Marie Stuart — Wikipédia
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Marie
re
(reine d'Écosse)
Pour les articles homonymes, voir
Marie Stuart (homonymie)
et
Marie
re
Marie
re
Marie Stuart entre
1558
et
1560
Titre
Reine d'Écosse
14 décembre
1542
24 juillet
1567
24 ans, 7 mois et 10 jours
Couronnement
9 septembre
1543
Régent
James Hamilton
(1542-1554)
Marie de Guise
(1554-1560)
Prédécesseur
Jacques
Successeur
Jacques
VI
Reine de France
10 juillet
1559
5 décembre
1560
1 an, 4 mois et 25 jours
Prédécesseur
Catherine de Médicis
Successeur
Élisabeth d'Autriche
Dauphine de France
24 avril
1558
10 juillet
1559
1 an, 2 mois et 16 jours
Prédécesseur
Catherine de Médicis
Successeur
Marie-Anne de Bavière
Biographie
Dynastie
Maison Stuart
Nom de naissance
Mary Stuart
Date de naissance
8 décembre
1542
Lieu de naissance
Palais de Linlithgow
Écosse
Date de décès
8 février
1587
(à 44 ans)
Lieu de décès
Château de Fotheringhay
Angleterre
Nature du décès
Décapitation
Sépulture
Abbaye de Westminster
Père
Jacques
Mère
Marie de Guise
Fratrie
Jacques
duc de Rothesay
Arthur,
duc d'Albany
Conjoint
François
II
de France
(1558-1560)
Lord Darnley
(1565-1567)
Lord Bothwell
(1567-1578)
Enfants
Jacques
VI
Religion
Catholicisme
Résidence
Château de Blois
Château d'Amboise
Palais de Holyrood
Palais de Linlithgow
Monarques d'Écosse
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Marie Stuart
ou
Marie
re
d'Écosse
(en
anglais
Mary, Queen of Scots
, en
gaélique écossais
Màiri, Bànrigh na h-Alba
), née le
8 décembre 1542
et morte le
8 février 1587
, exécutée sur l'ordre de la reine d'Angleterre
Élisabeth
re
, est reine d'
Écosse
de 1542 à 1567. Elle est la fille du
roi d'Écosse
Jacques
et de
Marie de Guise
, et l'arrière-petite fille du
roi d'Angleterre
Henri
VII
. Par son mariage avec
François
II
, elle est aussi
reine consort de France
du
10 juillet 1559
au
5 décembre 1560
Devenue
reine d'Écosse
à la mort de son père, alors qu'elle n'a que six jours (sous la régence de
James Hamilton
, comte d'
Arran
), elle est fiancée dès 1543 avec le prince
Édouard d'Angleterre
, mais ce rapprochement avec l'Angleterre échoue. Fiancée au
dauphin
François
, elle est élevée en
France
à partir de 1548 et leur mariage a lieu en 1558. Elle devient reine de France l'année suivante, mais François
II
meurt prématurément en 1560 et Marie rentre en Écosse en 1561.
Reine
catholique
d'un pays largement
protestant
, Marie est considérée avec défiance, même si elle mène d'abord une politique modérée. Quatre ans après son retour, elle se remarie avec un cousin,
Henry Stuart (Lord Darnley)
, mariage dont naît un fils, futur roi d'Écosse (
Jacques
VI
) et d'Angleterre (Jacques
er
). Darnley étant assassiné en 1567, des soupçons se portent sur la reine et son amant,
James Hepburn
, comte de Bothwell ; celui-ci ayant été acquitté par la justice, elle l'épouse, mais est peu de temps après emprisonnée, puis contrainte à abdiquer au profit de son fils, âgé d'un an.
Elle s'évade en 1568 et tente de retrouver son trône avec l'appui de sa cousine
Élisabeth
re
d'Angleterre
. Mais celle-ci la perçoit comme une menace, car Marie est aussi considérée par les catholiques comme une héritière légitime du trône d'Angleterre. Elle fait donc emprisonner Marie quelques jours après son arrivée en Angleterre.
Au bout de dix-neuf ans de captivité, Marie Stuart est exécutée en 1587, alors que le roi d'Espagne
Philippe
II
, veuf de la reine d'Angleterre
Marie Tudor
, prépare une
grande expédition
contre l'Angleterre. Le motif précis de l'exécution est l'implication de Marie dans un complot contre
Élisabeth
re
, la
conspiration de Babington
Marie Stuart est très connue en raison de son destin tragique qui a inspiré des écrivains, des compositeurs et plus récemment des cinéastes.
C'est une des rares
reines
d'un État donné (le
royaume d'Écosse
) à avoir été simultanément
reine
d'un autre État (le
royaume de France
), à l'instar de
Marie
re
d'Angleterre
, aussi
reine d'Espagne
du fait de son mariage avec
Philippe
II
. Marie était de surcroît prétendante au trône d'un troisième État, le
royaume d'Angleterre
Premières années (1542-1543)
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Naissance (
8 décembre 1542
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Jacques
, le père de Marie Stuart, décède lorsqu'elle a six jours. Huile, vers 1579, 41,3 × 33
cm
Édimbourg
Galerie nationale d'Écosse
Marie est la troisième enfant de
Jacques
et de
Marie de Guise
, qui ont précédemment eu deux fils morts peu après leur naissance,
Jacques
(1540-1541),
duc de Rothesay
, et Arthur (1541-),
duc d'Albany
. Marie naît le 7 ou le
8 décembre 1542
au
château de Linlithgow
, dans le
West Lothian
. Le registre officiel du Lothian donne la date du 7, mais le 8 est considéré par la suite comme date officielle de son anniversaire, peut-être en raison de sa concordance avec la date de l'
Immaculée Conception
. Elle est
baptisée
presque aussitôt dans l'
église de Saint-Michel
(en)
de
Linlithgow
La mort du roi Jacques V (13 décembre)
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Le roi, gravement malade, se trouve au
château de Falkland
, lorsqu'un messager lui annonce que la reine a accouché d'une fille. Selon la légende, il aurait dit :
It cam wi' a lass and it will gang wi' a lass!
, c'est-à-dire
« Elle [la couronne] nous [les Stuart] est venue par une femme, elle s'en ira par une femme »
, évoquant
Marjorie Bruce
note 1
, et prédisant ainsi un funeste destin à sa fille. La prophétie se révèle fausse en ce qui concerne Marie Stuart, puisque son fils lui succèdera, perpétuant la dynastie, qui s'éteindra cependant à la mort d'une autre reine,
Anne
, en
1714
note 2
Le
13 décembre
, à la mort du roi, victime du
choléra
, des rumeurs circulent à propos de la faible santé de sa fille, comme celle affirmant qu'elle est une enfant prématurée
, ce qui est faux. Par exemple,
Eustache Chappuis
, ambassadeur du
Saint-Empire romain germanique
, écrit le 23 que Marie de Guise et sa fille sont très malades, bien que
Sir George Douglas
(en)
ait constaté le 19 que l'enfant est bien portante
Établissement de la régence du comte d'Arran
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La reine douairière et mère de Marie Stuart,
Marie de Guise
Le plus proche héritier après Marie est
James Hamilton, comte d'Arran
. Mais « Arran n'avait pas les talents qu'exigeait une aussi haute charge : il était indolent, irrésolu, et se laissait gouverner par ceux qui l'approchaient »
. Le
cardinal
David Beaton
, chef du parti catholique, pense que la nomination d'Arran n'irait pas dans les intérêts du pays en une période de crise, durant laquelle un homme fort serait nécessaire. Il s'oppose donc à la désignation d'Arran, faisant valoir un testament que le roi aurait signé sur son lit de mort et confié pour exécution au révérend
Henry Balfour
du diocèse de
Dunkeld
: selon ce document, la régence doit être partagée entre Beaton,
James Stuart, comte de Moray
George Gordon, comte de Huntly
et
Archibald Campbell, comte d'Argyll
Finalement, le
3 janvier
, Arran est proclamé régent tandis que Marie de Guise conserve la garde de sa fille. Le cardinal est arrêté le
28 janvier
au cours du conseil, puis est conduit au
palais de Dalkeith
(en)
, puis au
château de Blackness
, à la suite de quoi « les églises furent fermées et les prêtres refusèrent d'administrer les sacrements et d'enterrer les morts »
10
Projets d'union entre les royaumes d'Écosse et d'Angleterre
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Dans le même temps, le roi d'Angleterre
Henri
VIII
envisage une nouvelle façon de réunir les couronnes d'Écosse et d'Angleterre : plutôt que de s'emparer de l'Écosse par les armes comme du temps de
Jacques
, il souhaite maintenant marier son fils
Édouard
avec Marie. Pour ce projet, il dispose de l'avantage de sa victoire à la
bataille de Solway Moss
: de nombreux nobles écossais restés prisonniers d'Henri sont contraints de demander publiquement que Marie soit confiée à Henri et la principale forteresse transférée sous sa garde.
Parmi ces nobles, on compte
Gilbert,
comte de Cassilis
(en)
Alexander,
comte de Glencairn
James,
lord Somerville
(en)
Patrick, lord Gray
(en)
Robert,
lord Maxwell
(en)
Laurence, lord Oliphant
(en)
et
Malcolm,
lord Fleming
(en)
Les deux principaux autres agents d'Henri en Écosse sont
Archibald Douglas
, comte d'Angus, et son frère, George. Cependant, celui-ci joue un double jeu,
faisant son possible pour faire obstruction à la politique de Henri en obtenant notamment, le 18 janvier, une lettre du régent pour Henri, dans laquelle Arran exprime son désir de forger de nouvelles relations avec l'Angleterre, mettant l'accent sur une approche diplomatique au moment même où Henri ordonne la prise de la forteresse et de Marie
[pas clair]
Les relations avec l'Angleterre (1543-1547)
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Le traité de Greenwich (
er
juillet 1543
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Le cardinal
David Beaton
, meneur du parti catholique en Écosse, et principal opposant à
Henri
VIII
d'Angleterre
Le cardinal Beaton est finalement assigné à résidence dans son
château de St Andrews
, mais son influence politique redevient forte. Avec l'appui du parti français, il fait rentrer le
comte de Lennox
de
France
, le présentant comme héritier de la couronne face à Arran. Celui-ci se trouve dans une situation difficile : il ne peut plus continuer de soutenir le protestantisme sans dépendre entièrement du soutien de Henri VIII, dont les vues sur l'Écosse sont claires, mais il ne peut pas non plus appeler la France à son secours sans l'aide du cardinal.
Celui-ci ne s'oppose cependant pas aux négociations de mariage entre Marie Stuart et le prince
Édouard
, qui aboutissent le
er
juillet 1543
au
traité de Greenwich
, par lequel leurs fiançailles sont confirmées,
Henri VIII
y étant invité sur les conseils de son secrétaire d'État
Ralph Sadler
[pas clair]
. Ce traité satisfait nombre des demandes des Écossais, notamment : que Marie restera en Écosse jusqu'à son dixième anniversaire et que, par la suite, le pays conservera ses lois propres.
Cependant, Henri n'entend pas respecter ce traité, pas plus qu'il ne peut s'accommoder du cardinal.
[pas clair]
Le couronnement de Marie (9 septembre 1543)
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Afin de mettre les choses au point, Beaton rassemble six à sept mille de ses partisans à
Stirling
le
26 juillet 1543
, et marche le jour suivant sur
Linlithgow
où se trouve Marie. Le cardinal ne veut pas renverser le régent ni s'opposer à la ratification du traité, mais s'assurer de la sécurité de l'enfant et de sa mère en les transférant au
château de Stirling
, sous la protection de quatre gardiens (les lords
Graham
(en)
Lindsay
(en)
Erskine
et
Livingstone
(en)
11
La position d'Arran devient intenable face à Henri qui entend prendre l'enfant de force. Arran quitte
Édimbourg
et rencontre Beaton. Ils se rendent ensemble à Stirling, où Marie de Guise et sa fille sont transférées sous l'escorte de 2 500 cavaliers et d'un millier de
fantassins
12
. Le
8 septembre
, Arran revient au sein de l'
Église catholique
, recevant l'
absolution
du cardinal.
Le lendemain, Marie Stuart est couronnée par le cardinal Beaton dans la chapelle du château de Stirling ; Arran porte la couronne, Lennox le sceptre et le
comte d'Argyll
l'épée de l'État
11
12
La rupture avec l'Angleterre
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Article détaillé :
Rough Wooing
James Hamilton, comte d'Arran
et régent d'Écosse, portant autour du cou la distinction de l'
ordre de Saint-Michel
Apprenant la réconciliation d'Arran avec le cardinal,
Henri
VIII
se lance alors dans une politique de guerre connue sous le nom de
Rough Wooing
Il suggère tout d'abord à
Henry Grey, duc de Suffolk
un raid sur
Édimbourg
, mais ce projet est reporté à l'automne par George Douglas.
Le 23 septembre, le cardinal se plaint à Sadler d'une violation du traité puisque Henri avait, quelques mois plus tôt, saisi des navires écossais naviguant vers la France. De plus, le cardinal déclare que par le refus d'Henri de ratifier le traité, celui-ci cesse de prendre effet sur l'Écosse. Ces deux raisons ne signifient pas qu'il y avait une faute exclusive de l'Angleterre dans ses engagements, puisque les Écossais n'avaient pas non plus respecté leur part en ne renvoyant pas les otages promis à Henri : cela marque une rupture volontaire du traité et un changement de politique.
[pas clair]
Ce changement se traduit très vite en Écosse : le
Parlement
renouvelle l'alliance avec la France et le cardinal est confirmé dans sa charge de grand chancelier (
Lord High Chancellor
). Angus et
Cassilis
(en)
, qui soutenaient jusque là Henri, signent un document par lequel ils accordent leur soutien à Arran contre l'Angleterre et s'engagent à défendre l'Église catholique. Ces événements marquent un tournant essentiel pour Marie : elle va désormais être sous influence française et catholique, et non plus anglaise et protestante
Conflits entre factions écossaises
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Lennox et Glencairn sont poussés par Henri à prendre les armes contre Arran, mais sont vaincus le
26 mai 1544
dans la région de
Glasgow
; Glencairn se réfugie au
château de Dumbarton
tandis que Lennox s'enfuit en Angleterre.
Cependant, George Douglas continue de mener double jeu ; afin de calmer Henri, il est l'instigateur de la
convention des nobles
[réf. nécessaire]
qui aboutit à retirer à Arran la charge de régent
note 3
, au motif que, sur les conseils du cardinal, il a brisé la paix établie à Greenwich et le contrat de mariage de Marie, aboutissant donc à la situation délicate dans laquelle se trouve le pays. Cette convention renverse également le cardinal, qui a perdu la confiance de la reine mère. En effet, celle-ci comptait sur le cardinal pour défendre les intérêts de Marie face à Arran, mais, à la suite de la réconciliation du cardinal et du régent, ils sont désormais d'accord pour marier Marie au fils d'Arran.
Les oncles de Marie Stuart, le duc
François
(ici peint par
François Clouet
) et le cardinal
Charles
auront une influence décisive sur le nouveau roi de France,
Henri
II
La reine mère s'engage alors dans une alliance avec Angus, qui est promu lieutenant-général au sud du
Forth
. Le
12 décembre
, Angus et son frère George sont pardonnés pour leurs trahisons passées : Henri cesse de les considérer comme agents de l'Angleterre et accorde à
Ralph Eure
(en)
toutes les terres qu'il pourrait conquérir sur Angus, ce qui conduit à la
bataille d'Ancrum Moor
le
27 février 1545
Par la suite, l'Écosse reçoit des renforts français (3 000 fantassins et
500 cavaliers
), mais les Douglas tentent de renouer avec leur double jeu et laissent Henri dévaster le sud de l'Écosse (soit 43 villages et
16 places
fortes en ruine), pensant que cela va effrayer les Écossais et qu'ils se montreront plus favorables à un accord de mariage.
Relations avec la France après la mort d'Henri VIII et de François
er
(1547-1548)
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Un renouvellement des acteurs politiques a lieu en 1546-1547 : le cardinal Beaton est assassiné le
29 mai 1546
Henri
VIII
meurt le
28 janvier 1547
et
François
er
de France
le
31 mars
, laissant le trône à son fils
Henri
II
La politique d'Henri II
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Plus fortement opposé aux Anglais que son père, Henri
II
se trouve de plus sous l'influence des frères
François
et
Charles de Guise
, dont la nièce Marie Stuart devient clairement l'enjeu d'un mariage avec le
dauphin de France
François
Henri Cleutin
, seigneur d'Oysel et de Villeparisis
note 4
est envoyé en Écosse comme ambassadeur de France afin de confirmer l'alliance entre les deux pays et, comme signe de la bonne volonté du roi de France, des galères sont envoyées pour prendre le château de Saint-Andrews, où les meurtriers du cardinal Beaton se sont retranchés.
Un résultat inattendu de la prise du château est la découverte d'un registre d'
Henry Balnaves
, ancien secrétaire du gouvernement de Marie, qui se révèle être un agent payé par l'Angleterre. Le registre contient les noms de nombreux nobles favorables à l'Angleterre, parmi lesquels Gray, Cassilis, Lennox et Glencairn, mais aussi
Patrick Hepburn, comte de Bothwell
(en)
, père du futur troisième époux de Marie Stuart.
Poursuite des attaques anglaises sous Édouard VI
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Les incursions anglaises en territoire écossais ne prennent pas fin avec la mort d'
Henri
VIII
, mais sont poursuivies par le régent
Edward Seymour
, duc de Somerset.
Après leur victoire à la
bataille de Pinkie Cleugh
le
10 septembre 1547
, les Anglais avancent jusqu'à
Leith
sur le
Firth of Forth
. La reine mère et Marie quittent discrètement
note 5
le château de Stirling pour se réfugier dans le
monastère de l'île d'Inchmahome
, puis rentrent à Stirling après le retrait des Anglais. Devant la poursuite des invasions anglaises, Marie est transférée en 1548 au
château de Dumbarton
Le traité franco-écossais (7 juillet 1548)
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Le
7 juillet 1548
, des envoyés français et écossais signent au couvent d'
Haddington
un traité promettant de marier Marie Stuart au dauphin de France et plaçant l'Écosse sous la protection du roi de France
13
Deux éléments permettent de lever les objections initiales à l'envoi de Marie en France. D'une part, l'aide de la France est devenue nécessaire à l'Écosse lorsque
Haddington
, importante ville écossaise, est occupée par les Anglais. D'autre part, des titres français sont offerts à plusieurs nobles écossais : Arran reçoit le titre et les bénéfices du duché de
Châtellerault
, tandis que les comtes de Huntly, Argyll et Angus sont faits
chevaliers de Saint-Michel
Départ de Marie pour la France
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L'Arrivée de Marie Stuart
Eugène Isabey
(1803-1886),
palais des beaux-arts de Lille
En
août 1548
, Marie embarque à
Dumbarton
sur un navire de la flotte envoyée par
Henri
II
de France
, comprenant le navire royal d'Henri, sous le commandement de
Nicolas Durand de Villegagnon
. Marie de Guise ne s'embarque pas avec sa fille. Elle reste en Écosse pour représenter le parti pro-français
et jouir de la faveur politique, utilisant ses propres finances pour la guerre et se montrant plus impartiale qu'Arran
[pas clair]
13
Naviguant le long des côtes d'
Irlande
pour éviter la flotte anglaise, Marie Stuart accoste en France à
Roscoff
note 6
puis à
Morlaix
[pas clair]
Elle rend ensuite visite à sa grand-mère maternelle,
Antoinette de Bourbon-Vendôme
, duchesse douairière de Guise, sur ses terres de
Joinville
, en Champagne, puis arrive à
Carrières-sur-Seine
le
16 octobre
Lieux de résidence de Marie avant son départ pour la France
Le
château de Stirling
(vu en 1693 par John Slezer).
Le
château de Dumbarton
(vu en 1800 par John Stoddart).
Abbaye d'
Inchmahome
Le
palais de Linlithgow
(vu en 1830 par William Miller).
Personnes accompagnant Marie Stuart en France
Les « quatre Marie », petites filles de l'âge de Marie et portant le même prénom qu'elle :
Mary Fleming
(en)
, dont la mère était une fille illégitime de
Jacques
IV
d'Écosse
(grand-père de Marie Stuart).
Mary Livingston
(en)
, fille d'
Alexander Livingston
(en)
, un des gardiens de Marie Stuart.
Mary Beaton
(en)
, nièce du cardinal Beaton.
Mary Seton
(en)
, fille de Lord Seton.
Robert Stuart, de l'abbaye d'Holyrood, demi-frère de Marie Stuart.
John Stuart, prieur de Coldingham, demi-frère de Marie Stuart.
Lady Fleming
, sa gouvernante.
Jean Sinclair
(en)
, sa nurse.
Jeunesse en France (1548-1560)
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La famille royale de France, avec, en haut à gauche, Marie Stuart et
François
II
Marie Stuart en 1555, âgée de treize ans, par
François Clouet
Entourage et éducation (1548-1557)
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La maison de Marie Stuart
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L'intendance de l'
éducation des enfants royaux
, c'est-à-dire la gestion des
gouvernantes
et le choix des
précepteurs
, revient à
Diane de Poitiers
La gestion du personnel au service de Marie est d'abord dévolue à
Jean de Humières
puis, après sa mort en
juillet 1550
, à
Claude d'Urfé
jusqu'en 1553.
À la
cour de France
, Marie Stuart partage sa chambre avec
Élisabeth
, fille du roi
Henri
II
note 7
. Les nombreux Écossais qui ont accompagné Marie sont renvoyés, excepté, à la demande de Marie de Guise, sa
gouvernante
Jane Stuart
, et sa nurse, Jean Sinclair. Henri préfère en effet l'entourer de Français pour lui faciliter l'apprentissage de la langue. Par ailleurs, la cour trouve que « les compatriotes de Marie étaient assez laids, frustes et mal lavés et, ainsi, des compagnons inadaptés pour la future femme du Dauphin »
12
Les quatre Marie
sont envoyées dans un couvent de
sœurs dominicaines
afin de recevoir une éducation française
14
Henri
II
ne payant que pour l'éducation de Marie, les fonds destinés aux domestiques et à l'intendance viennent de sa mère et sont limités. La grand-mère de Marie s'alarme ainsi du faible nombre de domestiques, qui quittent fréquemment leur poste pour des emplois mieux rémunérés. Le cardinal suggère des économies sur le train de vie, mais Marie refuse, afin de ne pas se couper de la mode.
Lady Fleming
étant devenue la maîtresse du roi lui donne un fils,
Henri d'Angoulême
, et est renvoyée en Écosse. Marie devenant une jeune femme, ses oncles décident de lui donner pour gouvernante une catholique fervente,
Françoise d'Estamville
L'opposition à Françoise d'Estamville est le seul acte d'autorité dont Marie ait fait preuve dans sa jeunesse
12
. À la fin de 1555, Marie ayant décidé de donner des robes qui ne sont plus à sa taille à ses tantes abbesses, qui souhaitent utiliser le tissu pour leurs autels, Françoise d'Estamville s'oppose à elle, demandant les robes pour elle-même. Confrontée à ce conflit, elle retourne à
Paris
avant de démissionner ou d'être renvoyée en 1557.
Humanités
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Marie reçoit des cours de
littérature
, de
géographie
et d'
histoire
. Elle apprend plusieurs langues vivantes (
espagnol
anglais
italien
) outre ses langues maternelles, le
scots
et le
15
Parmi ses précepteurs, on trouve mademoiselle de Curel
16
, Claude Millet (ou Millot)
17
Antoine Fouquelin
et
Ronsard
Fouquelin lui enseigne la
rhétorique
, tandis que Ronsard la forme à la
poésie
. Selon
Michel de Castelnau Mauvissière
, Marie apprécie particulièrement les œuvres de Ronsard, mais aussi de
Joachim du Bellay
et d'
Étienne de Maisonfleur
Elle lit
Plutarque
Plaute
et
Cicéron
en
latin
, ainsi qu'
Érasme
, notamment ses
Colloques
, et des extraits de
La République
de
Platon
en français ; bien qu'elle possède ses œuvres complètes en
grec
, sa maîtrise de cette langue est insuffisante pour lui en permettre la lecture.
En
mai 1555
, elle fait un discours en latin devant la cour dans la grande salle du
Louvre
, dans lequel elle affirme qu'une éducation aux lettres est adéquate pour une femme (de haut rang).
Éducation religieuse
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Selon Joseph Stevenson
18
, l'éducation religieuse de Marie aurait été assurée par sa grand-mère maternelle,
Antoinette de Bourbon-Vendôme
note 8
; l'étude plus récente de Henderson
15
conclut cependant que, quel qu'ait été le personnage prodiguant l'éducation religieuse, elle était en arrière-plan de son oncle, le
cardinal de Guise
Divertissements de cour
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Marie est aussi initiée aux divertissements en vogue à la cour de France, comme la
fauconnerie
et l'
équitation
(elle apprend à
monter à califourchon
[réf. nécessaire]
plutôt qu'en
amazone
, contrairement aux usages de l'époque en Écosse). Elle est également formée à la broderie, enseignée par
le brodeur personnel du roi
[réf. nécessaire]
, et à la musique (l'écrivain
Brantôme
rapporte qu'elle chantait en s'accompagnant du
luth
; d'autres auteurs ont écrit qu'elle jouait également de la
cithare
, de la
harpe
et du
virginal
).
Henri
II
démontre son habileté de danseuse à la fin de 1548 en la faisant évoluer devant l'ambassadeur d'Angleterre lors des fêtes du mariage de
François de Guise
avec
Anne d'Este
. Pour de telles occasions, Marie dispose d'une garde-robe conséquente, contenant des «
robes
damassées
dorées et satin vénitien pourpre sur de la soie pourpre et un riche
taffetas
noir, tandis que les coiffes sont brodées minutieusement, ses gants faits du meilleur cuir » et ses trois coffres en cuivre pouvaient à peine contenir tous ses bijoux
12
Séjour de Marie de Guise en France (1550-1551)
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En
septembre 1550
, la reine douairière d'Écosse,
Marie de Guise
, vient en France, accompagnée d'une escorte de nobles, dont certains soutiennent la cause écossaise, alors que d'autres sont inféodés au roi d'Angleterre. Elle retrouve sa fille vers le
25 septembre
, après deux ans de séparation. Elles assistent ensemble à l'
entrée royale d'Henri II à Rouen
en octobre.
Nobles accompagnant Marie de Guise en France
Fidèles à la dynastie des Stuart :
George Gordon,
comte de Huntly
Malcolm Fleming,
lord Fleming
(en)
Alexander Home,
lord Home
John Gordon,
11
comte de Sutherland
Graham, comte de Meinteith
James Hamilton de Crawfordjohn
William Lauder de Haltoun
Pro-anglais :
William Keith,
comte Marischal
Alexander Cunningham,
comte de Glencairn
, et ses fils
Gilbert Kennedy,
comte de Cassilis
(en)
Robert Maxwell,
lord Maxwell
(en)
Sir
George Douglas de Pittendriech
Le but du voyage de Marie de Guise est essentiellement d'impressionner la noblesse écossaise ; la
mise en scène du pouvoir politique
lors de l'entrée à Rouen est probablement l'événement le plus coûteux organisé en France en 1550 et les nobles de l'escorte reçoivent des comtés et d'autres présents
note 9
. L'ambassadeur
vénitien
écrit alors que
« le roi acheta [les nobles] complètement, de sorte qu'il n'y avait en France pas un duc, lord ou prélat écossais […] qui ne soit pas manifestement soudoyé »
15
. À Rouen, le roi se pose également en sauveur de l'Écosse, avec dans le défilé un groupe portant des bannières qui représentaient les lieux où l'armée française était intervenue en Écosse
13
Spectacle nautique lors de l'entrée royale de
Henri
II
Rouen
« Voici
Dundee
Haddington
Broughty Craig
Où
Thermes
, avec
Essé
, reçu l'honneur
De devenir chevalier de ton ordre.
Tout le pays où la nation anglaise
Avait osé occuper le territoire écossais
A été rendu par la force française
note 10
. »
Durant sa visite, Marie de Guise découvre un complot mené par
Robert Stuart
(en)
, visant à éliminer Marie Stuart en soudoyant un cuisinier pour empoisonner son mets favori, les beignets aux poires
12
Le
22 septembre 1551
, avant son voyage de retour en Écosse
13
, Marie de Guise perd son fils, demi-frère de Marie Stuart,
François
III
d'Orléans
duc de Longueville
L'accession de Marie de Guise à la régence d'Écosse (1551-1554)
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Dans les mois qui suivent, la question de la régence du royaume d'Écosse est débattue. La fonction de régent paraît appelée à devenir permanente puisque Marie doit vivre en France auprès de son époux. Une certaine inquiétude est apparue face à l'attitude instable d'Arran, qui semble disposé à abandonner l'alliance française, et qu'il faudrait écarter du pouvoir.
Le
parlement de Paris
est d'avis que la majorité de Marie datera du commencement et non de la fin de l'année de sa majorité, c'est-à-dire le
8 décembre 1553
[pas clair]
Face à Arran, Marie de Guise a l'appui
des Écossais
[pas clair]
et de ses frères Guise, ce qui lui permet d'obtenir la régence. Arran se résigne compte tenu des offres que lui fait Henri
II
, notamment la jouissance du duché de
Châtellerault
; il se laisse convaincre par des lettres que lui adressent des nobles, comme le
comte de Huntly
Marie de Guise est officiellement investie dans ses fonctions le
12 avril 1554
Préparatifs et cérémonie de mariage (1557-1558)
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Procuration des prélats, des grands et des communautés d’Écosse à l’archevêque de Glasgow pour négocier les termes du mariage de Marie avec le dauphin,
14 décembre 1557
Archives nationales de France
Le
30 octobre 1557
, Henri invite les Écossais à envoyer des représentants afin de discuter des termes du mariage. Le
14 décembre
, le
Parlement écossais
dépêche neuf députés, demandant des conditions avantageuses pour son indépendance nationale : si Marie Stuart venait à décéder sans descendance, la France devrait aider à la succession du trône d'Écosse par l'héritier le plus proche par le sang. Henri accepte les conditions, et le
Parlement de Paris
naturalise tous les sujets écossais comme français le
8 juillet 1558
. En réponse, les Écossais naturalisent tous les sujets français. Les conditions seront ensuite changées en secret entre Marie Stuart et Henri
II
le
4 avril 1558
: si elle venait à mourir sans descendance, tous les droits de Marie à la couronne d'Angleterre seraient transférés à la France sans contrepartie, et la France se rembourserait par les revenus écossais de ses investissements dans la défense de l'Écosse. Elle scelle également le contrat en renonçant à tout autre arrangement qui ne respecterait pas ces conditions. Selon Susan Doran, historienne à
Christ Church
(université d'Oxford), il n'est pas certain que Marie ait lu ces documents puisqu'elle signait déjà des documents vierges transmis à sa mère pour des actes officiels.
François
II
et Marie Stuart,
Livre d'heures de
Catherine de Médicis
Médaille commémorative du mariage.
Le
19 avril 1558
, la cérémonie du
handfasting
entre Marie et François a lieu au
Louvre
. Le mariage est célébré le
24
à la
cathédrale Notre-Dame de Paris
. L'événement revêt une importance particulière pour la ville, car c'est en deux cents ans la première fois que le
dauphin
se marie à Paris. Les époux sont reçus à la porte ouest par le
cardinal de Bourbon
, puis l'
évêque de Paris
prononce un discours sous une voûte en fleurs de lis et célèbre la messe à l'intérieur. Plusieurs observateurs notent une grande différence dans le physique des deux époux, considérant parfois que cela confère un côté « grotesque » à la cérémonie. En effet, Marie fait forte impression aux côtés de François, de santé fragile et de stature plus légère que son épouse, dont la tenue est particulièrement riche
12
« [Sa] robe blanche était couverte de bijoux et décorée avec des broderies blanches, tandis que sa longue traîne de velours gris était tenue par deux jeunes filles. À son cou se trouvait un pendant étincelant orné de bijoux, un cadeau de son beau-père, et sur sa tête une couronne en or spécialement commissionnée, émaillée de rubis, saphirs et perles ; la rumeur disait que la pierre imposante au centre avait coûté la somme énorme de plus d'un demi-million de couronnes. »
Après la cérémonie, la procession traverse les rues de Paris jusqu'au
palais de justice
, où a lieu un grand banquet. Celui-ci se termine avec six galions parés de draps d'or qui traversent la salle de bal : chacun a un prince masqué à son bord, et ils embarquent les six femmes de plus haut rang
15
Le problème de la succession de Marie Tudor (1558-1559)
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Henri
II
sur son lit de mort. De profil, à côté du barreau du lit, Marie Stuart et son époux,
François
II
Après la mort d'
Henri
VIII
(1547), son successeur
Édouard
VI
d'Angleterre
meurt en 1553. C'est alors sa demi-sœur
Marie Tudor
, fille de la princesse espagnole Catherine d'Aragon, qui lui succède.
Pour les catholiques, Marie Tudor est la dernière héritière légitime d'
Henri
VIII
: le divorce entre Henri et
Catherine d'Aragon
n'ayant jamais été reconnu par le
pape
, son remariage avec
Anne Boleyn
, mère de la princesse
Élisabeth
, est considéré comme illégitime. La succession de Marie Tudor revient selon eux à Marie Stuart, descendante de la sœur aînée d'
Henri
VII
Marguerite Tudor
, morte en 1541.
Lorsque Marie Tudor meurt le
17 novembre 1558
, Marie Stuart peut donc prétendre à la couronne d'Angleterre. Le roi de France
Henri
II
la reconnaît d'ailleurs comme reine d'Angleterre, d'Irlande et d'Écosse ; elle-même prend, avec son mari, les armes d'Angleterre. Cette proclamation prend place dans la rivalité entre la
France
et l'
Espagne
, pour qui l'Angleterre et l'Écosse ne sont que deux pions dans leurs visées impérialistes. Le pape, bien que sollicité par les agents français, refuse de prendre le parti de Marie, car il ne veut pas offenser
Philippe
II
d'Espagne
, déterminé à ne pas laisser l'Angleterre tomber sous le contrôle de la France.
En pratique, c'est
Élisabeth
qui monte sur le trône d'Angleterre, soutenue par la majorité protestante du royaume.
La situation entre la France et l'Espagne change ensuite rapidement, leurs finances ne permettant plus de soutenir des politiques impérialistes. La
paix du Cateau-Cambrésis
entre l'Espagne et la France est signée au début du mois d'
avril 1559
, et
Philippe
II
épouse en troisième noces
Élisabeth de France
Un
tournoi
donné le
30 juin
en l'honneur de ce mariage (et du mariage entre
Marguerite de France
et le
duc de Savoie
) est marqué par l'accident subi par Henri
II
lors d'une joute par
Gabriel
er
de Montgommery
, qui aboutit à sa mort le
10 juillet
, ce qui a pour conséquence, entre autres, de bouleverser le projet français vers les
îles Britanniques
19
Reine de France (1559-1560)
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Moulage du sceau de
François
II
et Marie Stuart, roi et reine de France.
Archives nationales
, SC/D100.
Marie Stuart représentée en reine blanche (tenue de deuil blanc).
Portrait commandé par la reine à la mort d'Henri
II
en 1559
20
Après le mariage célébré avec un faste inouï à Notre Dame de Paris, les jeunes époux vont passer leur lune de miel à Amboise au palazotto de Château Gaillard, propriété de leur oncle le Cardinal de Guise Lorraine, détenteur du pouvoir.
Ensuite, Marie et son époux habitent aux appartements royaux de Saint-Germain-en-Laye. Conformément à la coutume, Marie demande à
Diane de Poitiers
un inventaire des bijoux que cette dernière avait reçus d'Henri
II
et les récupère.
Le tempérament du jeune roi et sa santé ne lui permettant pas de faire face aux nécessités de la vie quotidienne, il peut encore moins gouverner. Ainsi, son
couronnement
, initialement prévu le dimanche
17 septembre 1559
, doit être exceptionnellement reporté d'un jour en raison de sa maladie. De ce fait,
François
II
est le premier roi à n'être couronné ni un dimanche, ni un jour saint. Écoutant les conseils de son épouse, il confie le pouvoir à ses oncles de
Guise
. François indique au parlement qu'il donne au duc de Guise le contrôle de l'armée tandis que le cardinal prend en charge l'administration et les finances. En théorie, sa mère,
Catherine de Médicis
, doit toujours être consultée, mais l'autorité réelle revient aux frères de Guise, devenus les dirigeants effectifs du royaume.
La situation est donc excellente pour les Guise, mais ils savent qu'elle est fragile : la mauvaise santé de François ne devant pas lui permettre de vivre longtemps, tous leurs espoirs sont qu'il ait un enfant avec Marie. Toutefois, la santé de Marie est altérée en raison de l'anxiété que lui cause la situation délicate de sa mère en Écosse. Cependant, les dames d'honneur de la cour mettent les symptômes de Marie sur le compte d'une grossesse. Les Guise ne souhaitant que trop qu'elle soit enceinte, ils répandent ces rumeurs, et Marie finit par y adhérer en adoptant les vêtements flottants portés par les dames enceintes.
Elle comprend toutefois à la fin
septembre 1560
qu'il n'en est rien. Le
16 novembre
, après une chasse vers
Orléans
, François prend froid et se plaint de douleurs à la tête. La santé déclinante du roi ne pouvant être rendue publique par les Guise, en raison du conflit intérieur avec les
huguenots
, ils la dissimulent à la cour et aux ambassadeurs. Cependant, la maladie de François, localisée dans l'
oreille gauche
, commence à
s'étendre au cerveau
et lui cause de fréquentes
crises de délire
. Les Guise font tout leur possible pour sauver le roi, leur succès étant lié à son éventuelle descendance avec Marie. Sous l'influence du cardinal, des processions partent de toutes les églises de la ville tandis que la cour entière prie. Mais François meurt le
5 décembre 1560
À la mort de
François
II
, son jeune frère
Charles
IX
devient roi et sa mère,
Catherine de Médicis
, prend le pouvoir en tant que régente, et demande l'inventaire des bijoux. Marie se retire ensuite pour mener le deuil, en suivant la tradition de rester dans une chambre noire pour quarante jours. Elle choisit pour cela l'
abbaye Saint-Pierre-les-Dames
note 11
dont sa tante, Renée de Lorraine, est abbesse. C'est aussi dans cette région, la
Champagne-Ardenne
, qu'elle reçoit en
douaire
la ville et seigneurie d'
Épernay
. L'ensemble de ses propriétés figurant au contrat de mariage lui rapporte
60 000
livres tournois par an, ce qui permet de vivre confortablement, mais Marie et ses oncles poursuivent leurs ambitions
15
Vers attribués à Marie Stuart sur la mort de
François
II
21
En mon triste et doux chant
D'un ton fort lamentable,
Je jette un deuil tranchant,
De perte irréparable,
Et, en soupirs cuisants,
Passe mes meilleurs ans.
Fut-il un tel malheur
De dure destinée,
Ni si triste douleur
De dame infortunée
Qui mon cœur et mon œil
Voit en bière et cercueil ?
Qui, en mon doux printemps,
Et fleur de ma jeunesse,
Toutes les peines sens
D'une extrême tristesse ;
Et en rien n'ai plaisir
Qu'en regret et désir.
Ce qui m'était plaisant
Ores m'est peine dure ;
Le jour le plus luisant
M'est nuit noire et obscure ;
Et n'est rien si exquis
Qui de moi soit requis.
J'ai au cœur et à l'œil
Un portrait et image
Qui figure mon deuil
En mon pâle visage
De violettes teint,
Qui est l'amoureux teint.
Pour mon mal étranger
Je ne m'arrête en place ;
Mais j'en ai beau changer,
Si ma douleur n'efface,
Car mon pis et mon mieux
Sont les plus déserts lieux.
Si, en quelque séjour,
Soit en bois ou en pré,
Soit à l'aube du jour
Ou soit à la vesprée,
Sans cesse mon cœur sent
Le regret d'un absent.
Si parfois vers ces lieux
Viens à dresser ma vue,
Le doux trait de ses yeux
Je vois en une nue ;
Ou bien le vois en l'eau
Comme dans un tombeau ;
Si je suis en repos,
Sommeillante sur ma couche
J'ois qu'il me tient propos,
Je le sens qu'il me touche.
En labeur, en recoy,
Toujours est près de moi.
Mets, chanson, ici fin
À si triste complainte
Dont sera le refrain :
Amour vraie et non feinte
Pour la séparation
N'aura diminution.
L'Écosse est divisée sur la question religieuse. Du fait des troubles religieux en France, il devient plus difficile pour les Guise de secourir les partisans écossais de Marie. Selon les termes du
traité d'Édimbourg
signé par les représentants de Marie le
6 juillet 1560
, suivant la mort de
Marie de Guise
, la
France
décide de retirer ses troupes d'Écosse et de reconnaître les droits d'
Élisabeth
sur le
royaume d'Angleterre
. Marie refuse de ratifier ce traité.
Elle porte alors les deuils successifs de son mari et de sa mère, dont les restes viennent d'être apportés d'
Édimbourg
Reims
. C'est de là, enfin, qu'elle part pour s'embarquer à
Calais
et quitter définitivement la
France
, le
14 août 1561
Le retour en Écosse (1561-1568)
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Évolution de la politique intérieure écossaise sous Marie de Guise (1557-1561)
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John Knox
, figure importante de la réforme écossaise.
Bien que des nobles protestants fassent partie du gouvernement écossais formé par Marie de Guise, un petit nombre d'entre eux ne lui font pas confiance et se rassemblent comme
Lords de la Congrégation
en
décembre 1557
. En 1559,
John Knox
, figure de la
Réforme écossaise
, rentre en Écosse, recherchant le soutien des nobles pour promouvoir sa cause, et entreprend donc un tour du pays. Chez
James Sandilands
(en)
, il arrive à rallier deux personnages importants :
Archibald Campbell
et
James Stuart
, le demi-frère de Marie Stuart. Il continue son tour, gagnant d'autres nobles comme
John Erskine
, et séjourne à
Édimbourg
Ochiltree
(demeure de
lord Ochiltree
(en)
) et chez le
comte de Glencairn
. Galvanisés, les Lords de la Congrégation émettent des revendications pour un changement religieux ; Marie de Guise doit faire appel à l'aide militaire de la France, recevant à la fin août 1 800 soldats
19
22
Dans le même temps, Marie de Guise enregistre des défections dans son gouvernement.
William Maitland de Lethington
, son secrétaire d'État, se rend compte qu'elle œuvre pour l'annexion de l'Écosse à la France, menaçant ainsi la souveraineté nationale. Alors que les Lords de la Congrégation occupent Édimbourg à la fin octobre, il y voit l'occasion idéale pour déserter de
Leith
(port d'Édimbourg où la reine douairière est réfugiée) : quelques jours plus tard, apprenant que Marie de Guise désire l'annexion de l'Écosse, les Lords la déposent.
Marie de Guise parvient à revenir brièvement à Édimbourg, mais
Élisabeth
re
s'implique dans le conflit : pensant que la présence de l'armée française et la défaite des protestants peuvent être un plan pour installer Marie Stuart sur le trône d'Angleterre, elle décide d'envoyer des fonds aux Lords et demande à l'
amiral Winter
(en)
de bloquer Leith
22
. Fin février, Maitland est envoyé en émissaire auprès d'Élisabeth, et ils signent le
traité de Berwick
par lequel Élisabeth envoie des troupes pour soutenir les protestants. L'armée conduite par lord Grey assiège Leith en mars. La situation en France ne permet plus l'envoi de renforts.
Les efforts diplomatiques de Maitland conduisent à la ratification, par un grand nombre de nobles, d'un document signant l'expulsion des troupes françaises et la défense de la
réforme religieuse
. Parmi les signataires figurent
Huntly
Morton
Borthwick
, et les
Kerr
(en)
Marie de Guise
meurt le
12 juin 1560
Reine d'Écosse (1561-1567)
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Période de rapprochement avec les protestants (1561-1565)
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La jeune veuve rentre en
Écosse
l'année suivante. Malgré son éducation, elle n'est pas préparée aux intrigues en cours à la cour d'Écosse à cette époque.
La question religieuse divise le peuple entre catholiques et protestants, ceux-ci (majoritaires) ont à leur tête le frère illégitime de Marie,
James Stuart, comte de Moray
Catholique
fervente, Marie est vue avec suspicion par une grande partie de ses sujets. Son goût pour la danse et les robes sophistiquées est dénoncé par des prédicateurs protestants, dont le principal est
John Knox
Mais elle ne prend pas la tête du parti catholique, ce qui déçoit ses membres. Au contraire, prenant acte du manque de forces militaires à opposer aux nobles protestants, elle conserve James Stuart comme principal conseiller. En 1561, elle invite
Élisabeth
re
en Écosse afin de réchauffer leurs relations diplomatiques, mais la reine d'Angleterre refuse et le désaccord se creuse encore entre elles.
En 1562, Marie soutient James Stuart dans la guerre contre les catholiques soulevés, menés par
Huntly
, qui est vaincu et fait prisonnier lors de la
bataille de Corrichie
28 octobre 1562
), et meurt peu après.
Mariage avec Darnley (1565) et conflit avec les protestants
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Henry Stuart
, Lord Darnley, deuxième époux de Marie.
Le
29 juillet 1565
, Marie épouse
sans préavis
[pas clair]
son cousin germain
Henry Stuart
, lord Darnley, petit-neveu du roi
Henri
VIII
. Ce mariage avec un chef
catholique
suscite la rébellion de James Stuart et du parti protestant, qui sont mis en déroute lors du
raid de Chaseabout
(en)
26 août 1565
).
Marie tombe enceinte durant l'automne 1565. Darnley devient alors arrogant, exigeant les pouvoirs que lui donne le titre de roi consort. Il est aussi jaloux de l'amitié de Marie avec son secrétaire
David Rizzio
. En
mars 1566
, Darnley entre dans une conspiration avec
les nobles qui se sont rebellés précédemment
[pas clair]
. Le
9 mars
, un groupe de conspirateurs, dont Darnley, assassine Rizzio pendant qu'il est en conférence avec la reine au
palais de Holyrood
Darnley attaque Marie et
tente sans succès de provoquer un avortement
[pas clair]
, ce qui aboutit à une rupture de leur mariage.
Liaison avec Bothwell (1566) et mort de Darnley
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Jacques
, fils de Marie et de Darnley.
En
juin 1566
, Marie s'engage dans une liaison avec
James Hepburn
, comte de Bothwell (1534-1578).
Un complot est mis en place pour éliminer Darnley, déjà malade (peut-être de la
syphilis
), mais à qui Marie rend régulièrement visite, ce qui peut laisser penser qu'une réconciliation est possible.
[pas clair]
Le
24 juin 1566
, elle accouche du fils de Darnley, prénommé
Jacques
, futur roi d'Écosse (1567) puis d'Angleterre (1603).
En
octobre 1566
, les troubles nerveux et les crises de douleurs abdominales dont elle souffre depuis l'adolescence (les historiens les attribuent au stress mental, à des hémorragies dues à un ulcère gastrique ou à la
porphyrie
23
) s'aggravent au point qu'elle perd la vue et la parole. Considérée un moment comme mourante, elle recouvre pourtant la santé grâce à la compétence de ses médecins français
24
En
février 1567
, alors que Darnley se trouve en convalescence à
Kirk o' Field
Édimbourg
, une explosion détruit la maison. Darnley est retrouvé mort dehors, étranglé ou étouffé avant l'explosion
25
. Cet événement destiné à sauver Marie ne fait que salir sa réputation. Bothwell, considéré comme le coupable, est acquitté par un tribunal de complaisance.
Mariage avec Bothwell (avril 1567)
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Le
24 avril 1567
, il fait enlever Marie et l'épouse peu après. Selon certains historiens, il aurait abusé d'elle afin de la contraindre au mariage pour éviter le déshonneur
26
. En réalité, il semble que Marie ait été amoureuse de Bothwell ; le mythe du viol a été énoncé pour la première fois dans un ouvrage de l'évêque de
Ross
John Lesley
Rhime in Defence of the Queen of Scots
27
Arrestation et abdication de Marie (juin-juillet 1567)
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Ce mariage scelle le destin de Marie. Un groupe de nobles forme une ligue et, le
15 juin 1567
, bat les troupes de Bothwell sur le domaine de
Carberry Tower
lors de la
bataille de Carberry Hill
. Bothwell réussit à s'enfuir et à quitter le royaume tandis que Marie est emprisonnée au
château de Loch Leven
Entre le
18
et le
24 juillet 1567
, elle fait une
fausse couche
. Selon
Stefan Zweig
note 12
et
Muhlstein
[Qui ?]
, elle aurait perdu des jumeaux
28
29
, mais selon
Mary
[Qui ?]
, il n'y avait qu'un seul enfant
30
Le
24 juillet
, elle
abdique
le trône d'
Écosse
en faveur de son fils
31
, qui devient à l'âge d'un an
Jacques VI d'Écosse
Prisonnière d'Élisabeth
re
en Angleterre (1568-1587)
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Marie Stuart, d'après
Nicholas Hilliard
Évasion de Marie et départ en Angleterre (mai 1568)
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Le
2 mai 1568
, Marie Stuart s'évade et lève une petite armée. Trois jours après sa défaite à la
bataille de Langside
le
13 mai
, elle s'enfuit en
Angleterre
Emprisonnement (
19 mai 1568
) et enquête sur la mort de Darnley
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Elle est emprisonnée par les officiers d'
Élisabeth
Carlisle
le
19 mai
. Elle prononce alors cette phrase célèbre
« En ma fin gît mon commencement »
note 13
, qu'elle brode sur sa robe.
Chambre à coucher de Marie au
château de Bolton
où elle fut détenue.
Après quelques hésitations sur l'accusation du meurtre de Darnley,
Élisabeth
re
ordonne une enquête plutôt qu'un procès. Marie est détenue à
Bolton
d'
octobre 1568
janvier 1569
tandis qu'une commission d'enquête, chargée d'évaluer les preuves de sa culpabilité, siège à
York
32
33
L'enquête est sous influence politique — Élisabeth ne souhaite pas la condamner pour meurtre et Marie refuse de reconnaître l'autorité de quelque cour que ce soit. Il suffit de la garder hors d'Écosse et de contrôler ses partisans.
Le cas tient dans les huit lettres du coffret qui auraient été écrites par Marie à Bothwell et découvertes par le comte de Morton. Marie n'est pas autorisée à les voir ni à parler pour sa défense. Elle refuse d'offrir une défense écrite à moins qu'un verdict de non-culpabilité ne lui soit assuré, ce que refuse Élisabeth. Bien qu'une analyse graphologique attribue ces lettres à Marie, le tribunal ne peut conclure à la culpabilité. Les lettres originales seront perdues en 1584 et les copies ne sont pas complètes.
Assignée à résidence chez le comte de Shrewsbury (1569-1586)
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Élisabeth considère les prétentions de Marie au trône d'Angleterre comme une menace : le
26 janvier 1569
, elle l'assigne à résidence dans les domaines du
comte de Shrewsbury
George Talbot
, chargé de sa surveillance, assisté par son épouse
Bess de Hardwick
. Ces domaines, situés autour de Sheffield et de Derby, sont à mi-chemin entre Londres et l'Écosse et assez éloignés de la mer.
Elle dispose d'une domesticité importante, jamais inférieure à seize personnes, incluant notamment dames d'honneurs et de compagnies, secrétaires, médecins et cuisiniers . C'est par une véritable cour en miniature que la reine s'entoure pendant sa captivité. Certaines personnes de sa suite y effectuent un service d'espionnage pour le compte des ministres
William Cecil
et de
Francis Walsingham
Bess de Hardwick, dont George Talbot est le quatrième époux, a eu précédemment une fille de
William Cavendish
Elizabeth
(1555-1582), qui épouse (en secret) en 1574
Charles Stuart
, frère cadet de Lord Darnley (d'où une fille,
Arbella
, 1575-1615). Ce mariage provoque la colère de la reine d'Angleterre, qui sanctionne Bess de Hardwick par un séjour à la Tour de Londres.
Marie vit dans ces conditions jusqu'en 1586. Durant cette période, Bothwell, emprisonné au
Danemark
, devient fou et meurt en 1578 en prison.
Charles Bailly (1540-1596), son secrétaire, après avoir été enfermé à la
tour de Londres
34
, est libéré et rejoint
Bruxelles
. Il est enterré au
Sablon
à Bruxelles, puis dans l'
église Saint-Nicolas de La Hulpe
. Une partie du monument funéraire se trouve encore dans l'église de ce village
35
Accusations de complot contre Élisabeth
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Après tant de chrétiens dont les tourments affreux
Ont ému votre cœur et fait pleurer vos yeux,
La fille des Stuarts voici paraître en scène,
Épouse, mère et sœur des plus illustres rois.
Contre une royauté plus heureuse cent fois,
Elle échange en mourant, sa couronne de reine.
— Richard Verstegen,
Théâtre des cruautés des Hérétiques, de France, d'Angleterre et des Pays-Bas.
Marie devient progressivement une charge qu'
Élisabeth
re
ne peut plus tolérer, en raison de nombreux rapports de complots projetant de la tuer ;
certains historiens
[Qui ?]
suspectent qu'ils étaient fomentés par les ennemis de Marie.
Marie Stuart est experte dans l'art du
chiffre
. En
France
, ses intérêts ont été défendus dès 1565 par le
mathématicien
et
cryptologue
François Viète
avec qui elle partageait ce talent. Les lettres codées qu'elle échange avec ses partisans sont interceptées puis déchiffrées.
En 1586, un nouveau complot contre Élisabeth
re
est découvert : la
conspiration de Babington
, impliquant quelques nobles catholiques, mais organisée par la cour de Madrid en liaison avec la
Ligue catholique de France
, dont le chef durant cette période des débuts la
huitième guerre de religion
(1585-1598) est le duc
Henri de Guise
, parent de Marie.
Un facteur diplomatique important est que, depuis
août 1585
, l'Angleterre est en guerre contre l'Espagne, en raison du ralliement d'Élisabeth
36
à la cause de l'
insurrection
des
Pays-Bas
contre Philippe par le
traité de Sans-Pareil
10 août 1585
), conclu avec les
Provinces-Unies
, qui reçoivent l'appui d'un corps expéditionnaire anglais (
Robert Dudley
). En réaction, Philippe II prépare depuis cette date une grande
expédition
(dite « Invincible Armada ») contre l'Angleterre : il s'agit de débarquer des troupes en Angleterre, d'arrêter Élisabeth et de rétablir un gouvernement catholique à Londres, permettant alors de soumettre facilement les provinces néerlandaises rebelles
37
Arrestation (
11 août 1586
), procès et condamnation à mort (25 octobre)
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Walsingham a intercepté des lettres qui vont servir de prétexte à sa condamnation
38
comme suspecte de participation à la
conspiration de Babington
Elle est arrêtée le
11 août 1586
et emprisonnée à Tixal House, près de
Stafford
, puis emmenée en septembre au
château de Fotheringhay
. En octobre, commence son procès pour trahison en vertu du
Safety of the Queen Act
(en)
de 1584. Le tribunal est formé de trente-six gentilshommes, dont Cecil, Walsingham et Shrewsbury.
Elle est jugée coupable le
25 octobre
et condamnée à mort, un seul juge refusant de donner sa voix,
Lord Zouche
(en)
Attente avant l'exécution (novembre 1586-janvier 1587)
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Cependant, Elisabeth ne tient pas absolument à ce que la sentence soit exécutée, pour des raisons principalement politiques : création d'un précédent et crainte de représailles de la part du roi d'Écosse, Jacques VI, fils de Marie, en liaison avec les puissances catholiques (c'est-à-dire principalement l'Espagne). Mais elle s'oppose en cela au
Parlement
qui est favorable à l'exécution.
Elisabeth aurait contacté le geôlier de Marie, Paulet, pour lui demander s'il y aurait un moyen d'« abréger sa vie », mais il refuse catégoriquement de s'impliquer dans une telle action.
Elisabeth signe donc le décret d'exécution le
er
février 1587
, et confie la mission à un membre du Conseil privé, William Davison. Mais William Cecil intervient à l'insu d'Elisabeth au Conseil privé, et le
3 février
, dix membres décident une exécution rapide. Marie est informée le
7 février
au soir qu'elle sera exécutée le lendemain matin.
Exécution de Marie et funérailles
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Lettre à Henri III (
8 février 1587
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Informée de sa prochaine exécution, Marie envoie une lettre d'adieu à
Henri
III
Lettre de Marie Stuart adressée à
Henri
III
de France
, le 8 février 1587 :
« Monsieur mon beau-frère,
estant par la permission de Dieu pour mes péchés comme je crois venue me jeter entre les bras de cette Roine ma cousine, où j'ai eu beaucoup d'ennuis & passé près de vingt ans, je suis enfin par elle & ses états condamnée à la mort, & ayant demandé mes papiers par eux ostés à cette fin de faire mon testament, je n'ai peu rien retirer qui me servist, ni obtenir congé d'en faire un libre, ni qu'après ma mort mon corps fust transporté selon mon désir en votre royaume où j'ai eu l'honneur d'estre roine votre sœur & ancienne alliée.
Ce jour, après dîner ma esté dénoncée ma sentence pour être executée demain comme une criminelle à huit heures du matin. Je n'ay eu loisir de vous faire un ample discours de tout ce qui s'est passé, mais s'il vous plaist de croire mon médecin & ces autres miens désolés serviteurs, vous oyrez la verité & comme grâces à dieu je mesprise la mort & fidelement proteste de la recevoir innocente de tout crime quand je serois leur sujette. La religion catholique & le maintien du droit que Dieu m'a donné à cette couronne sont les deux poincts de ma condamnation & toutesfois ils ne me veulent permettre de dire que c'est pour la religion catholique que je meurs mais pour la crainte du change de la leur & pour preuve ils m'ont ôté mon aumônier lequel bien qu'il soit en la maison je n'ai pu obtenir qu'il me vînt confesser ni communier à ma mort, mais m'ont fait grande instance de recevoir la consolation & doctrine de leur ministre amené pour ce fait. Ce porteur & sa compaignie – la plupart de vos subjets – vous tesmoigneront mes déportements. En ce mien acte dernier il reste que je vous supplie, comme roi très chrestien mon beau-frère & ancien allié & qui m'avez toujours protesté de m'aimer, qu'à ce coup vous faisiez preuve en touts ces poincts de vostre vertu tant par charité me soulageant de ce que pour décharger ma conscience je ne puis sans vous qui est de récompenser mes serviteurs desolés leur laissant leurs gages l'autre faisant prier Dieu pour une roine qui a été nommée très chresienne & meurt catholique dénuée de touts ses biens, quant a mon fils je le vous recommande autant qu'il le méritera car je n'en puis répondre. J'ai pris la hardiesse de vous envoyer deux pierres rares pour la santé vous la désirant parfaite avec heureuse & longue vie. Vous les recevrez comme de votre très affectionnée belle-sœur mourante en vous recommandant encore mes serviteurs. Vous ordonnerez s'il vous plaist que pour mon âme je sois payée de partie de ce que me devez & qu'en l'honneur de Jésus Christ lequel je prierai demain à ma mort pour vous me laisser de quoi fonder un
obit
& faire les aumônes requises.
ce mercredi à deux heures après minuit
Votre très affectionnée & bien bonne sœur »
L'exécution (8 février 1587)
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Mary, Queen of Scots, Being Led to Her Execution
(1871) par
Laslett John Pott
La Mort de Marie Stuart
(avant 1861) par
Abel de Pujol
: Jane Kennedy bandant les yeux de la reine.
L'exécution a lieu au
château de Fotheringhay
le
8 février 1587
à dix heures du matin. Il s'agit d'une décapitation à la hache (le
glaive
, symbole de la justice divine, commun en France, lui a été refusé).
Marie arrive portant une tenue rouge sous sa robe d'apparat, se déclarant elle-même
martyre
catholique
. Son
crucifix
est écrasé au sol.
Lorsque ses servantes s'avancent pour la déshabiller, les bourreaux s'interposent, car la coutume veut qu'ils récupèrent les vêtements des condamnés. Marie s'offusque, disant qu'elle ne s'est jamais déshabillée devant autant d'hommes.
Mais elle finit par se résigner sans se dénuder totalement.
[réf. nécessaire]
Voyant alors sa détresse de se trouver nue, une de ses servantes s'avance et lui noue un foulard sur les yeux.
Elle se met alors en place sur le billot. Les témoignages confirment que son
bourreau
ivre
, va s'y reprendre à trois reprises pour exécuter la sentence
39
Le premier coup lui fait seulement une entaille sur l'
os occipital
. Le deuxième tombe sur la nuque sans complètement couper le cou, et ce n'est qu'au troisième que la tête se décolle. Le bourreau la ramasse pour la présenter au peuple, sans se rendre compte que la
perruque
se trouve encore sur le crâne. Elle lui reste dans les mains et la tête tombe au sol.
Le bourreau la met en exposition sur un balcon proche où elle reste une journée.
Inhumations
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Tombeau de Marie Stuart à
Westminster
Marie Stuart souhaitait être inhumée à
Reims
, à côté de sa mère, de son oncle le cardinal, et de sa tante l'abbesse. Mais l'inhumation par
Scarlett Robert
a lieu dans la
cathédrale de Peterborough
Son corps est exhumé en
1612
, son fils, Jacques VI d'Écosse et Jacques
er
d'Angleterre, ayant ordonné qu'il soit placé dans l'
abbaye de Westminster
où il repose depuis lors, à dix mètres du tombeau de sa cousine Élisabeth.
Pamphlets catholiques sur la mort de Marie
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L'exécution de Marie Stuart est dénoncée par les
pamphlétaires
catholiques
, tel
Richard Verstegen
, pensionné par le
roi d'Espagne
, comme une violation du
droit divin
« Cette pauvre Princesse s'asseurant à la foi d'une Royne, prêt port en Angleterre, où on la met prisonnière, & y est vingt ans entiers ou peu s'en faut, la changeant de lieu diversement & souvent, à fin de la molester d'avantage ; & combien qu'elle ne fust subjette qu'à Dieu, auquel elle avoit à rendre compte de ses actions, ce néantmoins cette perfide hérétique, ayant violé le droit divin de nature & des gens, luy fait trancher la teste au Chasteau de Fodrinhaye 1587, le jour des Cendres non pour autre occasion qu'elle estoit ferme & constante Catholique, et pour laisser son Royaume au comte de l'Ecestre un de ses rufians, faisant mourir les héritiers légitimes »
40
Ascendance
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Ascendance de Marie Stuart
32.
Jacques
er
d'Écosse
16.
Jacques
II
d'Écosse
33.
Jeanne Beaufort
8.
Jacques
III
d'Écosse
34.
Arnold de Gueldre
17.
Marie d'Egmont
35.
Catherine de Clèves
4.
Jacques
IV
d'Écosse
36.
Thierry d'Oldenbourg
18.
Christian
er
de Danemark
37.
Hedwige de Holstein-Rendsbourg
9.
Marguerite de Danemark
38.
Jean
IV
de Brandebourg-Kulmbach
19.
Dorothée de Brandebourg-Kulmbach
39.
Barbara de Saxe-Wittemberg
2.
Jacques
d'Écosse
40.
Owen Tudor
20.
Edmond Tudor
41.
Catherine de France
10.
Henri
VII
d'Angleterre
42.
Jean Beaufort
21.
Margaret Beaufort
43.
Marguerite Beauchamp
5.
Marguerite Tudor
44.
Richard d'York
22.
Édouard
IV
d'Angleterre
45.
Cécile Neville
11.
Élisabeth d'York
46.
Richard Woodville
23.
Élisabeth Woodville
47.
Jacquette de Luxembourg-Saint-Pol
1.
Marie
re
d'Écosse
48.
Antoine de Vaudémont
24.
Ferry
II
de Vaudémont
49.
Marie d'Harcourt
12.
René
II
de Lorraine
50.
René d'Anjou
25.
Yolande d'Anjou
51.
Isabelle
re
de Lorraine
6.
Claude de Lorraine
52.
Arnold de Gueldre
(52=34)
26.
Adolphe de Gueldre
53.
Catherine de Clèves
(53=35)
13.
Philippe de Gueldre
54.
Charles
er
de Bourbon
27.
Catherine de Bourbon
55.
Agnès de Bourgogne
3.
Marie de Guise
56.
Louis
er
de Bourbon-Vendôme
28.
Jean
VIII
de Bourbon-Vendôme
57.
Jeanne de Laval
14.
François de Bourbon-Vendôme
58.
Louis de Beauvau
29.
Isabelle de Beauvau
59.
Marguerite de Chambley
7.
Antoinette de Bourbon-Vendôme
60.
Louis de Luxembourg-Saint-Pol
30.
Pierre
II
de Luxembourg-Saint-Pol
61.
Jeanne de Marle
15.
Marie de Luxembourg-Saint-Pol
62.
Louis
er
de Savoie
31.
Marguerite de Savoie
63.
Anne de Lusignan
Arbres généalogiques
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Branche britannique
Légende
rois et reines d'Angleterre :
rois et reines d'Écosse :
rois et reines de France :
Jacques II
c. 1430-1460
1437-1460
Marie de Gueldre
c. 1434-1463
1449-1460
James Hamilton
Lord Hamilton
c. 1415-1479
Marie Stuart
Comtesse d'Arran
c. 1453-1488
Alexandre Stuart
1er duc d'Albany
c. 1454-1485
Jacques III
c. 1452-1488
1460-1488
Marguerite de Danemark
1456-1486
1469-1486
Janet Bethune
c. 1490
c. 1522
James Hamilton
1er comte d'Arran
c. 1475-1529
Elizabeth Hamilton
Matthew Stewart
2e comte Lennox
c. 1460-1513
Henri VII
c. 1457-1509
1485-1509
Élisabeth d'York
c. 1466-1503
1486-1503
John Stewart
3e comte Lennox
c. 1490-1526
Elizabeth Stewart
Archibald Douglas
6e comte d'Angus
1489-1577
Margaret Tudor
1489-1541
1503-1513
Jacques IV
1473-1513
1488-1513
Arthur Tudor
1486-1502
Henri VIII
1491-1547
1509-1547
Louis XII
1462-1515
1498-1515
Marie Tudor
1496-1533
1514-1515
Charles Brandon
1er duc de Suffolk
C. 1484-1545
Margaret Douglas
Comtesse d'Arran
b. c. 1510
James Hamilton
duc de Châtellerault
c. 1516-1575
Matthew Stewart
4e comte Lennox
1516-1571
Margaret Douglas
Comtesse de Lennox
1515-1578
Marie de Guise
1515-1560
1538-1542
Jacques V
1512-1542
1513-1542
Madeleine de France
1520-1537
1537-1537
Margaret Erskine
1515-1572
Marie I
1516-1558
1553-1558
Élisabeth I
1533-1603
1558-1603
Édouard VI
1537-1553
1547-1553
Frances Brandon
1517-1559
James Hamilton
3e comte d'Arran
c. 1532-1609
John Hamilton
1er marquis de Hamilton
c. 1535-1604
Henry Stuart
Lord Darnley
1546-1567
Mary Stuart
1542- 1587
1542-1567
1559-1560
François II
1544-1560
1559-1560
James Hepburn
comte de Bothwell
c. 1534-1578
James Stuart
comte de Moray
1532-1570
Jeanne Grey
1537-1554
1553
(9 jours)
Catherine Grey
1540-1568
Marie Grey
1545-1578
Jacques
VI et Ier
1566-1625
1567-1625
1603-1625
Branche française
Légende
Roi de France
(Valois)
Roi de France
(Bourbon)
Roi et Reine d'Écosse
Roi d'Espagne
François de Bourbon-Vendôme
(1470-1495)
Marie de Luxembourg
(1462-1546)
Charles
VIII
l'Affable
(1470-1498)
1483
Anne de Bretagne
(1477-1514)
Louis
XII
le Père du Peuple
(1462-1515)
1498
Louise de Savoie
(1476-1531)
Charles d'Orléans
(1459-1496)
Françoise d'Alençon
(1490-1550)
Charles
IV
de Bourbon
(1489-1537)
Antoinette de Bourbon
(1494-1583)
Claude de Lorraine
(1496-1550)
Renée de France
(1510-1575)
Claude de France
(1499-1524)
François
er
(1494-1547)
1515
Marguerite de Navarre
(1492-1549)
Henri d'Albret
(1503-1555)
Jacques V
(1512-1542)
Écosse
Marie de Guise
(1518-1562)
François de Guise
(1519-1563)
Charles de Lorraine
(1524-1574)
Claude II d'Aumale
(1526-1573)
Louis de Lorraine
(1527-1578)
Henri
II
(1519-1559)
1547
Catherine de Médicis
(1519-1589)
Jeanne
III
de Navarre
(1528-1572)
Antoine de Bourbon
(1518-1562)
Marie Stuart
(1542-1587)
Écosse
François
II
(1544-1560)
1559
Philippe
II
(1527-1598)
Espagne
Élisabeth de France
(1545-1568)
Charles
IX
(1550-1574)
1560
Élisabeth d'Autriche
(1554-1592)
Henri
III
(1551-1589)
1574
Louise de Lorraine-Vaudémont
(1553-1601)
Henri
IV
le Grand
(1553-1610)
1589
Marguerite de France
(1553-1615)
François de France
(1555-1584)
Une reine poétesse
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Marie Stuart a laissé à la postérité une création poétique qui nous est partiellement parvenue par des manuscrits autographes majoritairement en français ou des transcriptions
41
. Elle a également rédigé des œuvres en latin
42
Les autographes de Marie Stuart connus en 2019 comprennent dix-neuf poèmes et fragments, dont quatorze sont des notes marginales du
Livre d’heures de Marie Stuart
, conservé à la
Bibliothèque nationale de Russie
. Le plus ancien, « Si ce Lieu est pour ecrire ordonn[é] », se trouve sur un feuillet intégré aux
Heures de Diane de Croy
. Il est conservé à la
Ruskin Gallery
de
Sheffield
41
L’utilisation de poèmes attribués à Marie Stuart comme pièces à convictions lors de son procès et sa condamnation, ainsi que les tensions politico-religieuses entre les cours d’Écosse, d’Angleterre et de France dans la période qui suit ont rendu difficile la transmission de son œuvre. Les écrits désignés par «
Casket letters
(en)
» contiennent ainsi onze sonnets et un sizain dont les originaux sont perdus et dont l’authenticité a été contestée du vivant même de Marie Stuart. Plusieurs de ses contemporains, qui peuvent avoir eu des positions tranchées tant en faveur que contre la reine d’Écosse lors de son procès, publient des vers qu’ils lui attribuent :
John Lesley
George Buchanan (humaniste)
Thomas Chaloner (homme d’état)
(en)
Thomas Smith
et
Brantôme
. Quelques copies sont enfin retrouvées au
XIX
siècle dans des archives d’état britanniques
41
La Bibliothèque nationale de France recense
69 documents
43
dont
La Harangue de… Marie d'Estvart, Reine d'Écosse, Douairière de France, faite en l'assemblée des États de son Royaume, tenus au mois de Mai dernier passé. Avec le Sermon Funebre fait à Nancy, aux obsèques & funérailles de… François de Lorraine, Duc de Guyse, en l'église des Cordeliers… Par Bernard Dominici, de l'ordre de la saincte Trinité…
44
. On retrouve cependant dans ce compte
Adieu France !
mis en musique par
Edmond de Polignac
45
, reconnu depuis comme un faux du
XVIII
siècle rédigé par
Anne-Gabriel Meusnier de Querlon
42
. La Société Marie Stuart (anglaise) donne ces deux poèmes :
Fotheringhay
et
Verses on the death of Francis II
46
. Le
Queen Mary's book
propose une collection complète de ses poèmes et essais traduits en anglais
42
Dans la culture populaire
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Marie Stuart a fait l'objet de très nombreux ouvrages, dans une perspective historique ou romanesque
47
. Le docteur
Jenny Wormald
, membre honoraire d'histoire écossaise à l'
université d'Édimbourg
, déclara — non sans humour — que la seule Marie ayant fait l'objet de davantage de publications que Marie Stuart était la
Vierge Marie
« Comme sujet d'études historiques, et héroïne romantique d'œuvres de fiction, Marie, reine d'Écosse, prédomine sur toutes les Marie qui l'ont précédée, seule
la Vierge
faisant mieux. [Dans le catalogue de 1962 des livres à la
British Library
], la Vierge Marie a 150 pages qui lui sont dévolues, Marie reine d'Écosse 455 livres, et la reine anglaise
Marie Tudor
dite « la sanglante » 73
48
. »
Théâtre
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La majorité des œuvres retraçant la vie d'
Élisabeth
re
d'Angleterre
font également référence à Marie Stuart et/ou la mettent en scène.
La Reine d'Écosse
d'
Antoine de Montchrestien
1604
La Reina di Scotia
de
Federico Della Valle
, 1628.
Marie Stuart, reine d'Écosse
, d'
Edme Boursault
1691
En
1800
Friedrich von Schiller
écrivit une pièce,
Marie Stuart
, que
Germaine de Staël
a fort bien résumée dans
De l'Allemagne
Marie Stuart
est une pièce de théâtre française de
Pierre-Antoine Lebrun
créée en
1820
au
Théâtre-Français
Isabelle Adjani
incarna la reine dans
La Dernière Nuit pour Marie Stuart
, une pièce de théâtre allemande de
Wolfgang Hildesheimer
1971
), créée en version française en
2006
au
Théâtre Marigny
dans une mise en scène de
Didier Long
Marie Stuart, rose d'Écosse - Ou la conjuration des Lords
de Florence Quentin-Herfort , créée par Olivier Bruaux au
Théâtre du Nord-Ouest
en avril
2016
L'auteur italien contemporain
Dacia Maraini
a également écrit une
Marie Stuart
1990
). Cette pièce met l'accent sur la « guerre des sexes », à travers l'opposition entre Élisabeth et Marie.
Musique
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Gaetano Donizetti
a composé un
opéra
Maria Stuarda
, créé en
1834
au
Teatro San Carlo
de
Naples
d'après la pièce homonyme de Schiller.
Robert Schumann
a composé en
1852
Gedichte der Königin Maria Stuart
Cinq Lieder sur des Poèmes de Marie Stuart
), opus 135
49
La chanson
Fotheringay
, du groupe
Fairport Convention
chantée par
Sandy Denny
sur l'album
What We Did on Our Holidays
(1969) fait référence aux derniers jours de Marie Stuart au
château de Fotheringhay
La chanson
To France
, chantée par
Maggie Reilly
sur l'album
Discovery
de
Mike Oldfield
(1984), fait référence à la vie de
Marie
re
d'Écosse.
Le symbole du groupe
Dream Theater
est inspiré du monogramme de
Marie
re
d'Écosse.
Le groupe de métal Français Uncolored Wishes a rendu hommage à la reine avec le titre
Marie Stuart
, issu de leur premier album
World Under Control
La chanson
Fotheringhay 1587
, du chanteur français
Hubert-Félix Thiéfaine
et publiée sur l'album
Géographie du vide
(2021), fait référence à la mort de Marie Stuart.
Littérature
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The Rival Queens
(Marie Stuart défiant Elizabeth I d'Angleterre). Lithographie de
Currier & Ives
(ca. 1857-1871),
Metropolitan Museum of Art
New York
, USA. Cette scène est imaginaire, en effet les deux souveraines ne se sont jamais rencontrées en personne
50
Honoré de Balzac
la met en scène dans
Sur Catherine de Médicis
1830
1842
), en rappelant les liens de parenté des deux reines
51
Joseph Brodsky
20 sonnets
à Marie Stuart
20 sonetov
k Marii Stuart
), 1972. Ce cycle de
20 sonnets
est dédié à Marie Stuart, qui rappelle au poète une femme qu'il a aimée. Il a ceci de remarquable que le schéma de rime varie avec chaque sonnet.
Madame de La Fayette
La Princesse de Clèves
, 1678. Marie Stuart, alors dauphine, est l'un des personnages principaux du roman.
Alexandre Dumas, Les crimes célèbres, Marie Stuart, 1839.
Jean Plaidy,
Marie Stuart, Femme & Reine
1956.
Danny Saunders,
Marie Stuart, la reine captive
, 2010. Ce roman historique raconte — de manière plutôt romancée — la vie de la reine des Écossais.
ISBN
978-2-8958-5074-8
Christian Soleil,
La Longue nuit de Marie Stuart
, éditions Edilivre, 2015. La dernière nuit précédant l'exécution est l'occasion de faire défiler l'ensemble de son existence.
ISBN
978-2-3328-7117-6
Walter Scott
, dans son roman
L'Abbé
, évoque la période
juin 1567
mai 1568
: la captivité de Marie Stuart à Loch Leven, son évasion, la défaite de Langside, la fuite en Angleterre.
Marcelle Vioux
Marie Stuart, grand roman historique
, Fasquelle, 1946.
Stefan
Zweig
Marie Stuart
1936
. Zweig retrace la vie romanesque de la reine d'Écosse et dépeint les tréfonds de son âme tels qu'il les a lus.
Dans
JoJo's Bizarre Adventure
, l'histoire de la reine d'Écosse est relatée de manière succincte mélangeant réalité et fiction dans le tome 3 ainsi que l'épisode 5 de l'animé.
La Vierge et la putain
(2015), de
Nicolas Juncker
, diptyque en bande dessinée mettant en scène les destins croisés des deux reines Marie Stuart et
Élisabeth Tudor
Ken Follett
Une colonne de feu
2017, roman d'espionnage qui mêle personnages de fictions et personnages historiques, dont Marie Stuart de sa jeunesse en France jusqu'à son exécution en Angleterre.
Jodi Taylor
Les chroniques de St Mary
, Tome 2 du roman
D'échos en échos
, 2013, roman de fantasy historique dans lequel un groupe de personnages rencontre Marie Stuart avant son mariage avec Bothwell.
Cinéma
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En
1894
, un film
Edison
de quelques secondes figure l'exécution de Marie Stuart au moyen du premier
trucage
de l'
histoire du cinéma
, grâce à un faux raccord permettant de voir la tête de la reine tomber
52
Marie Stuart
Marie Stuart
1908
) d'
Albert Capellani
, avec
Jeanne Delvair
pour jouer le rôle principal de Marie ;
Marie Stuart
Mary Stuart
1913
) de
Walter Edwin
, avec
Mary Fuller
dans le rôle de Marie Stuart ;
Marie Stuart
Mary of Scotland
1936
) de
John Ford
, avec
Katharine Hepburn
et
Fredric March
en vedette ;
Marie Stuart
Das Herz der Königin
1940
) de
Carl Froelich
, avec
Zarah Leander
dans le rôle-titre ;
Marie Stuart, reine d'Écosse
Mary, Queen of Scots
1971
) de
Charles Jarrott
, avec
Vanessa Redgrave
pour personnifier la reine ;
Elizabeth : L'Âge d'or
Elizabeth: The Golden Age
2007
) de
Shekhar Kapur
avec
Samantha Morton
Mary Queen of Scots
2013
) de
Thomas Imbach
(en)
, avec
Camille Rutherford
dans le rôle de Marie ;
Marie Stuart, reine d'Écosse
Mary Queen of Scots
2018
) de
Josie Rourke
, avec
Saoirse Ronan
dans le rôle de Marie.
Télévision
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1959
Marie Stuart
, téléfilm de
Stellio Lorenzi
1981
La dernière nuit
, téléfilm de
Didier Decoin
dans lequel
Annie Girardot
tient le rôle de Marie Stuart.
2002
Gunpowder, Treason & Plot
(en)
, téléfilm avec
Clémence Poésy
dans le rôle de Marie Stuart.
2007
Secrets d'histoire
Marie Stuart : reine martyre ou manipulatrice ?
, documentaire grand public diffusé le
4 novembre 2007
sur
France 2
présenté par
Stéphane Bern
. Avec
Michel Duchein
, historien,
David El Kenz
, maître de conférences à l'université de Bourgogne,
Hortense Dufour
et
Didier Long
, metteur en scène de
La Dernière Nuit pour Marie Stuart
note 14
2013
Reign
, série télévisée américaine :
Marie Stuart, reine des Écossais
, interprétée par
Adelaide Kane
2018
Secrets d'histoire
Marie Stuart, reine de France et d'Écosse
, documentaire diffusé le
30 août 2018
sur
France 2
et présenté par
Stéphane Bern
53
2022
Catherine de Médicis, la reine serpent
(Titre original :
The Serpent Queen
) est une
série télévisée
historique
américaine
, créée par
Justin Haythe
et diffusée depuis le
11
septembre
2022
sur
Canal+
en France et sur ARTV
54
au Canada. Antonia Clarke joue le rôle de Marie Stuart
55
2025 :
Marie Stuart, l'énigme des lettres codées
Documentaire Arte
Botanique
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La
rose
Marie Stuart
56
Viticole
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La Maison de Champagne Marie Stuart depuis 1867 à Reims
57
58
Notes et références
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Notes
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Dont le mariage avec
Walter Stuart
avait permis à la
maison Stuart
d'accéder au trône d'Écosse.
Une certaine dose de sensationnel entoure d'une part les circonstances du décès de
Jacques
, et d'autre part la phrase qu'il aurait prononcée sur la couronne. Pour le premier cas, dans l'émission
Secrets d'histoires
Hortense Dufour
déclare que
« quand
Jacques
d'Écosse a su qu'il avait une fille, il s'est tourné contre un mur et il est mort ; mort de désespoir, et de mélancolie »
. La
voix off
ajoute que
« [le père de Marie Stuart] se suicide à l'annonce de sa naissance […] et c'est Marie de Guise, sa mère, qui exercera le pouvoir en son nom »
, deux assertions erronées. Pour le second point, cette citation est probablement apocryphe. Elle apparaît pour la première fois sous la plume de
John Knox
, adversaire de Marie, dans les
années 1560
La marge de manœuvre d'Arran était très faible, mais il conserva cependant son rôle de régent jusqu'en 1550, quand Marie de Guise devint officiellement régente. L'issue de la convention des nobles est donc plus faible que ce dont se vantait George Douglas, et consiste plutôt en un renforcement de la gestion de Marie Stuart par sa mère.
Différentes orthographes cohabitent quant au nom de l'ambassadeur. Il est parfois écrit
Cleutin
au lieu de
Clutin
, ou
Oisel
à la place de
Oysel
. Certaines de ses lettres dans les archives de France furent publiées par Teulet (1807-1866) dans le
volume de
Papiers d'État, pièces et documents inédits ou peu connus relatifs à l'histoire de l'Écosse au
XVI
siècle
Il est connu que Marie a été retirée de Stirling, mais l'endroit où elle est emmenée est gardé secret.
Odet de Selve
, ambassadeur de France en Angleterre, écrira ainsi qu'elle fut envoyée au « pays des sauvages », ce qui était la dénomination pour les
Highlands
Il existe une discussion quant à l'endroit où Marie débarqua en premier lieu. Un de ses biographies, l'évêque
John Lesley
, a proposé
Brest
. Cependant, Henri
II
parle de Roscoff dans sa correspondance. De Brézé, qui fut envoyé par Henri
II
pour aller chercher Marie avec la flotte, pourrait éclaircir la situation et il envoie en effet deux lettres : le 18 août 1548, une à Marie de Guise, et une autre à François de Guise. Au premier abord, ces lettres pourraient sembler incohérentes puisque celle destinée à Marie de Guise indique un débarquement à
Saint-Pol-de-Léon
tandis que celle adressée à François parle de Roscoff, et serait ainsi la source reprise par Henri
II
. Cependant, Roscoff était un petit village de pêche et le port qui desservait la ville de Saint-Pol : Marie aurait donc débarqué à Roscoff, puis se serait reposée à Saint-Pol. Voir sur le sujet :
(en)
Lord Guthrie,
Mary Stuart and Roscoff
Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland
, volume 42 (1907-08).
Dans ce contexte, « cour de France » ne désigne pas un endroit précis mais une des résidences du roi de France. Parmi les résidences qui eurent le plus d'importance pour Marie se trouvent le
château de Saint-Germain-en-Laye
et le
château d'Anet
, commandé par Henri
II
pour Diane de Poitiers.
. Stevenson semble avoir apprécié la morale d'Antoinette, et en brosse un portrait
hagiographique
qui permet de comprendre clairement que son rôle puisse avoir été exagéré :
« [A la mort de son mari], Antoinette dévoua le reste de sa vie au soin des pauvres, des veuves et des orphelins, auxquels elle prodiguait elle-même les soins. Dans sa biographie, Jean Gontery la tient en estime comme un miroir de la perfection, une princesse d'une vertu rare, une femme admirable pour sa charité, sa patience chrétienne et son entière dévotion à son mari. Elle tient sa maison avec une économie mesurée, et gouverne ses nombreux domestiques avec un mélange d'autorité et de douceur. […] Après un veuvage de presque 33 ans, passé surtout en dévotion à Dieu, et en charité pour les pauvres et les nécessiteux, cette excellente dame décéda le 20 janvier 1583. »
L'ensemble a été qualifié par l'historien
Gordon Donaldson
(en)
, professeur à l'
université d'Édimbourg
, comme une sorte de « lavage de cerveau ». Jane Dawson écrit que,
« bien qu'il ne s'agît pas d'un lavage de cerveau, le roi de France ne perdit aucune occasion d'éblouir les Écossais avec son pouvoir et son prestige, leur montrant qu'il était le protecteur généreux et soucieux [de leur] royaume du Nord »
Le poème fut réalisé en français. La version donnée ici, s'aidant d'une traduction en anglais moderne, ne cherche pas à conserver la poésie mais à rendre le sens explicite.
[pas clair]
Avant la démolition, en
1919
, des bâtiments qui bordaient la rue dont le nom évoque aujourd'hui la fastueuse abbaye, on montrait encore, dans les ruines, la fenêtre de la chambre qu'aurait occupée Marie Stuart pendant son séjour à
Reims
L'auteur puise ses sources dans le récit de son secrétaire particulier
Claude Nau
In my end lies my beginning
Cf.
note 2 pour les déclarations erronées lors de cette émission.
Références
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Scotland re-formed 1488-1587
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Elles repartiront en Écosse en même temps que Marie Stuart après la mort de François II.
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T. F. Henderson,
Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy
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1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 2 : «
The favourite of France
»,
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69-114
Cf.
[1]
et
[2]
Cf.
[3]
(en)
Joseph Stevenson,
Mary Stuart: a narrative of the first eighteen years of her life: a narrative of the first eighteen years of her life
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et
(en)
Susan Doran,
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Chapitre
II
Queen-Dauphine and Queen of France 1558-1660
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La reine d'Angleterre est très longtemps restée neutre dans la guerre entre Philippe II et les Néerlandais, ne voulant pas la guerre avec l'Espagne. C'est la reprise d'Anvers par les troupes de Philippe (août 1585) qui la jette contre le roi d'Espagne.
L'expédition a lieu en 1588, mais c'est un échec : la flotte espagnole, parvenue aux
Pays-Bas
, au large de
Gravelines
, est poussée par les marins hollandais vers la mer du Nord et doit regagner l'Espagne sans qu'aucun débarquement soit possible. Les Anglais la nomment alors (par dérision)
Invincible Armada
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Une cinquantaine de lettres cryptées de Marie Stuart retrouvées et déchiffrées
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Voir aussi
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Sur les autres projets Wikimedia :
Marie Stuart
, sur
Wikimedia Commons
Bibliographie
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ISBN
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éd. originale Insel Verlag, Leipzig, 1935
Articles connexes
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, chanson de
Mike Oldfield
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Bonaparte
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(843-1058)
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er
Donald
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Constantin
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Donald
II
Constantin
II
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