elle a adoptés et qu’elle appelle sa « tribu arc-en-ciel »
72
73
74
75
Séparée de Jo Bouillon en 1957, elle engloutit toute sa fortune dans le domaine des Milandes, où elle emploie un personnel nombreux, et doit multiplier les concerts pour poursuivre son œuvre
76
Joséphine Baker en 1961 au château des Milandes.
La « tribu arc-en-ciel » en 1959.
Cause des Afro-Américains
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Elle retourne aux États-Unis en 1947 et 1951 pour tenter de renouer avec le succès. Elle y est victime de
ségrégation raciale
, notamment lors de l'incident du
Stork Club
, le
16 octobre 1951
: alors qu’elle accuse le journaliste présent,
Walter Winchell
, de ne pas l'avoir défendue, ce dernier, agacé, décide de briser sa
réputation
, la traitant de
communiste
, d’ennemie du
peuple noir
77
En 1955, elle amplifie en Europe la vague d’indignation soulevée par le meurtre (dans le
comté de Tallahatchie
au
Mississippi
, États-Unis) du jeune Afro-Américain
Emmett Till
, suivi de l'
acquittement
des deux assassins, puis de leurs aveux cyniques après le jugement, une fois assurés de l'
impunité
78
Dans les années 1960, elle milite contre la politique d'
apartheid
instaurée en
Afrique du Sud
et retourne aux États-Unis pour soutenir le
mouvement des droits civiques
du pasteur
Martin Luther King
. Elle participe, en 1963, à la
Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté
organisée par Martin Luther King, lors de laquelle elle prononce un discours, vêtue de son ancien uniforme de l'
Armée de l'air française
et de ses médailles de résistante
79
19
. À cette époque, elle est engagée dans l'action de la Ligue internationale contre l'antisémitisme (LICA, qui deviendra la
LICRA
en 1980)
79
19
. Son rapprochement, en 1938, de la LICA traduit sa sensibilité au
sort des Juifs
, notamment son mari, confrontés à un
antisémitisme
croissant
19
Cuba
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Josephine Baker à La Havane, Cuba en 1950, par Rudolf Suroch.
En 1931, l'écrivain
Alejo Carpentier
publie un article où il rend compte de l’influence de la
rumba
cubaine sur les chansons de Joséphine Baker. Lors de ses tournées en
Amérique latine
, la chanteuse se produit à
Cuba
en 1950, en
janvier 1951
puis en
janvier 1952
, mais lors de cette dernière date, elle est confrontée au
racisme
quand on lui refuse une chambre à l’
hôtel Nacional
. Deux mois plus tard,
Fulgencio Batista
revient au pouvoir par un
coup d’État
. Joséphine Baker s’était alors engagée à créer une organisation en Amérique latine contre le racisme : proche du couple présidentiel argentin,
Juan
et
Eva Perón
, elle ouvre une antenne à
Buenos Aires
et cherche à essaimer dans le sous-continent, notamment à Cuba. Elle est reçue par Batista, mais celui-ci, mis en garde par le
Federal Bureau of Investigation
(FBI) et la
mafia
, la traite avec mépris. Le fait que des militants anti-Batista assistent à ses shows n’aide pas sa situation. Le
13 février 1953
, alors qu’elle est de nouveau en tournée à
La Havane
, se tient une manifestation étudiante sur le
Malecón
, violemment réprimée par le régime, et un jeune homme est tué. Sa dépouille est déposée dans le grand amphithéâtre de l’université et Joséphine s’y rend afin d’assister à la
veillée funèbre
. Le lendemain, le corps est emmené au cimetière lors d’un défilé de plusieurs dizaines de milliers de manifestants, conduit par
Fidel Castro
. Joséphine Baker aurait ensuite décidé d’offrir les bénéfices d’un concert au parti castriste. Le
18 février
, elle est arrêtée par les services de renseignement militaire de Batista, interrogée et finalement relâchée grâce à des
diplomates français
. Questionnée sur son prétendu communisme, elle nie, même si le FBI indique qu’elle s’était produite pour la
SFIO
pendant le
Front populaire
et qu’elle avait effectué une tournée en
URSS
en 1936. Si elle finit sa tournée le même mois au Teatro Campoamor, elle promet de ne plus revenir à Cuba tant que le régime de Batista ne sera pas tombé
79
De
décembre 1965
janvier 1966
, elle est invitée à Cuba par Castro, qui a pris le pouvoir quelques années plus tôt. D’autres personnalités sont présentes, comme les écrivains
Alberto Moravia
et
Mario Vargas Llosa
et le couple
Régis Debray
et
Elizabeth Burgos
. Il se tient alors à
La Havane
un événement d’importance, un rassemblement de dirigeants du
tiers monde
(d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine), la
Conférence tricontinentale
, qui vise à émanciper ces pays des sphères d’influence soviétique et chinoise. Le FBI de
J. Edgar Hoover
, qui dispose d’un dossier sur Joséphine Baker à cause de son soutien aux Afro-Américains
, pourrait avoir pensé qu’elle y était l’envoyée du général de Gaulle, dans un contexte où
la France envisage de faire sortir
son pays de l’
OTAN
. De même, le contre-espionnage cubain cultive des doutes. En réalité, sa présence est, elle l’affirme, la poursuite de ses engagements
antiracistes
. Elle déclare ainsi, dans une interview au quotidien
Granma
« La Tricontinentale, c'est formidable avec ces gens de tous les pays, toutes les langues, toutes les couleurs. C'est une chance inouïe d'avoir un public pareil. Toute la race humaine réunie en une seule famille. »
Avant le début de la conférence, elle rencontre Fidel Castro, et le met en garde sur le fait qu’on va essayer de l’assassiner
81
. On ne sait pas de qui elle tient cette information, mais au même moment, des réseaux anti-Castro et des tentatives d’
attentat
sont neutralisés. Elle se fait remarquer pour son enthousiasme politique, chantant au siège de la délégation du
Nord-Vietnam
, se faisant acclamer place de la Révolution et jouant au
Teatro Garcia Lorca
devant Castro. L’une de ses prestations est même diffusée en direct à la
télévision cubaine
et elle enregistre un disque. Avant son départ, Castro l’invite à se rendre à la
baie des Cochons
, où un
débarquement
soutenu par les États-Unis avait échoué en 1961. Devant les journalistes, elle déclare :
« Je suis heureuse d'avoir été le témoin du premier grand échec de l'impérialisme américain ! »
79
Elle quitte l’île à la fin du mois, mais promet de revenir en juillet, invitée par Castro à y passer ses vacances avec ses enfants. Victime de problèmes de santé à l’intestin, elle est hospitalisée à son retour à l’
hôpital américain de Paris
. De Gaulle lui envoie une immense gerbe de fleurs. L’été, elle retourne donc à Cuba et retrouve le chef de l’État cubain. On lui remet un brevet de
lieutenant
des forces armées révolutionnaires cubaines. En 1967, après la mort de
Che Guevara
, elle écrit une lettre de condoléance à Castro
79
Son fils, Brian Bouillon-Baker, rapporte que Joséphine Baker voyait le communisme comme « la plus belle des idées » et s’intéressait particulièrement à Cuba « parce que c’est un pays qui mettait un point d’honneur à l’éducation et aux soins des plus jeunes. De plus, c’était une société métisse et fraternelle. Pour Joséphine Baker, cela répondait à l’idéal communiste et à l’idée qu’elle s’en faisait
37
. »
Franc-maçonnerie
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Joséphine Baker est initiée, le
6 mars 1960
, au sein de la
loge maçonnique
« La Nouvelle Jérusalem » de la
Grande Loge féminine de France
. Elle en est radiée en
décembre 1964
pour défaut d'assiduité aux réunions et de paiement de la cotisation
82
83
Années difficiles
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Salvatore Adamo
Lou van Rees
(nl)
et — en
costume de scène
— Joséphine Baker au
Grand Gala du disque
(nl)
, le
4 octobre 1964
, au
Concertgebouw
Amsterdam
Le
10 septembre 1969
à l’
aéroport d'Amsterdam-Schiphol
En
juin 1964
, Joséphine Baker, criblée de dettes et ayant des problèmes avec le
fisc
, lance un appel pour sauver sa propriété de Dordogne, où vivent ses enfants ; la mise en vente aux
enchères
du château est annoncée
84
Émue et bouleversée par sa détresse,
Brigitte Bardot
participe immédiatement dans les médias au sauvetage et envoie un chèque important à cette collègue qu’elle ne connaissait pourtant pas directement
85
86
Lors de
Mai 68
, elle participe en tête de cortège à la grande manifestation de soutien à de Gaulle sur l’
avenue des Champs-Élysées
79
Cependant, le château est finalement vendu pour un dixième de sa valeur en 1968. Après avoir dû vivre dans la seule cuisine et même passer une nuit dehors devant la porte, elle obtient un sursis qui lui permet de rester dans les lieux jusqu’au
15 mars 1969
Jean-Claude Brialy
la produit dans son
cabaret
La Goulue
régulièrement à Paris. À la suite de son expulsion du château des Milandes
87
, elle est hospitalisée, mais trouve rapidement les forces nécessaires pour assurer le spectacle. Le lundi, son jour de relâche, elle honore des engagements à Bruxelles, Copenhague, Amsterdam ou Berlin.
Alors que Joséphine Baker est pratiquement ruinée, la princesse
Grace de Monaco
, amie de la chanteuse, d’origine américaine et artiste comme elle, lui avance les fonds nécessaires à l'acquisition d'une grande maison à
Roquebrune
88
. Elle l'invite à
Monaco
pour des
spectacles de charité
89
19
. Aidée aussi par la
Croix-Rouge
, Joséphine Baker remonte sur la scène parisienne de l’
Olympia
en 1968, puis à
Belgrade
en 1973, au
Carnegie Hall
en 1973, au Royal Variety Performance, au Palladium de Londres en 1974. À Paris, elle est au Gala du cirque en 1974.
Le
24 mars 1975
, pour célébrer ses cinquante ans de carrière, elle inaugure la rétrospective
Joséphine à Bobino
, dont le prince
Rainier III
et la princesse Grace figurent parmi les
mécènes
. Dans la salle se trouvaient, entre autres,
Alain de Boissieu
, gendre de
Charles de Gaulle
Sophia Loren
Mick Jagger
Mireille Darc
Alain Delon
Jeanne Moreau
Tino Rossi
Pierre Balmain
et la princesse Grace de Monaco, invitée d’honneur. Le spectacle, pour lequel toutes les places avaient été vendues des semaines à l’avance, ne recueillit pratiquement que
des critiques extasiées
[réf. nécessaire]
. Après le spectacle, deux cent cinquante personnes étaient invitées à souper au
Bristol
Elle retrouve son appartement parisien le
9 avril 1975
alors que le rideau vient de tomber devant une salle enthousiaste pour sa quatorzième représentation
90
. Le lendemain matin,
10 avril
, Joséphine Baker, victime d’une
attaque cérébrale
hémorragie
), est transportée dans un
coma
profond à l’
hôpital de la Pitié-Salpêtrière
, où elle meurt le
12 avril
à l'âge de
68 ans
91
Sépulture de Joséphine Baker au cimetière de Monaco.
Elle reçoit les honneurs militaires et des funérailles catholiques
sont célébrées le
15 avril 1975
à l’
église de la Madeleine
, à Paris. Après des obsèques, le
19 avril 1975
, à l’
église Saint-Charles de Monte-Carlo
, elle est enterrée au
cimetière de Monaco
93
94
95
96
Artiste
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Joséphine Baker en 1927.
Bien qu’initialement, Joséphine Baker ait été perçue comme une sensation
exotique
, une charmante Afro-Américaine au déhanchement incroyable
97
, elle a su se forger une solide réputation dans les hautes sphères de la société parisienne, pour qui elle en vint à incarner le personnage d’une
Vénus
d’ébène
98
. Elle a su intelligemment se servir de cette image et la manipuler à sa guise, façonnant elle-même son personnage public synonyme d’
émancipation
, symbolisant toute forme de liberté (du
swing
jusqu’aux
droits civiques
, en passant par la lutte contre le
fascisme
) et ne définissant sa destinée qu’à sa façon
99
Jean-Gabriel Domergue
la peignit nue dans un tableau (1936)
100
qui passa en vente publique à
Lille
le
28 mars 1999
101
Contrairement à son pays d’origine, les États-Unis, où la
ségrégation raciale
a contrarié ses ambitions artistiques, Joséphine Baker a bénéficié, en France, d’une
négrophilie
ancienne et répandue durant l’
entre-deux-guerres
102
. Dans ses prestations scéniques, elle a projeté un
imaginaire
colonial
dans lequel le corps de la femme noire est
érotisé
, conformément aux
stéréotypes
raciaux européens de l’époque.
À l’exotisme, attendu par son public et dont elle a assumé la promotion, la danseuse a cependant ajouté des facéties, dans la lignée de ses prédécesseurs
Miss Lala
, une
artiste
de
cirque
, et le clown
Chocolat
102
. Restituant dans ses
danses
les qualités supposées propres aux peuples dits « primitifs », tout en tournant en dérision un symbole raciste comme la
banane
, la
« première icône noire »
a construit une personnalité ambivalente, répondant aux clichés du public, et critiquée par des personnalités telle l’intellectuelle noire
Paulette Nardal
qui lui reproche de conforter les poncifs raciaux
essentialisant
la femme noire
102
Vie amoureuse
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Joséphine Baker en 1940 (photo
studio Harcourt
).
Joséphine Baker et
Jo Bouillon
à Amsterdam en 1954.
Mariée cinq fois
35
, Joséphine Baker eut une vie intime tumultueuse. Parmi les différents « hommes de sa vie », on peut évoquer :
Willie Wells : 1919-1920 (séparation). Elle se marie, à treize ans, avec cet ouvrier
fondeur
et travaille comme serveuse. Leur union se termine avec la bouteille que Joséphine lui fracasse sur la tête
réf.
souhaitée]
William Howard Baker : 1921-1923 (séparation). Suivant dans le nord des
États-Unis
la troupe des Dixie Steppers, elle épouse, à quinze ans, William Baker, garçon chez
Pullman
, à
Philadelphie
. Elle le quitte pour partir pour
Paris
, conservant son nom qui passe ainsi à la postérité.
Giuseppe (dit « Pepito ») Abatino : 1926-1936. L’union entre l’actrice et ce
tailleur de pierre
italien se prétendant
comte
n’a jamais eu de fondement légal. Il organise pour elle une tournée mondiale qui débute en
mars 1928
Autriche
Hongrie
Yougoslavie
Danemark
Roumanie
Tchécoslovaquie
Allemagne
Pays-Bas
Argentine
Chili
Uruguay
Brésil
: partout, son passage suscite la
controverse
, aiguisant sa popularité et contribuant fortement à la vente de ses
disques
et de ses
Mémoires
. L’échec des
Ziegfeld Follies
précipite leur rupture.
En 1929, sur le bateau qui les ramenait du
Brésil
, l’architecte
Le Corbusier
eut un coup de foudre pour Joséphine Baker. Il reste de leur rencontre des dessins de Joséphine réalisés par l’architecte, encore célibataire à cette date, mais il semble bien qu’une éventuelle liaison reste du domaine de la légende.
Jean Lion : 1937-1940 (divorce). En épousant, le
30 novembre 1937
Crèvecœur-le-Grand
, ce jeune
courtier
juif
de vingt-sept ans qui a fait fortune dans le sucre raffiné, Joséphine reçoit la
nationalité française
Jo Bouillon
: 1947-1961 (séparation en 1957, divorce en 1961). Ce
chef d'orchestre
originaire de
Montpellier
accompagne
Georgius
Mistinguett
Maurice Chevalier
et Joséphine à Paris et en tournée. Elle vit avec lui aux
Milandes
. En 1941, elle avait été victime d'une
fausse couche
, suivie d'une
hystérectomie
103
. Alors, ils forment et réalisent ensemble leur projet d’
adopter
des enfants de nationalités différentes, afin de prouver que la cohabitation de «
races
» différentes peut fonctionner. Ils adoptent douze enfants, qui deviendront sa « tribu arc-en-ciel »
104
Marianne (née en
France
) ;
Stellina (née en France d'origine
marocaine
) ;
Jeannot (né en
Corée
) ;
Akio (né au
Japon
) ;
Luis (né en
Colombie
) ;
Jarry (né en
Finlande
) ;
Jean-Claude (né en France) ;
Noël (né en France) ;
Moïse (né en France) ;
Brian (né Brahim en
Algérie
) ;
Koffi (né en
Côte d'Ivoire
) ;
Mara (né au
Venezuela
).
Robert Brady : 1973-1974. Elle fait la connaissance de cet artiste et
collectionneur d’art
américain durant un de ses séjours aux États-Unis. Vu les échecs de ses quatre mariages précédents, ils décident d’échanger leurs vœux de mariage dans une église vide à
Acapulco
Mexique
) mais se séparent un an plus tard
105
106
19
Joséphine Baker était
bisexuelle
106
107
108
. Mariée à plusieurs hommes, elle a également eu des relations amoureuses avec des femmes tout au long de sa vie d’adulte
107
. Elle n’a cependant jamais révélé au grand public cette
orientation sexuelle
107
. Parmi ses amantes célèbres figurent l’écrivaine française
Colette
107
ou encore
Frida Kahlo
109
Jean-Claude Baker
(en)
, un ami et confident de Joséphine
110
, mentionne, dans la biographie de son amie, six amantes qu’elle a rencontrées au cours de ses premières années sur scène aux États-Unis :
Clara Smith
, Evelyn Sheppard, Bessie Allison et Mildred Smallwood, sa compatriote
afro-américaine
expatriée
Bricktop
et la romancière française Colette après son déménagement à Paris
110
Malgré sa propre bisexualité et son engagement contre le racisme (notamment avec sa participation à certaines actions du
mouvement américain des droits civiques
106
), elle a fait preuve d’
homophobie
107
en chassant de son foyer un de ses fils, Jarry Bouillon Baker, pour l’envoyer chez son père parce qu'il était
homosexuel
106
. Selon celui-ci, elle craignait qu’il ne « contamine » ses frères
106
Filmographie
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Affiche du film
La Sirène des tropiques
1927
1927
La Folie du jour
de
Joe Francis
1927 :
Die Frauen von Folies Bergères
de Joe Francis et
Max Obal
(version allemande du film précédent)
1927 :
La Revue des revues
de Joe Francis et
Alex Nalpas
1927 :
La Sirène des tropiques
d'
Henri Étiévant
et Mario Nalpas : Papitou
1928
Le Pompier des Folies Bergères
(court métrage - réalisation anonyme)
1934
Zouzou
de
Marc Allégret
: Zouzou
1935
Princesse Tam Tam
d'
Edmond T. Gréville
: Aouïna
1940
Moulin-Rouge
d'
Yves Mirande
et
André Hugon
1945
Fausse Alerte
de
Jacques de Baroncelli
: Zazou Clairon
1954
Dix à chaque doigt
An jedem Finger zehn
) d'
Erik Ode
: une chanteuse
1955
Carrousel des variétés
Carosello del varietà
) d'Aldo Bonaldi et Aldo Quinti
Opérettes et comédies musicales
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1935
La Créole
opérette
en trois actes de
Jacques Offenbach
, adaptation française d’
Albert Willemetz
, reprise au
théâtre Marigny
112
113
Chansons
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Joséphine Baker se réfère dans ses chansons à divers décors exotiques et ses origines, reprenant quelques standards de l'époque. Elle commence à enregistrer en 1926 d'abord en anglais puis en français. L'orchestre du
Casino de Paris
Wal-Berg
puis
Jo Bouillon
l'accompagneront
114
Grands succès
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1930
J'ai deux amours
, paroles de
Géo Koger
et
Henri Varna
sur une musique de
Vincent Scotto
. En écoutant attentivement les enregistrements de l'époque, on se rend compte qu'elle modifia le premier vers du refrain de sa chanson fétiche (
« J'ai deux amours, mon pays et Paris… »
), qui devint après la guerre
« J'ai deux amours, mon pays, c'est Paris… »
1930 :
La Petite Tonkinoise
, adaptation de la chanson créée par
Polin
en
1906
, paroles de Georges Villard, musique d'
Henri Christiné
et Vincent Scotto.
Et aussi :
Dis-moi Joséphine
(adaptation française par
Marc-Cab
115
Léo Lelièvre
et
Henri Varna
de la chanson hongroise
Gyere Josephine
(paroles de
Szilágyi László
(hu)
et musique de
Zerkovitz Béla
(hu)
),
Chant d'amour de Tahiti
Doudou
Mon cœur est un oiseau des îles
Nuit d’Alger
Sans amour
Bye Bye Blackbird
Dans mon village
C'est si facile de vous aimer
Paris… Paris
De temps en temps
Vous faites partie de moi
I've Got You Under My Skin
), C’est un nid charmant
Si j’étais blanche
Parlez-moi d’amour
Sur deux notes
J'attendrai
La Conga Blicoti
Chiquita Madame
Sérénade Céleste
Donnez-moi la main
Paris mes amours
Bésame mucho
You're driving me crazy
Voulez-vous de la canne à sucre ?
Mayari, Madiana
, etc
116
Bandes originales
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1934
C’est lui
, tirée du film
Zouzou
1934 :
Haïti
, tirée du film
Zouzou
. Musique :
Vincent Scotto
, auteur :
Émile Audiffred
1935
Sous le ciel d’Afrique
, paroles d’
André de Badet
et musique de Jacques Dallin, tirée du film
Princesse Tam Tam
, avec les
Comedian Harmonists
1935 :
Rêves
, tirée du film
Princesse Tam Tam
1935 :
Le Chemin du bonheur
, tirée du film
Princesse Tam Tam
1935 :
Pourquoi ? Comment ?
, tirée du film
Princesse Tam Tam
1935 :
Ahé ! la Conga
, tirée du film
Princesse Tam Tam
1940
Non, Nina
, Wal-Berg du film
Fausse Alerte
Hommages
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Dans les arts
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Alexander Calder
réalise vers
1928
une œuvre en
fil de fer
la représentant,
Joséphine Baker IV
, exposée au
centre Pompidou
à Paris
117
L’
auteur-compositeur-interprète
britannique
et
francophile
Bill Pritchard
rend hommage à Joséphine Baker dans deux de ses chansons :
The Invisible State
1986
) et
Sheltered Life
1987
), notamment pour son combat contre le
racisme aux États-Unis
et pour avoir courageusement assumé sa vie de femme libérée, bien en avance sur son temps.
Le chanteur-auteur-compositeur italo-belge
Salvatore Adamo
rend hommage à Joséphine Baker dans la chanson
Noël sur les Milandes
(album
Petit Bonheur
, 1970)
118
Le
3 juin 2006
, pour célébrer le centenaire de sa naissance, une statue en bronze est inaugurée en bas du
château des Milandes
, à
Castelnaud-la-Chapelle
en
Dordogne
, en présence de son fils aîné Akio et de
Sonia Rolland
. Cette statue fut commandée par l’association Opération Joséphine à la sculptrice Chouski. Cette association voulait rendre hommage à trois aspects de la personnalité de Joséphine Baker : son action de résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, sa lutte contre le racisme et l’adoption de ses douze enfants.
Juillet 2006
: au
Festival d'Avignon
, création d’un spectacle de Pierrette Dupoyet :
Joséphine Baker, un pli pour vous…
retraçant l’épisode douloureux de l’expulsion des Milandes
119
En 2007 et 2008, la comédie musicale
Jo et Joséphine
lui est consacrée. Dirigée par
Jacques Pessis
, les têtes d’affiches sont
Grégori Baquet
et
Aurélie Konaté
. Celle-ci est nommée pour le
Marius
de la meilleure interprétation féminine dans un rôle principal
120
121
Le film
L’Autre Joséphine
coécrit par Philip Judith-Gozlin et Brian Bouillon-Baker, fils de Joséphine Baker, réalisé par Philip Judith-Gozlin, est sorti en 2009, il a été produit par la société audiovisuelle Golda Production
122
L’opérette
Simenon et Joséphine
, composée par
Patrick Laviosa
, prend le prétexte de la rencontre (réelle) de Joséphine Baker et de Georges Simenon pour retracer la carrière des deux personnages. Elle a été créée à l’Opéra de Liège et financée par la
Région wallonne
Joséphine Baker est un personnage récurrent de la série de bande dessinée
Odilon Verjus
écrite par
Yann Le Pennetier
et dessinée par
Laurent Verron
. Elle apparaît dans les
tomes 4
, 6 et 7
123
La belle agent Joé est un personnage récurrent de la série de bande dessinée
Les Brigades du temps
écrite par
Kris
et dessinée par
Bruno Duhamel
. Outre son nom et son aspect physique qui en fait le sosie de Joséphine Baker, le personnage lui-même est l'un des meilleurs agents des Brigades du temps, référence indirecte au rôle historique joué par Joséphine Baker dans les services secrets durant la guerre
124
Dans la vidéo
Les Chansons rétros
du groupe d'humoristes
Les Inconnus
, la chanson de Joséphine Baker
J'ai deux amours
est parodiée par
Pascal Légitimus
125
En 2024 et 2025, une comédie musicale de
Jean-Pierre Hadida
lui est consacrée à
Bobino
Joséphine Baker - Le musical
. Celle ci retrace sa vie romanesque
126
127
128
Lieux
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Place Joséphine-Baker
à Paris, dans le
14
arrondissement.
Depuis 1994, un
cratère vénusien
est nommé
Baker
en son honneur
129
En 2000, une place dans le
14
arrondissement de Paris
prend le nom de
place Joséphine-Baker
en son hommage
130
Bertrand Delanoë
, maire de
Paris
, décide en
juin 2006
(un siècle après la naissance de l’artiste) de donner son nom à la piscine publique flottante sur la
Seine
, la
piscine Joséphine-Baker
, inaugurée en
juillet 2006
dans le
13
arrondissement
, au pied de la nouvelle
passerelle Simone-de-Beauvoir
Depuis 2008, l’allée Joséphine-Baker à
Nantes
, une voie secondaire du
boulevard de la Prairie-au-Duc
, dans le quartier de l’
île de Nantes
, lui rend hommage
131
Une crèche Joséphine-Baker a ouvert à
Montpellier
en 2012
132
et un espace Josephine-Baker à
Bourg-la-Reine
en 2021
133
En 2021, avec son entrée au
Panthéon
, il est proposé que le nom de celle-ci soit ajouté à la station de métro
Gaîté
, en raison de la proximité avec
Bobino
, le dernier théâtre où elle s'est produite
134
, et avec la
place Joséphine-Baker
. L'inauguration, qui consiste à accoler le nom de l'artiste de music-hall à côté de celui de « Gaîté », a lieu le
30 novembre
de la même année
135
En 2022 :
le
22 mars
, les membres du conseil municipal de
Couches
(Saône-et-Loire) votent à l'unanimité pour que l'école élémentaire de la commune porte le nom de Joséphine Baker
136
le
28 mars
, une délibération du
conseil municipal
de
Grenoble
donne le nom de l'actrice à son
jardin des plantes
, situé près du
muséum d'histoire naturelle
137
le
22 mai
, la mairie de
Souillac
annonce l'ouverture prochaine du premier musée au monde consacré à l'artiste
138
le
3 septembre
, le conseil municipal de ville de
Bergerac
inaugure la « Maison des associations Joséphine Baker » en présence de son fils Akio Bouillon. Située rue Saint-Esprit, elle abrite une vingtaine d'associations de la commune ;
le
19 novembre
, le conseil municipal de la ville de La Rochelle inaugure la « passerelle Joséphine Baker » en présence de l'un des fils de Joséphine Baker.
En 2023 :
- le collège de Kerhallet à
Brest
change de nom et prend celui de collège Joséphine-Baker.
En 2024 :
le
8 mars
, une
rue
Joséphine Baker est inaugurée à
Dugny
. Elle est située dans le Village des Médias, construit pour les
Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024
139
Une école à Nantes prévue pour 2025 portera son nom
140
Stains
, une rue où se situe notamment le centre de formation
L'Industreet
porte son nom
141
D’autres
odonymes
lui rendent également hommage
[réf. nécessaire]
en France : des routes à
Saint-Crépin-d'Auberoche
et
Villefranche-de-Lonchat
, des avenues à
Sarlat-la-Canéda
et
Vézac (Dordogne)
, une résidence universitaire à
Pessac
, des rues à
Brive-la-Gaillarde
Couzeix
Bourges
et
Bergerac
, un square à
Athis-Mons
, une allée à
Feytiat
aux Pays-Bas : une rue à
Almere
Pays-Bas
) ;
aux États-Unis : un boulevard dans sa ville natale de
Saint-Louis (Missouri)
Divers
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En
juin 2021
, une des promotions d’élèves de l’
ENA
(tour extérieur et cycle d’intégration des officiers) choisit le nom de Joséphine Baker
142
. En 2024, les élèves du nouvel
INSP
prennent la suite, en choisissant également pour leur promotion le nom de Joséphine Baker
143
En
mars 2024
, la
Monnaie de Paris
annonce qu'elle va mettre en circulation en été 2024, une
pièce de
20 centimes
d'euros
à son effigie
144
Le
11 avril 2025
, veille des 50 ans de la mort de l'artiste, le lycée Pré-de-Cordy de Sarlat-la-Canéda est officiellement rebaptisé lycée Joséphine Baker.
Vidéographie
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Frères d'armes - Joséphine Baker
, série
Frères d'armes
, film-portrait raconté par
Elsa Zylberstein
, co-réalisé par
Pascal Blanchard
et
Rachid Bouchareb
, 2016, 2 minutes.
voir en ligne
Entrée au Panthéon
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Joséphine Baker au
Panthéon
, illustration de JipéDan, 2021.
Cénotaphe de Joséphine Baker au Panthéon (crypte XIII).
Reprenant une idée de
Régis Debray
145
19
, une pétition « Osez Joséphine » lancée à l’initiative de l’essayiste Laurent Kupferman soutient l’entrée au
Panthéon
de cette
« artiste, résistante, féministe et militante antiraciste »
146
19
. Elle rassemble 37 920 signatures
147
148
Le
22 août 2021
, le journal
Le Parisien
annonce l’accord d’
Emmanuel Macron
pour son entrée au Panthéon le
30 novembre
148
, jour anniversaire de sa naturalisation française, 84 ans auparavant (en 1937)
149
. Le
23 août
, l'Élysée fait l'annonce officielle
150
. Elle restera cependant inhumée au cimetière de Monaco
151
, de sorte que le Panthéon ne sera pas son tombeau mais son
cénotaphe
152
Joséphine Baker entre au Panthéon le
30 novembre 2021
, devenant ainsi la sixième femme et la première femme noire à rejoindre le « temple » républicain
153
154
155
. Dans cette nécropole laïque nationale, elle repose désormais symboliquement
auprès de deux autres Français noirs : l'écrivain
Alexandre Dumas
et le
résistant
et homme politique
Félix Éboué
157
La panthéonisation d'une descendante d'esclaves noirs américains et d'
autochtones d'Amérique
suscite une quasi-unanimité en France. Pour
Le Figaro
, cet engouement s'explique par l'
universalisme républicain
dont l'artiste, récipiendaire de la
Croix de guerre
, est considérée être une figure exemplaire, a contrario d'un
« fort courant venu d'Amérique »
qui cherche à
« assigner chacun à sa race, son sexe »
. Pour Chloé Leprince de
France Culture
, « dire que sa consécration dans la cathédrale républicaine du Panthéon fait consensus, c’est dire qu’elle fut à la fois celle qu’on assigna dans une posture fondamentalement façonnée par un regard raciste ; et aussi, celle qui s’est imposée en déjouant l’imagerie du bon sauvage, pour en faire son tremplin… et triompher
158
. »
Aux États-Unis, l'hebdomadaire
The Nation
soutient que la célébration nationale d'une femme noire par la France masque un passé colonial et la persistance de discriminations raciales, la France étant ainsi accusée de perpétuer l'affirmation d'une supériorité d'un modèle social qu'elle prétend universaliste à l'encontre du
modèle communautariste
américain
159
160
157
Décorations
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Chevalier de la Légion d'honneur
(1961) Le
30 juin 1947
, les membres de la Commission de liquidation et de règlement de la Résistance du ministère de l'Air, rejettent à l'unanimité le dossier d'attribution de la Légion d'Honneur pour Joséphine Baker. Dix ans plus tard, le dossier est rouvert et le
9 décembre 1957
, Joséphine Baker est nommée au grade de chevalier dans l'
ordre national de la Légion d'honneur
. Puis le
18 août 1961
, dans le parc de son château des Milandes, la distinction lui est remise par le général
Martial Valin
161
Croix de guerre
1939
1945
, palme de bronze
(1961)
19
Médaille de la Résistance française, avec rosette
(1946)
19
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Médaille commémorative française de la guerre
1939
1945
Voir aussi
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Sur les autres projets Wikimedia :
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, sur
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Sources primaires
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Joséphine Baker et
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(avec la collaboration de Jacqueline Cartier),
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Robert Laffont
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Marcel Sauvage,
Les Mémoires de Joséphine Baker
, Paris, Dilecta,
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ISBN
2-916275-05-3
Brian Bouillon-Baker et Gilles Trichard,
Joséphine Baker : le regard d'un fils
, Paris, Patrick Robin,
2006
, 189
p.
ISBN
2-35228-005-2
Brian Bouillon-Baker,
Joséphine Baker, l'universelle
, éditions du Rocher, 2021, 234 p.
Jean-Claude Bouillon-Baker,
Un château sur la lune : le rêve brisé de Joséphine Baker
, Paris, Hors Collection,
2012
, 271
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ISBN
978-2-258-09279-2
Bibliographie
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Joséphine Baker : La Résistance en chantant
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Jacques Pessis,
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Pénélope Bagieu
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Gérard Bonal
Joséphine Baker : Du music-hall au Panthéon
, Paris/14-Condé-sur-Noireau,
Tallandier
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979-1-0210-4140-0
(pl)
Elżbieta Sieradzińska,
Serce w ogniu
Burzliwe życie Josephine Baker
, Marginesy,
2025
, 592
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ISBN
978-83-68367-89-8
Littérature
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Pascal Rannou,
Noire, la neige
, Parenthèses,
2008
, 292
p.
ISBN
978-2-8636-4648-9
. Biofiction consacrée à la trompettiste et chanteuse Valaida Snow, amie, collègue de revue puis rivale de J. Baker
162
, qui est un des personnages principaux de ce roman.
Bande dessinée
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José-Louis
Bocquet
(scénario)
et
Catel
Muller
(dessins)
(conseiller historique : Jean-Claude Bouillon-Baker),
Joséphine Baker
, Bruxelles/ Paris,
Casterman
coll.
« Écritures »,
2017
re
éd.
2016), 566
p.
ISBN
978-2-203-12429-5
présentation en ligne
Ouvrage jeunesse
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Patricia Hruby Powell et
Laurana Serres-Giardi (Adaptation)
trad.
de l'anglais,
ill.
Christian Robinson),
Joséphine : Joséphine Baker, la danse, la Résistance et les enfants
, Voisins-le-Bretonneux,
Rue du monde
16 avril 2015
, 101
p.
ISBN
978-2355043697
« Mention Spéciale » Non Fiction Award, à la
Foire internationale du livre de jeunesse de Bologne
2014.
Audio
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(de)
[audio]
Das fabelhafte Leben der Joséphine Baker

La Vie fabuleuse de Joséphine Baker
»), collage audio de Peter Eckhart Reichel,
CD
Duophon, 2006.
Liens externes
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Une
catégorie
est consacrée à ce sujet :
Joséphine Baker
(fr + en)
Château et jardins des Milandes
, son ancienne demeure, aujourd’hui lieu touristique.
(fr + en)
La Revue nègre, 1925
», sur
museefrancoamericain.fr - Musée Franco-Américain de Blérancourt
(consulté le
13 mars 2021
(fr + en)
Alexandre Sumpf, «
Joséphine Baker et la Revue nègre
», sur
histoire-image.org - L'histoire par l'image
octobre 2006
(consulté le
13 mars 2021
(fr + en + es)
Olivier Roueff, «
Politiques d’une « culture nègre » La Revue Nègre (1925) comme événement public
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erudit.org - Anthropologies et Sociétés
2006
(consulté le
28 novembre 2021
Joséphine Baker, une résistante atypique
, sur le site du musée de la Résistance en ligne (site de la
Fondation de la Résistance
),
novembre 2021
Joséphine Baker (1906-1975)
, sur le site du Service historique de la Défense.
Bases de données et dictionnaires
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modifier le code
(en)
Joséphine Baker sur un site de CMG Worldwide
Archives conservées par
bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits
Stuart A. Rose Manuscript, Archives, and Rare Book Library
8xz6v
Service historique de la Défense
josephine-baker-1906-1975
Schomburg Center for Research in Black Culture
(Sc MG 778,
25627
Ressources relatives à l'audiovisuel
Africultures
AllMovie
Allociné
Ciné-Ressources
Filmportal
Filmweb
France 24
IMDb
Rotten Tomatoes
Unifrance
Ressources relatives à la musique
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MusicBrainz
Muziekweb
Ressources relatives au spectacle
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L’Officiel des spectacles
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National Portrait Gallery
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Ressources relatives à plusieurs domaines
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Radio France
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GND
Italie
Japon
Espagne
Pays-Bas
Pologne
Israël
NUKAT
Catalogne
Suède
Australie
Norvège
Tchéquie
Notes et références
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Notes
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Le Jones Family Band est ensuite intégré dans la troupe itinérante des Dixie Steppers.
Teruya et Akio ramenés du Japon, Jari de Finlande, Luis de Colombie, Jean-Claude, Moïse et Noël de France, Brahim - devenu Brian - et Marianne d'Algérie, Koffi de Côte d'Ivoire, Mara du Venezuela, Stellina du Maroc.
La déclaration et l'annonce sont de novembre 1979 mais seule la LICA Marseille change de nom en 1979. L'association-mère ne devient officiellement LICRA que le
24 janvier 1980
mais la mention du terme « racisme » était déjà effective avant-guerre et systématique peu après celle-ci
80
Il y est notamment indiqué au début :
« Top secret – Objet : rassembler les informations du Bureau [le FBI] concernant la chanteuse et artiste de music-hall nègre Joséphine Baker, présentement à Cuba pour la conférence dite Tricontinentale. Baker est une danseuse, citoyenne expatriée des États-Unis, qui a établi résidence en France. Par le passé, elle a été pro-communiste dans ses déclarations et a publiquement dénoncé les États-Unis en de nombreuses occasions »
Joséphine Baker s'était convertie au judaïsme, lors de son mariage avec l'industriel Jean Lion en
1937
, mais cette conversion de pure forme n'avait pas duré
92
Jean-Claude Baker
(en)
(1943-2015)
106
110
ne doit pas être confondu avec l'enfant adoptif de Joséphine Baker, Jean-Claude Bouillon-Baker, toujours vivant
111
Le corps de Joséphine Baker est enterré à
Monaco
. Le cercueil au nom de l'artiste, installé au Panthéon, contient de la terre provenant du
Missouri
, dont elle est originaire, de France, son pays d'adoption, et de Monaco
156
Références
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Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé «
Giuseppe Abatino
(voir
la liste des auteurs
et
Joséphine Baker
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10 mars 2021
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Jean-Baptiste Treilhard
(1810)
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