Logiciel libre — Wikipédia
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Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Ne doit pas être confondu avec
open source
freeware
ou
copyleft
Logo du
projet GNU
, initiateur du
mouvement du logiciel libre
Un
logiciel libre
est un
logiciel
dont l'utilisation, l'étude, la modification et la duplication par autrui en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et juridiquement
. Le but est de garantir certaines libertés induites, dont le contrôle du programme par l'utilisateur et la possibilité de partage entre individus
Ces droits peuvent être simplement disponibles — cas du
domaine public
— ou bien établis par une
licence
, dite «
libre
», basée sur le
droit d'auteur
. Les « licences
copyleft
» garantissent le maintien de ces droits aux utilisateurs même pour les travaux dérivés
Les logiciels libres constituent une alternative à ceux qui ne le sont pas, qualifiés de «
propriétaires
» ou de «
privateurs
Note 1
. Ces derniers sont alors considérés par une partie de la
communauté du logiciel libre
comme étant l'instrument d'un pouvoir injuste, en permettant au
développeur
de contrôler l'utilisateur
Le logiciel libre est souvent confondu à tort
Note 2
avec :
le
freeware
: un gratuiciel est un logiciel gratuit
propriétaire
, alors qu'un logiciel libre se définit par les libertés accordées à l'utilisateur. Si la nature du logiciel libre facilite et encourage son partage, ce qui tend à le rendre gratuit, elle ne s'oppose pas pour autant à sa rentabilité principalement via des services associés. Les rémunérations sont liées par exemple aux travaux de création, de
développement
, de mise à disposition et de soutien technique. D'un autre côté les logiciels gratuits ne sont pas nécessairement libres, car leur code source n'est pas systématiquement accessibles
et leur licence peut ne pas correspondre à la définition du logiciel libre.
L’
open source
: le logiciel libre, selon son initiateur, est un mouvement social
qui repose sur les principes de
Liberté, Égalité, Fraternité
; l’
open source
quant à lui, décrit pour la première fois dans
La Cathédrale et le Bazar
, s'attache aux avantages d'une méthode de développement au travers de la réutilisation du
code source
Définition
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Premières ébauches
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Schéma conceptuel
autour du logiciel libre.
La notion de logiciel libre est décrite pour la première fois dans la première moitié des
années 1980
par
Richard Stallman
Note 3
qui l'a ensuite — avec d'autres
Note 4
— formalisée et popularisée avec le
projet GNU
— signifiant
Gnu
is not
Unix
— et la
Free Software Foundation
(FSF).
Une première ébauche de définition du logiciel libre est ainsi proposée en
1986
par la FSF ; un logiciel est alors dit libre s'il confère à son utilisateur les libertés suivantes :
« Premièrement, la liberté de copier un programme et de le redistribuer à vos voisins, qu'ils puissent ainsi l'utiliser aussi bien que vous. Deuxièmement, la liberté de modifier un programme, que vous puissiez le contrôler plutôt qu'il vous contrôle ; pour cela, le code doit vous être accessible
. »
Définition de la
Free Software Foundation
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Un
logiciel
est considéré désormais comme libre, au sens de la
Free Software Foundation
(FSF), s'il confère à son utilisateur quatre libertés (numérotées de 0 à 3)
la liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages ;
la liberté d'étudier le fonctionnement du programme et de l'adapter à ses besoins ;
la liberté de redistribuer des copies du programme (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre des copies) ;
la liberté d'améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté.
L'accès au
code source
est une condition d'exercice des libertés 1 et 3.
La FSF précise quelques points. D'abord ces libertés doivent être irrévocables. Chacun doit avoir la possibilité d'en jouir sans devoir prévenir un tiers. La redistribution du programme doit pouvoir se faire sous toute forme, notamment
compilée
, éventuellement à la condition de rendre disponible le code source correspondant. L'utilisateur doit pouvoir fusionner des logiciels libres dont il n'est pas lui-même l'auteur. La FSF accepte toutefois des restrictions mineures quant à la façon dont un logiciel modifié doit être présenté lorsqu'il est redistribué.
Définition du projet Debian
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Le projet
Debian
, débuté en
1993
avec le soutien de la
Free Software Foundation
, développe le
Debian Free Software Guidelines
(DFSG), les
principes du logiciel libre selon Debian
10
. Proposé en
1997
par
Bruce Perens
11
, le côté pratique y est mis en évidence en 10 points, en précisant par exemple : la non-discrimination des utilisateurs et des usages ; les restrictions acceptables en matière de préservation du code source de l'auteur original ; ou encore l'acceptation explicite du changement du nom d'un logiciel dont on redistribue une évolution. On peut noter à ce propos que les noms de plusieurs logiciels libres (et de leurs éditeurs) ont des
marques déposées
, telles que, par exemple
Linux
12
Mozilla
13
ou
Apache
14
Cette définition établie pour
Debian
a été reprise, en
1998
, dans le cadre de l'
Open Source Initiative
(OSI) pour établir l'
Open Source Definition
15
Ensuite, la terminologie
Free/Libre Open Source Software
(FLOSS) apparait, tentant de réunir les notions de logiciel libre et logiciel open source
[réf. nécessaire]
« Logiciel libre » et « open source »
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Logo de la
Free Software Foundation
Littéralement,
open source
signifie « code source ouvert ». Toutefois, on utilise généralement
open source
en référence à l’
Open Source Definition
introduite par l’
Open Source Initiative
(OSI) en
1998
, qui souhaitait une autre terminologie pour les logiciels libres, qui se voulait en anglais moins ambiguë et plus adaptée au monde des affaires que
free software
16
Le mouvement pour le logiciel libre a défini des règles sur des principes éthiques, celui pour l'open source (qui en découle) a proposé une traduction fonctionnelle. Cela a déclenché des différends relatifs au respect de ces principes. Les défenseurs du logiciel libre considèrent que le logiciel libre est une affaire de
philosophie
, tandis que les partisans de l'open source rejettent toute philosophie
17
Cette initiative a causé une controverse entre
Richard Stallman
et la
Free Software Foundation
18
qui regrettaient la mise en avant des principes techniques aux dépens de l'
éthique
. Richard Stallman explique aussi pourquoi le logiciel libre est meilleur que l'open source
19
et pourquoi l'« open source » passe à côté du problème que soulève le logiciel libre
20
S'il persiste des désaccords entre ces mouvements, il reste qu'un travail conjoint d'harmonisation fait que, les définitions officielles du logiciel libre par la
Free Software Foundation
et de l'open source par l’
Open Source Initiative
renvoient dans la pratique à des licences ayant pour point communs les quatre libertés d'exécuter, d'étudier, de modifier et de redistribuer – la FSF ayant défini ces libertés en quatre points, là où l'OSI a utilisé une définition sur dix points.
En synthèse, les quatre libertés de la FSF sont bien présentes. Par exemple, la FSF dira de la licence APSL (une licence Open Source selon l'OSI), en la comparant à la licence
GPL
(une des licences libres selon la FSF mais avec la restriction de devoir conserver les droits lors d'une redistribution, restriction appelée un copyleft) :
« La FSF considère maintenant l'APSL comme une licence de logiciel libre avec deux problèmes pratiques majeurs, qui rappellent la NPL : ce n'est pas un vrai copyleft, parce qu'elle autorise des liens avec d'autres fichiers qui peuvent être entièrement privateurs (propriétaires). Elle est incompatible avec la GPL. Pour cette raison, nous vous recommandons de ne pas utiliser cette licence pour publier de nouveaux logiciels ; mais il n'y a pas de problème à utiliser ou améliorer des logiciels publiés par d'autres personnes sous cette licence. »
(versions 1.
de l’
Apple Public Source License
par exemple
21
).
Histoire du logiciel libre
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Article détaillé :
Histoire du logiciel libre
À l'époque des premiers ordinateurs, c'était le
matériel informatique
qui était censé constituer la source de revenus, le
logiciel
n'étant qu'un moyen d'en faciliter la vente. L'accès au
code source
était normal, car nul n'achetait un ordinateur sans disposer d'une équipe de
programmeurs
. Bien avant même la création d'
Unix
, les milieux professionnels et universitaires s'échangeaient volontiers logiciels et codes sources, et les constructeurs cédaient le leur pour rien jusqu'à ce que les lois antitrust ne le leur interdisent afin de permettre l'exercice d'une concurrence dans ce domaine
22
23
. En outre, jusqu'aux
années 1970
, il n'était pas encore tout à fait clair que le
droit d'auteur
s'applique aux logiciels
24
Au début des années 1970, les coûts de production des logiciels augmentent drastiquement. Les entreprises qui vendent ces logiciels s'attaquent aux positions jusqu'alors dominantes des constructeurs d'ordinateurs qui livrent et facturent comme un tout leurs machines et les programmes qui les font fonctionner (les coûts de production des seconds étant rendus indistincts des premiers). Ce système qui a besoin de programmes pour fonctionner sapait le développement d'une industrie du logiciel distincte de la production de machines. Certains utilisateurs capables de programmer ou d'appliquer d'autres programmes à la machine qu'ils ont acquise auprès de leur constructeur, ne souhaitent plus payer pour le programme fourni avec la machine. le
17 janvier 1969
, une décision de justice déclare anti-concurrentielle la pratique consistant à facturer de manière indistincte le programme et la machine, ouvrant de nouvelles opportunités pour l'industrie du logiciel
25
À partir des
années 1970
, les logiciels feront donc l'objet d'une facturation spécifique ; en quinze ans, l'avènement de la
micro-informatique
va généraliser ce modèle et donner un essor aux
éditeurs de logiciels
qui s'orientent vers la vente de licences d'utilisation. Un exemple souvent cité pour illustrer ce tournant est une
lettre ouverte de Bill Gates aux hobbyistes
, leur enjoignant de cesser de copier illicitement les logiciels.
Les constructeurs ont parallèlement restreint l'accès au
code source
des programmes, comme l'atteste la stratégie OCO,
object-code only
d'IBM à partir du début des
années 1980
. Il devient impossible, et dans certains cas interdit, d'étudier, de corriger ou d'améliorer les logiciels acquis. Non seulement l'utilisateur ne peut plus adapter le logiciel à ses souhaits, mais en cas de
bug
, il se retrouve dépendant du bon vouloir de l'éditeur du logiciel. Enfin, la copie, une opération naturelle pour un ordinateur, devient en règle générale interdite (par défaut, le droit d'auteur interdit la copie non explicitement autorisée). Les logiciels disponibles uniquement sous ces conditions restrictives deviennent alors la règle et les logiciels jusqu'alors librement échangés se retrouvent souvent intégrés dans des produits commerciaux figés et non partageables.
Richard Stallman
, alors chercheur au laboratoire d'
intelligence artificielle
du
Massachusetts Institute of Technology
, ressent profondément ce changement lorsque les collègues, avec qui il travaillait et échangeait des logiciels jusqu'ici, sont engagés à leur tour pour utiliser et produire des logiciels qu'ils ne pourront plus étudier et partager. Stallman commença à constater ces restrictions en présence de programmes sur lesquels il ne pouvait intervenir, notamment un
pilote d'imprimante
26
. Robert Sproull aurait refusé de lui fournir le code source en raison d'un contrat de non-divulgation que
Xerox
avait passé avec lui, pratique encore peu courante à l'époque
27
En
1984
, il crée donc le
projet GNU
, qui a pour objectif de construire un système d'exploitation compatible avec
Unix
, et dont la totalité des logiciels est libre. Parallèlement aux travaux de développement engagés, Richard Stallman fonde la
Free Software Foundation
. Afin de donner une assise solide à son projet, Richard Stallman définit précisément la notion de
logiciel libre
et rédige la
licence publique générale GNU
(GPL) qui utilise le droit d'auteur pour garantir la pérennité des libertés accordées aux utilisateurs (et donc interdire la possibilité qu'une évolution ne soit plus libre). Il publie également le
manifeste GNU
afin de marquer le début du projet GNU. Il publie également ensuite, périodiquement, jusqu'en 1998, les bulletins GNU
28
. Le projet débute par le développement de l'éditeur de texte
GNU emacs
Au début des
années 1990
la majorité du système GNU était fonctionnelle, seul le
noyau
manquait. Le noyau est la partie d'un système d'exploitation qui communique avec le matériel et alloue les ressources aux autres programmes. Le projet
GNU Hurd
dont les spécifications avaient été définies par Stallman lui-même avait pour but de développer un noyau libre. Cependant le projet prenait du retard et la conception choisie pour celui-ci paraissait difficile à mettre en œuvre. En
1991
Linus Torvalds
, un étudiant finlandais, écrit son propre noyau
29
, puis le publie un peu plus tard sous licence GPL. Son noyau, nommé
Linux
, associé aux logiciels GNU précédemment développés, permettait alors de former un système d'exploitation complètement libre et pleinement utilisable
30
Les années suivantes ont vu un nombre considérable de projets de logiciel libre se lancer. Depuis la fin des
années 1990
, le succès des logiciels libres, notamment de
GNU/Linux
, suscite un vif intérêt dans l'industrie informatique et les médias
Note 5
. La
FSF
référence plus de 17 000 paquets de logiciel libre au début de 2025
31
Caractéristiques des logiciels libres
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Accès aux sources
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Les libertés d'étudier et modifier un logiciel supposent un accès au
code source
du logiciel. L'accès au code source est important car les logiciels sont généralement distribués sous une forme
compilée
en
langage machine
, prêts à être exécutés par un
ordinateur
. Mais le langage machine est très peu lisible par l'être humain et rend l'étude du logiciel extrêmement pénible, voire impossible. L'accès au code source est donc une condition nécessaire pour permettre à l'utilisateur de savoir ce que le programme fait réellement
32
Contrôle par l'utilisateur
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Capture d'écran de
Trisquel
, une
distribution GNU/Linux
et un
système d’exploitation libre
- constitué exclusivement de logiciels libres.
Un des objectifs principaux du logiciel libre est de permettre à l’utilisateur d'avoir le contrôle de son ordinateur et des logiciels qu'il utilise
33
34
. Ce contrôle est donné individuellement : chacun peut étudier en détail ce que fait le logiciel et le modifier s'il le souhaite. Mais les utilisateurs ont aussi le contrôle de manière collective sur leur ordinateur
35
: on ne peut étudier personnellement l'ensemble des logiciels que l'on utilise, mais la relecture collective du code source par la communauté des développeurs, rend peu probable la possibilité qu'une fonctionnalité cachée ou malveillante puisse rester secrète longtemps. Si une telle fonctionnalité est découverte une version modifiée l'évinçant du logiciel peut rapidement être réalisée, discréditant ainsi la version originale. Ceci a pour effet de dissuader, la plupart du temps, les développeurs d'ajouter de telles fonctionnalités dans les logiciels libres
36
. Cependant, cette idée est très largement contestée par les créateurs de logiciels non libres
37
Richard Stallman pense qu'en utilisant des logiciels propriétaires, les utilisateurs perdent la possibilité de contrôler une partie de leur propre vie
38
. Les propriétaires de logiciels propriétaires (les développeurs ou l'entreprise pour laquelle ils travaillent) ont selon lui le pouvoir d'espionner ou de restreindre les utilisateurs
39
La définition du logiciel libre par la
FSF
précise
« Quand les utilisateurs ne contrôlent pas le programme, c'est le programme qui contrôle les utilisateurs. Le développeur contrôle le programme, et par ce biais, contrôle les utilisateurs. Ce programme non libre, ou « privateur », devient donc l'instrument d'un pouvoir injuste. »
Le
25 octobre 2013
, dans l'émission
Ce soir (ou jamais !)
, cette notion de contrôle est sujette à débat entre
Jacques Attali
et
Jérémie Zimmermann
Jacques Attali
affirme « Le mot libre est très mal adapté car les logiciels dit libres sont souvent attachés à une seule entreprise ». Selon Jérémie Zimmermann, « la liberté pour les logiciels c'est un vrai concept […] ce que ça veut dire c'est contrôler la machine plutôt que de se laisser contrôler par elle », ce à quoi Attali répond que « Si vous laissez chacun avoir la possibilité de contrôler sa confidentialité alors vous rendez impossible l'État de droit »
40
Communautés
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La qualité du logiciel est souvent proportionnelle au nombre de développeurs. Plus la communauté de développement s'étend, plus elle devient un gage de qualité et de réactivité. De la même manière, la communauté des utilisateurs, ayant comme rôle principal de faire remonter des dysfonctionnements et des suggestions, a une influence proportionnelle à sa taille.
Les développeurs et utilisateurs de logiciels libres sont généralement indépendants, sans tendance politique particulière
41
, et leurs motivations sont diverses. Ils réalisent ou utilisent des outils fondés sur un mode de production reposant sur la collaboration, l'
entraide
, le partage et la
mutualisation
. À ce titre, Bill Gates a comparé les communautés du libre à des «
communistes
d'un nouveau genre »
42
, bien que Richard Stallman démente être ou avoir été communiste
43
En France, les communautés
Ubuntu
et
Mozilla
comptent parmi les plus actives. Il existe également des associations de défense et promotion du logiciel libre telles que l'
April
, l'
AFUL
ou le réseau
Framasoft
En 2014
Coraline Ada Ehmke
44
45
, crée le
Contributor Covenant
, un
code de conduite
utilisé dans plus de 40 000 projets
open source
, y compris d’importants projets tels que
Linux
ou
Ruby on Rails
46
47
48
. En
2016
, elle reçoit un prix Ruby Hero en reconnaissance de son travail sur ce
Covenant Contributor
49
50
. La
diversité dans le milieu du logiciel libre
est problématique, avec la présence de sexisme
51
52
. L'
invisibilisation des femmes
53
dans ce milieu va de pair avec un récit glorificateur autour de figures masculines, alors même que le terme d'
open source
lui-même aurait été inventé par
Christine Peterson
54
55
Angela Byron
souligne le rôle des blagues sexistes qui ont tendance à faire partir les femmes de la contribution
56
Sage Sharp
est une des personnalités qui a œuvré pour promouvoir plus de diversité dans le monde du logiciel, à travers le projet
Outreachy
57
58
59
60
, ce qui lui a valu de remporter le premier prix annuel de la communauté
Red Hat
Women in Open Source en 2015 pour « ses efforts visant à améliorer les communications et à inviter les femmes dans les communautés open source
61
» et le
prix O'Reilly Open Source
2016 pour ses réalisations dans la communauté open source
57
Formats ouverts
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Article détaillé :
Format ouvert
Les logiciels libres ont, dans leur grande majorité, tendance à respecter les
formats standards ouverts
, ce qui favorise l'
interopérabilité
. Par exemple, le développement du
navigateur web
Mozilla Firefox
s'applique à respecter autant que possible les recommandations émises par le
World Wide Web Consortium
. De même,
LibreOffice
et
Apache OpenOffice
utilisent le format
OpenDocument
, aux spécifications publiques définies à l'origine par le comité technique d'OASIS et certifié comme norme
ISO
62
, incarnant ainsi une valeur pérenne pour les applications bureautiques. L'utilisation de formats ouverts dont l'ensemble des spécifications techniques sont connues, garantit l'accès aux
documents numériques
archivés.
Toutefois, la préférence pour les formats ouverts, si elle est effectivement constatée, n'est pas un élément de la définition du logiciel libre.
L'adhésion à une politique de formats ouverts touche à présent largement le monde de l'industrie informatique. À titre d'exemple, les spécifications du langage
C#
, une création de
Microsoft
fortement inspirée par le langage
Java
de
Sun Microsystems
, ont été publiées et rendues exploitables par d'autres acteurs de l'informatique avant même celles de Java.
Commercialisation
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La commercialisation des logiciels libres est possible mais la liberté
2 en interdit l'exclusivité. Cette caractéristique rend délicat le
retour sur investissement
financier pour les développeurs du logiciel par la vente du logiciel. Autrement dit : les logiciels libres ne permettent pas de rétribution directe des auteurs. Ceux-ci doivent se limiter à la vente de services associés à l'utilisation du logiciel (voir l'article consacré aux
sociétés de services en logiciels libres
et l'article
Modèles d'affaires des logiciels open source
).
Les licences libres les plus « contraignantes » imposent que tout projet qui réutilise le code source du logiciel libre devienne lui-même un logiciel libre. Les éditeurs traditionnels s'y refusant catégoriquement, cette disposition les enferme dans le monde du « non-libre » (l'univers des logiciels propriétaires). Il se crée alors un fossé entre les deux mondes, qui est dommageable du point de vue de l'interopérabilité et de l'harmonie entre des systèmes libres et propriétaires qui sont amenés à « cohabiter ».
Il existe aussi une forme de distribution mixte : il s'agit d'un système de
double licence
selon lequel l'éditeur propose d'une part une distribution libre (et généralement gratuite) et, en parallèle, une distribution fermée et payante, assortie des conditions commerciales classiques des logiciels non-libres (et parfois de fonctionnalités supplémentaires).
La politique controversée des grands comptes
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Certains partisans du logiciel libre voient une incohérence dans la politique de certaines entreprises ayant affiché une adhésion aux principes de l’
open source
mais étant favorables à l'extension du logiciel au champ du brevetable. Pour eux, le logiciel libre (
via
la
Free Software Foundation
) lutte ouvertement contre la brevetabilité des logiciels et, conséquemment, contre l’exclusivité d’exploitation d’une idée par une seule personne ou entreprise. Ils craignent qu'à terme, certains membres de l’
open source
détiennent des portefeuilles de brevets sur
des idées
, leur permettant de réclamer des redevances sur chaque portion de code source
63
IBM
, par exemple, déposa en
Europe
et aux
États-Unis
certains algorithmes cruciaux dans le fonctionnement général du noyau ou du système d’exploitation
GNU/Linux
et porta devant des tribunaux des affaires afin que les
brevets logiciels
soient institués et reconnus en Europe. Pourtant, cette même entreprise autorise l'usage de 500 de ces brevets aux développeurs de logiciels libres et
open source
64
Dans la pratique, tout procès en
propriété intellectuelle
coûte en temps et en argent. Il est donc difficile pour la communauté
open source
de faire valoir ses droits face aux
multinationales
. Certains de ses détracteurs l'accusent de recevoir parfois d'une multinationale des
coups de pouce
l'aidant à lutter contre l'influence d'une autre (ce fut un moment le cas entre
Sun
et
Microsoft
dans l'affaire
OpenOffice
65
. IBM finance également la communauté des logiciels libres
contre les actions de Microsoft, etc.
[réf. nécessaire]
. Le système
no win, no fee
autorisé aux États-Unis (et qui fut utilisé pour défendre les victimes pauvres de
Bhopal
) peut éventuellement permettre à la communauté du libre de défendre ses droits, bien que les dossiers soient par nature plus complexes, demandant parfois d'examiner des centaines de milliers de lignes de code.
Sécurité
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La sécurité relative des logiciels libres et propriétaires est sujette à débat.
Le libre accès au
code source
permet l'examen du logiciel par des experts indépendants ;
Le libre accès au
code source
rend impossible le recours à la
sécurité par l'obscurité
, ce qui est considéré comme un avantage ou un défaut, selon le point de vue ;
La découverte de
failles de sécurité
est facilitée par la publication du code source. En effet, l'ouverture du code permet statistiquement à un plus grand nombre de personnes d'avoir la possibilité de repérer et de corriger des vulnérabilités.
Innovation
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L'effet du logiciel libre sur l'innovation est sujet à débat.
Les partisans du logiciel libre considèrent qu'il permet de garantir une activité innovante. Parce qu'un large panel de contributeurs peut y apporter de nouvelles fonctionnalités. Ce dynamisme accélérerait les échanges et favoriserait l'innovation alors que le principe de « verrouillage » nuirait à ce dynamisme. Enfin l'accès à l'intégralité du code source ne permet pas de garder longtemps un avantage concurrentiel ce qui pousserait à l'innovation
réf.
souhaitée]
Certains innovateurs comme
Pranav Mistry
du Media lab (
MIT
, États-Unis) proposent
66
de mettre à la fois les innovations matérielles et les innovations logicielles en licence libre pour tous.
De l'autre côté certains acteurs du monde du
logiciel propriétaire
considèrent au contraire que le logiciel libre peut avoir un effet négatif sur l'innovation en décourageant l'investissement d'acteurs privés
67
Financement
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Il existe une grande disparité à l'intérieur des logiciels sous «
licence libre
» en ce qui concerne leur financement. D'une part, une grande majorité de petits logiciels non financés (
bénévolat
) et d'autre part, des logiciels majeurs du marché, financés principalement par les grands acteurs de l'industrie informatique – ainsi,
Linux
est financé entre autres par
Red Hat
IBM
et
Intel
Firefox
par
Google
En France, les entreprises consacrent
« 16 % de part de budget informatique alloué aux logiciels libres »
68
Licences
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Base légale
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Les logiciels libres sont soumis, comme tout logiciel publié hors du domaine public, au
droit d'auteur
. Dans ce cadre, le droit d'auteur est exercé par le biais d'une
licence libre
qui énumère les droits que l'auteur choisit d'octroyer à l'utilisateur.
Eben Moglen
, contributeur à la conception de la licence GNU GPL (notamment la version 3), insiste sur la distinction entre
licence
et
contrat
qui existe en droit américain : une licence est une autorisation unilatérale tandis qu'un contrat suppose des obligations réciproques
69
. Les logiciels libres sont distribués avec de simples licences. Généralement, ils sont également distribués sans la moindre garantie.
Certaines licences, dont la plus connue et utilisée pour les logiciels libres, la
licence publique générale GNU
, sont relativement complexes. Ainsi, la GPL ne donne le droit de redistribuer un logiciel que si l'ensemble du logiciel, y compris toutes les éventuelles modifications, est redistribué selon les termes exacts de la GPL. Cette licence a un caractère héréditaire car la fusion d'un logiciel sous GPL avec un logiciel non GPL n'autorise la redistribution du logiciel fusionné que sous GPL.
Licences libres
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Article détaillé :
Licence libre
Les licences des logiciels libres sont souvent réparties en trois catégories, selon le degré de liberté qu'elles accordent en matière de redistribution.
La Fondation pour le logiciel libre ou
Free Software Foundation
, catégorise les licences d'après quelques questions clés
70
Permet-elle de qualifier, ou non, un logiciel libre
71
Y a-t-il, ou non, un «
copyleft
» ou « gauche d'auteur » ?
Est-elle compatible avec la GPL de
GNU
? À moins que le contraire ne soit spécifié, les licences compatibles le sont à la fois avec la GPLv2 et la GPLv3 ;
Pose-t-elle certains problèmes pratiques ?
Domaine public
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Article détaillé :
Domaine public, en droit de la propriété intellectuelle
En langage courant :
« Le logiciel appartient à tout le monde »
. C'est une caractéristique juridique qui n'a pas besoin de licence du fait que le logiciel n'a aucun ayant droit. Les droits patrimoniaux concernant ce logiciel disparaissant, il peut alors être utilisé encore plus librement, sous réserve que soient respectés les droits extra-patrimoniaux de ses auteurs. Théoriquement, tout logiciel tombe dans le domaine public une fois les droits d'auteur échus. Toutefois, la durée de protection des droits d'auteur est bien plus longue que le plus ancien des logiciels, par exemple 70 ans après la mort de l'auteur dans tous les pays de l'
Union européenne
. On ne trouve donc dans le domaine public que des logiciels qui y ont été placés à la suite d'une renonciation aux droits.
Licences de type BSD
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Article détaillé :
Licence BSD
Il s'agit d'un type de licence imposant peu de contraintes ; cependant, ce type de licence ne protège pas contre les restrictions. En général, seule la citation des auteurs originaux est demandée. En particulier, ces licences permettent de redistribuer un logiciel libre sous une forme non libre. Ces licences permettent donc à tout acteur de changer la licence sous laquelle le logiciel est distribué. Un cas de changement de licence courant est l'intégration de logiciel sous licence BSD dans un logiciel sous
copyleft
(licence GPL). Un autre cas courant est l'intégration de logiciel sous licence BSD dans les logiciels propriétaires.
Ces licences sont notamment utilisées par la
Berkeley software distribution
licence BSD
),
X Window
licence MIT
) et
Apache Software Foundation
licence Apache
).
Copyleft
, licences de type GPL
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Logo
copyleft
(« gauche d'auteur » ou « laisser copier »). Le C « inversé » est le symbole du copyleft, « opposé » du symbole du
. En 2009, il n'est pas reconnu comme symbole légal.
Article détaillé :
Licence publique générale GNU
« GPL » est l'acronyme de « General Public License » (Licence Publique Générale). La plus répandue des licences de ce type est la licence publique générale GNU (GNU General Public License), ou GNU GPL pour faire court. On peut réduire encore plus en « GPL », s'il est entendu qu'il s'agit de la GNU GPL
72
. La Free Software Foundation ou FSF se réfère à la catégorie de licence « copyleft ».
La GPL contient des « contraintes contre les contraintes ». Par exemple, l'article deux de la GPL permet d'apporter des modifications et de la distribution d'une œuvre sous licence GPL si le licencié fait tout le travail soit concédé comme un tout, sans frais à toute tierce partie suivant les termes de la GPL. Autrement dit, cette licence interdit la redistribution hors des principes du
copyleft
, car
« Si un programme est un logiciel libre au moment où il quitte les mains de son auteur, cela ne signifie pas nécessairement qu'il sera un logiciel libre pour quiconque en possèdera une copie »
73
. Les licences du projet
GNU
sont les plus célèbres. Une telle licence permet d'intégrer du logiciel sous licence BSD et de le redistribuer sous licence GPL. L'inverse est impossible. La licence GPL est critiquée puisqu'elle empêche les fournisseurs de logiciels propriétaires de censurer le code.
La contrainte en aval contre les restrictions est intentionnelle. Les auteurs de la GPL soutiennent également que tous les logiciels doivent être sous licence libre parce qu'il est moralement inacceptable de faire autrement
74
La GPL entretient l'effort de rendre le plus de logiciels libres possible et ce unidirectionnellement. Il s'agit d'une licence qui protège inconditionnellement les développements logiciels appartenant au domaine public.
D'importants programmes libres sous licence comme le compilateur GNU C++, le noyau Linux et la suite de bureautique
LibreOffice
n'existeraient pas sans cela
75
En somme, la licence GPL est conçue pour protéger les libertés des utilisateurs tout en facilitant la coopération avec la communauté du logiciel libre
76
Licences non libres
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Schéma de classification des CLUF.
Un logiciel non libre est appelé
logiciel propriétaire
ou logiciel privateur. Cette première appellation peut apparaître trompeuse, car à l'exception de logiciels du
domaine public
, les logiciels libres n'ont pas moins de propriétaires que les autres, encore que le terme
auteurs
soit plus approprié. Les auteurs de logiciels libres conservent certains droits dépendants du type de licence libre employée.
Quelques exemples de types de logiciels non libres :
Freeware
, logiciels gratuits, gratuiciels. On utilise ce terme pour les logiciels propriétaires qui sont distribués
gratuitement
. Les
freewares
ne sont pas libres car leur
code source
n'est pas disponible et donc seul l'auteur original peut l'améliorer et publier des versions modifiées. En outre, la revente d'un
freeware
est souvent restreinte.
Shareware
, logiciels à partager, partagiciels. Le shareware est un logiciel qu'on peut légitimement se procurer gratuitement, mais qu'on doit payer si l'on désire l'utiliser. Aucun logiciel libre n'est un
shareware
. À la limite, un logiciel libre pourrait encourager la rétribution de l'auteur, sans que cela n'ait force de licence (sans quoi il ne serait plus libre). Mais toute personne serait libre de supprimer l'encouragement et de redistribuer cette version allégée.
Shared Source
Le terme
Shared Source
code source
partagé) vient de la
Shared Source Initiative
de
Microsoft
77
. Il s'agit d'un type de licence qui donne le droit de regarder le
code source
et parfois d'en distribuer des versions modifiées. Toutefois, le droit de vendre n'est pas attribué et les licences
shared source
ne sont pas considérées comme des
licences de logiciel
libre.
Fair source
, logiciels dont les sources sont publiées de manière différée. Ces logiciels ont pour but de faciliter le financement de leur développement face à des structures qui l'exploiterait sous forme de service payant ou l'installerait sans contribuer à son développement. Ils ne permettent pas une totale autonomie en permettant la sécurité et l'accès aux sources, donnant une impression de « boite noire »
78
Offre en logiciels libres
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Article détaillé :
Correspondance entre logiciels libres et logiciels propriétaires
Typologies de services rendus
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Des logiciels libres sont aujourd'hui disponibles pour des besoins aussi variés que la
gestion de projets
de temps
, gestion d'
établissements scolaires
ou
universitaires
, incluant des modules de
comptabilité
finances
ressources humaines
, cursus et
scolarité
documentation
communication
formation
pédagogie
travail collaboratif
gestion de données
et
de contenu
gestion de contenu web
gestion de l'apprentissage
gestion des droits numériques
, créativité (
arbres heuristiques
…). Portails et plates-formes numériques de travail ou d'enseignement (
TICE
dont
formation en ligne
),
services numériques
divers, etc.
Leur maintenance et développement peuvent être externalisés ou coopératifs.
Quelques exemples
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Tableau interactif donnant quelques logiciels libres célèbres.
Parmi les logiciels libres les plus connus du grand public figurent :
le
système d'exploitation
GNU
, composé d'un ensemble de
logiciels
et de
bibliothèques
Linux
, un
noyau du système d'exploitation
utilisé notamment par
GNU
Linux
et
Android
les systèmes d'exploitation de la famille
BSD
FreeBSD
OpenBSD
et
NetBSD
les
suites bureautiques
OpenOffice.org
Apache OpenOffice
et
LibreOffice
le lecteur multimédia
VLC media player
le logiciel de
retouche d'image
GIMP
le logiciel de modélisation 3D
Blender
l'éditeur de son
Audacity
les
navigateurs web
Mozilla Firefox
et
Chromium
la messagerie électronique
Mozilla Thunderbird
les
environnements de bureau
GNOME
et
KDE
les gestionnaires de base de données
Ingres
MySQL
et
PostgreSQL
les langages de script
PHP
et
Python
Les logiciels libres ont aussi un rôle important dans le fonctionnement d'Internet :
le
serveur HTTP
Apache
le serveur
BIND
pour la gestion des noms de domaine ;
les serveurs de messagerie
sendmail
et
postfix
sont très utilisés.
Les systèmes de
chiffrement
OpenSSL
Tor
et
GnuPG
Le réseau
Framasoft
, dont le slogan est « la route est longue mais la voie est libre », référence dans son annuaire plus de mille six cents logiciels libres.
Le logiciel libre dans le marché du logiciel
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Part de marché du logiciel libre dans le marché du logiciel au fil des années
Le logiciel libre s'impose de plus en plus comme une solution de remplacement moins coûteuse que les logiciels propriétaires. Il devient également un produit de plus en plus mis en avant par des revendeurs, soit pour sa fiabilité (cas de fournisseurs de serveurs), soit pour son coût de licence nul, permettant au client d’investir la différence dans des services associés. Ses spécificités ont également abouti à ce que les acteurs de l'écosystème inventent des
modèles d'affaires spécifiques
afin de se financer.
En
janvier 2025
, 80 % à 90 % des logiciels utilisés dans le monde sont des logiciels libres, selon Stéfane Fermigier, directeur général de la société
Abilian
et coprésident du
Conseil national du logiciel libre
79
Le tableau suivant reprend les données disponibles pour la France :
Croissance et prévision de croissance du marché du logiciel libre en France
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Chiffre d’affaires du
logiciel libre (millions d’€)
60
100
140
250
440
80
733
1 100
81
1 500
[réf. nécessaire]
(Europe : 5 100)
2 200
2 501
3 000
82
4 100
83
4 500
84
Part de marché du logiciel libre
(dans l’industrie du logiciel)
0,2 %
0,4 %
0,5 %
0,9 %
1,4 %
2,1 %
6 %
85
10 %
86
13 %
87
Croissance du marché
du logiciel libre
67 %
40 %
79 %
72 %
66 %
88
47 %
[réf. nécessaire]
30 %
89
20 %
80
33 % depuis 2012
86
15 %
Croissance
du reste du marché
-4,2 %
3,8 %
6,3 %
6,6 %
7,1 %
17 %
90
Rapports
Pierre Audoin Consultants
Note 6
Du côté des administrations, les gouvernements brésilien, sud-africain, d'Andalousie et d'Estrémadure en
Espagne
ont officiellement affiché leur orientation vers le logiciel libre. En France, après la gendarmerie nationale, des secteurs de l'administration centrale passent à
LibreOffice
via
MIMO
En France, le
chiffre d'affaires
du logiciel libre en 2007 est de 730 millions d'euros. Rapportés aux 30 milliards du marché du logiciel, cela représente 2,4 % de part de marché (contre 1,5 % en 2006)
91
En outre, l'
AFUL
a édité un dossier
92
et l'
April
un livre blanc sur les modèles économiques liés au logiciel libre
93
La position officielle de la France pour « l'usage du logiciel libre dans l'administration » est précisée en
septembre 2012
dans un document du même nom appelé aussi circulaire
Ayrault
sur le logiciel libre car adressé par ce dernier à l'ensemble de ses ministres
94
. Ainsi, chaque année, le
Socle interministériel de logiciels libres
présente près de 200 logiciels libres mis en avant pour leur efficacité dans différentes administrations de l’État français.
Promotion du logiciel libre
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Des conférences et ateliers sont organisés régulièrement pour promouvoir le logiciel libre avec découvertes, démonstrations et évolutions des logiciels entrant dans la définition du libre. Ce sont des événements organisés à des niveaux scolaires comme le Capitole du Libre
95
, régionaux
96
, nationaux
97
et internationaux comme le
FOSDEM
98
. Le livre libre
Ada & Zangemann
, qui raconte l'histoire d'une libération collective initiée par une petite fille curieuse et inspirante qui souhaite ne plus laisser la technologie entre les mains d'un seul homme, permet également d'aborder et mieux faire comprendre le logiciel libre auprès d'un large public
99
100
Notes et références
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Références
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modifier le code
et
« En gros, les utilisateurs ont la liberté d'exécuter, de copier, de distribuer, d'étudier, de modifier et d'améliorer le logiciel. Avec ces libertés, les utilisateurs (à la fois individuellement et collectivement) contrôlent le programme et ce qu'il fait pour eux. Quand les utilisateurs ne contrôlent pas le programme, c'est le programme qui les contrôle ». (
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Computer users should be […] free to share software because helping other people is the basis of society
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« Quand les utilisateurs ne contrôlent pas le programme, c'est le programme qui les contrôle. Le développeur contrôle le programme, et par ce biais contrôle les utilisateurs. Ce programme non libre, ou « privateur », devient donc l'instrument d'un pouvoir injuste » (
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« Pratiquement tous les logiciels « open source » sont des logiciels libres ; les deux termes décrivent pratiquement la même catégorie de logiciel. Mais ils représentent des vues basées sur des valeurs fondamentalement différentes. L'« open source » est une [méthode] de développement ; le logiciel libre est un mouvement social. » — Richard Stallman dans
Pourquoi l'« open source » passe à côté du problème que soulève le logiciel libre
Interview de Richard Stallman par PROgrammez!
, sur le site programmez.com
Dans le texte : «
First, the freedom to copy a program and redistribute it to your neighbors, so that they can use it as well as you. Second, the freedom to change a program, so that you can control it instead of it controlling you; for this, the source code must be made available to you
» (
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Free software is about having control over the technology we use in our homes
(en)
In order for computer users to have freedom in their own computing activities, they must have control over the software they use
(en)
... and collectively to have control over what our software does and thus to have control over our computing.
(en)
« most of the time, even those who are not stopped by their consciences and social pressure refrain from putting malfeatures in free software. »
par exemple
Ken Thompson
, co-concepteur du système UNIX cité dans
: « You can't trust code that you did not totally create yourself (…) No amount of source-level verification or scrutiny will protect you from using untrusted code »
Stallman R. 2009
p.
52,
paragraphe.
Stallman R. 2009
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Notes
modifier
modifier le code
Le qualificatif de « privateur », rarement employé dans la langue française bien qu'il existe, est régulièrement utilisé par
Richard Stallman
qui le préfère à celui de « propriétaire » pour désigner les logiciels non libres (exemple dans cette
retranscription de l'une de ses conférences
). Une rapide explication de cette préférence terminologique et sémantique est donnée sur le site de l'
April
(voir
ici
). Ainsi, l'emploi du terme « privateur » met plutôt l'accent sur le fait que les logiciels non libres privent leurs utilisateurs des libertés garanties par les logiciels libres au sens de la
FSF
La confusion est surtout présente dans les pays anglophones du fait de l'utilisation du mot
free
qui signifie à la fois
libre
et
gratuit
. Cette confusion est souvent levée par l'expression « Free like
free speech
, not like
free beer
».
Par exemple dans l'annonce de la création du projet GNU sur
Arpanet
en
1983
Source
) :
« Why I Must Write GNU : I consider that the golden rule requires that if I like a program I must share it with other people who like it. I cannot in good conscience sign a nondisclosure agreement or a software license agreement. So that I can continue to use computers without violating my principles, I have decided to put together a sufficient body of free software so that I will be able to get along without any software that is not free. »
Plusieurs contributeurs apparaissent dans le premier « bulletin GNU » de février
1986
dans lequel apparaissent une définition du logiciel libre ainsi que le rôle de la
Free Software Foundation
. (
Source
Un point culminant du succès économico-médiatique des logiciels libres est l'introduction en bourse de
VA Linux
, qui a connu une hausse record de 698 %.
cité par Computer Reseller News,
192, 18 janvier 2007,
p.
18 et Le nouvel Économiste
1617 du 14 au 20 juin 2012, page 32.
Annexes
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