Mary Shelley — Wikipédia
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Shelley
Mary Shelley
Portrait de Mary Shelley par
Richard Rothwell
(1840).
Données clés
Nom de naissance
Mary Wollstonecraft Godwin
Naissance
30
août
1797
Londres
Grande-Bretagne
Décès
er
février
1851
(à 53 ans)
Londres
Royaume-Uni
Activité principale
Romancière
nouvelliste
dramaturge
essayiste
biographe
, auteur de
récits de voyage
Conjoint
Percy Bysshe Shelley
Auteur
Langue d’écriture
Anglais britannique
Mouvement
Romantisme
Genres
Fantastique
tragique
sublime
Œuvres principales
Frankenstein ou le Prométhée moderne
(1818)
Valperga
(1823)
Le Dernier Homme
(1826)
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Mary Shelley
(prononcé :
N 1
), née
Mary Wollstonecraft Godwin
le
30 août 1797
à Somers Town, un faubourg de
Londres
(aujourd'hui dans le
district de Camden
), et morte le
er
février 1851
Belgravia
(Londres), est une
femme de lettres
britannique
, auteure notamment de
romans
, de
nouvelles
, de
biographies
et de
récits de voyage
. Elle est surtout connue pour son roman
Frankenstein ou le Prométhée moderne
Fille de la philosophe
féministe
Mary Wollstonecraft
et de l'écrivain politique
William Godwin
, elle perd sa mère alors qu'elle-même n'est âgée que de dix jours. Son père se remarie quatre ans plus tard. Il offre à sa fille une éducation riche et l'encourage à adhérer à ses théories politiques libérales. En 1814, Mary Godwin entame une liaison avec un homme marié, partisan de son père,
Percy Bysshe Shelley
. Accompagné de
Claire Clairmont
, la fille de la belle-mère de Mary, le couple voyage à travers l'Europe. Au cours des deux années qui suivent, Mary et Percy affrontent un endettement permanent et la mort de leur fille. Ils se marient en 1816, après le suicide de la première épouse de Percy.
C’est en Suisse, sur les bords du
lac Léman
, que le couple rencontre, en
mai 1816
, le poète
Lord Byron
. Byron loue la
Villa Diodati
, tandis que les Shelley s’installent dans une maison à Cologny
. Mary, Percy et Byron, ayant beaucoup en commun, nouent rapidement une relation amicale, et passent de longs moments ensemble sur le lac ou en excursion, notamment au
château de Chillon
, qui les marque tous. 1816 est l'
année sans été
et souvent le temps ne leur permet pas de sortir, les nouveaux amis se racontent des histoires de fantômes, lues notamment dans le recueil traduit de l'allemand
Fantasmagoriana
. C’est au cours d'une de ces soirées que Byron propose à chacun d’écrire un roman inspirant la terreur. Lui ne rédige que quelques pages, plus tard reprises et augmentées par Polidori, et publiées sous le titre
Vampire
, alors que Mary commence ce qui deviendra son premier roman
Frankenstein
En 1818, les Shelley quittent le
Royaume-Uni
pour l'
Italie
, où meurent leur deuxième et leur troisième enfant, avant que Mary Shelley ne donne naissance à son fils,
Percy Florence Shelley
, qui seul survivra. En 1822, son mari se noie dans le golfe de
La Spezia
, au cours d'une tempête. Un an plus tard, Mary Shelley retourne en Angleterre et, dès lors, se consacre entièrement à l'éducation de son fils et à sa carrière d'auteure. Les dix dernières années de sa vie sont marquées par la maladie. Elle meurt d'une
tumeur du cerveau
53 ans
Jusqu'aux années 1870, Mary Shelley, outre son
Frankenstein
, est surtout connue pour les efforts qu'elle fit en vue de faire publier les œuvres de son mari. Les études récentes ont permis une vision plus complète de son œuvre et montré que Mary Shelley est restée toute sa vie une
radicale
sur le plan politique, soutenant l'idée que la coopération et la solidarité, pratiquées tout naturellement par les femmes au sein de leur famille, sont la voie qui permet de réformer la société civile.
Biographie
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Enfance
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Articles détaillés :
Mary Wollstonecraft
et
William Godwin
Page extraite du journal de
William Godwin
et consignant la « naissance de Mary, 20 minutes après 11 heures du soir » (colonne de gauche, quatrième ligne).
Mary Shelley est née Mary Wollstonecraft Godwin à Somers Town, petit faubourg londonien situé au sud de
Camden Town
, le
30 août 1797
. Elle est la deuxième enfant de la
philosophe
féministe
, éducatrice et
femme de lettres
Mary Wollstonecraft
, et la première enfant du philosophe, romancier et journaliste
William Godwin
. Mary Wollstonecraft meurt de
fièvre puerpérale
onze jours après la naissance de l'enfant et Godwin se retrouve seul à élever Mary et sa demi-sœur,
Fanny Imlay
, née hors mariage de l'union de Mary Wollstonecraft avec le spéculateur
Gilbert Imlay
. Il fait appel à Louisa Jones, une amie de sa sœur, pour l'aider. Celle-ci sert pendant trois ans de mère de substitution à Mary Shelley, qui vit douloureusement son départ
Un an après la mort de sa femme, Godwin lui rend un hommage sincère en publiant
Mémoires de l'auteur de Défense des droits de la femme
(1798). Ces mémoires provoqueront le scandale en révélant les liaisons de Mary Wollstonecraft et son enfant illégitime
D'après la correspondance de Louisa Jones, gouvernante et femme de charge de William Godwin, l'enfance de Mary est heureuse
. Mais Godwin, souvent très endetté, et pressentant qu'il ne peut élever seul ses enfants, décide de se remarier
. En
décembre 1801
, il épouse Mary Jane Clairmont, femme instruite, déjà mère de deux enfants – Charles et Claire
N 2
. La plupart des amis de Godwin n'apprécient pas sa nouvelle femme, la trouvant querelleuse et irascible
10
11
N 3
, mais Godwin lui est dévoué et le mariage est heureux
12
13
. Mary Godwin déteste sa belle-mère, probablement, comme le suggère C. Kegan Paul, biographe de William Godwin au
XIX
siècle
, parce que cette dernière préfère ses propres enfants
14
15
Les époux Godwin ouvrent une
maison d'édition
nommée M.J. Godwin, qui vend des livres pour enfants, ainsi que de la papeterie, des cartes et des jeux. Les affaires ne sont pas cependant florissantes et Godwin est obligé d'emprunter des sommes importantes pour assurer la survie de son entreprise
16
. En 1809, l'affaire de Godwin est proche de la faillite, et lui est « proche du désespoir
17
. Il est sauvé de la prison pour dettes par des admirateurs de sa philosophie tels que Francis Place, qui lui prête de l'argent
18
».
Le Polygon (
à gauche
) à Somers Town,
Londres
, entre
Camden Town
et
St Pancras
, où Mary Godwin est née et a passé ses premières années.
Mary ne suit pas une scolarité régulière, mais son père assure lui-même en partie son instruction, lui enseignant les matières les plus diverses. Godwin a l'habitude d'offrir à ses enfants des sorties éducatives ; ils ont accès à sa bibliothèque et côtoient les nombreux intellectuels qui lui rendent visite, comme
Samuel Taylor Coleridge
, le poète romantique, ou
Aaron Burr
19
, ancien
vice-président des États-Unis
. Si Godwin reconnaît ne pas élever ses enfants en accord avec la philosophie de Mary Wollstonecraft, telle qu'elle l'avait décrite dans des ouvrages comme
Défense des droits de la femme
(1792), Mary reçoit cependant une éducation poussée et rare pour une fille de son époque. Elle a une
gouvernante
, un professeur particulier, et lit les manuscrits de son père portant sur l'histoire grecque et romaine pour les enfants
20
21
. En 1811, et durant 6 mois, elle est mise en pension à
Ramsgate
15
. À quinze ans, son père la décrit comme « particulièrement audacieuse, quelque peu tyrannique et ayant l'esprit vif. Sa soif de connaissances est sans limite et la persévérance qu'elle met dans chacune de ses entreprises, quasiment inébranlable »
22
23
En
juin 1812
, son père envoie Mary faire un séjour dans la famille
dissidente
du
radical
William Baxter, près de
Dundee
en
Écosse
24
. Il écrit à Baxter : « Je tiens à ce qu'elle soit élevée… comme une philosophe, voire comme une cynique. »
25
Les historiens spéculeront sur les raisons de son éloignement : sa santé, l'aspect sordide du commerce, ou l'initiation à la politique radicale
26
. Mais Mary Godwin se plait dans le vaste cadre de la maison des Baxter et dans la compagnie de ses quatre filles, et elle y retournera, à l'été 1813, pour un séjour de dix mois
27
28
. En 1831, dans l'introduction de
Frankenstein
, elle se souvient : « J'écrivais alors – mais avec un style très quelconque. Ce fut sous les arbres du domaine de notre maison, ou sur les flancs désolés des montagnes toutes proches, que mes œuvres véritables, le vol aérien de mon imagination, naquirent et furent nourris »
29
Arbre généalogique de Mary Shelley
Percy Bysshe Shelley
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Article détaillé :
Percy Bysshe Shelley
Le
26 juin 1814
, Mary déclare son amour à Percy sur la tombe de
Mary Wollstonecraft
dans le cimetière de
St Pancras Old Church
(ci-contre en 1815).
Mary Godwin semble avoir rencontré pour la première fois le poète et philosophe
Percy Bysshe Shelley
entre ses deux séjours en Écosse
30
31
32
. À son second retour chez elle, le
30 mars 1814
, Percy Shelley s’est brouillé avec sa femme et rencontre régulièrement Godwin, dont il avait accepté de renflouer les dettes
33
34
35
. Le radicalisme de Shelley, et notamment ses visions de l’économie, qui lui avaient été inspirées par le
Justice politique
(1793) de Godwin, l’avait éloigné de sa riche famille aristocrate : celle-ci voulait qu’il poursuive le modèle traditionnel de l’aristocratie terrienne alors que lui voulait faire don de grandes parts de la fortune familiale à des projets visant à aider les défavorisés. D'ailleurs, Percy Shelley aura de grandes difficultés financières jusqu’au jour où il touchera son héritage, sa famille craignant qu’il ne dilapide son argent dans des projets de « justice politique ». De ce fait, et après plusieurs mois de promesses, Shelley annonça qu’il ne pouvait, ou ne voulait, pas payer toutes les dettes de Godwin. Ce dernier, furieux, se sentit trahi
36
Mary et Percy commencent à se rencontrer secrètement au cimetière St Pancras, sur la tombe de Mary Wollstonecraft, et ils tombent amoureux - elle a presque dix-sept ans, lui près de vingt-deux
37
38
. Au grand dam de Mary, son père désapprouve cette relation, essaye de la combattre et de sauver la « réputation sans tache » de sa fille. Au même moment, Godwin apprend l’incapacité de Shelley de rembourser ses dettes pour lui
39
40
36
. Mary, qui mentionna plus tard dans une lettre « (son) attachement excessif et romantique pour (son) père »
41
, est désorientée. Elle voit en Percy Shelley la personnalisation des idées libérales et réformistes de son père durant les années 1790, et notamment celle que le mariage est un monopole tyrannique, idée qu’il avait défendue dans l’édition de 1793 de
Justice politique
, mais qu'il désavoua plus tard
42
43
44
. Le
28 juillet 1814
, le couple s’enfuit en France, emmenant
Claire Clairmont
, la fille de la belle-mère de Mary
45
46
, mais laissant derrière eux la femme enceinte de Percy.
Après avoir convaincu Mary Jane Godwin, qui les avait poursuivis jusqu’à Calais, qu’ils ne voulaient pas revenir, le trio voyage jusqu’à Paris, puis jusqu’en Suisse, sur un âne, une mule ou en carriole, à travers une France récemment ravagée par la guerre. « C’était comme de vivre dans un roman, comme d'incarner une histoire romanesque » se rappelle Mary Shelley en 1826
47
. Durant leur voyage, Mary et Percy lisent des ouvrages de Mary Wollstonecraft et d’autres auteurs, tiennent un journal commun, et continuent leurs propres écrits
48
. À
Lucerne
, le manque d’argent les oblige à rentrer. Ils voyagent alors le long du Rhin jusqu’au port danois de Marluys, pour arriver à
Gravesend (Angleterre)
, dans le Kent, le
13 septembre 1814
49
50
Percy Bysshe Shelley
fut inspiré par le radicalisme de Godwin dans
Justice politique
(1793). (Portait par
Amelia Curran
, 1819).
La situation qui attend Mary Godwin en Angleterre s’avère semée de difficultés qu’elle n’avait pas toutes prévues. Avant ou pendant le voyage, elle est tombée enceinte. Elle se retrouve avec un Percy sans argent, et, à la grande surprise de Mary, son père ne veut plus entendre parler d’elle
51
42
52
53
. Le couple et Claire emménagent dans divers meublés à Somers Town, puis à Nelson Square. Leur programme de lecture et d’écriture est toujours aussi intense et ils invitent des amis de Percy Shelley comme
Thomas Jefferson Hogg
et l’écrivain
Thomas Love Peacock
54
. Pour éviter les créanciers, Percy Shelley quitte leur maison durant de courtes périodes
55
56
. Les lettres éperdues du couple révèleront la douleur de ces séparations
57
58
Enceinte et souvent malade, Mary Godwin doit faire face à la joie de Percy à la naissance du fils qu’il a conçu avec Harriet Shelley à la fin de 1814 et à ses fréquentes sorties avec Claire Clairmont
N 4
. Elle est partiellement réconfortée par les visites de Hogg, qu’elle n’appréciait guère au départ mais qu’elle considérera bien vite comme un ami proche
59
. Percy Shelley semble avoir voulu que Mary Godwin et Hogg deviennent amants
60
. Mary ne rejette pas l’idée puisqu’elle est censée être adepte de l’
amour libre
61
62
. En pratique cependant, c'est de Percy Shelley qu'elle est amoureuse, et elle ne semble pas s'être aventurée plus loin que le flirt avec Hogg
63
64
65
N 5
. Le
22 février 1815
, elle donne naissance à une fille prématurée de deux mois, qui a peu de chances de survie. Le
6 mars
, elle écrit à Hogg :
« Mon cher Hogg, mon bébé est mort – Viendrez-vous me voir dès que possible. J’ai envie de vous voir – Il allait très bien quand je me suis couchée – je me suis réveillée pour le faire téter et il semblait dormir si calmement que je n’ai pas voulu le réveiller. Il était alors déjà mort, mais nous ne nous en sommes rendu compte qu’au matin - d’après son aspect, il était mort de convulsions – Viendrez-vous – vous êtes une créature si calme et Shelley a peur de la fièvre provoquée par le lait – car je ne suis plus mère à présent. »
66
La perte de son enfant provoque une sévère dépression chez Mary Godwin, hantée par des visions du bébé, mais elle se retrouve enceinte à nouveau et, à l’été, elle est rétablie
60
67
. Avec l’amélioration des finances de Percy Shelley à la suite du décès de son grand-père, Sir Bysshe Shelley, le couple part en vacances à
Torquay
, puis loue un cottage à deux étages à
Bishopsgate
, aux abords du parc de Windsor
68
69
. On connaît peu de choses de cette période de la vie de Mary Godwin, son journal intime, entre
mai 1815
et
juillet 1816
, ayant été perdu. À Bishopsgate, Percy écrit son poème
Alastor
, et le
24 janvier 1816
, Mary donne naissance à un deuxième enfant, nommé William, comme son père, et qui fut rapidement surnommé « Willmouse ». Dans son roman
le Dernier homme
, elle décrira Windsor comme un Jardin d’Eden
70
Lac Léman et
Frankenstein
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Article détaillé :
Frankenstein ou le Prométhée moderne
Vue actuelle de la
villa Diodati
et de son jardin.
Brouillon de
Frankenstein
(« Ce fut par une sinistre nuit de novembre que je parvins à mettre un terme à mes travaux… »)
En
mai 1816
, Mary Godwin, Percy Shelley, leur fils et
Claire Clairmont
partent pour
Genève
. Ils ont prévu de passer l'été avec le poète
Lord Byron
, dont Claire est enceinte
71
. Le groupe arrive à Genève le
14 mai 1816
, et Mary se fait appeler «
me
Shelley ». Byron les rejoint le
25 mai
, avec un jeune médecin,
John William Polidori
72
, et loue la
villa Diodati
Cologny
, un village dominant le lac
Léman
Percy Shelley loue une maison plus modeste, la Maison Chapuis, au bord du lac
73
74
. Ils passent leur temps à écrire, à faire du bateau sur le lac, et à discuter jusqu'au cœur de la nuit
75
« Ce fut un été
humide et rigoureux
, se rappelle Mary Shelley en 1831, et la pluie incessante nous confinait des jours entiers à l'intérieur de la maison
76
N 6
. »
Entre autres sujets, la conversation tourne autour des expériences du poète et philosophe naturaliste du
XVIII
siècle
Erasmus Darwin
N 7
, dont on prétendait qu'il avait ranimé de la matière morte, et autour du
galvanisme
et de la possibilité de ramener à la vie un cadavre ou une partie du corps
77
. Autour du foyer de la villa Diodati, les cinq amis s'amusent à lire des
histoires de fantômes
allemandes, le
Gespensterbuch
traduit en français sous le titre
Fantasmagoriana
78
, ce qui donne à Byron l'idée de proposer à chacun d'écrire sa propre
histoire fantastique
. Peu après, rêvant éveillée, Mary conçoit l'idée de
Frankenstein
« Je vis l'étudiant blême des arts impies s'agenouiller à côté de la chose qu'il avait créée. Je vis le fantasme hideux d'un homme se lever, puis, par le travail de quelque machine puissante, montrer des signes de vie, et bouger en un mouvement malaisé et à moitié vivant. Il faut que cela soit effrayant, car l'effet de toute entreprise humaine se moquant du mécanisme admirable du Créateur du monde ne saurait qu'être effrayant au plus haut point
79
N 8
. »
Elle commence à écrire ce qu'elle croyait être une nouvelle. Avec les encouragements de Percy Shelley, elle développe cette histoire en ce qui deviendra son premier roman :
Frankenstein ou le Prométhée moderne
, publié en
1818
80
81
. Elle décrira plus tard cet été en Suisse comme le moment « où [elle] sorti[t] de l'enfance pour entrer dans la vie
72
».
Bath et Marlow
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À leur retour en Angleterre, en septembre, Mary et Percy emménagent à
Bath
et Claire Clairmont, dont ils espèrent tenir secrète la grossesse, s'installe dans la même ville, non loin de leur nouveau domicile
82
83
. À Cologny, Mary Godwin a reçu deux lettres de sa demi-sœur, Fanny Imlay, faisant allusion à sa « vie malheureuse ». Le
9 octobre
, Fanny écrit une « lettre alarmante » de
Bristol
qui incite Percy à partir à sa recherche, sans succès. Au matin du
10 octobre
, Fanny Imlay est retrouvée morte dans une chambre d'hôtel à
Swansea
, avec à ses côtés une lettre de
suicide
et une bouteille de
laudanum
. Le
10 décembre
, la femme de Percy, Harriet, est découverte noyée dans la
Serpentine
, à
Hyde Park
, Londres
84
85
. Les deux suicides sont étouffés. La famille d'Harriet contrecarre les efforts de Percy, pleinement soutenu par Mary Godwin, en vue d'obtenir la garde de ses enfants. Les avocats de Percy lui conseillent de se marier pour améliorer sa cause. Leur union est célébrée le
30 décembre 1816
en l'église St Mildred, dans le quartier de Bread Street, à Londres
86
87
88
. M. et
me
Godwin sont présents et le mariage permet de clore la querelle familiale
89
90
Claire Clairmont
donne naissance à une petite fille le
13 janvier
, qui est prénommée
Alba
dans un premier temps, puis
Allegra
91
92
N 9
. En mars de la même année, la Cour de Chancery déclare Percy Shelley moralement inapte à assumer la garde de ses enfants et les place dans la famille d'un pasteur
93
94
. Le même mois, les Shelley déménagent, avec Claire et Alba, à Albion House, un grand immeuble humide sur la
Tamise
, à
Marlow
, dans le
Buckinghamshire
. C'est là que Mary Shelley met au monde son troisième enfant, Clara, le
2 septembre
. À Marlow, ils divertissent leurs nouveaux amis Marianne et
Leigh Hunt
, travaillent d'arrache-pied à leurs écrits et discutent souvent de politique
95
96
Au début de l'été 1817, Mary Shelley termine
Frankenstein
, qui est publié anonymement en
janvier 1818
. Critiques et lecteurs supposent que Percy Shelley en est l'auteur, puisque le livre est publié avec sa préface et dédié à son héros politique,
William Godwin
97
. À Marlow, Mary rédige le journal de leur voyage continental de 1814, ajoutant des documents écrits en Suisse en 1816, ainsi que le poème de Percy,
Mont Blanc
. Le résultat est
Histoire d'un circuit de six semaines
, publié en
novembre 1817
. Cet automne-là, Percy Shelley vit souvent loin de la maison à Londres pour éviter les créanciers. La menace de la prison pour dettes, leur mauvaise santé et la peur de perdre la garde de leurs enfants contribuent à la décision du couple de quitter l'Angleterre pour l'Italie le
12 mars 1818
, emmenant
Claire
et
Alba
avec eux
98
99
100
101
Ils partent sans intention de retour
102
Italie
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À peine arrivés en Italie, Claire et les Shelley laissent la petite Alba à la garde de
Byron
, qui vit alors à
Venise
et qui a convenu de la prendre en charge à condition que Claire renonce à ses droits maternels sur l'enfant
103
104
105
. Ils se lancent ensuite dans une existence itinérante, sans jamais séjourner longtemps dans les villes qu'ils visitent
106
N 10
. En voyageant, ils s'entourent aussi d'un cercle d'amis et de connaissances qui va souvent se déplacer avec eux. Le couple consacre son temps à l'écriture, la lecture, l'apprentissage, le tourisme et la vie en société. Pour Mary, l'aventure italienne est cependant gâchée par la mort de ses deux enfants – Clara, en
septembre 1818
à Venise, et William, en
juin 1819
à Rome
107
108
N 11
. Ces pertes la laissent dans une profonde dépression et l'isolent de son mari, qui écrit dans son journal :
My dearest Mary, wherefore hast thou gone,
And left me in this dreary world alone?
Thy form is here indeed—a lovely one—
But thou art fled, gone down a dreary road
That leads to Sorrow’s most obscure abode.
For thine own sake I cannot follow thee
Do thou return for mine.
Ma chère Mary, pourquoi t'en es-tu allée,
Et dans ce triste monde seul m'as-tu laissé ?
Ton corps est bien ici – si charmant –
Mais tu as fui, partie sur une triste route
Qui conduit à la demeure la plus obscure du Chagrin
Pour ton propre bien je ne peux pas te suivre
Mais reviens pour le mien
109
William « Willmouse » Shelley, peint juste avant d'être emporté par la
malaria
en 1819 (portrait par
Amelia Curran
, 1819).
Pendant quelque temps, Mary Shelley ne trouve de réconfort que dans l'écriture
110
. La naissance de son quatrième enfant,
Percy Florence
, le
12 novembre 1819
, diminue quelque peu son chagrin
111
, même si elle pleurera la mémoire de ses enfants perdus jusqu'à la fin de sa vie
112
L'Italie offre aux Shelley, à Byron et autres exilés, une liberté politique inaccessible chez eux. Malgré le lien avec ses deuils personnels, l'Italie devient pour Mary Shelley « un pays que le souvenir peindra comme un paradis »
113
. Leurs années italiennes sont une période d'activité intellectuelle et créative intense pour les deux Shelley. Pendant que Percy compose une série de poèmes majeurs, Mary écrit le roman autobiographique
Matilda
, le roman historique
Valperga
et les pièces
Proserpine
et
Midas
. Mary écrit
Valperga
pour alléger les difficultés financières de son père, Percy refusant désormais de l'aider
114
. Elle est souvent malade et sujette à la dépression. Elle doit aussi faire face à l'intérêt que porte Percy aux autres femmes, telles Sophia Stacey, Emilia Viviani et Jane Williams
115
116
117
. Partageant sa foi dans un mariage non exclusif, Mary noue ses propres liens affectifs parmi les hommes et les femmes de son entourage. Elle est particulièrement proche du révolutionnaire grec
Aléxandros Mavrokordátos
et de Jane et
Edward Williams
118
119
120
N 12
Claire Clairmont
, fille de la belle-mère de Mary et maîtresse de
Lord Byron
(portrait par
Amelia Curran
, 1819).
En
décembre 1818
, les Shelley, Claire et leurs domestiques descendent vers le sud à
Naples
, où ils demeurent 3 mois, recevant un seul visiteur, un médecin
121
122
. En 1820, ils sont accusés et menacés par Paolo et Elise Foggi, d'anciens domestiques congédiés par Percy Shelley peu après leur mariage
123
. Le couple révèle que, le
27 février 1819
, à Naples, Percy Shelley a enregistré comme sa fille et celle de Mary Shelley un bébé de 2 mois nommé Elena Adélaïde Shelley
123
124
. Les Foggi prétendent que la mère de l'enfant est Claire Clairmont
125
126
127
Les biographes interprètent ces évènements de façons très variées : que Percy Shelley avait décidé d'adopter un enfant de la région, que l'enfant était le sien et celui d'Elise, de Claire ou d'une femme inconnue, ou que c'était l'enfant d'Elise et Lord Byron
128
129
130
N 13
. Mary Shelley déclare qu'elle se serait aperçue si Claire avait été enceinte, mais on ignore ce qu'elle savait vraiment
131
132
. Les évènements de Naples, ville que Mary qualifiera plus tard de paradis habité par des diables
131
, resteront enveloppés de mystère
N 14
. La seule certitude est qu'elle-même n'est pas la mère de l'enfant. Elena Adélaïde Shelley mourra à Naples le
9 juin 1820
133
134
Au cours de l'été 1822, Mary, enceinte, emménage avec Percy, Claire, Edward et Jane Williams dans la
Villa Magni
(it)
, isolée au bord de la mer près du hameau de San Terenzo dans la baie de
Lerici
. Une fois installé, Percy révèle à Claire que sa fille
Allegra
est morte du
typhus
au couvent de
Bagnacavallo
135
136
. Mary, qui se sent l'esprit égaré et malheureux dans la petite et lointaine Villa Magni, finit par la comparer à un cachot
137
138
139
. Le
16 juin
, elle fait une
fausse-couche
, perdant tellement de sang qu'elle frôle la mort. En attendant l'arrivée du médecin, Percy plonge sa femme dans un bain d'eau glacé pour stopper l'hémorragie, geste dont le médecin dira plus tard qu'il lui a sauvé la vie
140
. Cependant tout ne va pas bien dans leur couple cet été là et Percy passe plus de temps avec Jane Williams qu'avec sa femme déprimée et faible
141
142
143
. La plupart des courts poèmes qu'écrit Shelley à San Terenzo sont adressés à Jane au lieu de Mary.
Le bord de mer permet à Percy Shelley et Edward Williams de profiter de leur « jouet idéal pour l'été », un nouveau voilier
140
144
. Le bateau a été dessiné par Daniel Roberts et Edward Trelawny, un admirateur de Byron qui a rejoint la compagnie en
janvier 1822
145
. Le
er
juillet 1822
, Percy Shelley, Edward Williams, et le capitaine Daniel Roberts naviguent vers le sud le long de la côte jusqu'à
Livourne
. Percy y discute avec Byron et Leigh Hugh du lancement d'un nouveau magazine,
The Liberal
146
. Le
8 juillet
, accompagné d'Edward Williams, il reprend le chemin du retour avec un jeune matelot de 18 ans, Charles Vivian
147
. Ils n'atteindront jamais leur destination.
Une lettre de Hunt, datée du
8 juillet
et destinée à Percy Shelley, arriva à la Villa Magni. Hunt y écrit : « Je vous en prie, dites-nous comment vous êtes rentrés chez vous, on dit que vous avez eu très mauvais temps après votre départ lundi et nous sommes inquiets »
148
. « Le papier me tomba des mains », racontera plus tard Mary à une amie. « Je tremblais de tout mon corps »
148
. Mary et Jane Williams se précipitent à Livourne puis à Pise dans l'espoir de retrouver leurs maris vivants. Dix jours après la tempête, trois corps sont rejetés sur le rivage près de
Viareggio
, à mi-chemin entre Livourne et Lerici. Trelawny, Byron et Hunt incinèreront le corps de Shelley sur la plage de Viareggio
149
Retour en Angleterre et carrière d'écrivaine
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Frankenstein
est l’œuvre la plus merveilleuse jamais écrite à vingt ans dont j’ai entendu parler. Vous avez à présent vingt-cinq ans. Et, fort heureusement, vous avez poursuivi un parcours de lectrice, et cultivé votre esprit de la plus admirable manière pour faire de vous un grand écrivain à succès. Si vous ne pouvez pas être indépendante, qui pourrait l’être ? »
— William Godwin à Mary Shelley
150
Après la mort de son époux, Mary Shelley vit durant une année avec Leigh Hunt et sa famille à
Gênes
, où elle rencontre fréquemment Lord Byron et transcrit ses poèmes. Elle a décidé de vivre de sa plume et pour son fils, mais sa situation financière est précaire. Le
23 juillet 1823
, elle quitte Gênes pour l’Angleterre et s’installe avec son père et sa belle-mère à
Strand
(Londres) jusqu’à ce qu’une petite avance de son beau-père lui permette de se loger à proximité
151
. Sir Timothy Shelley convient d’assurer la subsistance de son petit-fils à condition qu’il soit placé auprès d’un tuteur désigné. Mary Shelley rejette immédiatement cette idée
152
153
. Elle parvient à soutirer à Sir Timothy une allocation annuelle (qu’elle devra rembourser lorsque Percy Florence héritera du domaine). Jusqu’à la fin de ses jours, il refusera de la rencontrer et ne traitera avec elle que par avocat interposé. Mary Shelley s’occupe de publier, entre autres, les poèmes de son mari mais elle doit se restreindre pour le bien de son fils. En effet, Sir Timothy menace de ne plus verser d’allocation si la moindre biographie du poète est publiée
154
155
156
. En 1826, après le décès de Charles Shelley, fils de Percy Shelley et d’Harriet Shelley, Percy Florence devient l’héritier du domaine des Shelley. Sir Timothy augmente alors l’allocation annuelle de Mary de 100 à 250
, mais demeure toujours aussi difficile
157
. Alors qu’elle apprécie la compagnie stimulante de l’entourage de William Godwin, la pauvreté empêche Mary de sortir dans le monde autant qu’elle l'aurait souhaité. Elle se sent également rejetée par ceux qui, comme Sir Timothy, désapprouvent encore sa liaison avec Percy Bysshe Shelley
158
L’été 1824, Mary Shelley déménage à
Kentish Town
, dans le Nord de Londres, pour se rapprocher de Jane Williams. Elle est peut-être, selon les mots de son biographe
Muriel Spark
, « un peu amoureuse » de Jane. Mais Jane la décevra ensuite en propageant des rumeurs alléguant que Percy la préférait à Mary et qu’elle ne lui suffisait pas
159
. À la même époque, Mary écrit son roman
Le Dernier Homme
(1826) et collabore avec des amis à l’écriture des mémoires de Lord Byron et Percy Shelley — c’est le début de ses tentatives d’immortaliser son époux
160
. La même année, elle rédige pour la
Westminster Review
un
essai
, « The English in Italy », considéré par l'un de ses biographes, comme
« probablement l’une des analyses les plus intelligentes qui aient jamais été écrites sur le cosmopolitisme anglais dans l’Europe postrévolutionnaire et postnapoléonienne »
161
Elle rencontre également l’acteur américain John Howard Payne et l’écrivain américain
Washington Irving
. Payne tombe amoureux d’elle et la demande en mariage en 1826. Elle refuse, expliquant qu’après avoir épousé un génie elle ne peut se marier qu’à un autre génie
162
. Payne accepte son refus et essaie, mais sans succès, de pousser son ami Irving à faire sa demande. Mary Shelley était au courant du plan de Payne, mais on ignore jusqu’à quel point elle le prenait au sérieux
163
164
Le portrait de Mary Shelley, par Reginald Easton, probablement peint d’après son masque mortuaire (c. 1857)
165
En 1827, Mary Shelley participe à un projet visant à permettre à son amie Isabel Robinson et à son amoureuse,
Mary Diana Dods
, qui écrit sous le pseudonyme de David Lyndsay, de s’engager dans une vie commune en France comme mari et femme
166
N 15
. Avec l’aide de Payne, auquel elle ne donne pas tous les détails, Mary obtient de faux passeports pour le couple
167
. En 1828, en leur rendant visite à Paris, elle contracte la
petite vérole
. Elle guérira des semaines plus tard, sans cicatrice, mais la fraîcheur de sa beauté envolée
168
Entre 1827 et 1840, Mary Shelley est écrivain et éditeur. Elle écrit
Perkin Warbeck
(1830),
Lodore
(1835) et
Falkner
(1837). Elle écrit l'essentiel des cinq volumes (consacrés à des auteurs italiens, espagnols, portugais et français) des
Vies des hommes de lettres et de science les plus éminents
, qui font partie de la
Cabinet Cyclopaedia
de
Dionysius Lardner
. Elle écrit également des histoires pour des magazines féminins. Elle aide toujours son père financièrement et ils collaborent en se cherchant mutuellement des éditeurs
169
. En 1830, pour 60
, elle vend les droits d’une nouvelle édition de
Frankenstein
à Henry Colburn et Richard Bentley, pour leur nouvelle série de romans classiques
170
. Après la mort de son père, en 1836 à l’âge de 80 ans, elle rassemble ses lettres et un mémoire pour les publier, comme il l’a demandé dans son testament, mais après deux ans de travail, elle abandonne le projet
171
. Durant cette période, elle défend la poésie de Percy Shelley, incitant à le publier et le citant dans ses écrits. En 1837, le travail de Percy était connu, et de plus en plus admiré
172
. En été 1838, Edward Moxon, éditeur de
Tennyson
et beau-fils de
Charles Lamb
, propose de publier un recueil des travaux de Percy Shelley. Mary reçoit 500
pour annoter les
Poetical Works
(1838). Sir Timothy insiste pour que le recueil ne comporte pas de biographie. Mary trouvera tout de même un moyen de raconter l’histoire de Percy : elle inclut d’importantes notes biographiques liées aux poèmes
173
Mary continue à n'aborder qu'avec circonspection d'éventuelles aventures amoureuses. En 1828, elle rencontre l’écrivain français
Prosper Mérimée
, qui lui fait la cour, mais la seule lettre encore existante qu’elle lui ait adressé est une lettre de rejet de sa déclaration d’amour
174
Elle se réjouit du retour en Angleterre de son ancien ami d’Italie Edward Trelawny, ils plaisantent même sur leur mariage dans leurs lettres
175
. Mais leur amitié est altérée d’abord par le refus de Mary de participer à la biographie de Percy Shelley proposée par Edward, puis par la colère d’Edward lorsqu'elle l'omet dans la partie athée de
Queen Mab
(recueil de poèmes de Percy Shelley)
176
Dans son journal intime, entre les années 1830 et 1840, des allusions détournées suggèrent que Mary Shelley a eu des sentiments pour le politicien radical
Aubrey Beauclerk
, mais celui-ci l’a probablement déçue à deux reprises, en épousant une autre femme
177
178
N 16
Durant ces années, la première préoccupation de Mary est le bien être de Percy Florence. Selon le vœu de son mari, son fils fréquente une
public school
, et, avec l’aide que Sir Timothy lui accorde avec réticence, on lui fait faire ses études à
Harrow
. Pour éviter les frais de mise en pension, elle déménage à
Harrow on the Hill
afin que Percy puisse suivre les cours en tant qu’externe
179
180
. Quand bien même il poursuivra ses études jusqu’à
Trinity College
Cambridge
, et touchera un peu à la politique et au droit, il ne montrera aucun signe des dons de ses parents
181
182
. Dévoué à sa mère, il retournera vivre avec elle, après avoir quitté l’université en 1841.
Dernières années et mort
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En 1840 et 1842, mère et fils voyagent ensemble sur le continent. Mary Shelley racontera ces voyages dans
Errances en Allemagne et en Italie en 1840, 1842 et 1843
(1844)
183
. En 1844, Sir Timothy Shelley meurt à l’âge de
quatre vingt dix
ans, « tombant de sa tige comme une fleur trop épanouie »
184
. Pour la première fois, Mary et son fils sont financièrement indépendants, même si l'héritage se révèle plus modeste qu’espéré
185
Pour répondre aux vœux de Mary, Percy Florence et sa femme Jane firent exhumer les cercueils des parents de Mary pour les enterrer avec elle à
Bournemouth
186
Au milieu des années 1840, Mary Shelley est la victime de trois maîtres chanteurs différents. En 1845, un exilé politique italien, Gatteschi, qu’elle a rencontré à Paris, la menace de publier des lettres qu’elle lui a écrites. Un ami de son fils paie un chef de la police pour saisir les papiers de Gatteschi, les lettres sont confisquées et détruites
187
188
. Peu après, Mary achète des lettres, écrites par Percy Shelley et elle-même, à un homme se faisant appeler G. Byron et prétendant être le fils illégitime de feu
Lord Byron
189
190
. La même année,
Thomas Medwin
, cousin de Percy Bysshe Shelley, prétend avoir écrit une biographie de Percy qui lui serait préjudiciable. Il demande 250
pour la détruire, mais Mary refuse
191
192
N 17
En 1848, Percy Florence épouse Jane Gibson St John. Le mariage est heureux, et Mary et Jane s’apprécient mutuellement
193
194
. Mary habite avec son fils et sa belle-fille à Field Place, dans le
Sussex
, berceau ancestral des Shelley, et à
Chester Square
, à Londres, et les accompagne durant leurs voyages à l’étranger.
Les dernières années de Mary Shelley sont altérées par la maladie. Dès 1839, elle souffre de migraines et de paralysie de certaines parties du corps, ce qui l’empêche parfois de lire et d’écrire
195
. Elle meurt à l’âge de cinquante-trois ans, le
er
février 1851
, à
Chester Square
. Son médecin soupçonne une tumeur cérébrale. D’après Jane Shelley, Mary Shelley a demandé à se faire enterrer avec sa mère et son père. Mais Percy et Jane, jugeant la tombe de St Pancras « épouvantable », choisissent de l'enterrer à l’église St Peter, à
Bournemouth
, près de leur nouvelle maison de
Boscombe
196
. Pour le premier anniversaire de la mort de Mary Shelley, les Shelley ouvrent son bureau. Ils trouvent à l’intérieur des boucles de cheveux de ses enfants décédés, un cahier de notes qu’elle partageait avec Percy Byshhe Shelley, et une copie de son poème
Adonais
dont une page entoure un tissu en soie contenant un peu des cendres et des restes du cœur de celui-ci
112
Thèmes littéraires et style
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La vie de Mary Shelley tourne autour de la littérature. Son père l’encourage dans l’apprentissage de l’écriture par la composition de lettres
197
et son occupation préférée de petite fille est l’écriture d’histoires
198
. Malheureusement, tous les écrits de la jeune Mary furent perdus lors de sa fuite avec Percy en 1814 et aucun de ses manuscrits encore existants ne peut être daté d’avant cette année
199
On pensa longtemps que sa première publication avait été
Mounseer Nongtongpaw
200
201
202
, des vers comiques écrits alors qu’elle avait dix ans et demi pour la
Juvenile Library
(Bibliothèque pour les jeunes) de
William Godwin
, mais dans l'édition la plus récente du recueil de ses ouvrages qui fasse autorité, ces poèmes sont attribués à un autre écrivain
203
. Percy Shelley encourage chaleureusement Mary Shelley à écrire : « Dès le début, mon mari s’inquiétait pour que je me montre digne de ma filiation et que j’inscrive mon nom sur la page de la renommée. Il m’incitait sans cesse à obtenir une réputation littéraire »
204
Romans
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Articles détaillés :
Frankenstein
The Last Man
et
Valperga
Article connexe :
Roman gothique
Éléments autobiographiques
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Certaines parties des romans de Mary Shelley sont souvent interprétées comme des réécritures masquées de sa vie. La récurrence du thème père-fille en particulier conforte les critiques littéraires dans leur interprétation de ce style autobiographique
205
. Par exemple, ils analysent souvent
Mathilda
(1820) comme une autobiographie, en reconnaissant dans les personnages principaux Mary Shelley, William Godwin et Percy Shelley
206
. Mary Shelley a révélé que les personnages centraux de
The Last Man
sont fondés sur son cercle d’intimes, en Italie. Lord Raymond, qui quitte l’Angleterre pour se battre contre les Grecs et meurt à Constantinople, est inspiré de
Lord Byron
; et Adrian, l’utopique comte de Windsor qui mène ses disciples à la recherche d’un paradis naturel et meurt lors une tempête en mer, est un portrait fictif de
Percy Bysshe Shelley
207
. Cependant, comme elle l’écrit dans sa critique du roman de Godwin
Cloudesley
(1830), elle ne croit pas que les auteurs « reproduisent simplement (leur) propre cœur »
208
. William Godwin considère les personnages de sa fille comme des archétypes plutôt que comme des portraits de personnes réelles
209
. Certains critiques modernes, comme Patricia Clemit et Jane Blumberg, partagent cette vision, se refusant à une lecture autobiographique de l’œuvre de Mary Shelley
210
Styles romanesques
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Mary Shelley emploie les techniques de nombreux genres romanesques, notamment ceux des romans « godwiniens », des
romans historiques
de
Walter Scott
et des
romans gothiques
. Le roman « godwinien » fut populaire dans les années 1790 avec des travaux comme
Caleb Williams
(1794) de Godwin et emploie une forme de confession à la Rousseau pour explorer les relations contradictoires entre soi-même et la société
211
Frankenstein
présente de nombreux thèmes et procédés littéraires présents dans les romans de Godwin
212
213
. Cependant, Mary Shelley critique ces idéaux des
Lumières
que Godwin promeut dans son œuvre
214
. Dans
Le Dernier Homme
, elle utilise la forme philosophique « godwinienne » pour démontrer l’insignifiance ultime du monde
215
. Alors que des romans « godwiniens » antérieurs montraient comment des individus rationnels pouvaient lentement améliorer la société,
The Last Man
et
Frankenstein
démontrent le manque de contrôle de l’individu sur l’histoire
216
« On n’entendit plus jamais parler d’Euthanasia, même son nom disparut… Les chroniques personnelles, d’où est tiré le récit qui précède, se terminent avec la mort d’Euthanasia. C’est donc dans les annales publiques seulement que l’on trouve un compte rendu des dernières années de Castruccio. »
— Mary Shelley ,
Valperga
217
Mary Shelley utilise le roman historique pour commenter les relations entre les sexes.
Valperga
, par exemple, est une version féministe du genre narratif typiquement masculin, dans lequel s'était notamment illustré
Walter Scott
218
. En intégrant dans l’histoire des femmes qui ne font pas partie de la réalité historique, Mary Shelley utilise le récit pour s’interroger sur les institutions théologiques et politiques établies
219
. Elle oppose la cupidité compulsive de conquête du protagoniste masculin à une alternative féminine : raison et sensibilité
220
. Dans
Percy Warbeck
, un autre de ses romans historiques, Lady Gordon représente les valeurs de l’amitié, de l’égalité et des vertus domestiques. À travers elle, Mary Shelley offre une alternative féminine à la politique masculine fondée sur la force, qui détruit les personnages masculins. Le roman propose un récit historique plus large qui remet en cause celui qui ne relate habituellement que les évènements concernant les hommes
221
L'œuvre d'une femme
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Avec la naissance de la critique littéraire féministe dans les années 1970, les travaux de Mary Shelley, et notamment
Frankenstein
, commencent à attirer plus d’attention de la part des chercheurs. C’est grâce aux critiques féministes et psychanalytiques que Mary Shelley en tant qu’écrivain est tirée de l’oubli
222
. Ellen Moers est l’une des premières à soutenir que la perte d’un bébé a eu une influence cruciale sur l’écriture de
Frankenstein
223
. Elle pense que le roman est un « mythe de la renaissance » dans lequel Shelley se démet tant de sa culpabilité d’avoir causé la mort de sa mère que de celle d’avoir échoué en tant que parent
224
225
. D’après Moers, c’est l’histoire « d’un homme qui essaie d’avoir un enfant sans une femme… Frankenstein est profondément préoccupé par l’opposition entre reproduction naturelle et artificielle »
226
. Dans le roman, l’échec de Victor Frankenstein en tant que « parent » est traduit comme l’expression de l’anxiété qui accompagne la grossesse, l’accouchement et en particulier la maternité
227
Sandra Gilbert et Susan Gubar soutiennent dans leur ouvrage capital
The Madwoman in the Attic
(1979) que, dans
Frankenstein
en particulier, Mary Shelley répond à la tradition littéraire masculine représentée par
le Paradis perdu
de
John Milton
. Selon leur interprétation, elle réaffirme cette tradition masculine, et sa misogynie inhérente, mais en même temps elle « cache des fantasmes d’égalité qui éclatent parfois dans des images monstrueuses de rage »
228
. Mary Poovey décrypte la première édition de
Frankenstein
comme faisant partie d’un schéma plus large de l’œuvre de Mary Shelley, qui commence par une auto-affirmation littéraire et se termine par une féminité ordinaire
229
. Mary Poovey suggère que les multiples récits de
Frankenstein
permettent à Mary Shelley de diviser sa personnalité artistique : elle peut « s’exprimer et s’effacer en même temps »
230
. Sa crainte de l’auto-affirmation se reflète dans le destin de Frankenstein dont l’égoïsme est puni par la perte de toutes ses attaches familiales
231
Les critiques féministes se concentrent souvent sur la représentation du créateur, et plus particulièrement du créateur féminin, dans et à travers les romans de Mary Shelley
232
. Anne K. Mellor explique que celle-ci utilise le
style gothique
non seulement pour explorer le désir sexuel féminin refoulé
233
mais également comme moyen « d’autocensure dans
Frankenstein
234
. D’après Poovey et Mellor, elle ne veut pas mettre en avant sa personnalité d’auteur. Elle se sent profondément incompétente en tant qu’auteur et « cette honte contribue à sa production d’images d’anormalité, de perversion et de destruction »
235
Les écrits de Mary Shelley sont centrés sur le rôle de la famille dans la société et le rôle de la femme au sein de cette famille
236
. Elle glorifie la « compassion et l’affection féminine » associées à la famille et suggère que la société civile ferait faillite sans elles
237
. Elle est « profondément engagée dans une éthique coopérative, de dépendance mutuelle et d’autosacrifice ».
Dans
Lodore
, par exemple, l’histoire centrale suit le destin de la femme et de la fille du personnage-titre, Lord Lodore, qui est tué lors d'un duel à la fin du premier volume, en laissant derrière lui des obstacles juridiques, financiers et familiaux que doivent négocier les deux « héroïnes ». Le roman est politiquement et idéologiquement engagé, notamment sur l’éducation et le rôle social des femmes
238
. Il dissèque une culture patriarcale qui sépare les sexes et oblige les femmes à être dépendantes des hommes. D’après Betty T. Bennett, spécialiste de Mary Shelley, « le roman propose des paradigmes d’éducation égalitaire pour hommes et femmes qui apporteraient la justice sociale et les moyens spirituels et intellectuels pour affronter les épreuves de la vie »
239
. Cependant,
Faulkner
est le seul roman de Mary Shelley dans lequel l’héroïne triomphe
240
. Le roman avance l'idée que lorsque les valeurs féminines l'emporteront sur la violence et la destruction masculines, les hommes seront libres d’exprimer « la compassion, l’empathie et la générosité » de leur tempérament
241
Les Lumières et le romantisme
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Comme de nombreux romans gothiques de la période,
Frankenstein
mélange un sujet viscéral et aliénant à des thèmes qui poussent à la réflexion
242
. Au lieu de se centrer sur les tours et détours de l'intrigue, le roman met en avant les luttes mentales et morales du protagoniste, Victor Frankenstein, et Mary Shelley imprime au texte sa propre marque de
Romantisme
politisé, qui critique l’individualisme et l’égoïsme du Romantisme traditionnel
243
244
245
. Victor Frankenstein est comme
Satan
dans
Paradis perdu
et comme
Prométhée
: il se rebelle contre la tradition, il crée sa vie et construit son propre destin. Ces traits ne sont pas décrits de manière positive. Comme l’écrit Blumberg, « son ambition sans relâche est une auto-illusion travestie en une quête de la vérité »
246
. Il doit abandonner sa famille pour satisfaire son ambition
247
Illustration de la page de couverture du
Frankenstein
de 1831 par Theodor Von Holst, une des deux images du roman
248
Mary Shelley croit en l’idée des Lumières que l’homme peut améliorer la société à travers l’exercice responsable du pouvoir politique, mais elle craint que l’exercice irresponsable du pouvoir ne mène au chaos
249
. En pratique, son œuvre critique largement la manière dont les penseurs du
XVIII
siècle, comme ses parents, croyaient pouvoir amener ces changements. Ainsi par exemple, la créature de Frankenstein lit des livres de pensées radicales mais la connaissance qu’il en tire est finalement inutile
250
. L'œuvre de Mary Shelley la montre moins optimiste que
Godwin
ou
Mary Wollstonecraft
, elle n’a pas foi en la théorie de Godwin qui postule que l’humanité peut en fin de compte être améliorée
251
252
Kari Lokke, spécialiste de la littérature, écrit que
The Last Man
, plus que
Frankenstein
, « dans son refus de placer l’humanité au centre de l’univers, son questionnement sur notre position privilégiée par rapport à la nature […] constitue un défi profond et prophétique pour l’humanisme occidental »
253
. Plus spécifiquement, les allusions de Mary Shelley à ce que les radicaux considèrent comme une révolution ratée en France et aux réponses qu'y apportent Godwin, Mary Wollstonecraft ou
Burke
constituent une remise en cause de « la foi des Lumières dans le progrès inéluctablement obtenu par l’effort collectif »
254
. Comme dans
Frankenstein
, Mary Shelley « offre un commentaire profondément désenchanté sur l’âge de la révolution, qui se termine par un rejet total des idées progressistes de sa propre génération »
255
. Elle rejette non seulement les idées politiques des Lumières mais également l'idée romantique selon laquelle l’imagination poétique ou littéraire pourrait offrir une alternative
256
257
Opinions politiques
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Jusqu’à une date récente, les critiques citaient
Lodore
et
Falkner
comme la preuve du conservatisme croissant de Mary Shelley dans ses œuvres tardives. En 1984, Mary Poovey a mis en évidence le transfert du réformisme politique de Mary Shelley vers la seule sphère domestique
258
. Elle suggère que Mary Shelley écrivit
Falkner
afin de résoudre sa réaction conflictuelle à la façon dont son père mêlait un radicalisme libertaire à une bienséance sociale rigoureuse
259
. Mellor partage cette opinion, arguant que « Mary Shelley fonde son idéologie politique alternative sur une métaphore de la famille, paisible, aimante et bourgeoise. Elle souscrit ainsi implicitement à la vision conservatrice d'une réforme et d'une évolution graduelle »
260
. Cette vision permet aux femmes de participer à la sphère publique, mais elle hérite des inégalités inhérentes à la famille bourgeoise
261
Toutefois, ces dernières années, cette vision a été contestée. Bennett, par exemple, montre que le travail de Mary Shelley est un engagement constant dans l’idéalisme romantique et dans les réformes politiques
262
et l’étude de Jane Blumberg des premiers romans de Shelley soutient qu’il n’est pas possible de simplement diviser sa carrière en deux moitiés, l'une radicale tout d'abord, et l'autre conservatrice ensuite. Elle soutient que « Mary Shelley n’a jamais été une radicale passionnée comme son mari et le mode de vie qu'elle adopte plus tard n’est ni un tournant brusque ni une trahison. En réalité, dès son premier ouvrage, elle remettait en cause les influences politiques et littéraires de son entourage
263
. À la lueur de cette analyse, les premières œuvres de Shelley sont interprétées comme un défi au radicalisme de Godwin et de Percy Bysshe Shelley. Le « rejet inconsidéré de la famille » de Victor Frankenstein apparaît alors comme la preuve de la préoccupation constante de Mary Shelley pour la famille
244
Humour ou ironie
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De nombreux critiques littéraires de son époque, s'appuyant probablement sur l'état quelquefois dépressif de Mary Shelley après la mort de ses enfants, ont décrit son travail comme dénué d'
humour
, critiques que l'on retrouve au
XX
siècle
. Ces avis presque unanimes ont été battus en brèche à partir de 1998, avec l'analyse d'œuvres moins popularisées que ses romans
264
. Elle a ainsi participé, avec son court récit «
Roger Dodsworth, the Reanimated Englishman
» (1826) à un canular de l'époque, selon lequel un homme du
XVII
siècle
aurait ressuscité après 170 ans passé dans les neiges d'une avalanche. Son
essai
Recollections of Italy
» (1824) met en scène des caricatures de touristes anglais, dont l'âme serait restée au pays tandis que leurs corps s'avèrent incapables de considérer les Italiens autrement qu'avec un regard biaisé. Dans «
The Mortal Immortal
», elle s'attaque à la frivolité des femmes en ridiculisant Bertha, l'épouse mortelle d'un immortel, qui pour lutter contre la différence d'âge se faisant de plus en plus visible, va jusqu'à lui acheter une perruque grise pour le vieillir
264
Nouvelles
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Shelley écrit souvent des histoires accompagnant les illustrations d’almanach, comme celle-ci qui accompagne « Transformation » dans
The Keepsake
de 1830
265
Durant les années 1820 et 1830, Mary Shelley écrit fréquemment des
nouvelles
pour des almanachs. Entre autres, elle écrit seize nouvelles pour
The Keepsake
, destiné aux femmes de la classe moyenne, relié en soie et doré sur tranche
200
266
. Dans ce genre, le travail de Mary Shelley est décrit comme celui d’un « écrivain médiocre, verbeux et pédant »
267
. Cependant, la critique Charlotte Sussman note que d’autres grands écrivains, comme les poètes romantiques
William Wordsworth
et
Samuel Taylor Coleridge
, ont tiré avantage de ce marché profitable. Elle explique que « les almanachs étaient un type de production littéraire majeur dans les années 1820 et 1830 »,
The Keepsake
rencontrant le plus grand succès
268
Beaucoup d’histoires écrites par Mary Shelley se passent dans des lieux ou à des époques bien éloignées du début du
XIX
siècle, comme la Grèce ou le règne d’
Henri
IV
. Elle s’intéresse tout particulièrement à « la fragilité de l’identité individuelle » et décrit souvent « la façon dont le rôle d’une personne dans le monde peut être modifié de manière cataclysmique par des bouleversements émotionnels internes ou par quelque évènement surnaturel qui reflète une scission interne »
269
. Dans ses histoires, l’identité de la femme est liée à sa valeur sur le marché du mariage alors que celle de l’homme peut être améliorée et transformée par l’argent
270
271
. Même si Mary Shelley a écrit vingt et une nouvelles entre les années 1823 et 1839, elle s’est toujours perçue comme une romancière avant tout. Elle écrit à
Leigh Hunt
, « j’écris de mauvais articles, ce qui contribue à me rendre malheureuse – mais je vais me plonger dans un roman et j’espère que ses eaux claires nettoieront la boue de ces magazines »
272
Récits de voyages
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Articles détaillés :
Histoire d'une randonnée de six semaines
et
Errances en Allemagne et en Italie
Lors de leur fuite en France à l’été 1814, Mary Godwin et Percy Shelley commencent un journal commun
273
. Ce journal plus quatre lettres basées sur leur visite de Genève en 1816 ainsi que le poème de Percy Shelley
Mont Blanc
sont publiés en 1817 sous le titre d ’
Histoire d’un circuit de six semaines
. Cette œuvre célèbre l’amour de jeunesse, l’idéalisme politique et suit l’exemple de
Mary Wollstonecraft
et d'autres, qui ont associé voyage et écriture
274
. Plus qu’un récit de voyage conventionnel, le livre est philosophique et réformiste ; il aborde, en particulier, les effets de la politique et de la guerre en France
275
. Les lettres qu’écrit le couple durant leur deuxième voyage considèrent les « grands et extraordinaires évènements » de la défaite finale de
Napoléon
Waterloo
après son retour des «
Cent jours
» en 1815. Ils analysent également le caractère
sublime
du
lac de Genève
et du
Mont Blanc
, ainsi que l’héritage révolutionnaire du philosophe et romancier
Jean-Jacques Rousseau
276
Le dernier livre de Mary Shelley, écrit sous forme de lettres et publié en 1844, est
Errances en Allemagne et en Italie en 1840, 1842 et 1843
, qui relate ses voyages avec son fils Percy Florence et ses camarades d’université. Dans cet ouvrage, elle suit la tradition des
Lettres écrites lors d'un court séjour en Suède, en Norvège et au Danemark
de
Mary Wollstonecraft
et de son propre
Histoire d’un circuit de six semaines
, en cartographiant son propre paysage personnel et politique à travers un discours fondé sur les sentiments et le sens de la solidarité
277
. Pour Mary Shelley, nouer des liens d’amitié entre les personnes est le moyen de construire la société civile et d’augmenter le savoir : « la connaissance, pour éclairer et libérer l’esprit des préjugés – un plus large cercle d'amitiés avec nos semblables – tel est l’utilité du voyage »
278
Entre l’observation des paysages, de la culture et « des personnes, plus spécifiquement du point de vue politique »
279
, elle utilise le carnet de voyage pour analyser son rôle de veuve et de mère et pour réfléchir sur le nationalisme révolutionnaire en Italie
280
N 18
. Elle note également son « pèlerinage » en des lieux associés à Percy Shelley
281
113
. Selon la critique Clarissa Orr, la posture adoptée par Mary Shelley en se posant comme figure de la maternité philosophique donne à
Errances
l’unité d’un poème en prose, avec « la mort et la mémoire comme thèmes centraux »
282
. En même temps, Mary Shelley fait le procès
égalitariste
de la monarchie, des différences de classes, de l’esclavage et de la guerre
283
Biographies
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Entre 1832 et 1839, Mary Shelley écrit de nombreuses biographies d’hommes renommés italiens, espagnols, portugais et français et de quelques femmes pour les
Vies des plus éminents auteurs et scientifiques
de
Dionysius Lardner
. Elles formeront une partie du
Cabinet Cyclopaedia
de Lardner, une des meilleures séries de la sorte publiée durant les années 1820 et 1830 en réponse à la demande croissante de la classe moyenne pour l’auto-éducation
284
. Jusqu’à la republication de ces essais en 2002, leur importance dans l’ensemble de son œuvre n’était pas reconnue
285
N 19
. D’après Greg Kucich, expert en littérature, ils révèlent les « extraordinaires recherches de Mary Shelley à travers plusieurs siècles et plusieurs langues », son don pour la narration biographique et son intérêt pour « la forme émergente du féminisme historiographique »
286
. Mary Shelley écrit dans un style biographique popularisé par
Samuel Johnson
, critique au
XVIII
siècle, dans son
Vies des poètes
(1779-1781), combinant sources secondaires, notice biographique et anecdote, et évaluation de l’auteur
287
. Elle note les détails de la vie et du caractère de chaque écrivain, cite leurs écrits sous leur forme originale accompagnée de la traduction, et termine avec une évaluation critique de leurs réalisations
288
Pour Mary Shelley, la narration biographique est supposée, et ce sont ses propres mots, « former comme si c’était une école dans laquelle étudier la philosophie de l’histoire »
289
et enseigner des « leçons ». Le plus souvent, ces leçons consistent en une critique des institutions à domination masculine, telle que le
droit d’aînesse
290
. Mary Shelley souligne le goût de la vie domestique, le romanesque, la famille, la solidarité et la compassion dans la vie de ses sujets. Sa certitude que de telles forces peuvent améliorer la société relie son approche biographique avec celles d’autres historiennes féministes comme
Mary Hays
et Anna Jameson
291
. Contrairement à ses romans, dont la plupart furent imprimés à quelques centaines d’exemplaires, chaque volume des
Vies
fut imprimé à 4 000 exemplaires faisant, selon Kucich, « de son usage de la biographie pour faire avancer la cause de l’historiographie féminine dans la société, l’une de ses plus influentes interventions politiques »
292
Travaux d’annotations et de commentaires
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« Les qualités qui frappaient toute personne qui venait d'être présentée à Shelley, étaient, tout d'abord, la douce et chaleureuse bonté qui animait ses rapports humains d'une chaude affection et d'une prévenante gentillesse. C'était ensuite l’empressement et l'ardeur avec laquelle il était attaché à la cause du bonheur humain et à son amélioration. »
— Mary Shelley,
« Preface »,
Œuvres poétiques
de Percy Bysshe Shelley
293
Peu après la mort de Percy Shelley, Mary se décide à écrire sa biographie. Dans une lettre du
17 novembre 1822
, elle annonce : « Je vais écrire sa vie – et m'occuper ainsi de la seule manière propre à en tirer consolation »
294
. Cependant, son beau-père, Sir Timothy Shelley, lui interdit, avec succès, de le faire
295
N 20
. Marie commence la promotion de la réputation poétique de Percy en 1824, avec la publication de
Poèmes Posthumes
. En 1839, tout en travaillant sur
Lives
, elle prépare une nouvelle édition de sa poésie, qui deviendra, selon les propres mots de la spécialiste littéraire Susan J. Wolfson, « l'évènement canonisateur » dans l'histoire de la renommée de son époux
296
297
. L'année suivante, Mary Shelley publie un volume de lettres, d'essais, de traduction et d'extraits de son époux, et durant les années 1830, elle présente sa poésie à un public plus large en publiant des œuvres choisies dans la publication annuelle
The Keepsake
298
Elle réussit à esquiver l'interdiction de Sir Timothy en incluant dans ces éditions ses propres annotations et réflexions sur le travail et la vie de son mari
299
. Elle déclare en 1824 : « Je dois justifier ses choix. Je dois le faire aimer par la postérité »
300
. C'est cet objectif, argumente Blumberg, qui la pousse à présenter au public le travail de Percy Shelley « de la manière la plus populaire possible »
301
. Pour adapter son travail à un public victorien, elle présente Percy Shelley comme un poète
lyrique
et non comme un poète politique
302
303
. Comme l'écrit Mary Favret : « Percy désincarné personnifie la poésie elle-même »
304
. Mary maquille le radicalisme politique de Percy en une forme de sentimentalisme, argumentant que son républicanisme provient d'une empathie envers ceux qui souffrent
305
. Elle insère des anecdotes romantiques de sa bienveillance, de son attachement à la vie de famille et de son amour de la nature
306
. Se décrivant comme la « muse pratique » de Percy, elle fait également remarquer qu'elle lui suggérait des améliorations quand il écrivait
307
Malgré les émotions provoquées par cette tâche, Mary Shelley prouve sans aucun doute qu'elle est une commentatrice professionnelle et érudite
308
. Travaillant à partir des carnets de notes désordonnés et parfois illisibles de Percy, elle essaie de classer des écrits par ordre chronologique et elle inclut des poèmes comme
Epipsychidion
, destiné à Emilia Viviani, qu’elle aurait préféré laisser de côté
309
310
. Cependant, elle fut obligée de faire plusieurs compromis et, comme le fait remarquer Blumberg, « les critiques modernes ont trouvé des fautes dans les éditions et affirment qu’elle a mal recopié, mal interprété, volontairement occulté et tenté de montrer le poète comme quelqu’un qu’il n’était pas »
311
. D’après Wolfson, Donald Reiman, un commentateur moderne des travaux de Percy Bysshe Shelley, se réfère encore aux éditions de Mary Shelley, même s’il reconnaît que son style appartient « à une époque où l’objectif du travail de mise en forme et d'annotation n’était pas d’établir des textes précis et critiques, mais de présenter un exposé complet de la carrière de l’écrivain pour le lecteur moyen »
312
. En principe, Mary croit dans la publication de chacun des mots de l’œuvre de son mari
313
314
, mais elle doit supprimer certains passages, soit sous la pression de son éditeur, Edward Moxon, soit par respect pour les convenances
315
316
. Pour la première édition, elle supprime par exemple les passages athées de
Queen Mab
. Après qu’elle les eut réintroduits dans la deuxième édition, Moxon est poursuivi et condamné pour diffamation blasphématoire, mais il échappera au châtiment
317
318
. Les omissions de Mary Shelley provoquent des critiques, souvent des invectives, de la part des anciens proches de Percy Shelley
319
317
, et les critiques l’accusent, entre autres, d’inclusions malvenues
320
. Ses notes restent cependant une source essentielle pour l’étude des travaux de Percy Shelley. Comme l’explique Bennett,
« biographes et critiques s’accordent à penser que l’engagement de Mary Shelley pour que Shelley obtienne l'attention qu’elle pense que son œuvre mérite est la force essentielle, unique, qui a établi la renommée de Shelley durant une période où il aurait certainement disparu de la vue du public »
321
322
Notoriété et postérité
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Gravure de George Stodart d’après un monument à Mary et Percy Shelley par Henry Weekes (1853).
De son vivant, Mary Shelley est prise au sérieux en tant qu’écrivain, même si souvent les critiques ignorent le côté politisé de ses écrits. Après sa mort, on se souvient d’elle principalement en tant qu’épouse de Percy Bysshe Shelley et comme l’auteur de
Frankenstein
323
L’éditeur Frederick Jones écrit même, dans l’introduction du recueil de lettres publié en 1945 :
« un recueil de cette taille n’est pas justifié par la qualité des lettres de Mary Shelley ou par son importance en tant qu’écrivain. C’est comme épouse de
Percy Bysshe Shelley
qu’elle attise notre intérêt »
324
. Cette attitude perdure en 1980 quand Betty T. Bennett publie le premier volume du texte intégral des lettres de Mary Shelley. Elle explique :
« le fait est que, jusqu’il y a quelques années, les chercheurs n’ont considéré Mary Wollstonecraft Shelley que comme un produit : la fille de William Godwin et Mary Wollstonecraft, qui devint le
pygmalion
de Shelley »
325
. Il faut attendre
Mary Shelley : Romanesque et Réalité
d’Emily Sunstein en 1989 pour qu’une biographie universitaire lui soit entièrement consacrée
326
Les tentatives du fils et de la belle-fille de Mary Shelley de rendre sa mémoire plus « victorienne » en censurant des documents biographiques contribuèrent à créer une image plus conventionnelle et moins réformiste que son œuvre ne le suggère. Cette impression est renforcée par ses propres timides omissions des travaux de Percy Shelley et sa fuite devant la controverse publique durant ses dernières années. Les critiques Hogg, Trelawny et d’autres admirateurs de Percy Shelley ont aussi eu tendance à minimiser le radicalisme de Mary Shelley. Dans
Souvenirs de Shelley, Byron et de l’Auteur
(1878), Trelawny rend hommage à Percy Shelley au détriment de Mary, mettant en doute son intelligence et même sa paternité de
Frankenstein
327
. Lady Shelley, épouse de Percy Florence, répondit partiellement à cette attaque en publiant à compte d’auteur une collection de lettres dont elle avait hérité :
Shelley et Mary
en 1882
328
329
Depuis la première adaptation au théâtre de
Frankenstein
, en 1823, jusqu'aux
adaptations cinématographiques
du vingtième siècle, telle que la première
version de 1910
ou les versions plus célèbres du
Frankenstein
de James Whale en 1931, le
Frankenstein Junior
de
Mel Brooks
en 1974 et le
Frankenstein de Mary Shelley
de
Kenneth Brannagh
en 1994, une grande partie du public rencontre Mary Shelley pour la première fois à travers une adaptation
330
. Durant le
XIX
siècle, Mary Shelley est perçue au mieux, comme l’auteur d’un seul roman, plutôt que comme l’écrivain professionnel qu’elle était. Une grande partie de ses travaux est restée épuisée jusqu’aux trente dernières années, empêchant d'avoir une vue plus globale de son œuvre
331
. Au cours des dernières décennies, la republication de la quasi-intégralité de ses écrits a stimulé une nouvelle reconnaissance de son talent. Son habitude de lire et d'étudier intensément, révélé dans son journal et dans ses lettres et reflété dans ses œuvres, est ainsi mieux appréciée
332
. On reconnaît également sa perception d’elle-même en tant qu’auteur. Après la mort de Percy, elle écrit sur ses ambitions d’auteur : « Je pense que je peux subvenir ainsi à mes besoins, et il y a quelque chose de stimulant dans cette idée »
333
. Les chercheurs considèrent à présent Mary Shelley comme une figure romantique majeure, importante tant pour son œuvre littéraire que pour sa voix politique de femme et de libérale
328
Outre les
nombreuses adaptations, souvent très libres
, de
Frankenstein ou le Prométhée moderne
, plusieurs films ont abordé la vie de Mary Shelley, ou du moins la genèse de son roman le plus connu.
Gothic
, de
Ken Russell
1986
) et
Un été en enfer
Haunted summer
), de
Ivan Passer
1988
), sont tous deux consacrés à l'histoire de l'écriture de
Frankenstein
: Mary Shelley est incarnée dans le premier film par
Natasha Richardson
et dans le second par
Alice Krige
La Résurrection de Frankenstein
Frankenstein unbound
) de
Roger Corman
1990
) est un film de science-fiction mêlant la genèse du roman à une histoire de voyage dans le temps : le rôle de Mary Shelley y est tenu par
Bridget Fonda
. Dans le
film biographique
Mary Shelley
, réalisé par
Haifaa al-Mansour
et sorti en
2018
, la romancière est incarnée par
Elle Fanning
Sélection d'ouvrages
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Romans
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Frankenstein ou le Prométhée moderne
, 1818
Mathilda
, 1819
Valperga, ou La Vie et les aventures de Castruccio, prince de Lucques
, 1823
Le Dernier Homme
, 1826
The Fortunes of Perkin Warbeck, A Romance
, 1830
Lodore
, 1835
Falkner
, 1837
Récits de voyages
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Histoire d’une randonnée de six semaines à travers une partie de la France, de l'Allemagne et de la Hollande, avec des lettres décrivant un tour sur le lac de Genève et des glaciers de Chamonix
, 1817
Errances en Allemagne et en Italie en 1840, 1842 et 1843
, 1844
Histoire pour enfants
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Maurice ou le cabanon du pêcheur
, 1820
Poèmes dramatiques
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Proserpine et Midas
, 1820
Nouvelles
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Valerius: The Reanimated Roman
, 1819
Une histoire de passions
, 1822
The Bride of Modern Italy
, 1824
Ferdinando Eboli. A Tale
, 1828
L'Endeuillée
, 1829
The False Rhyme
, 1829
The Evil Eye. A Tale
, 1829
The Mourner
, 1829
The Swiss Peasant
, 1830
Le Rêve
The Dream, A Tale
), 1831
Transformation
, 1831
La Jeune Fille invisible
, 1832
La Jeune Fille invisible
The Invisible Girl
), 1832
The Brother and Sister, An Italian Story
, 1832
The Pole
, 1832
L'Immortel Mortel
The Mortal Immortal: A Tale
), 1833
The Trial of Love
, 1834
The Elder Son
, 1834
The Parvenue
, 1836
The Pilgrims
, 1837
Euphrasia: A Tale of Greece
, 1838
Roger Dodsworth:The Reanimated Englishman
, 1863 (posthume, écrit en 1826 d'après le
canular
au sujet de
Roger Dodsworth
Édition
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Poèmes posthumes de Percy Bysshe Shelley
, 1824
Œuvres poétiques de Percy Bysshe Shelley
, 1839
Notes et références
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Notes
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Prononciation
en
anglais britannique
retranscrite
selon la norme
API
Le premier prénom de Claire est « Jane », mais elle préfère se faire appeler « Claire » (son deuxième prénom est « Clara »), et c'est avec ce prénom qu'elle est restée dans l'histoire. Pour éviter toute confusion, cet article l'appellera « Claire ».
Dans sa biographie des Godwin et des Shelley, William St Clair remarque « qu'il est facile en lisant ces crises (de la vie des Godwin et des Shelley) d'oublier que les références des documents encore existants peuvent ne pas être représentatifs. Il est aisé pour le biographe de donner trop de poids aux opinions des personnes qui les ont écrits ». (246).
Journal 6 décembre
- « Me sens vraiment mal. Shelley et Clary sont partis, comme d'habitude, dans des tas d'endroits… Une lettre de Hookman pour nous dire qu'Harriet avait accouché d'un garçon, d'un héritier. Shelley écrit de nombreuses lettres sur cet événement, qui devrait être annoncé par le son des cloches, etc. puisque c'est le fils de sa « femme ». » (Cité dans
Muriel Spark 1987
p.
39).
Sunstein suppose que Mary Shelley et Jefferson Hogg ont fait l'amour en avril 1815(
Emily W Sunstein 1991
p.
98–99).
. On sait à présent que les violents orages étaient une conséquence de l'éruption volcanique du mont
Tombora
en
Indonésie
l'année précédente (
Emily W Sunstein 1991
p.
118). Voir aussi
L'
année sans été
C'est le grand père du futur Charles Darwin, qu'il influencera.
Seymour fait valoir cependant que des preuves extraites du journal de Polidori sont en contradiction avec ce que dit Mary Shelley sur le moment où lui vint cette idée (157).
Alba fut renommée « Allegra » en 1818. (
Miranda Seymour 2000
p.
177).
Les Shelley vivent à
Livourne
Bagni di Lucca
Venise
Este
Naples
Rome
Florence
Pise
, Bagni di Pisa et San Terenzo.
Clara meurt de
dysenterie
à l'âge d'un an, et William de
malaria
à trois ans et demi. (
Miranda Seymour 2000
p.
214, 231).
Les Williams ne sont pas vraiment mariés ; Jane est encore la femme d'un officier de l'armée nommé John.
Elise était employée par Lord Byron comme nourrice pour Allegra. Mary Shelley écrit dans une lettre qu'Elise était enceinte de Paolo, raison pour laquelle ils se sont mariés, mais elle ne dit pas si elle a eu un enfant à Naples. Elise semble n'avoir rencontré Paolo pour la première fois qu'en septembre. Voir la lettre de Mary Shelley à Isabella Hoppner, le 10 août 1821,
Lettres choisies
, 75–79.
« Établir la filiation d'Elena Adélaïde est une de plus grandes difficultés laissée par Shelley à ses biographes » (
James Bieri 2005
p.
106).
Mary Diana Dods, qui a une petite fille, porte le nom de Walter Sholto Douglas et est acceptée en France en tant qu'homme.
Beauclerk épouse Ida Goring en 1838 puis, après sa mort, l'amie de Mary Shelley Rosa Robinson en 1841. On ne possède pas de matériel suffisant pour avoir une idée claire de la relation entre Mary et Beauclerck.(
Miranda Seymour 2000
p.
425–426).
Selon Bieri, Medwin affirmait avoir des preuves concernant Naples. Medwin est à l'origine de la théorie selon laquelle l'enfant enregistré par Percy Shelley à Naples était le sien et celui d'une mystérieuse femme. Voir aussi « Journal » 249–250
3.
Mary Shelley donnera les 60
reçus pour
Errances
au révolutionnaire exilé Ferdinand Gatteschi dont elle inclura l'essai sur les rebelles Carbonari dans son livre. (Orr,
Mary Shelley's
Rambles
).
Cependant, « l'attribution précise de tous les essais biographiques » de ces volumes « est très difficile », selon Kucich.
Sir Timothy Shelley conditionna le paiement de la pension de Percy Florence à son interdiction de publier le nom de Shelley.
Références
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(en)
Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé
Mary Shelley
voir la liste des auteurs
Tous les essais tirés de
The Cambridge Companion to Mary Shelley
sont indiqués par la mention (CC), et ceux tirés de
The Other Mary Shelley
par la mention (OMS).
Campagne genevoise, souvenir de Montalègre | Bibliothèque de Genève Iconographie
», sur
www.bge-geneve.ch
(consulté le
2 septembre 2024
Miranda Seymour 2000
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William St Clair 1989
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Morvan 2005
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5-29.
William St Clair 1989
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179–188.
Miranda Seymour 2000
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31-34 ; Clemit, « Legacies of Godwin and Wollstonecraft » (
The Cambridge Companion to Mary Shelley
, CC en abrégé),
p.
27–28
Miranda Seymour 2000
p.
38, 49.
William St Clair 1989
p.
255–300.
William St Clair 1989
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199–207.
Miranda Seymour 2000
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47-49.
William St Clair 1989
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William St Clair 1989
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Lettre à Percy Shelley, 28 octobre 1816.
Selected Letters
, 3 ;
William St Clair 1989
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53 ; voir aussi Clemit, « Legacies of Godwin and Wollstonecraft » (CC), 29.
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15.
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Cité dans
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William St Clair 1989
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Miranda Seymour 2000
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William St Clair 1989
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Lettres à Maria Gisborne, 30 octobre–17 novembre, 1824.
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Emily W Sunstein 1991
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Richard Holmes 2003
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328 ; voir aussi l'introduction de Mary Shelley à l'édition de 1831 de
Frankenstein
Fantasmagoriana
, Éditions Otrante,
2015
présentation en ligne
Cité par
Muriel Spark 1987
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157, dans l'introduction de Mary Shelley de l'édition de 1831 de
Frankenstein
Betty T. Bennett 1998
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450, 455.
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465.
Voir Bennett, Introduction à
Lettres choisies
et lettre de Mary Shelley du 24 mai 1828. 198–199.
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Cité dans
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190.
Pamela Clemit 1993
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191.
Voir, par exemple,
Pamela Clemit 1993
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190–192 ; Clemit, « From
The Fields of Fancy
to
Matilda
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Jane Blumberg 1993
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84–85.
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143–144.
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38–40.
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144.
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Pamela Clemit 1993
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183 ; Bennett, « Political Philosophy », 357.
Lew, « God's Sister » (OMS),
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173–178
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p.
132 ; Lynch, « Historical novelist » (CC),
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143–144
; voir aussi Lew, « God's Sister » (OMS),
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164–165
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Esther Schor, Diane Long Hoeveler 2003
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46.
Esther Schor, Diane Long Hoeveler 2003
Anne K Mellor 1990
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Anne K Mellor 1990
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40.
Anne K Mellor 1990
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Esther Schor, Diane Long Hoeveler 2003
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47–48, 52–53.
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115–116, 126–127.
Mary Poovey 1985
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131 ; voir aussi
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48–49.
Mary Poovey 1985
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Esther Schor, Diane Long Hoeveler 2003
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Esther Schor, Kate Ferguson Ellis 2003
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Jane Blumberg 1993
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47 ; voir aussi
Anne K Mellor 1990
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77–79.
Jane Blumberg 1993
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47 ; voir aussi 86–87 pour une discussion similaire de Castruccio dans
Valperga
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128 ; voir aussi
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Pamela Clemit 1993
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Moskal,
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Esther Schor, Greg Kucich 2003
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Esther Schor, Greg Kucich 2003
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Esther Schor, Greg Kucich 2003
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, Vol. 1, p. xxviii ; Clarissa Campbell Orr, « Editor's Introduction
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»,
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, Vol. 2, p. lii.
Esther Schor, Greg Kucich 2003
p.
235 ; voir Nora Crook, « General Editor's Introduction »,
Mary Shelley's Literary Lives
, Vol. 1, p. xxv pour le nombre exact ; Tilar J. Mazzeo, « Introduction by the editor of
Italian Lives
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Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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193, 209.
Betty T. Bennett 1998
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112 ; Fraistat, « Shelley Left and Right »,
Shelley's Prose and Poetry
p.
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Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
p.
193.
Betty T. Bennett 1998
p.
111–112.
Citée dans
Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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193.
Jane Blumberg 1993
p.
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Fraistat, « Shelley Left and Right »,
Shelley's Prose and Poetry
p.
645–646
; voir aussi
Miranda Seymour 2000
p.
466.
Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
p.
195, 203 ; Mary Favret, « Sympathy and Irony » (OMS),
p.
19, 22.
Mary Favret, « Sympathy and Irony » (OMS),
p.
28.
Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
p.
194 ; Fraistat, « Shelley Left and Right »,
Shelley's Prose and Poetry
p.
647, Favret, « Sympathy and Irony » (OMS),
p.
18, 29.
Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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203.
Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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Miranda Seymour 2000
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Jane Blumberg 1993
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Jane Blumberg 1993
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Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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199.
Muriel Spark 1987
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Betty T. Bennett 1998
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Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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Miranda Seymour 2000
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467–468.
Jane Blumberg 1993
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165–166.
Muriel Spark 1987
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130–131.
Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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Betty T. Bennett, Robert Brinkley and Keith Hanley 1992
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300–301 ; voir aussi
Esther Schor, Susan J. Wolfson 2003
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Betty T. Bennett 1998
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110.
Anne K Mellor 1990
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XI, 39.
Cité dans
Jane Blumberg 1993
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2.
Betty T. Bennett, Robert Brinkley and Keith Hanley 1992
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291.
« Introduction » (
The Other Mary Shelley
, OMS en abrégé),
p.
5.
Miranda Seymour 2000
p.
550.
et
Betty T. Bennett 1998
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120–121 ; Esther Schor, Introduction à
Cambridge Companion
p.
1–5
Miranda Seymour 2000
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548–561.
Esther Schor, «
Frankenstein
and film » (
The Cambridge Companion to Mary Shelley
, CC en abrégé).
Betty T. Bennett, Robert Brinkley and Keith Hanley 1992
p.
292–293.
Betty T. Bennett, Robert Brinkley and Keith Hanley 1992
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298–299.
Citée dans
Betty T. Bennett, Robert Brinkley and Keith Hanley 1992
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Autres
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Anne Eekhout
(1981-), romancière néerlandaise,
Mary
(2021), roman biographique sur les années 1812-1816
Articles connexes
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Mary Wollstonecraft
, mère de Mary Shelley
William Godwin
, son père
Défense des droits de la femme
, ouvrage féministe fondateur de Mary Wollstonecraft
Lettres écrites en Suède, en Norvège et au Danemark
, récit de voyage de Mary Wollstonecraft
Percy Bysshe Shelley
, son mari
Frankenstein ou le Prométhée moderne
, son premier et plus célèbre roman
Château Frankenstein
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My Hideous Progeny: Mary Shelley's Frankenstein
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Mary Shelley
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XVIII
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Bertha von Suttner
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Mary E. Bradley Lane
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Charlotte Perkins Gilman
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(1818)
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(1826)
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(1830)
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(1833)
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(1835-1839)
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(1844)
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