Books by Olivier D'Jeranian
L’apprentissage de la responsabilité. Essai sur le stoïcisme d’Épictète, Paris, Vrin, coll. Histoire des doctrines de l’Antiquité classique, 2023
Lire L’être et le néant de Sartre, coll. "Etudes et commentaires", Vrin, 2023
L’être et le néant est sans doute le grand œuvre de Jean-Paul Sartre. Ayant donné lieu à de nombreux commentaires, aucune lecture suivie n’en a pourtant été faite en langue française. Remédiant à cette lacune, chaque contribution au présent collectif aborde une thématique développée par l’un des chapitres des quatre parties de l’essai d’ontologie phénoménologique. Voulant guider les lecteurs dans leur compréhension du texte, cette étude offre également une interprétation renouvelée de celui-ci, en menant à la fois une lecture interne et un travail d’analyse des rapports entre la philosophie de Sartre et celles d’autres penseurs. Se distinguant par la singularité de sa méthode et de ses conclusions, chaque contributrice et contributeur témoigne, à sa manière et dans son style propre, de la grande fécondité de la pensée de Sartre.
Les auteurs
Ont collaboré à ce volume : É. Abouahi, L. Barillas, Ph. Cabestan, O. D’Jeranian, V. de Coorebyter, C. Dodeman, R. Ehrsam, L. Husson, L. Jaffro, Ch. Lapierre, Y. Malinge et H. Rizk
Manuel d'Epictète (traduction et appareil pédagogique), Garnier Flammarion, 2020
Sextus Empiricus, Contre les moralistes (Adv. Math. XI), texte présenté, traduit et annoté par O. D’JERANIAN, Paris, Manucius, 2015.
Pour Sextus Empiricus, médecin se réclamant de la voie sceptique inaugurée par Pyrrhon d’Elis, le dogmatisme moral est non seulement futile, mais encore dangereux. Parce que le trouble vient de ce que l’on cherche à obtenir des biens ou à éviter des maux que l’on croit réels, il est impératif de suspendre son jugement quant à leur nature et même leur existence. Ce n’est qu’une fois opéré ce dessaisissement de la raison par elle-même, dans ses prétentions théoriques et pratiques, que pourront advenir, comme par inadvertance, la sérénité et la tranquillité de l’âme. En développant le projet des Esquisses pyrrhoniennes, le Contre les moralistes met en œuvre tous les moyens pour obtenir de son lecteur un renoncement véritable, afin que ce dernier ne s’accorde qu’à la loi des événements, et vive au bonheur de leur simple manifestation.
Olivier D’Jeranian est agrégé de philosophie. Il poursuit des recherches sur le stoïcisme et a notamment traduit, pour les éditions Manucius, les Sentences et Fragments d’Épictète et les Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes.
Épictète, Sentences et fragments, texte présenté, traduit et annoté par O. D’JERANIAN, Paris, Manucius, 2014.
Et c’est là l’objectif de la présente édition qui, proposant, pour la grande majorité des fragments, une traduction française inédite, lisible et accessible à tous, chercha à montrer l’intérêt que ceux-ci peuvent encore avoir aujourd’hui pour la réflexion et l’histoire de la philosophie, en disposant à l’usage des lecteurs les plus avancés un appareil de note élaboré. Quant aux problèmes textuels, dont nous avons fait état à la fin de l’introduction, ils ne doivent pas minorer sinon occulter la valeur des fragments. En effet, si de nombreux thèmes connus du stoïcisme d’Epictète s’y retrouvent, ils sont parfois davantage explorés et précisés qu’ils ne pouvaient l’être dans les Entretiens et le Manuel. De ces bouts retrouvés des livres perdus des Entretiens, peut-être quatre ou huit de plus que nous n’en disposons aujourd’hui, nous sommes fondés à croire que, dans l’ensemble, ils réaffirment à leur manière le stoïcisme radical du penseur, tout en proposant, pour certains du moins, des aspects novateurs qui aideront peut-être les spécialistes à approfondir quelques unes de leurs positions. On remarquera, par exemple, une présence très nette du rapport de l’homme au dieu, en ajoutant à la distinction canonique du Manuel entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous, une dimension cosmologique essentielle qui ne s’y trouvait pas explicitement dite. Nous laissons le lecteur averti, maîtrisant son Épictète, discerner les variations mélodiques introduites par cette parole parfois obscure, pourvu qu’il ne manque pas de se rappeler la teneur fondamentalement active du discours philosophique, fût-il lacunaire et corrompu.
Eunape de Sardes, Vies de philosophes et de sophistes, texte présenté, traduit et annoté par O. D’JERANIAN, Houilles, Manucius, 2009.
C’est le cas des Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes, collection de biographies originale pour l’époque car elle expose la vie des philosophes et des sophistes dans un seul et même ouvrage. Mais c’est avant tout la génération de penseurs abordée dans ce recueil qui fera sa spécificité, et l’œuvre d’Eunape sera bien la seule à couvrir, comme il le dira lui-même, tout un pan de la pensée grecque déjà délaissé par les doxographes.
Ces Vies ont aussi la particularité d’être écrites par un intellectuel engagé dans les controverses politiques, philosophiques et religieuses de son temps, la fin du IVe siècle de notre ère, période charnière pour la philosophie et surtout pour le paganisme, dans un Empire romain tout juste christianisé. En ces temps de crise, l’ouvrage prend la forme d’un manifeste philosophique exposant un idéal de vie païen, profondément ancré dans une culture grecque classique, se réclamant de Platon, d’Homère et s’incarnant en la personne de Julien l’Apostat, dont la biographie inédite occupe une place centrale.
Pour toutes ces raisons, qu’elles soient philosophiques ou historiques, Les Vies de philosophes et de sophistes méritaient une nouvelle traduction tenant compte des récentes avancées de la recherche philologique.
Lucrèce. Devant la mort. (De rerum Natura III), 2017
Olivier D’Jeranian est l’auteur d’une postface « Le miel du poème et l’amertume du remède » ainsi que d’une courte présentation ; agrégé et docteur en philosophie, il est spécialiste de philosophie antique. Il a notamment traduit pour les éditions Manucius, les Sentences et Fragments d’Épictète ; les Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes et le Contre les moralistes de Sextus Empiricus.
http://manucius.com/produit/devant-la-mort/
Papers by Olivier D'Jeranian
Chrysippe, l'inévitabilité du destin et la confatalité
« Chrysippe, l’inévitabilité du destin et la confatalité », Philosophie antique, 24 | 2024, 123-148., 2024

Chrysippe, les possibles et l'éternel retour
Chrysippe, les possibles et l'éternel retour (Revue de Métaphysique et de Morale, 2021/2. N° 110), pages 191 à 208, 2021
Chrysippe a élaboré une stratégie contre l’argument Dominateur de Diodore afin d’éviter le nécessitarisme impliqué par le rejet des possibilités contrefactuelles. Alexandre d’Aphrodise lui oppose sa doctrine du retour périodique (Sur les Premiers Analytiques d’Aristote 180, 28 – 181, 34). Son objection repose sur une conception numérique de l’identité des individus à travers les cycles. Chrysippe n’admettant que leur ressemblance sinon leur stricte identité qualitative, sa doctrine du retour autorise les possibilités contrefactuelles.
English
Chrysippus developed a strategy against Diodorus’ Master Argument in order to avoid the necessitarianism involved in rejecting counterfactual possibilities. Alexander of Ahprodisias opposes Chrysippus in his doctrine of everlasting recurrence (On Aristotle’s Prior Analytics 180, 28 – 181, 34). His objection is based on a numerical conception of the identity of individuals across cycles. By admitting only resemblance of individuals, if not their strict qualitative identity, Chrysippus’ doctrine of return authorizes counterfactual possibilities.
« Les réminiscences stoïciennes du Cratyle : de la définition sémantique de la cause à la cosmologie », Etudes platoniciennes (14 / 2018), juin 2018., 2018
In recent years, the Cratylus has been added to the list of Plato’s writting filling the field of investigation concerning the reception of Plato at the Stoa. But it was to only investigate its influence over the Stoic theory of language. In this paper, we will study in particular three etymological sequences (on Zeus, 396a-b, on the soul, 399d-400b, on the just, 412d-413c), which find a striking echo in Stoic theory of causality (notably in Stobaeus, Ecl. I, 13, 1c, in Seneca, Ep. 65, and in D. L. VII, 138-9 and 147). This analysis will allow us to glimpse the existence of a Stoic use of Cratylus in the context of the elaboration of a new theory of causality without the Forms, proposing a demiurgic model in competition – according to the ancient commentators – with the Timaeus .
« Le stoïcisme caché de L’être et le néant », dans Aminian TABRIZI (éd), Etudes sartriennes (n°21), Penser avec Sartre aujourd’hui, Paris, Classiques Garnier, 2017, p. 149-176., 2017
Sartre, Stoicism, and the Problem of Moral Responsibility (From 1939 to 1948), 2021
philosophy and stoicism, however, the often made references by Sartre to the Stoics, and
the "stoic" attitude he even says he adopts at the time of the mobilization (in 1939), attest to a real influence, in regards to his moral – and this path remains to elucidate. The two unfinished
writings framing L’Être et le Néant [Being and Nothingness] can, thus, deliver important
information about two different types of links to Stoicism on the philosophical problem of
responsibility, that Sartre binds with the problem of commitment.
« Sur l’école d’Épictète », dans Stéphane MARCHAND (éd), Aperçus de la pensée stoïcienne, Cahiers philosophiques n° 151 (4/2017), Paris, Vrin, 2018, p. 91-104.
« Deux théories stoïciennes des affections préliminaires », dans la Revue de philosophie ancienne, T. XXXII/2, 2014, p. 225-257., 2014
Based on the testimony of Seneca and Epictetus, this article aims to show how the Stoics perceive involuntary reactions, based on their own psychology of action. References to Zeno and allusions to Chrysippus prove that a theory of “preliminary passions” existed from the beginnings of Stoa. Fragment 9 of Epictetus and the opening of the second book of De Ira are interpreted as two competing versions relating to two subtly different theories. From textual material borrowed from the early Stoics, we show the influence of Zeno on De Ira and that of Chrysippus on the passage of the lost book of Discourses. This assumption has the effect of linking Seneca’s presentation to Stoic orthodoxy advocating psychological monism, and not to the Posidonian line of thought marked by a psychological dualism tending towards Plato and Aristotle.
"Faiblesse cognitive et faiblesse morale chez les stoïciens", dans Yoann MALINGE et Olivier D’JERANIAN (éds), Rationalité pratique et motivation morale, Philonsorbonne, 11, 2017, p. 177-193., 2017
« L'usage sartrien du stoïcisme, dans les Carnets de la drôle de guerre et les Cahiers pour une morale », dans Dialogue, Canadian Philosophical Review, Volume 55, Issue 2, 2016, p. 287-311., 2016
From the testimony of the Carnets de la drôle de guerre [War Diaries: Notebooks from a Phony War] and the Cahiers pour une morale [Notebooks for an Ethics], this article shows how Sartre uses Stoicism for his philosophical concerns: commitment and responsibility. Sartre’s frequent references to the Stoics, as well as the “stoic” attitude he claims to adopt at the time of mobilization in World War II, attest to the influence of Stoicism. Based on key passages in these two unfinished writings that chronologically frame L’être et le néant [Being and Nothingness], this article shows that Sartre borrows his own moral categories from Stoicism. As he voices it in the Carnets, Sartre attempts to reach a synthesis of Stoicism and authenticity, a key idea in his philosophy.
Conference (organization) by Olivier D'Jeranian
Conference Presentations by Olivier D'Jeranian
Durham. 20-22th April 2016
Dept. of Classic
I’ll try here to clarify the status of the stoic relative disposition, linking the ontological and the moral aspects, trying to enlighten the ethics developed by the Roman Stoics with the fourth category conceived by the Hellenistic Stoics: the πρός τι πῶς ἔχον. If the importance of the relation with others in the Stoic’s imperial ethics is no longer in doubt, we still have to find out wether this relation could ground itself on the ontology developed by the Stoics of the Hellenistic period. More simply, I will ask myself if the Stoics were able to think the status of relation on an ontological level as the foundation of morality, giving it a ground on the analysis of the body as a “being”. If there is nothing there to prove this hypothesis directly, it will have at least the merit to reassess the interpretation made by the scholars and commentators (from Simplicius onwards) in the fourth category, questioning its presence and function.