Books by Olivier D'Jeranian

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L’apprentissage de la responsabilité. Essai sur le stoïcisme d’Épictète, Paris, Vrin, coll. Histoire des doctrines de l’Antiquité classique, 2023

Ce livre étudie la théorie stoïcienne de la responsabilité morale telle qu’elle a été reprise et ... more Ce livre étudie la théorie stoïcienne de la responsabilité morale telle qu’elle a été reprise et développée par Épictète. S’inscrivant à la suite du stoïcisme hellénistique, Épictète adopte l’intellectualisme moral et la psychologie moniste défendue par Chrysippe, et insiste à son tour sur le caractère maximal de la responsabilité de l’agent dans ses comportements et ses états mentaux. Mais là où la responsabilité constituait, dans le stoïcisme ancien, un problème moral attenant à la théorie du destin et dont la résolution était essentiellement physique, elle devient, chez Épictète, la thématique prioritaire de l’éthique et de l’éducation philosophique. Abandonnant l’idée de justification de l’imputation morale par une analyse strictement physique de la causalité psychologique et universelle, le philosophe de Nicopolis fait un usage de concepts inédits dans l’histoire du Portique, tels que celui de prohairesis et d’usage des représentations, impliquant une variation importante pour le « compatibilisme » stoïcien. Cette théorie de la responsabilité morale, fondée sur un « don divin » assurant un principe d’identité symétrique entre l’homme et le dieu, est au fondement des devoirs et des engagements sociaux et politiques dont le sage constitue la figure paradigmatique. Son accessibilité est rendue possible par la mise en place d’un dispositif éducatif mettant le progrès moral au cœur de ses préoccupations, faisant de la responsabilité l’objet d’un apprentissage aussi bien théorique que pratique.

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Lire L’être et le néant de Sartre, coll. "Etudes et commentaires", Vrin, 2023

Présentation L’être et le néant est sans doute le grand œuvre de Jean-Paul Sartre. Ayant donné l... more Présentation

L’être et le néant est sans doute le grand œuvre de Jean-Paul Sartre. Ayant donné lieu à de nombreux commentaires, aucune lecture suivie n’en a pourtant été faite en langue française. Remédiant à cette lacune, chaque contribution au présent collectif aborde une thématique développée par l’un des chapitres des quatre parties de l’essai d’ontologie phénoménologique. Voulant guider les lecteurs dans leur compréhension du texte, cette étude offre également une interprétation renouvelée de celui-ci, en menant à la fois une lecture interne et un travail d’analyse des rapports entre la philosophie de Sartre et celles d’autres penseurs. Se distinguant par la singularité de sa méthode et de ses conclusions, chaque contributrice et contributeur témoigne, à sa manière et dans son style propre, de la grande fécondité de la pensée de Sartre.

Les auteurs

Ont collaboré à ce volume : É. Abouahi, L. Barillas, Ph. Cabestan, O. D’Jeranian, V. de Coorebyter, C. Dodeman, R. Ehrsam, L. Husson, L. Jaffro, Ch. Lapierre, Y. Malinge et H. Rizk

Manuel d'Epictète (traduction et appareil pédagogique), Garnier Flammarion, 2020

Petit guide de philosophie pratique, le Manuel est destiné à quiconque souhaite progresser sur la... more Petit guide de philosophie pratique, le Manuel est destiné à quiconque souhaite progresser sur la voie de la sagesse. Selon Épictète, nous devons distinguer ce qui est en notre pouvoir de ce qui ne l’est pas. Ainsi, nous ne maîtrisons pas le cours des événements, mais nous sommes entièrement responsables de la façon dont nous y réagissons. Tempérer nos désirs, vivre en accord avec la Nature, comprendre le monde et le rôle que nous y jouons : tels sont les préceptes que nous exhorte à suivre Épictète, afin de connaître bonheur et vertu.

Research paper thumbnail of Sextus Empiricus. Contre les moralistes (Adv. Math. XI)

Sextus Empiricus, Contre les moralistes (Adv. Math. XI), texte présenté, traduit et annoté par O. D’JERANIAN, Paris, Manucius, 2015.

La philosophie peut-elle garantir le bonheur? Si la vie heureuse n’est pas affaire de circonstanc... more La philosophie peut-elle garantir le bonheur? Si la vie heureuse n’est pas affaire de circonstances et de chance, mais qu’elle dépend des hommes, les moralistes peuvent-ils l’enseigner? Mais qu’ont-ils le pouvoir d’assurer qu’ils ne peuvent pas également empêcher, en érigeant leurs préférences en règles et leurs manières en art de vivre? De promesses en vœux pieux formulés par les maîtres, d’espoirs en désillusions nourris par leurs disciples, et c’est la philosophie tout entière qui, discréditée et suspecte, ne se remettrait pas de ces controverses interminables entre les différentes «écoles».
Pour Sextus Empiricus, médecin se réclamant de la voie sceptique inaugurée par Pyrrhon d’Elis, le dogmatisme moral est non seulement futile, mais encore dangereux. Parce que le trouble vient de ce que l’on cherche à obtenir des biens ou à éviter des maux que l’on croit réels, il est impératif de suspendre son jugement quant à leur nature et même leur existence. Ce n’est qu’une fois opéré ce dessaisissement de la raison par elle-même, dans ses prétentions théoriques et pratiques, que pourront advenir, comme par inadvertance, la sérénité et la tranquillité de l’âme. En développant le projet des Esquisses pyrrhoniennes, le Contre les moralistes met en œuvre tous les moyens pour obtenir de son lecteur un renoncement véritable, afin que ce dernier ne s’accorde qu’à la loi des événements, et vive au bonheur de leur simple manifestation.
Olivier D’Jeranian est agrégé de philosophie. Il poursuit des recherches sur le stoïcisme et a notamment traduit, pour les éditions Manucius, les Sentences et Fragments d’Épictète et les Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes.

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Épictète, Sentences et fragments, texte présenté, traduit et annoté par O. D’JERANIAN, Paris, Manucius, 2014.

Nous pensions avoir tout lu d’Epictète, tout connu de ses maximes si profitables à la conduite de... more Nous pensions avoir tout lu d’Epictète, tout connu de ses maximes si profitables à la conduite de nos vies, quand dans l’expérience du chagrin elles nous servirent souvent de guide, tout entendu de ses Entretiens, ravis par leur style percutant, n’ayant d’égal que les dialogues du grand Platon. Mais s’il est bien un sort partagé par bon nombre de philosophes antiques, c’est d’être, sinon tout bonnement passés dans l’oubli, du moins résumés au titre d’un seul de leurs livres, quand la loi du marché ne les a pas déjà condamnés pas au rayon des sciences occultes ou du développement personnel. Pourtant, si grave qu’elle puisse être quand il s’agit de celui que l’on doit considérer comme le penseur antique le plus traduit, discuté et imité, cette lacune d’une partie du corpus épictétéen dans notre langue est restée inaperçue. La raison de cette négligence doit peut-être tenir au succès impressionnant du Manuel, dont on compte un nombre incalculable de traductions et d’éditions, et qui occulte déjà partiellement l’existence des Entretiens dont il est l’abrégé. Mais si ces derniers dialogues ont bien souvent été délaissés à cause d’une longueur qu’on imagine propre à décourager le chaland, il n’en sera rien pour les fragments et les sentences. Que le profane se rassure, donc, ces traits ont conservé le style épuré et concis qu’on attendait pas moins du célèbre directeur de conscience. Et c’est bien par mégarde qu’on en eut jamais proposé d’édition française, alors même que les Italiens, les Anglais, les Allemands et les Espagnols peuvent les lire depuis longtemps, tandis qu’on s’étonnera encore de la découverte d’un trésor que rien ne cachait vraiment à nos yeux, sinon le manque de volonté d’aller fouiller, interroger et dénicher dans nos données textuelles, les restes d’une parole aux ressources inépuisables pour la pensée.
Et c’est là l’objectif de la présente édition qui, proposant, pour la grande majorité des fragments, une traduction française inédite, lisible et accessible à tous, chercha à montrer l’intérêt que ceux-ci peuvent encore avoir aujourd’hui pour la réflexion et l’histoire de la philosophie, en disposant à l’usage des lecteurs les plus avancés un appareil de note élaboré. Quant aux problèmes textuels, dont nous avons fait état à la fin de l’introduction, ils ne doivent pas minorer sinon occulter la valeur des fragments. En effet, si de nombreux thèmes connus du stoïcisme d’Epictète s’y retrouvent, ils sont parfois davantage explorés et précisés qu’ils ne pouvaient l’être dans les Entretiens et le Manuel. De ces bouts retrouvés des livres perdus des Entretiens, peut-être quatre ou huit de plus que nous n’en disposons aujourd’hui, nous sommes fondés à croire que, dans l’ensemble, ils réaffirment à leur manière le stoïcisme radical du penseur, tout en proposant, pour certains du moins, des aspects novateurs qui aideront peut-être les spécialistes à approfondir quelques unes de leurs positions. On remarquera, par exemple, une présence très nette du rapport de l’homme au dieu, en ajoutant à la distinction canonique du Manuel entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous, une dimension cosmologique essentielle qui ne s’y trouvait pas explicitement dite. Nous laissons le lecteur averti, maîtrisant son Épictète, discerner les variations mélodiques introduites par cette parole parfois obscure, pourvu qu’il ne manque pas de se rappeler la teneur fondamentalement active du discours philosophique, fût-il lacunaire et corrompu.

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Eunape de Sardes, Vies de philosophes et de sophistes, texte présenté, traduit et annoté par O. D’JERANIAN, Houilles, Manucius, 2009.

De toutes les doxographies ou biographies de penseurs grecs que les auteurs de l’Antiquité ont la... more De toutes les doxographies ou biographies de penseurs grecs que les auteurs de l’Antiquité ont laissées pour la postérité, seules quelques-unes nous sont parvenues. Pourtant, et aussi peu soient-elles, toutes n’ont pas connu un sort égal, et certaines ont même, malgré leurs indéniables qualités, plongé dans l’oubli.
C’est le cas des Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes, collection de biographies originale pour l’époque car elle expose la vie des philosophes et des sophistes dans un seul et même ouvrage. Mais c’est avant tout la génération de penseurs abordée dans ce recueil qui fera sa spécificité, et l’œuvre d’Eunape sera bien la seule à couvrir, comme il le dira lui-même, tout un pan de la pensée grecque déjà délaissé par les doxographes.
Ces Vies ont aussi la particularité d’être écrites par un intellectuel engagé dans les controverses politiques, philosophiques et religieuses de son temps, la fin du IVe siècle de notre ère, période charnière pour la philosophie et surtout pour le paganisme, dans un Empire romain tout juste christianisé. En ces temps de crise, l’ouvrage prend la forme d’un manifeste philosophique exposant un idéal de vie païen, profondément ancré dans une culture grecque classique, se réclamant de Platon, d’Homère et s’incarnant en la personne de Julien l’Apostat, dont la biographie inédite occupe une place centrale.
Pour toutes ces raisons, qu’elles soient philosophiques ou historiques, Les Vies de philosophes et de sophistes méritaient une nouvelle traduction tenant compte des récentes avancées de la recherche philologique.

Lucrèce. Devant la mort. (De rerum Natura III), 2017

« Il est maintenant l’heure d’expliquer la nature de l’esprit et de l’âme ; il est temps que mes ... more « Il est maintenant l’heure d’expliquer la nature de l’esprit et de l’âme ; il est temps que mes vers rejettent au néant cette peur des enfers qui si profondément trouble la vie humaine que nul plaisir n’est pur, nulle volupté pleine, tant l’ombre de la mort en assombrit le cours ! »

Olivier D’Jeranian est l’auteur d’une postface « Le miel du poème et l’amertume du remède » ainsi que d’une courte présentation ; agrégé et docteur en philosophie, il est spécialiste de philosophie antique. Il a notamment traduit pour les éditions Manucius, les Sentences et Fragments d’Épictète ; les Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes et le Contre les moralistes de Sextus Empiricus.

http://manucius.com/produit/devant-la-mort/

Papers by Olivier D'Jeranian

Chrysippe, l'inévitabilité du destin et la confatalité

« Chrysippe, l’inévitabilité du destin et la confatalité », Philosophie antique, 24 | 2024, 123-148., 2024

This article discusses the theory of confatalia developed by Chrysippus in response to the Lazy a... more This article discusses the theory of confatalia developed by Chrysippus in response to the Lazy argument. After revealing its fallacy, we analyse the distinction used to respond to it (Cicero, Fat. 30). On the one hand, res simplices, which correctly describes the inevitability of fate, on the other, res copulatae, which assume a relationship of dependence between a result and a confatal action. Making Stoic fatalism more robust, the confatalia were part of the moral issues of the second book of Chrysippus’ On Fate. It is from this perspective that we examine the nature of the confatal relationship, concluding that it is not the effect of any law of fate that would make it necessary.

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Chrysippe, les possibles et l'éternel retour

Chrysippe, les possibles et l'éternel retour (Revue de Métaphysique et de Morale, 2021/2. N° 110), pages 191 à 208, 2021

Français Chrysippe a élaboré une stratégie contre l’argument Dominateur de Diodore afin d’éviter... more Français
Chrysippe a élaboré une stratégie contre l’argument Dominateur de Diodore afin d’éviter le nécessitarisme impliqué par le rejet des possibilités contrefactuelles. Alexandre d’Aphrodise lui oppose sa doctrine du retour périodique (Sur les Premiers Analytiques d’Aristote 180, 28 – 181, 34). Son objection repose sur une conception numérique de l’identité des individus à travers les cycles. Chrysippe n’admettant que leur ressemblance sinon leur stricte identité qualitative, sa doctrine du retour autorise les possibilités contrefactuelles.

English

Chrysippus developed a strategy against Diodorus’ Master Argument in order to avoid the necessitarianism involved in rejecting counterfactual possibilities. Alexander of Ahprodisias opposes Chrysippus in his doctrine of everlasting recurrence (On Aristotle’s Prior Analytics 180, 28 – 181, 34). His objection is based on a numerical conception of the identity of individuals across cycles. By admitting only resemblance of individuals, if not their strict qualitative identity, Chrysippus’ doctrine of return authorizes counterfactual possibilities.

Research paper thumbnail of Les réminiscences stoïciennes du Cratyle : de la définition sémantique de la cause à la cosmologie (Etudes platoniciennes)

« Les réminiscences stoïciennes du Cratyle : de la définition sémantique de la cause à la cosmologie », Etudes platoniciennes (14 / 2018), juin 2018., 2018

Depuis quelques années, le Cratyle s’est ajouté à la liste des Dialogues remplissant le champ d’i... more Depuis quelques années, le Cratyle s’est ajouté à la liste des Dialogues remplissant le champ d’investigation portant sur la réception de Platon au Portique. Mais c’était essentiellement pour interroger son influence sur la théorie stoïcienne du langage. Dans cet article, nous étudierons en particulier trois séquences étymologiques (sur Zeus, 396a-b ; sur l’âme 399d-400b ; sur le juste, 412d-413c) qui trouvent un écho frappant dans les rapports stoïciens sur la causalité (notamment chez Stobée, Ecl. I, 13, 1c, chez Sénèque, Ep. 65, et chez D. L. VII, 138-9 et 147). Cette analyse permettra d’entrevoir l’existence d’un usage stoïcien du Cratyle dans le cadre de l’élaboration d’une nouvelle théorie de la causalité sans les Formes, proposant un modèle démiurgique concurrençant, aux dires des rapporteurs Antiques, celui du Timée.

In recent years, the Cratylus has been added to the list of Plato’s writting filling the field of investigation concerning the reception of Plato at the Stoa. But it was to only investigate its influence over the Stoic theory of language. In this paper, we will study in particular three etymological sequences (on Zeus, 396a-b, on the soul, 399d-400b, on the just, 412d-413c), which find a striking echo in Stoic theory of causality (notably in Stobaeus, Ecl. I, 13, 1c, in Seneca, Ep. 65, and in D. L. VII, 138-9 and 147). This analysis will allow us to glimpse the existence of a Stoic use of Cratylus in the context of the elaboration of a new theory of causality without the Forms, proposing a demiurgic model in competition – according to the ancient commentators – with the Timaeus .

Research paper thumbnail of Le stoïcisme caché de L'être et le néant (Etudes sartriennes)

« Le stoïcisme caché de L’être et le néant », dans Aminian TABRIZI (éd), Etudes sartriennes (n°21), Penser avec Sartre aujourd’hui, Paris, Classiques Garnier, 2017, p. 149-176., 2017

Le stoïcisme a sans aucun doute exercé sur Jean-Paul Sartre une influence aussi paradoxale que dé... more Le stoïcisme a sans aucun doute exercé sur Jean-Paul Sartre une influence aussi paradoxale que déterminante, un attrait que beaucoup de ses contemporains ont remarqué chez lui. De 1939 à 1948, l'usage sartrien de cette pensée antique est indissociable du projet d'élaboration d'une « morale », dont les écrits posthumes qui encadrent L'être et le néant assumeront l'échec par leur inachèvement. Dans sa réappropriation critique de la théorie stoïcienne de l'incorporel, Sartre se donne les moyens de penser la néantisation originelle et, partant, une liberté à la fois absolue et aliénée aux situations. Dans la mesure où la liberté est la sécrétion par l'homme « d'un néant qui l'isole », l'ontologie stoïcienne des corps et des incorporels, ces non-étants causés par les êtres que sont les corps, devient un outil théorique discret, bien qu'indispensable aux développements de la quatrième partie de L'être et le néant et aux critiques des Cahiers pour une morale.

Sartre, Stoicism, and the Problem of Moral Responsibility (From 1939 to 1948), 2021

Many elements would seem to reveal a conflict between the sartrian existentialist philosophy and ... more Many elements would seem to reveal a conflict between the sartrian existentialist
philosophy and stoicism, however, the often made references by Sartre to the Stoics, and
the "stoic" attitude he even says he adopts at the time of the mobilization (in 1939), attest to a real influence, in regards to his moral – and this path remains to elucidate. The two unfinished
writings framing L’Être et le Néant [Being and Nothingness] can, thus, deliver important
information about two different types of links to Stoicism on the philosophical problem of
responsibility, that Sartre binds with the problem of commitment.

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« Sur l’école d’Épictète », dans Stéphane MARCHAND (éd), Aperçus de la pensée stoïcienne, Cahiers philosophiques n° 151 (4/2017), Paris, Vrin, 2018, p. 91-104.

Tel qu'Arrien l'indique dans les Entretiens, le cours d'Epictète comprenait une partie technique,... more Tel qu'Arrien l'indique dans les Entretiens, le cours d'Epictète comprenait une partie technique, où l'apprentissage de la doctrine et des démonstrations était de mise, et une autre, à laquelle nous avons seulement accès, où le maître discutait plus librement avec des interlocuteurs de tous horizons sur des sujets d'ordre spécifiquement éthiques en interprétant la doctrine stoïcienne selon ses propres catégories conceptuelles. Cette deuxième séquence pédagogique interroge directement l'utilité de la première, et engage une réflexion plus large sur l'école philosophique, reprenant la discussion traditionnellement menée entre stoïciens et académiciens sur la scholè. Epictète apporte ainsi un éclairage original sur le rôle, le sens et la fonction des pratiques scolaires à l'époque romaine, dans la perspective stoïcienne d'une vie philosophiquement authentique, en accord avec la nature.

Research paper thumbnail of Deux théories stoïciennes des affections préliminaires (Revue de philosophie ancienne)

« Deux théories stoïciennes des affections préliminaires », dans la Revue de philosophie ancienne, T. XXXII/2, 2014, p. 225-257., 2014

À partir du témoignage de Sénèque et d’Épictète, le présent article vise à montrer comment les st... more À partir du témoignage de Sénèque et d’Épictète, le présent article vise à montrer comment les stoïciens rendent compte des réactions involontaires à partir de leur propre psychologie de l’action. Les références faites à Zénon et les allusions à Chrysippe prouvent qu’une théorie des « affections préliminaires » existait dès les débuts du Portique. Le frag- ment 9 d’Épictète et l’ouverture du deuxième livre du De Ira sont ainsi interprétés comme deux versions concurrentes se rapportant à deux théories subtilement différentes. À partir du matériau textuel emprunté aux premiers stoïciens, on montre l’influence de Zénon sur le De Ira et celle de Chrysippe sur le passage du livre perdu des Entretiens. Cette hypothèse a pour conséquence d’accorder l’exposé de Sénèque à l’or- thodoxie stoïcienne défendant un monisme psychologique, et non à la filiation posidonienne, marquée par un dualisme psychologique à tendance platonico-aristotélicienne.


Based on the testimony of Seneca and Epictetus, this article aims to show how the Stoics perceive involuntary reactions, based on their own psychology of action. References to Zeno and allusions to Chrysippus prove that a theory of “preliminary passions” existed from the beginnings of Stoa. Fragment 9 of Epictetus and the opening of the second book of De Ira are interpreted as two competing versions relating to two subtly different theories. From textual material borrowed from the early Stoics, we show the influence of Zeno on De Ira and that of Chrysippus on the passage of the lost book of Discourses. This assumption has the effect of linking Seneca’s presentation to Stoic orthodoxy advocating psychological monism, and not to the Posidonian line of thought marked by a psychological dualism tending towards Plato and Aristotle.

Research paper thumbnail of Faiblesse cognitive et faiblesse morale chez les stoïciens (Philonsorbonne)

"Faiblesse cognitive et faiblesse morale chez les stoïciens", dans Yoann MALINGE et Olivier D’JERANIAN (éds), Rationalité pratique et motivation morale, Philonsorbonne, 11, 2017, p. 177-193., 2017

Les stoïciens sont connus pour avoir défendu un monisme psychologique rompant avec les conception... more Les stoïciens sont connus pour avoir défendu un monisme psychologique rompant avec les conceptions classiques de l'âme, en comprenant cette dernière comme intégralement rationnelle. Ce faisant, ils rendirent compte des émotions et des passions au moyen de composants dogmatiques validés par l'assentiment. Mais les célèbres résultats de l'intellectualisme stoïcien sur le phénomène pathologique, irrationnel et excessif, occultent ceux de la faiblesse morale. Si les « faibles » sont tels en raison d'une infirmité cognitive et non d'une irrationalité pratique, comment les stoïciens définissent et distinguent l'absence de motivation de celle de contrôle de soi, mais surtout, en évitant de fournir des excuses aux faibles ?

Research paper thumbnail of L'usage sartrien du stoïcisme (Revue Dialogue)

« L'usage sartrien du stoïcisme, dans les Carnets de la drôle de guerre et les Cahiers pour une morale », dans Dialogue, Canadian Philosophical Review, Volume 55, Issue 2, 2016, p. 287-311., 2016

A partir du témoignage des Carnets de la drôle de Guerre et des Cahiers pour une morale, le prése... more A partir du témoignage des Carnets de la drôle de Guerre et des Cahiers pour une morale, le présent article vise à montrer comment Sartre fait usage du stoïcisme dans la perspective de ses propres thématiques morales que sont l’engagement et la responsabilité. Les références constantes faites aux stoïciens, et l’attitude « stoïque » qu’il dit même adopter au moment de la mobilisation, attestent d’une influence dont les tenants et les aboutissants dans l’itinéraire sartrien sont encore à élucider. Les deux écrits inachevés qui encadrent L’Etre et le Néant peuvent toutefois livrer des informations importantes sur deux types de rapports différents au stoïcisme. Dans les Carnets, l’attachement problématique du philosophe avait fait place à une critique de l’attitude stoïque démasquée comme « machination psychologique » et contraire à l’authenticité. Dans les Cahiers, le stoïcisme était en revanche plus directement critiqué au titre qu’il maintenait négativement une forme de complicité avec l’ordre établi au nom d’une liberté abstraite. A partir des passages clés de ces deux ouvrages, la présente étude montre comment Sartre emprunte au stoïcisme ses propres catégories morales, en tentant la synthèse du stoïcisme et de l’authenticité dont les Carnets avaient formulé l’ambition.


From the testimony of the Carnets de la drôle de guerre [War Diaries: Notebooks from a Phony War] and the Cahiers pour une morale [Notebooks for an Ethics], this article shows how Sartre uses Stoicism for his philosophical concerns: commitment and responsibility. Sartre’s frequent references to the Stoics, as well as the “stoic” attitude he claims to adopt at the time of mobilization in World War II, attest to the influence of Stoicism. Based on key passages in these two unfinished writings that chronologically frame L’être et le néant [Being and Nothingness], this article shows that Sartre borrows his own moral categories from Stoicism. As he voices it in the Carnets, Sartre attempts to reach a synthesis of Stoicism and authenticity, a key idea in his philosophy.

Conference (organization) by Olivier D'Jeranian

Consacrée aux parties I et II de L'être et le néant, cette journée s'inscrit dans la continuité d... more Consacrée aux parties I et II de L'être et le néant, cette journée s'inscrit dans la continuité d'une première journée d'études consacrée aux parties III et IV de L'être et le néant, en mai 2015. Elle participe également au renouveau des études philosophiques sur Sartre.

Conference Presentations by Olivier D'Jeranian

Research paper thumbnail of Le modèle cynique du sage chez Épictète (Bordeaux 5-6 avril 2017)
Dans le TLG, on trouve 20 occurrences de l'adjectif « cynique » dans les Entretiens d'Epictète (d... more Dans le TLG, on trouve 20 occurrences de l'adjectif « cynique » dans les Entretiens d'Epictète (dont un comparatif dans un fragment). La majeure partie des occurrences se trouvent dans le chapitre 22 du livre III. Deux d'entre elles se trouvent ailleurs : la première se trouve dans le livre IV (E. IV, 8, 30-32) et reconstitue un discours du cynique imperturbable et heureux, qui ne place pas son bien dans les choses extérieures ; la seconde se trouve dans le fragment 10 rapporté par Aulu-Gelle et relate un discours « très cynique » prononcé par Epictète à l'endroit de certains de ses disciples qui se sont égarés sur le sens véritable des études philosophiques. Diogène de Sinoppe apparaît à 27 reprises dans les Entretiens et le Manuel d'Épictète. Fait remarquable, la figure de Diogène ne semble pas très éloignée, dans l'esprit d'Epictète, de celle de Socrate, et constitue non seulement un modèle de choix pour devenir stoïcien, mais encore un sage épictétéen idéal, qui vit en accord avec les événements, et surtout qui s'est fait le serviteur de Zeus. Le Diogène historique n'était évidemment pas stoïcien ni épictétéen avant l'heure, ne serait-ce à cause de son agnosticisme et de son rejet de tout providentialisme naturaliste ou d'une vision rationnelle du monde. D'autre part, l'ascèse cynique n'est pas spirituelle ou cognitive, elle est corporelle et active. Ces points interrogent l'usage par Epictète de la figure de Diogène comme modèle du sage. Chez Epictète, bien que la Fortune soit remplacée par Zeus, l'ascèse corporelle (héritée sans doute de Musonius) joue un rôle de premier ordre dans le processus d'habituation qui assure le passage du progrès vers la sagesse. C'est la raison pour laquelle Diogène est souvent cité avec Socrate, non pas, à mon avis, pour légitimer la tradition stoïcienne en l'affiliant à Socrate moyennant le cynisme, mais plutôt pour dépasser l'opposition entre intellectualisme moral et morale de l'action qu'incarneraient respectivement ces deux modèles. Autrement dit, si Epictète fait usage de Diogène, c'est pour résoudre un problème proprement stoïcien, celui du progrès moral comme processus d'habituation. Le mode de vie cynique décrirait au mieux le sage qu'Epictète appelle de ses voeux. Mais encore faut-il comprendre ce qu'Epictète conserve et ce qu'il rejette du cynisme. L'éducation philosophie épictétéenne s'apparente au cynisme ancien, en tant qu'elle se propose d'atteindre une véritable autarcie moyennant un engagement volontaire et discipliné, qui fait de la vie philosophique un combat moral qui s'obtient à travers la souffrance et les épreuves. Il était peut-être de bon ton d'utiliser la figure de Diogène, revenue à la mode à l'époque impériale, pour illustrer le stoïcisme. Mais je trouve au moins deux inconvénients à cette démarche. Premièrement, cela conduit Epictète à minimiser le rôle de l'usage des représentations et donc à passer quelque peu sous silence la dimension intellectualiste et socratique de sa morale. Deuxièmement, cela contrevient à l'engagement politique tel que le conçoivent traditionnellement les stoïciens : le cosmopolitisme de Diogène est inhérent à une remise en cause de la polis et de ses lois, et l'engagement vis-à-vis d'elles pourrait contrevenir à la liberté individuelle, qu'un exil pourrait même satisfaire. De manière paradoxale, l'usage stoïcien de la figure exemplaire du cynique conduit Epictète à détourner le détournement diogénien.

Research paper thumbnail of The problematic status of the Stoic 4th category
"Relativity in Ancient Philosophy" Durham. 20-22th April 2016 Dept. of Classic I’ll try here to c... more "Relativity in Ancient Philosophy"
Durham. 20-22th April 2016
Dept. of Classic
I’ll try here to clarify the status of the stoic relative disposition, linking the ontological and the moral aspects, trying to enlighten the ethics developed by the Roman Stoics with the fourth category conceived by the Hellenistic Stoics: the πρός τι πῶς ἔχον. If the importance of the relation with others in the Stoic’s imperial ethics is no longer in doubt, we still have to find out wether this relation could ground itself on the ontology developed by the Stoics of the Hellenistic period. More simply, I will ask myself if the Stoics were able to think the status of relation on an ontological level as the foundation of morality, giving it a ground on the analysis of the body as a “being”. If there is nothing there to prove this hypothesis directly, it will have at least the merit to reassess the interpretation made by the scholars and commentators (from Simplicius onwards) in the fourth category, questioning its presence and function.

Research paper thumbnail of La spécificité de la causalité stoïcienne (paper).pdf
1. Si l'on fait une recherche sur la conception stoïcienne de la cause dans les rapports antiques... more 1. Si l'on fait une recherche sur la conception stoïcienne de la cause dans les rapports antiques, on s'aperçoit qu'elle n'est jamais évoquée seulement pour elle-même, mais toujours par comparaison, implicite ou explicite, avec celles de Platon et d'Aristote. 2. Cette comparaison conduit à un premier problème (historique) : sa spécificité est pensée par les commentateurs antiques et contemporains de manière a posteriori alors même que rien ne prouve que les premiers stoïciens avaient eu connaissance (et discuté) du démiurge du Timée ou de la cause motrice aristotélicienne. 3. Apparaît alors un autre problème (doxographique) : on suppose que la spécificité stoïcienne tient à une réduction et à une simplification des positions platonicienne et aristotélicienne. Or cela implique un commun accord sur les conceptions de l'activité et de la causalité (que les stoïciens auraient strictement identifiées). Sextus, Sénèque et Ps.-Galien l'interprètent ainsi, et Stobée reste plus discret mais suggère que la comparaison a lieu d'être faite. 4. Problème de la méthode comparative : 1) elle conduit à la dialectique historique, 2) elle gomme les aspérités qui la dérangent, 3) elle ignore l'histoire des concepts. 5. Thèse de l'article : les stoïciens ne peuvent pas « simplifier » Platon et Aristote, puisque cela supposerait qu'ils partagent la même conception de l'activité et donc de la causalité générale. Or c'est impossible, puisqu'ils rejettent les Formes (donc vs le démiurge) et puisqu'ils rejettent le virtuel et l'entéléchie (donc vs la cause motrice). 6. Cela ne signifie pas que la méthode comparative soit sans intérêt. Au contraire, puisqu'elle nous permet de comprendre que la conception stoïcienne de la cause implique un problème philosophique différent de celui de Platon et d'Aristote, une fois qu'on a compris que les stoïciens élaborent une ontologie de l'activité au moyen de leur physique corporéiste (i.e. la cause ne peut être qu'un agent physique dans le monde). 7. Partant, le concept stoïcien de cause, s'il sert les intérêts de la physique, s'inscrit sous un horizon moral et annonce la thématique du destin et de la responsabilité humaine (qu'on ne développera pas ici). C'est la raison pour laquelle les solutions de Frede et de Bobzien doivent être rejetées. 8. La « simplification » apparente des stoïciens tient donc en réalité à un rejet de la métaphysique (on en reste à un plan purement phénoménal) et peut-être à une indexation de la physique sur la morale. 9. Parcours du papier: Si la conception stoïcienne de la cause est originale parce que la façon de l'envisager comme problème est nouvelle, il est toutefois possible d'en saisir les données via le Cratyle et la Métaphysique, qui semblent prédire la position stoïcienne et, plus intéressant, montrer comment Platon et Aristote se définissent déjà à priori contre elle. 1) On commencera par comparer les différentes méthodes philosophiques de recherche de la cause, en montrant comment les stoïciens inventent leur propre problème philosophique et non une solution à un problème commun.