Une schola monumentale découverte boulevard Frédéric-Latouche à Augustodunum / Autun (Saône-et-Loire)

Abstract

article dans Gallia faisant la synthèse des résultats d'un diagnostic archéologique boulevard F. Latouche à Autun, ayant mis à jour un grand monument, une possible schola, peut-être les Écoles méniennes. En collaboration, je ne suis auteur que de la partie restitution, qui pose une nouvelle méthodologie de restitution architecturale issue des données non exhaustive d'un diagnostic.

Une schola monumentale découverte boulevard Frédéric-Latouche à Augustodunum / Autun (Saône-et-Loire) Yannick Labaune 1, Antoine Louis 2, Véronique brunet-Gaston 3, Anne Delor ahü 4, Jean-Pierre Garcia 5, Antony hostein 6, Michel Kasprzyk 7, avec la collaboration de Julien Boislève 8 et Florent Delencre 9. Mots-clés.  Haut-Empire, Antiquité tardive, époque tétrarchique, valider définitivement ces premières hypothèses. Quelle que soit la architecture, centre monumental, complexe monumental, fonction assignée à ce vaste complexe, sa découverte illustre avec Panégyriques Latins, scholae Maenianae. éclat à la fois l’importance de la parure monumentale d’Autun sous Résumé.  Un diagnostic d’archéologie préventive a été réalisé en le Haut-Empire ainsi que l’entreprise de restauration intervenue sur 2011 dans le centre de la ville antique d’Augustodunum sur une place au tournant des années 300. parcelle de plus d’un hectare. Cette opération a été l’occasion Keywords.  Autun (Saône-et-Loire), Early Empire, Late Antiquity, d’explorer partiellement deux îlots longeant la rue principale, dite tetrarchic period, architecture, monumental centre, monumental «  cardo maximus  », un secteur qui bénéficie d’avancées récentes complex, schola, Latin Panegyrics, scholae Maenianae. de la recherche. Le premier ilôt accueille un habitat de fort statut Abstract.  In 2011, an archaeological evaluation was carried out qui présente de remarquables similitudes avec les maisons dites in the centre of the Roman city of Augustodunum (Autun) on de Balbius Iassus et à l’Étui d’Or fouillées à proximité dans les a plot of over 1  ha. This operation afforded the opportunity to années 1970 ; le second ilôt recèle les vestiges d’un vaste complexe explore parts of two insulae along the main street, the so-called monumental, dégagés sur près de 900 m², qui fait l’objet du présent cardo maximus, an area that has benefited from recent advances article. Vraisemblablement construit au début du IIe s. sur les ruines in knowledge. The first insula hosts a high-status domus strongly d’anciennes maisons, il fut profondément restructuré à la fin du resembling those of “Balbius Iassus” and the “Étui d’Or”, IIIe  s. ou au début du IVe s. et semble avoir été abandonné puis en excavated in the vicinity in the 1970s; the second, addressed in partie démantelé à partir du début du Ve  s. L’édifice du début de this paper, contains the remains of a vast monumental complex l’Antiquité tardive, par son plan et sa localisation dans un quartier covering approximately 900  m  2. Most probably built at the résidentiel situé à proximité immédiate du centre monumental, beginning of the 2nd  c. on the ruins of earlier houses, it was répond aux caractéristiques fonctionnelle et topographique d’une thoroughly restructured at the end of the 3rd c. or the beginning of schola de taille exceptionnelle. La confrontation avec les sources the 4th and seems to have been abandoned then partly dismantled littéraires suggère d’identifier nos vestiges comme ceux des scholae from the start of the 5th  c. To judge by its plan and its situation Maenianae connues par un discours prononcé en 298  apr.  J.-C., within a residential area located in the immediate vicinity of the par un notable originaire de la cité, Eumène, en présence du monumental centre, the building of the beginning of the late- gouverneur de Lyonnaise. Seule une fouille complémentaire et la antique period exhibits the functional and topographical features découverte d’un texte épigraphique sont à même désormais de of a schola of exceptional size. Comparison with literary sources 1. Service archéologique de la ville d’Autun, archéologue municipal et responsable de l’opération, UMR 6298 du CNRS ArTeHis. Courriel : [email protected] 2. Étude architecturale et travail de restitution, archéologue-topographe, Service départemental d’archéologie d’Eure-et-Loir, allée du général Martial-Valin, F-28000 Chartres, Institut de recherche sur l’architecture antique (IRAA), USR 3155 du CNRS. Courriel : [email protected] Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ 3. Inrap, spécialiste du lapidaire antique, USR 3155 du CNRS IRAA. Courriel : [email protected] 4. Inrap, céramologue, UMR 7041 du CNRS (ArScan). Courriel : [email protected] 5. Université de Bourgogne, professeur en géologie sédimentaire, UMR 6298 du CNRS ArTeHis. Courriel : [email protected] 6. Université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, maître de conférences en histoire antique, UMR 8210 du CNRS, ANHIMA. Courriel : [email protected] 7. Inrap, chargé d’études et de recherches, UMR 6298 du CNRS ArTeHis. Courriel : [email protected] 8. Inrap, spécialiste des peintures murales romaines. Courriel : [email protected] 9. Université de Bourgogne, doctorant sous la direction de J.-P. Garcia, UMR 6298 du CNRS ArTeHis. Courriel : [email protected] 1 yannick labaune ET AL. would seem to indicate that the remains are those of the scholae discovery of such a vast complex, whatever function is assigned to Maenianae, known from a speech delivered in AD  298 by it, vividly illustrates the importance of the monumental equipment Eumenius, a local notable, in the presence of the governor of of Autun under the Early Empire as well as the restoration work Gallia Lugdunensis. Only further excavation and the discovery of that took place in the city at the turn of the 300s. an inscription could definitively prove this initial hypothesis. The Translation: Thierry DONNADIER Deux projets de constructions de la Communauté de fut au cours du Haut-Empire une véritable platea. Au début communes de l’Autunois, boulevard Frédéric-Latouche, dans de l’Antiquité tardive le pavement calcaire fut démonté ; la le centre de la ville antique d’Augustodunum, sont à l’origine de chaussée, entièrement refaite au moyen de dalles polygonales la prescription d’un diagnostic d’archéologie préventive. Cette de fort module en granite, fut dès lors dépourvue d’escaliers opération a été réalisée par le service archéologique d’Autun entre (Labaune, Kasprzyk, 2008, p. 264-267). novembre 2010 et juin 2011 (fig. 1). Son emprise, légèrement Les autres rues ont fait l’objet d’un inventaire récent (Labaune, supérieure à un hectare, a permis d’explorer partiellement deux Kasprzyk, 2008, p. 266), qui valide la dernière proposition de îlots longeant la rue principale, dite « cardo maximus », un découpage de la ville antique en îlots théoriques 4. La trame secteur qui bénéficie d’avancées récentes de la recherche (fig. 2). viaire proposée en 2008 n’a jusqu’à ce jour jamais été contredite. Le premier îlot (IX-X 9), qui n’était pour l’instant pas Les rues d’Autun délimitent environ cent cinquante îlots. Le encore documenté, accueille les vestiges d’une domus construite complexe monumental découvert au cours du diagnostic occupe au cours du iiie s. Le second îlot (XI 9) n’avait été que très l’îlot XI 9 qui est parfaitement délimité puisque les quatre ponctuellement exploré au début du xixe s. par le biais rues qui le bordent (rues C7, C8, D 10 et D11) ont toutes été d’un sondage de quelques dizaines de mètres carrés ayant observées à date récente 5 à proximité immédiate ou en bordure révélé les « substructions d’un grand édifice » (fig. 3). Notre même de l’îlot. intervention a été pratiquée sous forme de larges tranchées Une des particularités d’Augustodunum est d’être bâtie sur des disposées sur les axes médians de l’îlot et sur ses bordures terrasses retenues par des murs de soutènement. Ces terrasses sont méridionale et orientale, dans le but de déterminer au mieux rendues nécessaires par la déclivité, très forte par endroits, de la les caractéristiques de ce site supposé monumental (fig. 4a). ville du sud vers le nord (Berthollet, 1950-1951). Parfois très bien L’opération a effectivement permis de dégager un complexe conservées dans le paysage actuel, elles sont alors matérialisées monumental qui fait l’objet de la présente étude (fig. 4b). par de forts dénivelés en bordure des îlots antiques. La dernière Vraisemblablement construit au début du iie s. sur les ruines cartographie en date (Kasprzyk, 2005, I, p. 81, fig. 12) soupçonne d’anciennes maisons, il fut restructuré à la fin du iiie s. ou au la présence de plusieurs terrasses dans les environs immédiats début du ive s. et semble avoir été abandonné puis en partie du site du boulevard Latouche, les plus proches se trouvant en démantelé à partir du début du ve s. bordure méridionale de notre îlot 6 et en bordure orientale de l’îlot XI 8. Une autre, en limite orientale de l’îlot IX-X 9 a pu être documentée au cours de cette opération. La documentation PRÉSENTATION DU CONTEXTE archéologique suggère que certaines rues 7 s’en affranchissent au ARCHÉOLOGIQUE moyen d’escaliers. La subdivision des îlots en plusieurs terrasses planes est par ailleurs bien attestée (Chardron-Picault, Pernot, La ville d’Augustodunum a sans doute été créée à la fin du 1999, p. 41-42, Labaune, Meylan, 2011, p. 120-122). ier s. av. J.-C. Elle ne fut véritablement occupée qu’autour du Dans l’urbanisme d’Augustodunum, l’îlot XI 9 occupe une changement d’ère et se développa sur un plan hippodaméen qui place centrale (fig. 5). Il est situé immédiatement à l’est de la a fortement contraint la topographie urbaine du Haut-Empire principale rue de la ville antique – la platea mentionnée plus (fig. 2). À l’exception des édifices de spectacle et d’une ou deux haut – et fait face à l’ouest à une rangée d’îlots plus larges qui constructions publiques énigmatiques 1, toutes les constructions abritent des aménagements de grande ampleur, monuments de la ville antique, publiques et privées, respectent l’orientation publics et temples. Parmi ces édifices jouxtant la bordure du réseau orthonormé formé par les rues de la ville. Ce système occidentale de la platea, on trouve tout d’abord dans l’îlot XIII 8 viaire s’appuie sur l’axe principal de la ville, dit « cardo une construction en hémicycle d’une cinquantaine de mètres maximus » dans la tradition locale 2, qui relie la porte dite « de de diamètre, improprement appelée « temple d’Apollon ». Il Rome » au sud à celle dite « d’Arroux » au nord. Cette rue pourrait en fait s’agir d’une vaste exèdre ou d’un nymphée dans le centre de la ville, scandée d’escaliers et soigneusement monumental (Kasprzyk, 2005, I, p. 93 ; Labaune, 2010, p. 9). dallée 3 (Labaune, Kasprzyk, 2008, p. 264 et fig. 3, p. 265), Si on poursuit le cheminement vers le nord en direction de la porte dite « d’Arroux », l’îlot XII 8 s’avère mal documenté. 1. C’est le cas notamment de l’édifice dit « Tour de Jouère » (Braun et al., 1993, Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ no 5, 15 ; Rebourg, 1993, no 193, 196, 197). 4. Kasprzyk, 2005, I, p. 81, fig. 12 qui remplace à ce jour Rebourg 1998, p. 179 2. Compte tenu de l’existence de cette trame parfaitement orthonormée et pour et fig. 27, no 4, p. 176. faciliter les descriptions, nous utiliserons le nord conventionnel (direction du « cardo maximus ») et non pas le nord géographique. En outre et bien 5. Les rues C8 et D10 ont été observées au cours de cette opération ; pour C7 qu’inappropriés, nous emploierons par commodité les termes de « cardo » (rue et D11 on se reportera à Labaune, Kasprzyk, 2008. nord-sud) et « decumanus » (rue est-ouest) consacrés par l’usage. 6. Les vestiges du mur de soutènement, effondrés en place, ont pu être observés 3. Dans l’état actuel, seul le tronçon longeant notre édifice est correctement au cours de l’opération. documenté (Rebourg, 1998, p. 183, fig. 31). 7. C’est le cas du cardo principal C7. 2 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 1 – Vue zénithale du chantier : sondages 6, 7 et 8 (cliché : Th. Clarté). Sa bordure orientale, matérialisée par un portique monumental à l’est, l’îlot IX 10 a livré plusieurs mosaïques sur hypocaustes à arcades (Olivier, Rebourg, 1985 ; Kasprzyk, 2012, p. 264, ainsi qu’une sculpture en marbre découverte dans des niveaux fig. 8, no 1), présage toutefois de son importance. L’îlot XI 8, qui d’abandon. Les autres îlots du voisinage recèlent également des fait face à notre îlot et le surplombe littéralement, abrite quant vestiges témoignant d’habitats de fort statut : une mosaïque à lui un important temple à cella circulaire (Kasprzyk et al., figurée est issue de l’îlot XII 10 (Stern, Blanchard-Lemée, 2010, p. 645-646, fig. B p. 659 ; Kasprzyk, 2012, p. 261-264) de 1975, p. 81, no 236), un dépôt de cinquante-sept aurei de Néron dimensions comparables à celles de la Tour de Vésone à Périgueux. à Marc-Aurèle provient de l’îlot IX-X 10 (Loriot, 1977, p. 205). Des arguments épigraphiques et iconographiques incitent à l’attribuer à Apollon (Kasprzyk et al., 2010, p. 645-646 ; Louis, 2012). Plus au nord, l’îlot IX-X 8 abrite peut-être des thermes L’ÎLOT IX-X 9 : LES ÉTATS RELATIFS À UN ou bien une partie du forum d’Augustodunum (Kasprzyk, 2012). HABITAT AU DÉBUT DU HAUT-EMPIRE L’hypothèse de l’îlot VIII-IX 8 ayant accueilli une partie du forum d’Augustodunum, peut-être un temple, est plus plausible (Ier S. APR. J.-C.) (Kasprzyk, 2012). À l’est de la platea, la nature des aménagements est ASSIETTE DE L’ÎLOT différente puisqu’à la fin du Haut-Empire 8, les trois îlots qui encadrent directement le nôtre (XII 9, IX-X 9 et XI 10) Le terrain naturel subit deux dénivelés combinés au sein de semblent abriter des habitats aisés. Au sud, l’îlot XII 9 accueille l’îlot : le premier, en direction du nord-ouest et de la vallée de au moins deux maisons – dites à l’Étui d’Or et de Balbius l’Arroux, d’environ 3 % 9 ; le second, plus accentué en direction Iassus – à la décoration soignée, qui ont été partiellement du sud-ouest, de l’ordre de 5 % 10. Cela suppose l’existence d’un Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ fouillées dans les années 1970 (Blanchard-Lemée et al., 1986). système de terrasses planes propre à l’îlot destiné à supporter Au nord, les vestiges de l’îlot IX-X 9 dégagés au cours de les occupations. nos sondages présentent de fortes similitudes avec ceux des domus précédemment évoquées (salle de réception en abside, 9. Soit un dénivelé de 3 m sur une distance de 100 m, entre 320,69 m et pavements de mosaïque et d’opus sectile, (fig. 6). Enfin, 318,30 m NGF. 10. Soit un dénivelé de 5 m sur une distance de 100 m, entre 320,23 m et 8. Les périodes antérieures au iiie s. sont mal documentées. 318,30 m NGF. 3 yannick labaune ET AL. Fig. 2 – Localisation du diagnostic sur un plan synthétique de la ville antique, réalisé d’après les travaux d’A. Fort, M. Kasprzyk et A. Rebourg (DAO : Y. Labaune, Service archéologique de la ville d’Autun, Sava). ÉTAT 1 : UN HABITAT locales et/ou régionales (terra nigra, pot à col côtelé, pot dérivé du type Besançon ; Delor-Ahü et al., 2010, fiches 1 et 3 ; Les indices les plus précoces remontent à l’époque augusto- Mouton-Venault, Delor-Ahü, 2012). tibérienne. Ils correspondent à un feuilletage de sols de circulation en terre battue (comportant des impacts thermiques ÉTAT 2 : UNE PHASE D’AMÉNAGEMENT épars, vers 319 m NGF), reconnus sur une dizaine de mètres À L’ÉPOQUE FLAVIENNE carrés (fig. 7, 8), et quelques structures fossoyées creusées Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ dans le substrat. Aucun indice ne permet de circonscrire les Un système de distribution d’eau semble se mettre en place espaces rencontrés et de déterminer la nature des élévations peu après le milieu du ier s. apr. J.-C. Un tronçon de canalisation (sablières, architecture de terre et bois ?). Le matériel récolté en bois (fig. 7, 9) installé dans le substrat, d’orientation permet de caler l’occupation, probablement d’un habitat, entre divergente par rapport à la trame orthogonale de la ville permet le règne de Tibère et celui de Claude. Le vaisselier céramique d’en témoigner (6131). L’accès de l’eau à domicile par des est diversifié : on y observe des importations (sigillée italique, tuyaux de bois ou de plomb est un dispositif, dans l’état actuel sigillée du sud de la Gaule, mortier lyonnais) et des productions des recherches, assez rarement attesté à Autun. 4 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Du modillon, seule la pointe d’une feuille d’acanthe s’ouvrant sur un pistil est conservée, la zone d’ombre en forme de triangle est peinte en rouge. Ce registre est surmonté par un rang de denticules dont les zones d’ombre sont également peintes en rouge, un filet souligne la transition avec le registre médian. Ce rang est à son tour surmonté d’un cordon d’oves et de lancettes rehaussés de filet de minium (?). Les oves sont très détachés des coques et des aplatis, les coques se rejoignent sous l’ove dans la vue de dessous, mais s’incurvent juste autour de l’ove en vue de face. La lancette est charnue et solidaire des coques. Le bandeau est orné d’une frise d’armes (?) ; on peut observer un bouclier rond dont le rebord est rehaussé d’un filet rouge et de son umbo (?), lui aussi redessiné à la peinture rouge. Le fond du bandeau, plus à l’ombre, est peint en aplat rouge afin de souligner le dessin du bouclier (fig. 13). Ce fragment correspond à une corniche de type Ba (Leon, 1971) et pourrait provenir d’un édicule romain aux proportions « standards » de l’ordre de 5,50 m de hauteur. Les associations de décors bouclier-oves-denticules ne donnent que peu d’arguments pour suggérer une datation. On pourrait envisager une fourchette entre le milieu du ier s. et le début du iie s., si le bloc n’était pas trop fragmentaire pour confirmer cette chronologie. L’ÎLOT IX-X 9 : LES ÉTATS RELATIFS Fig. 3 – Relevé des découvertes réalisées en 1812, conservé aux À UN MONUMENT, ENTRE LE IIe S. archives de la Société éduenne (cliché : Y. Labaune, Sava). ET LA FIN DU IVe S. Quelques pièces d’habitat associées ont été partiellement dégagées. Les maçonneries, parfois conservées en élévation sur ÉTAT 3A : DESTRUCTION DE L’HABITAT près de 1 m sont relativement soignées : on note la présence ET RESTRUCTURATION DE L’ÎLOT de chaînages d’angle en grès fin (fig. 7, 10), ce qui est rare à Autun en contexte domestique. Les pavements observés (entre Comme nous l’avons vu (supra), l’intérieur de l’îlot semble 319,76 m et 319,92 m NGF) sont en opus signinum (incrustations structuré au ier s. par un jeu de terrasses artificielles sur inorganisées dans un béton d’éclats de roches décoratives de lesquelles est installé l’habitat. L’espace semble profondément couleur rouge, blanche et noire fig. 11-12). remanié dans un second temps afin de s’affranchir des différents Les niveaux d’abandon clairement identifiés (6040, 6047) dénivelés et de créer une vaste plateforme horizontale sur sont difficiles à dater, à l’exception d’une couche de la fin l’intégralité de l’îlot, dont l’altitude est située vers 320,60 m du ier s. ou du début du iie s. apr. J.-C. (6004). Le mobilier NGF. Dans les parties méridionale et orientale de l’îlot 11, les céramique isolé dans ces contextes reste peu abondant : assiette constructions antérieures sont arasées, parfois jusqu’au substrat. Dragendroff 15b et coupe à décor de feuilles d’eau (service A) Au contraire, dans l’angle nord-ouest de l’îlot 12, les vestiges des en sigillée millavoise, parois fines lyonnaises et autunoises, pot constructions du ier s. sont remblayés grâce, très certainement, à lèvre éversé (type 15 dans Delor-Ahü et al., 2010, fig. 3). aux produits issus de leur démolition (et peut-être de ce qui a été écrêté au sud). À cet endroit, l’épaisseur du remblai de Du mobilier lapidaire de qualité : ornement de l’habitat nivèlement est de 1 m, voire plus (fig. 14). flavien ? Il est malheureusement très difficile de préciser la datation de cet épisode. Le mobilier en stratigraphie, indigent, ne Un remarquable fragment de corniche modillonnaire à nous est pas d’une grande aide (7050). On y observe des Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ moulures ornée et rehaussée de filets à la peinture rouge a pâtes orangées (cruches), des tessons de communes sombres été découvert au cours du décapage mécanique. De par sa sans éléments typologiques fiables, mais surtout des gobelets position, il semblait provenir du remblai de nivèlement, riche à boire en parois fines locales, produits dans l’atelier du en éléments de démolition scellant les vestiges de l’habitat Faubourg d’Arroux ou de la rue des Pierres avant la fin du iie s. de l’horizon 2. Les modalités de la découverte, peu claires, incitent à la prudence, mais les caractéristiques du fragment 11. C’est-à-dire en limite de l’îlot XII 9. méritent que l’on s’y attarde quelques instants. 12. C’est-à-dire en limite de l’îlot IX-X 9. 5 Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ yannick labaune ET AL. Fig. 4a – Plan des vestiges mis au jour au cours du diagnostic, tous états confondus et de l’environnement archéologique proche (données concernant la voirie) ; SD, sondage (relevé : A. Tisserand, Sava ; DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). 6 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 4b – Plan des vestiges mis au jour au cours du diagnostic, tous états confondus ; numérotation des vestiges des états 3 et 4 ; C, collecteur ; esp., espace ; M, mur ; SD, sondage (relevé : A. Tisserand, Sava ; DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). 7 yannick labaune ET AL. Fig. 6 – Pavement en opus sectile sur hypocauste, habitat de l’îlot IX-X9 (cliché : Y. Labaune, Sava). ÉTAT 3B-C : CONSTRUCTION D’UN COMPLEXE MONUMENTAL AU HAUT-EMPIRE Description Des vestiges Du Haut-empire Cette phase est très difficile à appréhender compte tenu tout d’abord de nos modalités d’intervention. S’agissant d’un diagnostic (et non d’une fouille) sur des vestiges antiques de grande qualité, les fenêtres d’observation profondes, potentiellement destructrices, ont évidemment été pratiquées avec parcimonie. En outre, le mauvais état de conservation des vestiges de cette phase ainsi que leur difficile détection rendent leur compréhension problématique. La réhabilitation en profondeur du bâtiment à l’état 4 combinant probablement reprise en sous- œuvre des maçonneries préexistantes, troncature des niveaux de circulation devenus obsolètes et nouvelles constructions (voir infra) nous a en effet privé de données stratigraphiques, du moins là où les sondages ont été réalisés. Sur le terrain, les vestiges de cette phase ne paraissent conservés qu’à l’état de palimpseste. En l’état, seules les parties centrale, et dans une moindre mesure orientale, de l’îlot sont en mesure de nous fournir quelques pistes de réflexion 13. L’analyse architecturale développée supra, suggère que l’ensemble formé par les portiques des stylobates M10 et M6 et le mur M16 est homogène et pourrait constituer une première phase du projet (fig. 15, 16). Le puissant collecteur C6 d’orientation divergente par rapport à la trame antique pourrait lui aussi appartenir à l’état 3. Seul le piédroit occidental maçonné (5117), doté d’une arase couverte de grandes briques, a pu être observé. Le fond de ce Fig. 5 – Plan archéologique simplifié du centre de la ville antique avec conduit, profond d’environ 0,80 m, est tapissé de briques. Par indication des principales découvertes, réalisé d’après les travaux de analogie avec les structures hydrauliques reconnues dans l’état M. Kasprzyk et A. Louis (DAO : Y. Labaune, Sava). postérieur, cette canalisation pourrait appartenir au système de chasse des eaux pluviales de l’état 3. Ce conduit est clairement Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ (Delor-Ahü, Alix, 2012). La chronologie relative nous permet recoupé par le stylobate M7 de l’état 4, ce qui nous fournit un d’ancrer cette phase après l’abandon de l’habitat, qui peut être indice de chronologie relative (fig. 17). proposé au plus tôt à la fin du ier s. ou au début du siècle suivant. Les galeries septentrionale et méridionale sont larges Cette profonde restructuration s’accompagne d’un changement d’environ 9 m et encadrent un vaste espace rectangulaire radical de la nature des constructions : l’îlot accueille désormais non plus un ou des habitats mais un complexe monumental se 13. Les niveaux les plus anciens des constructions en façade de la « platea » développant sur l’intégralité de son assiette. n’ont pas pu être appréhendés. 8 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 7 – Localisation et plan des vestiges d’habitat des états 1 et 2 (DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir, Y. Labaune, Sava). 9 yannick labaune ET AL. Fig.  8  –  Vue générale d’un lambeau de sol  6117-6118 de l’état  1 Fig. 9 – Vue générale de la conduite d’eau en bois 6131 de l’état 2. Elle recoupé des maçonneries (conservées en élévation et épierrées) de sera recoupée par l’installation du stylobate  M11 visible au second l’état 2 (cliché : Y. Labaune, Sava). plan (cliché : Y. Labaune, Sava). Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 10 – Maçonnerie M34 de l’état 2, semelle de fondation et Fig. 11 – Sol en opus signinum 6035 de l’état 2, élévation présentant un chaînage d’angle en moellons de grès vue de détail (cliché : Y. Labaune, Sava). (cliché : Y. Labaune, Sava). 10 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun chaînage maçonné large de 1,20 m (fig. 20). Enfin, après la mise en place de la colonnade et entre les bases de colonne, le sommet du stylobate a été scellé par des dalles de calcaire à entroques (fig. 21). L’ordre du portique opposé, supporté par M6 au sud de l’îlot, peut être restitué. L’une des colonnes de façade, qui semble être restée en place durant toute la phase de fonctionnement du complexe, a en effet été retrouvée effondrée à son emplacement originel (fig. 22-24). Bien qu’elle soit en partie concassée, ses restes suffisamment nombreux permettent de restituer une hauteur de colonne d’environ 7,50 m (fig. 25) et de dater le chapiteau (fig. 26) du deuxième tiers du iie s. Restitution de l’ordre du portique La colonne est confectionnée dans un calcaire blanc de la côte chalonnaise (Fontaines, Saône-et-Loire). La base La base attique est comprise dans la hauteur d’assise du départ du fût à rudentures d’une hauteur totale de 87 cm. Elle présente une puissante rainure de sciage, ce qui indique qu’elle a été abandonnée en cours de débitage. La base seule mesure 31 cm de haut, elle se compose de deux tores inégaux en retrait l’un par rapport à l’autre, une incision médiane marque le milieu du tore, la scotie large et profonde est bordée de deux listels. Un haut cavet assure la transition avec le départ du fût à rudentures. Le diamètre du fût est de 75,5 cm. Le lit d’attente conserve une cavité de louve de Fig.  12  –  Sol en opus signinum  6035 de l’état  2, vue générale  ; en arrière-plan, le stylobate  M10 de l’état  3-4 qui le recoupe (cliché  : 4 x 12 x 12 cm. Y. Labaune, Sava). Le fût à rudentures et à cannelures de 65 m selon un axe nord-sud. En ce qui concerne une Le motif des rudentures, appartenant au bloc de la base, extension de cet espace vers l’est, les données sont bien trop mesure 11 cm de large. Il se compose d’un méplat de 3 cm lacunaires pour qu’il soit possible de se prononcer. Dans notre encadrant une partie convexe de 8 cm ; soit au total 20 motifs. fenêtre d’observation, les niveaux de circulation de l’état 3 Trois cavités, de 1 cm de diamètre pour 3 cm à 4 cm de ont été intégralement tronqués ou bien ont été scellés par des profondeur, percent la zone rudentée. Un autre fût de colonne structures plus récentes qui n’ont pas été démontées au cours découvert à Autun et conservé au Musée lapidaire conserve des de la fouille. traces identiques, évoquant une forme de guirlande (?). On ne peut pas déterminer l’aspect de l’espace cerné par les Outre le bloc de transition entre rudentures et cannelures, portiques : s’agit-il d’un espace entièrement ouvert comme une deux tronçons de colonne cannelée sont conservés. La partie palestre ? haute du fût est particulièrement intéressante car elle conserve les Un sondage profond a pu être mené sur le portique tracés de composition des cannelures et surtout des ménisques. septentrional, contre la paroi septentrionale du stylobate M10 Le motif mesure 10 cm de large (méplat : 3 cm, concavité : qui supporte la colonnade de façade. Il a permis d’étudier 7 cm). La rétraction du diamètre haut du fût équivaut à celui du son mode de construction, qui paraît comparable à celui des chapiteau corinthien (60 cm). Les départs des feuilles d’acanthe autres soubassements reconnus sur le site. La maçonnerie de ce dernier sont d’ailleurs visibles au-dessus de l’astragale est profondément ancrée dans le substrat, à plus de 4 m de composé d’une doucine et d’un tore (5 cm et 4 cm sur 1 cm). profondeur sous le niveau de circulation restitué de la galerie Ce détail indique que le travail de sculpture s’est fait in situ. La Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ (fig. 18). La base de la semelle, large de presque 2 m, n’a pas petite cavité de louve, de 2,5 cm sur 9 cm, est particulièrement pu être atteinte. Lors de la construction, aux emplacements profonde (18 cm à 20 cm). projetés des colonnes, on a disposé des piles de fondations au Au moment de la fouille, la partie haute du fût était encore sommet du massif, à environ 1 m sous le futur sol de la galerie. en connexion avec l’une des faces du chapiteau. Lors du Ces piles, composées d’un ou de plusieurs blocs de fondation débitage de ce dernier, l’abaque s’est désolidarisé du reste et est parallélépipédique en arkose (fig. 19), sont solidarisées par un tombé à la suite. 11 yannick labaune ET AL. Fig. 13 – Fragment de corniche modillonnaire en calcaire rehaussé de peinture rouge. Édicule appartenant à l’état 2 ? (cliché, DAO : V. Brunet-Gaston, Inrap). Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig.  14  –  Coupe stratigraphique présentant les états  2 (sol d’habitat), 3a (remblai de nivellement), 4a (remblais d’un atelier lapidaire) et 4b (sol du portique double de l’espace 8). On relève un hiatus 12 entre les états 3a et 4a (cliché et DAO : Y. Labaune, Sava). une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 15 – Plan des vestiges de l’état 3 ; C, collecteur ; esp., espace ; M, mur (relevé : A. Tisserand, Sava ; DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). 13 yannick labaune ET AL. Fig. 16 – Stylobate M10 (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 18 – Tranchée de fondation (6029) et semelle du stylobate M10 (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 17 – Collecteur C6 (état 3 ?) recoupé par le stylobate M7 (état 4 ; cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 19 – Vue de détail de l’emplacement d’une pile de fondation sur Le chapiteau corinthien normal le stylobate M10. à droite du cliché, le négatif suggère la présence de Les fragments d’un chapiteau corinthien, retrouvés à côté deux niveaux de blocs de fondation parallélépipédique en arkose d’un grand abaque complet, ont été abandonnés en cours de (cliché : Y. Labaune, Sava). débitage. triangulaire effilée suivie d’un triangle curviligne très prononcé. La nervure axiale, plate et en relief, bordée d’un sillon, s’évase Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ La corbeille fortement à la base de la feuille. L’affouillement des zones La corbeille est composée de deux couronnes de feuilles d’ombre et des nervures renforce le clair-obscur des verticales. d’acanthe (vraisemblablement huit chacune). Ces feuilles Nos fragments permettent d’estimer la hauteur de la première comportent cinq (voire sept) lobes découpés chacun en cinq couronne à 28 cm, et celle de la seconde à 48 cm. Cette digitations lancéolées, mais très charnues. Ces feuilles s’ouvrent dernière prend naissance à la base de la première couronne (un de part et d’autre d’une nervure concave. Les zones d’ombre, demi-centimètre est sculpté sur le bloc inférieur comportant entre les lobes contigus, prennent la forme d’une longue goutte l’astragale et le fût). 14 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 21 – Stylobate M6 : pile de fondation et fragment de dallage de couverture (calcaire à entroques) en place (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 20 – Deux piles de fondation successives sur le stylobate M10 (cliché : Y. Labaune, Sava). conservée de l’abaque ; cette dernière est de ± 11 cm (hauteur La corbeille n’est pas visible. Elle semble ornée de languettes de l’abaque x 7 = 77 cm), ce qui est grosso modo dans le respect fortement détachées, de forme charnues elles aussi, mais il des proportions vitruviennes. s’agit en fait de caulicoles. Ces dernières s’arrêtent sous un filet surmonté par une collerette de sépales dentelés bien individualisés et fortement détachés du fond creusé au trépan. Proposition de datation Ce motif préfigure les créations de la fin du iie s. et du début du L’élément conservé reprend pour l’essentiel la syntaxe des iiie s. (Tardy, 1989, p. 124-125), sans en présenter les concavités chapiteaux de la première moitié du ier s. avec des hélices et largement creusées en ogive. Les bords des cornets sont des volutes lisses et somme toute une composition « normale » invisibles, mais la ciselure d’une des languettes présente une du chapiteau. Toutefois, si dans les exemplaires julio-claudiens légère torsion. la caulicole cannelée présente trois festons, elle donne ici naissance à deux bractées soutenant les volutes. Ce culot d’acanthe comporte deux feuilles dont la rencontre forme Le registre supérieur un motif en « harpon » 15. La fin du ier s. voit apparaître sur La tige ondulée du bouton d’abaque naît d’un calice formé les chapiteaux autuniens un abaque à languettes obliques par deux paires de feuilles. L’abaque est orné de grosses comme ici. Les chapiteaux du début du iie s. jusqu’à la période languettes inclinées et se termine par une moulure en cavet hadrianique montrent soit des malfaçons, soit une reprise de enserrée par deux filets. Comme les fleurons d’abaque 14 ont l’acanthe grasse, typique de la période. Le style de l’acanthe de une forte projection, leur inclinaison n’a pas pu être vue ; ils ce chapiteau évoque sans conteste les cartons du iie s., tels qu’on sont composés de deux rangs de six pétales festonnés, sur un les voit à Saintes (Tardy, 1989, p. 72), mais les digitations qui cœur en bouton. Les pétales de la corolle extérieure ont 10 cm commencent à devenir très charnues semblent un vif écho aux Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ de large pour trois digitations charnues. productions qui apparaissent à l’époque hadrianique (acanthe Le lit d’attente du chapiteau comporte une tablette portante grasse) et qui sont utilisées tout au long du iie s. de 74,3 cm de diamètre, ce qui correspond au diamètre Sur ces critères, la datation proposée est l’époque antonine bas du chapiteau (cinq grands fragments sont conservés). Il et plus particulièrement le deuxième tiers du iie s. conserve une cavité de louve (non vue) qui perfore l’épaisseur 15. Se reporter aux chapiteaux ML 577 et 245 du musée lapidaire d’Autun. 14. Uniquement observés sur cliché, en attente d’une restauration. Voir Brunet-Gaston, 2010. 15 yannick labaune ET AL. Fig. 22 – Ordre (état 3) correspondant au stylobate M6 effondré sur Fig.  23  –  Ordre correspondant au stylobate  M6 effondré sur place, place, en cours de fouille. De gauche à droite, l’abaque du chapiteau, en cours de fouille. Au premier plan, l’abaque du chapiteau, les les fragments de la corbeille en tas, le haut du fût (cliché : Y. Labaune, fragments de la corbeille en tas puis le fût (cliché : Y. Labaune, Sava). Sava). Restitution de l’élévation Deux possibilités de restitution de l’élévation s’offrent à nous en se basant, soit sur les proportions de l’entr’axe, soit sur le module corinthien. Dans les deux cas, la démarche aboutit à la même dimension et permet de restituer une colonne d’une hauteur d’environ 7,50 m (fig. 27). Le cas De La cornicHe moDiLLonnaire retrouvée Dans L’îLot voisin Xii 9 Un fragment de corniche corinthienne monumentale en calcaire a été mis au jour au cours de la fouille de la maison dite « de Balbius Iassus » située dans l’îlot voisin XII 9 (fig. 28). Elle pourrait provenir de l’îlot XI 9 et du démantèlement de notre bâtiment. Cette hypothèse avait déjà été évoquée dans la publication de la fouille (Blanchard-Lemée et al., 1986, p. 146 et fig. 18) et nous la suivons volontiers compte tenu de la proximité des deux sites (une trentaine de mètres séparent le lieu de Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ découverte de la colonne effondrée en place précédemment évoquée) et de la nature du matériau (calcaire). Fig.  24  –  Ordre (état  3) correspondant au stylobate  M6 (visible au second plan) effondré sur place, après dépose des vestiges du chapiteau (cliché : Y. Labaune, Sava). 16 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 25 – Fragments de l’ordre (ensemble base, fûts, chapiteau ; hauteur estimée : 7,50 m avec le chapiteau corinthien) correspondant au stylobate M6 (état 3 ; conception, cliché, dessin, DAO : V. Brunet-Gaston, Inrap). Le fragment présente des tulipes renversées à l’intérieur des La mise en pLace Du compLeXe monumentaL repLacée rais-de-cœur, dont l’utilisation est caractéristique du premier Dans son conteXte tiers du iie s. dans les séries provinciales (Tardy, 2005, p. 112). La hauteur des modillons est restituable à 17 cm ; si les trois Les indices sont maigres pour dater la construction du registres ont sensiblement la même hauteur on peut donc estimer complexe. Un terminus post quem du début du iie s. est fourni cette dernière à 80 cm. Si les trois éléments ont la même taille, par la destruction de l’habitat préalablement à la mise en place il est possible de restituer une hauteur maximale d’entablement de la plateforme accueillant le monument. Un ordre écrasé d’environ 2,40 m, soit une colonnade d’une douzaine de mètres découvert à son emplacement initial permet d’envisager le de haut. second tiers du iie s. d’après l’analyse stylistique du chapiteau. Les dimensions de cette corniche ne nous autorisent pas à Dans l’état actuel du dossier, il est peu pertinent de replacer la mettre en relation avec l’ordre du portique précédemment cette construction dans un contexte plus global concernant Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ restitué. Il est possible cependant qu’elle provienne d’un autre l’équipement monumental d’Autun. La construction de notre secteur du complexe muni d’un ordre plus important 16. édifice paraît postérieure à la restauration flavienne du décor intérieur du temple à plan centré et à cella circulaire de l’îlot XI 8 situé en face du nôtre 17 (Louis, 2012). Elle est postérieure ou 16. La présence de colonnes d’une dizaine de mètres est par exemple attestée par la découverte de fragments de cannelures liés au démantèlement du site 17. Interprété comme le temple à Apollon, son édification remonterait au (8000) dans la partie orientale de l’îlot. règne de Claude. La restauration du décor intérieur interviendrait à la fin du 17 yannick labaune ET AL. Fig. 26 – Restitution du chapiteau (état 3 ; conception, cliché, DAO : V. Brunet-Gaston, Inrap). bien contemporaine de la construction du portique monumental d’un chapiteau corinthien (fig. 29) conservé au musée lapidaire qui borde les îlots XI 8 et XII 8, programme architectural que (no d’inventaire ML 751) qui présente de fortes similitudes la documentation permet de situer dans une fourchette large avec l’exemplaire découvert au cours de cette opération comprise entre la seconde moitié du ier s. et la première moitié (matériau, taille et composition analogues). Sa provenance est du siècle suivant 18. Seules une fouille complémentaire et une malheureusement perdue 19. reprise de la documentation seront à même de vérifier si un même programme architectural aurait pu être à l’origine de l’édification du complexe et de la monumentalisation de la platea. ÉTAT 4A : RESTRUCTURATION DU MONUMENT Parmi l’important corpus de membra disjecta répertoriés AU DÉBUT DE L’ANTIQUITÉ TARDIVE et étudiés à Autun (Brunet-Gaston et al., 2006), seul un élément évoque précisément le second tiers du iie s. Il s’agit Une profonde restructuration du monument intervient à Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ l’état 4 (fig. 30). Elle semble se traduire par la mise en place règne de Néron au plus tôt, comme le suggèrent les comparaisons à la domus de deux espaces ouverts de dimensions sensiblement iden- transitoria. tiques (environ 45 x 20 m) fermés par des portiques et séparés 18. Des sondages inédits réalisés par M. Kasprzyk dans le vide-sanitaire par une galerie à claire-voie. sous la maison de retraite boulevard F. Latouche ont permis de montrer que le terminus ante quem pour la construction du stylobate à cet endroit date du milieu du iie s. (Kasprzyk, 2003). Cela réfute l’hypothèse d’une édification, 19. Provient-il d’un autre programme architectural ou est-il tout simplement non étayée, au début de l’Antiquité tardive (Olivier, Rebourg, 1985). issu de notre secteur ? En l’état actuel, on ne peut pas trancher avec certitude. 18 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Deux secteurs ont livré des aménagements qui évoquent quant à eux des ateliers où ont été travaillées plus spécifique- ment les roches colorées. Le premier a été rapidement appréhendé en coupe, sous les niveaux de circulation du portique septentrional (espace 8, 6080-6081, fig. 30 no L2, fig. 14). Il se caractérise par un épandage d’une quarantaine de centimètres d’épaisseur essen- tiellement constitué d’éclats de roches décoratives (pour la plupart d’origine locale, plus rarement du marbre de Carrare). On note la présence de quelques fragments d’opus sectile en brèche de Téos (Turquie) dite « africano ». Un lot de tesselles brutes de taille de trois couleurs (beige en calcaire dur bour- guignon, rouge orangé en calcaire de Givry et noir en schiste du bassin d’Autun) témoigne plus particulièrement du travail de mosaïste. Le mobilier céramique du remblai 6080, et notamment les productions à engobe micacé de l’officine de la rue des Pierres à Autun, place là aussi le fonctionnement de cet atelier lapidaire au plus tôt au iiie s. Le second secteur a pu être appréhendé en plan par le biais d’une fenêtre de fouille menée sur une dizaine de mètres carrés environ (fig. 30 no L3), sous le sol du portique occidental (espace 2b, 7003, 7044, 7045, 7061, 7063, 7071). Les couches d’atelier, stratifiées, ont pu être finement fouillées. Les premiers niveaux d’ateliers scellent directement le remblai de nivèle- ment (7058) qui constitue l’assiette du monument. Les couches les plus anciennes de l’atelier, qui mesurent jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur, sont composées d’éclats de taille de calcaire et de grès (fig. 33). On remarquera que ces matériaux sont respectivement utilisés sur ce site pour confec- tionner les colonnes des portiques et leurs dés de fondation. Des trous circulaires d’une vingtaine de centimètres de diamètre mais également des traces linéaires incisant ces premiers remblais sont apparus à la fouille dans une couche jaune finement stratifiée (7003) d’une quinzaine de centi- Fig. 27 – Restitution de l’élévation de l’ordre (état 3) correspondant au stylobate M6 (conception et DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure- mètres d’épaisseur (fig. 33) qui comporte un lot conséquent de et-Loir). déchets de taille de roches décoratives. Ces structures en creux évoquent les traces que peut laisser un banc de sciage servant au débitage in situ de grands blocs (fig. 34-35) comme dans les Les ateLiers LapiDaires, témoins priviLégiés thermes du Vieil-Évreux (Seigne, 2000, p. 224-228). Ainsi, les De cette restructuration traces linéaires pourraient être des traces laissées par la scie, et les trous circulaires les points de fixation au sol de la structure Les zones fouillées ont révélé à trois endroits la présence de sciage. Cette hypothèse est corroborée par l’observation d’ateliers lapidaires qui fonctionnent tardivement dans la vie de microscopique 21 des épaisses strates sableuses jaunes précé- ce monument (fig. 30 no L1-3). Ils constituent les indices les plus demment évoquées (7003). Elles trouveraient leur origine dans probants d’une restructuration en profondeur de l’édifice. une altération du grès blond du Rhétien, un matériau d’origine D’épais remblais d’éclats en calcaire, d’une épaisseur parfois locale qui pourrait avoir été utilisé en tant qu’abrasif humide supérieure à 0,30 m, servent à asseoir le sol de la cour centrale pour user la pierre lors de la découpe, comme cela est l’usage (espace 5, remblais 5051, 5053, 7028) (fig. 30 no L1, fig. 31). avec ces scies particulières. La présence dans ces horizons de On estime le volume de ces épandages de déchets de taille à plusieurs outils lithiques confectionnés dans ce même matériau 250 m3 : ils témoignent de travaux d’ampleur dépassant le stade suggère que le dépôt pourrait également trouver son origine de la simple réfection, peut-être de l’installation d’une architec- dans le polissage intensif de certaines roches (fig. 36). ture en calcaire et plus particulièrement du travail de finition La fouille a permis de récolter un lot de 1068 déchets Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ réalisé sur place. Il pourrait tout simplement s’agir des portiques de taille pour un poids total d’environ 24 kg. Le corpus est qui ceinturent l’espace 5. Le dépôt du remblai 5051 permet de composé de roches de provenance très diverses, à la fois régio- dater l’épisode du iiie s. au plus tôt 20 (fig. 32). nales et originaires du Bassin méditerranéen (fig. 37), dont certaines comportant des traces de sciage (fig. 38). 20. 5051 repose sur un remblai de nivèlement (5052) très riche en mobilier 21. Analyse réalisée par F. Delencre, doctorant sous la direction de J.-P. Garcia, céramique du iiie s. Université de Bourgogne. 19 yannick labaune ET AL. Fig. 28 – Corniche corinthienne (n° d’inventaire ML 653) issue des fouilles de la maison dite de Balbius Iassus (îlot voisin XII 9 ; conception, DAO : C. Gaston, PCR Autun). La place importante occupée par le marbre blanc de Carrare (fig. 39-1) et à bord simple épaissi (fig. 39-2) et bourrelet saillant (fig. 37) est remarquable (un tiers des fragments recensés et à mi-panse trouvent comparaison dans les niveaux tardifs des quasiment la moitié de la masse totale du corpus récolté sur cet régions du Centre et d’Île-de-France 22. À noter aussi la présence, atelier). Les déchets de marbre de Carrare sont à la fois nombreux aux côtés de tessons d’amphores africaines et Tripolitaine III, et de taille assez importante ; on relève la présence d’ébauches de d’une amphore à poisson de Lusitanie (vallée du Tage, du Sado et moulures et de fragments de cannelures (fig. 38b). Les éclats de de l’Algarve, fig. 39-3), diffusée principalement en Méditerranée roches en provenance de Turquie ou d’Afrique du Nord sont peu occidentale, datant du milieu du iiie s. au ve s. (Mayet, 2001, abondants et bien plus petits : on a visiblement pris soin de ratio- p. 279 ; Laubenheimer, Marlière, 2010, p. 59). naliser la taille de ces blocs de provenance lointaine. Un déchet Ces niveaux sont scellés par le sol de la galerie occidentale de taille en calcaire rouge de Givry pourrait témoigner de la (espace 2b, 7057) composé de grandes dalles de calcaire beige confection d’éléments en opus sectile (fig. 38c). Enfin, quelques de Germolles (fig. 40). tesselles brutes de taille évoquent, à l’instar du secteur 2, le travail du mosaïste (fig. 38d). Il s’agit de roches de provenance lointaine, à savoir du marbre vert de Thessalie et du marbre rouge antique. D’autres témoins pLus Discrets La datation de cette phase de chantier est délicate. Les Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ monnaies sont malheureusement absentes et le mobilier Aux quelques endroits du site sondés en profondeur, il est céramique, abondant, comporte une forte part d’éléments frappant de constater que les sols de circulation de l’état 4 ne résiduels antérieurs au dernier tiers du iiie s. Quelques formes, scellent à aucun moment d’anciens sols de l’état 3 devenus rares, possèdent toutefois une fourchette de datation plus tardive que l’on peut situer entre la fin du iiie s. et le début 22. Mouton-Venault, Devevey, 2005 ; Bébien, 2005 ; Kaspryk, Mouton- du ive s., notamment dans les niveaux supérieurs de l’atelier Venault, 2011, p. 70 et 75 ; Blin et al., 1997 ; Sellés, 2001 ; Marcille, Pissot, lapidaire (fig. 39) : les jattes à bord en bandeau mouluré rentrant 2006 ; Séguier, Delage, 2009. 20 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 29 – Chapiteau corinthien (n° d’inventaire ML 751) présentant des similitudes avec l’exemplaire découvert lors du diagnostic (5058 ; conception et DAO : C. Gaston, PCR Autun). obsolètes. Mieux encore, on constate un hiatus de quasiment une partie des maçonneries de l’état 3, en l’occurrence M9 et deux siècles entre d’une part la destruction de l’habitat et la M10. création d’une plateforme plane à l’échelle de l’îlot (terminus La fouille montre que le mur M9 s’installe initialement post quem au début du iie s. apr. J.-C.) et d’autre part le moment dans une tranchée légèrement plus large que la maçonnerie. où fonctionnent les ateliers lapidaires et où sont aménagés la Cette tranchée est surcreusée dans un second temps : cet indice plupart des sols de circulation conservés du monument (fin stratigraphique pourrait correspondre à une réfection, en l’oc- du iiie s. ou début du ive s. (fig. 40). Le mobilier du iie s. currence un apport complémentaire et ponctuel de mortier au et du début du iiie s. est essentiellement attesté en position niveau des fondations (fig. 41). Malheureusement, malgré une résiduelle. On peine à expliquer ce phénomène sauf si on fouille scrupuleuse, l’indigence du mobilier et les phénomènes considère que dans un contexte de travaux d’ampleur, un tel de résidualité ne permettent pas de dater la reprise. hiatus pourrait trahir un démontage systématique des anciens D’autre part, il a été possible de fouiller une tranchée (6029) sols de circulation devenus obsolètes 23. Si on suit cette débordant légèrement de la paroi septentrionale de la M10. Dans hypothèse, seules les superstructures (maçonneries, stylo- ce cas précis aucun indice de surcreusement n’a pu être observé, bates supportant des colonnades) pourraient avoir été laissées mais la présence de mobilier du début de l’Antiquité tardive en place. Les déblais, encombrants, ont pu être évacués et dans la partie supérieure du comblement (6031) pourrait plaider réutilisés à proximité immédiate, dans le cadre du chantier en faveur d’une reprise en sous-œuvre du stylobate. La présence contemporain de réfection du cardo qui longe le côté occi- de joints regarnis assez hétérogènes dans la partie supérieure du dental de l’îlot 24. massif (entre les piles de colonnes) pourrait plaider en faveur de Quelques maigres indices suggèrent que ces travaux cette hypothèse. d’ampleur ont pu générer la reprise en sous-œuvre d’au moins Description Des vestiges Du Début Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ 23. On conviendra que ce cas de figure n’est évidemment pas le plus fréquent De L’antiquité tarDive – état 4b avant la période industrielle et l’utilisation de moyens de terrassement mécanisés. En préambule à cette partie, il convient de rappeler l’excellent 24. La mise en place du dallage en granite dans une rue désormais en pente état de conservation des vestiges qui appartiennent à cet état et douce et s’affranchissant des dénivelés a nécessité des apports massifs en pied s’organisent suivant un axe de symétrie est-ouest. La description de terrasse. C’est le cas de ces couches observées à plusieurs reprises au xixe s. sous les dalles, riches en éléments de démolition des iie et iiie s. et mesurant s’attachera à décrire les différents espaces rencontrés, depuis parfois 1,10 m d’épaisseur (Rebourg, 1998, p. 173). l’ouest jusqu’à l’est. 21 Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ yannick labaune ET AL. Fig. 30 – Plan des vestiges de l’état 4 ; C, collecteur ; esp., espace ; L, ? ; M, mur (conception et relevé : A. Tisserand, Sava ; DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). 22 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig.  31  –  Épandage de déchets de taille en calcaire (7028) sur Fig. 32 – Stratigraphie au niveau de l’espace 5, du plus ancien au plus l’emprise de l’espace  5, préalablement à la mise en place du sol récent  : substrat remanié (5054  : troncature des états antérieurs  ?), (cliché : Y. Labaune, Sava). gros épandage de déchets de taille en calcaire (5053), remblai de nivellement daté du IIIe  s. au plus tôt (5052), nouvelle couche de déchets de taille en calcaire (5051) puis radier de fondation du sol (5130, 5131, 5048, 5049, 5050 ; cliché : Y. Labaune, Sava). Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig.  33  –  L’atelier lapidaire de l’espace 2b, état 4a. Au premier plan, Fig. 34 – L’atelier lapidaire de l’espace 2b, état 4a. Vestiges probables niveaux supérieurs de l’atelier lapidaire caractérisés par une couche d’un banc de sciage (cliché : H. Laganier, Université de Bourgogne). jaune  7003 (grès utilisé comme abrasif sur un banc de sciage). Au second plan, une couche de déchets de taille en calcaire et grès correspondant au niveau le plus ancien de l’atelier (cliché  : H. Laganier, Université de Bourgogne). 23 yannick labaune ET AL. Fig. 36 – L’atelier lapidaire de l’espace 2b, état 4a : Le premier type de polissoir (un exemplaire) possède une surface active plane (finition des pavements  ? Il est mentionné dans Vitruve, De Architectura, chapitre I). Le second (trois exemplaires) possède plusieurs surfaces actives arrondies (cliché : Y. Labaune, Sava). D’autre part, il a été possible de dégager partiellement le dernier état de construction d’un pavillon d’angle de plan rectangulaire donnant accès au cœur de l’îlot depuis le cardo Fig. 35 – L’atelier lapidaire de l’espace 2b, état 4a. Vestiges probables principal (espace 1) (fig. 43). Large de 9 m et long de plus de d’un banc de sciage. (relevé : H. Laganier, Université de Bourgogne ; DAO : A.-L. Bugnon, Inrap). 16 m, il couvre une superficie estimée à 180 m². Les maçonne- ries orientale et septentrionale qui ferment cet espace ont pu être observées directement, ainsi que des ouvertures permettant la La partie occidentale de l’îlot circulation au sein du complexe monumental. La maçonnerie septentrionale (M1-M2) mesure 0,80 m de Cet espace est très difficile à cerner : actuellement traversé largeur, son parement en petit appareil (opus vittatum) est assez par le boulevard F.-Latouche, il était en grande partie situé hors régulier, composé de moellons de grès ou de granite ; aucune de l’emprise de nos sondages (fig. 30). Seuls quelques vestiges trace d’enduit n’est conservée. Ce mur est percé d’une ouverture remarquables permettent de se faire une idée de sa monumen- de 1,33 m de largeur (soit 4 pieds ½) permettant, depuis ce talité. vestibule, de se diriger en direction de l’édifice en façade du Il s’agit en premier lieu d’un tronçon de maçonnerie (M16) cardo principal (fig. 44). Une trace d’arrachement trahit l’exis- de même orientation que le cardo, dégagé sur une longueur de tence d’un seuil rectangulaire (fig. 45). 5 m, mesurant 3 m de largeur et dont les parties en élévation La maçonnerie fermant la salle à l’est (M3-M4) mesure 0,90 m ont été récupérées (fig. 42). Les dimensions de ces fonda- de largeur, son parement en petit appareil est lui aussi très régulier tions sont considérables, supérieures par exemple à celles des (fig. 46-47). Douze assises de moellons en grès surmontées par courtines de l’enceinte de la ville qui n’excèdent pas 2,50 m une assise de réglage en briques (il n’en reste que les traces d’arra- de large. Les traces laissées dans le mortier frais au niveau de chement) sont conservées. Cet indice montre que l’on a peut-être l’arase conservée suggèrent la présence d’au moins une assise affaire à un parement mixte alternant assises de moellons et réalisée en grand appareil : les blocs parallélépipédiques de assises en briques (opus vittatum mixtum). Caractéristique très taille variable, mesurent 0,50 m à 1 m de largeur et 1 m à 2 m intéressante, la semelle de M3-M4 est franchement débordante du de profondeur. De nombreux fragments conservés dans le com- côté du pavillon d’angle (espace 1 ; ressaut de 0,40 m environ, ce blement de la tranchée d’épierrement des parties supérieures qui correspond à un élargissement des fondations à 1,25 m) et est (7074) montrent qu’il s’agit de blocs d’arkose aux faces soigneu- directement scellée par le pavement dallé (5012). Sur cette face sement dressées. L’édifice auquel appartient cette maçonnerie aucune trace d’enduit n’est conservée. En revanche, côté portique (espace 13) se développe hors emprise, vers l’ouest et la platea. (espace 2a) la base du parement est encore recouverte d’une très Aucun niveau de circulation en relation avec cette maçonnerie épaisse couche de mortier de tuileau rose d’une quinzaine de n’est conservé dans cette direction. Il pourrait toutefois s’agir centimètres renforcée au cœur par des fragments de terre cuite d’un sol en béton de tuileau ainsi que le suggère la présence architecturale (fig. 48). La surface de l’enduit est lissée et des de nombreux lambeaux (7075) probablement bouleversés lors fragments de marbre en remploi servent d’assises de réglage Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ d’une phase de récupération des matériaux de construction. destinées à l’accueil d’un décor plaqué. Une partie de ce décor a La documentation à notre disposition permet de rattacher été retrouvé in situ, effondré au pied de la maçonnerie (5029) : il cette maçonnerie à cette phase tardive sans que l’on soit en s’agit uniquement de placages en marbre de type Carrare. mesure d’en déterminer la date de construction (état 3 ?). A Une ouverture de 2,55 m ménagée dans M3-M4 a pu être l’est, la maçonnerie M16 ferme par ailleurs le portique occi- observée (fig. 49). Un arrachement de plan rectangulaire dental (espace 2b) de l’espace central (espace 5) qui sera décrit évoque la présence initiale d’un puissant aménagement de seuil ultérieurement (fig. 67). (fig. 50). A cet endroit, la présence de blocs architecturaux 24 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig.  37  –  Planche synthétique, réalisée à partir de l’étude de V. Brunet-Gaston, présentant la provenance des roches décoratives (éclats, ébauches, déchets) rencontrées sur l’atelier lapidaire de l’espace 2b, état 4a. Analyse basée sur un échantillon de 1068 fragments (environ 24 kg ; DAO : Y. Labaune, Sava). découverts in situ dans les couches de démolition et/ou de tique (de l’ordre de 4 pieds ½) est la même que celle du passage démantèlement (5115, fig. 47) et leur probables traces au sol dans aménagé dans M1-M2 (voir infra). le mortier frais (5081, fig. 50) suggèrent une monumentalisation Le sol est dallé (fig. 52). Les dalles mesurent 1,10 m à de ce passage qui permet d’accéder à l’espace ouvert au centre 1,40 m de longueur et leur largeur est comprise entre 0,60 m de l’îlot (espace 5) via le portique occidental (espace 2a) ou par et 0,75 m. Les quelques exemplaires encore conservés (fig. 53) le portique à double travée (espaces 3 et 4) qui le ceinturent. suggèrent un décor bichrome, blanc et gris foncé, grâce res- On note la présence de deux éléments de pilastre en calcaire à pectivement à l’utilisation de marbre de Châtelperron et de entroques (5115), dont l’un présente un plan à l’oblique faisant calcaire à polypiers de Diou (Allier) ou de Gilly-sur-Loire office de sommier, destiné peut-être au claveau d’une voûte ; au (Saône-et-Loire). La plupart ont été récupérés et il n’en reste pied des maçonneries, des négatifs dans le mortier pourraient fréquemment que le négatif, visible sur le bain de pose en être liés à leur arrachement. Trouvés à proximité, un élément mortier de tuileau rose (5012). De nombreux fragments de d’arcature de placage en marbre de Carrare (5023), ainsi qu’un placages en remploi ont été disposés à plat dans le bain de encadrement de porte mouluré (5029) peuvent peut-être être pose pour servir d’assise de réglage lors de la mise en place du associés à l’ensemble. Il est possible d’en proposer une resti- dallage ; ces renforts sont par ailleurs fréquemment disposés Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ tution hypothétique (fig. 51). La combinaison de ces éléments à deux angles de la dalle diamétralement opposée 26 Dans la nous invite à réduire la largeur de l’ouverture de 2,55 m à 1,35 m environ 25. On remarquera que cette largeur hypothé- 26. On remarquera que certains gestes techniques se rapprochent de ceux mis en évidence sur le site du complexe cultuel dit des Arènes à Tintignac, en particulier au sein du bâtiment en hémicycle. Certains parements sont là aussi 25. Les négatifs suggèrent une largeur d’environ 1,35 m ; les calculs de recouverts d’une couche très épaisse de mortier de tuileau rose, des semelles restitution du diamètre de la voûte clavée à partir des éléments lapidaires de fondation très débordantes sont attestées et le principe de mise en place des (placage, pilastre) donnent une dimension plus réduite d’environ 1,20 m. pavements est en tout point analogue (Maniquet, 2004). 25 yannick labaune ET AL. L’espace 5 : un espace ouvert ceinturé de portiques Le pavillon d’angle donne accès à un large portique à double travée (espaces 3-4) qui forme la limite méridionale du complexe monumental (son symétrique a été reconnu au nord de l’îlot) mais aussi au portique situé en arrière des aménagements de la partie occidentale de l’îlot (espaces 2a-2b). Ces trois portiques ceinturent un espace de plan rectangulaire localisé au centre de l’îlot XI 9 dont les limites ont été clairement circonscrites par nos sondages (fig. 30). La description va s’attacher en premier lieu à cet espace avant d’aborder celle des portiques. L’espace 5 Seuls les niveaux de circulation situés dans la moitié méridionale de cet espace sont conservés 29. Le grand côté nord-sud mesure précisément 44,50 m, le petit côté est-ouest mesure 18,50 m, soit une superficie de 823 m². Deux sols de circulation successifs scellent des remblais dont un épandage d’éclats de taille de calcaire d’une trentaine de centimètres d’épaisseur en moyenne. Cet épandage, d’un volume d’environ 250 m3, qui occupe visiblement l’intégralité de l’emprise de cette place, correspond très certainement aux Fig.  38  –  Échantillon d’éclats, ébauches et déchets de roches déchets issus de l’installation de l’architecture en calcaire décoratives rencontrées sur l’atelier lapidaire de l’espace 2b, état environnante (voir supra). L’abondant mobilier céramique 4a  : a, fragments avec traces de sciage  ; b, ébauche de moulures et fragments de cannelures en marbre de Carrare  ; c, déchet de taille retrouvé dans l’un de ces remblais de nivèlement (5052), d’opus sectile  (?) en calcaire rouge de Givry  ; d, tesselles brutes de résiduels pour la plupart, permet de proposer une mise en taille (clichés : V. Brunet-Gaston, Inrap). place du premier sol dans le courant du iiie s. au plus tôt. Pour ce faire, un puissant radier de fondation d’une quarantaine de centimètres d’épaisseur vient sceller les remblais de partie orientale du pavillon d’angle, sur une dizaine de mètres, nivèlement. Il est composé dans sa partie inférieure de blocs les dalles sont organisées en lignes parallèles se dirigeant clai- de granite disposés de chant (5131), eux-mêmes surmontés rement en direction de l’ouverture monumentalisée (fig. 49) de blocs de grès et de granite, d’aspect quadrangulaire, ici qui permet d’accéder au cœur de l’îlot et aux cours à portiques soigneusement disposés à plat (5050). Ce massif accueille une (la partie occidentale du pavement est mal conservée mais une première chape (5049) d’environ 5 cm d’épaisseur de mortier dalle conservée en place suggère une orientation différente ocre très tenace comportant de nombreuses inclusions de dans cette partie). En outre, les rangées de dalle directement tuileau. Un rehaussement du sol se traduit par la mise en place situées dans l’axe de l’ouverture sont plus larges que celles d’un nouveau radier composé de blocs de grès et de granite longeant les parois, ce qui renforce l’aspect ostentatoire de disposés de chant (5048), scellé par une seconde chape de ce passage. Le dallage et son mortier de pose reposent sur mortier (5046) destinée visiblement à accueillir un pavement une puissante chape de préparation en mortier de tuileau rose qui est composé de dalles de calcaire presque entièrement construite sur radier (5005). Un sol antérieur encore en place récupérées (fig. 55). Seule une dalle très abîmée semble (état 3 ?) a été ponctuellement atteint, dévoilant sans doute un conservée en place, à un endroit où de nombreux morceaux de rehaussement significatif du niveau de circulation depuis le briques disposés à plat dans le mortier ont pu servir d’assises Haut-Empire (fig. 54). La présence d’une patte en fer dite « en de réglage (fig. 56). Cette dalle mesure 60 cm de largeur et T à œil » 27 dans les niveaux d’abandon/démantèlement (5002) sa longueur, incomplète, est supérieure à 60 cm. Les indices pourrait indiquer la présence d’un plafond suspendu. manquent pour préciser la chronologie, notamment la date On peut émettre l’hypothèse que les ateliers de marbriers de construction du premier sol bétonné puis sa réfection et la retrouvés à proximité (espace 2b), qui confectionnaient mise en place d’un dallage. notamment tesselles de mosaïque et morceaux d’opus sectile, Dans les zones bien conservées, les couches (5040, 5055, concernent plus spécifiquement le décor de la partie occidentale 5056) scellant directement le dernier sol (5046, 5047) sont du complexe monumental 28 absolument vierges d’éléments de couverture (tuiles, dalles Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ sciées en calcaire, éléments de plafond...). Sur toute l’emprise on observe le développement d’une épaisse séquence exempte d’artefacts, assimilable aux « terres noires », noirâtre et 27. Ce type d’objet assure la fixation de plafonds suspendus dans les thermes très organique dans sa partie inférieure, plus claire dans sa du Vieil-Évreux (Loiseau, 2009, fig. 227-228). 28. On se fonde sur l’absence de décor de pavement (ou de parement) en mosaïque ou bien en opus sectile dans les niveaux d’abandon des parties 29. Au nord on les a très certainement arrachés à l’époque médiévale afin d’en centrale et orientale du complexe monumental. récupérer les matériaux qui composaient les fondations. 26 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 39 – Fonctionnement des ateliers lapidaires de l’état 4a, planche synthétique des formes céramiques représentatives (DAO : A. Delor-Ahü, Inrap). partie supérieure, qui piège des morceaux d’architecture et de Le portique à double travée sculpture en calcaire en cours de démantèlement (fig. 57). Ces Chaque portique double mesure au total 18 m de largeur, observations archéologiques suggèrent qu’il s’agit d’un espace depuis le mur aveugle qui constitue le fond et le stylobate ouvert, entouré de portiques. supportant la colonnade de façade (fig. 60-61). Les deux travées L’espace est délimité, sur les quatre côtés, par des structures n’ont pas la même largeur. La travée du fond (espaces 3 et 8), hydrauliques maçonnées d’aspect comparable (C1, C2, C3 et limitée par le mur aveugle et le stylobate de la colonnade centrale, C4). Chaque conduite est limitée d’un côté par le stylobate mesure 9 m, et la travée de façade (espaces 4 et 7) limitée par du portique ouvrant sur l’espace ouvert, de l’autre par une les stylobates des colonnades centrale et de façade mesure quant puissante maçonnerie large de 0,80 m en moyenne, qui affleure à elle 6,50 m. Le sol des deux travées (5022, 5030, 5032) est au niveau du sol (fig. 58). La largeur et la profondeur du canal constitué d’une solide chape de béton d’environ 0,15 m à 0,20 m mesurent en moyenne 0,90 m. La canalisation C3, en bordure d’épaisseur composée de fragments de calcaire dur concassés et occidentale de l’espace 5, semble fortement dimensionnée, calibrés (type calcaire à gryphées de Curgy) liés par un mortier mesurant environ 1,40 m de largeur et 1 m de profondeur jaune très solide. La partie supérieure (lorsqu’elle est conservée) (fig. 59). Le fond de la conduite ainsi que l’arase supérieure est recouverte par une fine couche de mortier de lissage. On des piédroits sont tapissés de briques. Aucun indice ne permet note l’absence de décor ou d’inclusions colorées de surface. Ce Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ de conclure à l’existence d’une éventuelle couverture. Ces béton repose sur un puissant radier d’environ 40 cm d’épaisseur structures peuvent raisonnablement être interprétées comme des composé de dalles sur chant elles-mêmes surmontées de dalles à collecteurs destinés à récupérer l’eau pluviale issue des toitures l’horizontale destinées à recevoir la chape de mortier 30 (fig. 62). des constructions ceinturant l’espace ouvert. Les indices à notre disposition permettent d’envisager la présence d’un exutoire 30. Ce même sol a été rencontré au débouché du pavillon d’angle, dans ménagé dans l’angle nord-ouest de la place qui servait à évacuer l’espace 2a qui distribue à la fois en direction du portique double méridional et ces eaux de pluie en direction du decumanus D10. du portique en arrière de la façade occidentale. 27 yannick labaune ET AL. Fig. 40 – Coupe stratigraphique présentant les états 2 (sol d’habitat), Fig. 42 – Vue zénithale du mur M16 (états 3 (?)-4). à gauche du cliché, 3a (remblai de nivellement), 4a (remblai d’un atelier lapidaire) et 4b M16 recoupe le mur M30 (habitat, état 2 ; cliché Y. Labaune, Sava). (sol du portique double de l’espace 2b). On relève un hiatus entre les états 3a et 4a (cliché et DAO : Y. Labaune, Sava). Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig.  43  –  Vue zénithale prise du sud-ouest de l’espace  1 (pavillon Fig. 41 – Indices de reprise en sous-œuvre du mur M9 d’angle). à gauche du cliché, les murs M1-M2 et en arrière-plan, les durant l’état 4a ? (cliché et DAO : Y. Labaune, Sava). murs M3-M4 (cliché :Y. Labaune, Sava). 28 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 44 – Vue prise du sud-est des murs M1-M2 et de l’ouverture (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig.  47  –  Vue prise du nord-ouest de la tête de mur  M4. Noter l’élément de pilastre en calcaire à entroque dans les niveaux de démolition monumentalisant très certainement l’ouverture dans M3-M4 (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 45 – Négatif d’un aménagement de seuil au niveau de l’ouverture pratiquée dans M1-M2 (cliché : Y. Labaune, Sava). Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 48 – Vue prise du nord-ouest du parement oriental du mur M3, recouvert d’une couche d’enduit de tuileau d’une épaisseur importante ; en arrière-plan l’espace 1 (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 46 – Vue prise du sud de la tête de mur M3 (cliché : Y. Labaune, Sava). 29 yannick labaune ET AL. signaler la présence d’un lot de fragments de stucs disséminés dans les niveaux de démantèlement. Le corpus est assez faible mais présente des décors variés. Les fragments se retrouvent de manière privilégiée dans l’espace des portiques et paraissent témoigner de son décor. Leur étude préliminaire 34 suggère la présence de corniches et de moulures à profil lisse tiré au gabarit ou à motif estampé sur profil tiré au gabarit (décor d’oves et coquilles, registre à méandre à svastika). Plusieurs fragments présentent des incisions au couteau. Quelques éléments modelés témoignent enfin d’un décor plus riche et plus complexe. Il s’agit en premier lieu d’un élément à feuilles en quinconce (fig. 66) mais aussi de plusieurs fragments qui évoquent les pétales de fleurons en cabochon rencontrés à Autun sur les plafonds de la clinique du Parc et du nouvel hôpital (Boislève, 2007 ; Boislève, Allag, 2011). Fig. 49 – Vue générale prise du nord-est de l’ouverture limitée par les Fig. 50 – Négatif d’un aménagement de seuil au niveau de l’ouverture maçonneries M3 et M4 ; en arrière-plan l’espace 1 (cliché : Y. Labaune, pratiquée dans M3-M4. Noter les traces d’arrachement rectangulaire Sava). au fond de la structure (cliché : Y. Labaune, Sava). Entre les bases des colonnes, l’arase supérieure des stylobates est Le portique en arrière de la façade occidentale recouverte par des dalles de calcaire jaune à entroques. La chape La fenêtre d’observation a été ouverte sur l’axe de symétrie de béton qui compose le sol est coulée dans un second temps de est-ouest du complexe monumental (espace 2b). À cet endroit, manière à ce que le sol de circulation et le haut des dalles soient la galerie longe la bordure ouest de l’espace 5, elle est fermée au même niveau (figure 63). à l’ouest par le grand mur aveugle M16 et à l’est par le Les piles de fondation des colonnades de façade (M7 et M11) stylobate M17 (fig. 67). Elle mesure 6 m de largeur et le sol et des colonnades centrales (M6 et M10) sont nettement décalées n’est pas un béton comme dans les portiques doubles (espaces 3, (fig. 30, fig. 60). Ces anomalies sont trop grandes pour pouvoir 4, 7 et 8), mais un pavement composé de grandes dalles de être interprétées comme des erreurs de centrage. En l’absence calcaire beige clair de Germolles (Saône-et-Loire) disposées en de fouille exhaustive, c’est l’excellent état de conservation 31 quinconce (fig. 68). Les dalles, très épaisses (7 cm), mesurent qui nous permet de nous assurer, malgré ces désaxements, du de 50 cm à 65 cm de largeur et l’une d’elles a une longueur fonctionnement contemporain de ces différentes structures. supérieure à 1 m. Le bain de pose est un mortier de tuileau L’état perçu à la fouille, un portique double, pourrait toutefois rose (7046) qui repose sur un radier hétérogène comportant procéder de l’agrandissement d’un portique simple grâce à de nombreux fragments en remploi (7049). Dans l’état actuel l’ajout d’une seconde colonnade de façade (voir supra). Cette du dossier, il n’est pas possible de préciser les limites de ce succession de deux projets serait en mesure d’expliquer l’origine pavement et de déterminer s’il marque la monumentalisation de ces décalages. d’un espace situé sur l’axe de symétrie de l’édifice. Les plafonds du portique double méridional ont été découverts effondrés en place, ce qui permet de se faire une idée assez précise de leur morphologie. Très certainement suspendus, L’espace 9 : un espace ouvert analogue à l’espace 5 ? ils paraissent composés d’un assemblage de moellons en tuf calcaire 32 liés au mortier (fig. 65). La fixation de cet assemblage L’espace 9 sur des lambourdes en bois pourrait être assurée grâce à des La fenêtre d’observation a permis de circonscrire précisément pattes en fer dites « en T à œil » 33, type d’objet attesté dans les l’espace au nord (et donc par symétrie au sud) ainsi qu’à l’ouest. niveaux de démantèlement des portiques. Aux endroits où la En revanche, l’espace se poursuit hors emprise à l’est, très fouille a permis une observation fine (espace 4), les moellons certainement sur une faible distance compte tenu du passage étaient couverts d’un enduit blanc et comportaient l’amorce d’un d’une rue, le cardo C8 qui a pu être observé en limite de décor stuqué à profil lisse tiré au gabarit (5038). Il convient de l’îlot voisin. La présence dans la berme orientale de l’amorce d’une couche de démolition riche en moellons de tufs (dont le pendage indique clairement qu’elle provient d’un secteur proche 31. L’état 4 de la partie sud du complexe est comme pétrifié, peu perturbé après l’époque antique car protégé par un apport massif et relativement rapide du cardo C8) évoque l’effondrement d’un portique (et de son Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ de sédiments (voir supra). plafond) à proximité de cette rue. Il pourrait constituer la limite 32. Ces derniers sont extraits des dépôts de sources et de rivières drainant orientale de l’espace 9. des régions calcaires et ils se forment soit par précipitation de calcite, soit par Les observations permettent de restituer un grand axe l’action photosynthétique de végétaux supérieurs, d’algues et de cyanobactéries. nord-sud qui mesure 48 m environ et un petit axe est-ouest d’un Cette roche peut provenir du nord de l’Auxois ou des côtes chalonnaise et beaunoise (identification F. Delencre, Université de Bourgogne). 33. Ce type d’objet assure la fixation de plafonds suspendus dans les thermes 34. J. Boislève, toichographologue, chargé d’études spécialisées sur les du Vieil-Évreux (Loiseau, 2009, fig. 227-228). peintures et stucs d’époque romaine. 30 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 51 – Restitution hypothétique de l’ouverture pratiquée dans M3-M4 permettant la communication entre l’espace 1 (pavillon d’angle) et l’espace 2b (portique double ; conception et DAO : V. Brunet-Gaston, Inrap, M. Gaudillère, Sava). 31 yannick labaune ET AL. Fig. 54 – Espace 1 : succession de deux sols de circulation en mortier de tuileau construits sur radier (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 52 – Vue zénithale du sol dallé 5012 de l’espace 1 (pavillon d’angle ; cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 55 – Espace 5 : détail de la succession de deux solides radiers de fondation (cliché et DAO : Y. Labaune, Sava). d’éclats de couleur rouge (calcaire), blanche (marbre et calcaire) et noire (schiste). Il s’agit d’une sorte d’opus signinum 35 . Le Fig.  53  –  Vue de détail du sol dallé  5012 de l’espace  1 (pavillon radier (7069) n’a pas pu être documenté sur toute son épaisseur, d’angle) et des quelques dalles encore conservées en place (cliché : Y. Labaune, Sava). seule la partie supérieure a pu être observée : elle est composée de grandes dalles disposées à plat recevant la chape qui Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ constitue le sol. peu plus de 18 m. La superficie de l’espace 9 est ainsi supérieure Les sols de l’espace 9 et des portiques doubles possèdent les à 864 m². Le sol (7055) est un béton de 0,20 m d’épaisseur, très mêmes caractéristiques techniques. Seul ce modeste décor de solide, composé de fragments de calcaire dur concassés calibrés surface, absent des portiques, permet de les distinguer. D’autre (type calcaire à gryphées de Curgy) liés par un mortier jaune tenace (fig. 69). La partie supérieure qui constitue le niveau de 35. Il ressemble au sol (dernier état) de la galerie du temple dit de Janus qui circulation est lissée. Elle comporte des inclusions inorganisées a pu bénéficier d’observations récentes (Labaune, 2012, p. 308-309, fig. 12). 32 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig.  56  –  Vue de la préparation de sol  5047 destinée à accueillir un Fig. 58 – Vue générale de la canalisation C1 à droite dallage en calcaire presque entièrement récupéré. Au premier plan, du cliché de l’espace 6 (cliché : Y. Labaune, Sava). l’une des dalles, très abîmée, conservée en place (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 57 – Vue générale des « terres noires » scellant le sol 5046-5047 Fig. 59 – Vue générale de la canalisation C3 à l’ouest de l’espace 5, de l’espace 5. L’absence de matériaux de couverture est notable plus fortement dimensionnée (cliché : Y. Labaune, Sava). (cliché : Y. Labaune, Sava). part, même si les sols sont différents, la morphologie des radiers débordant largement sur le sol 7055, renforce le dispositif. En rencontrés dans les espaces 5 et 9 est analogue. partie centrale, aucun indice – trace d’arrachement, couche Une structure rectangulaire a été dégagée dans la partie de mortier – ne permet d’attester la présence d’un éventuel centrale de l’espace 9. Seules les parois nord et ouest ont pu aménagement. être partiellement observées (fig. 70). Elle est située sur l’axe de L’interprétation du dispositif est délicate. La morphologie symétrie est-ouest du complexe monumental, pas exactement générale évoque celle d’un bassin bien qu’un certain nombre en position centrale, mais légèrement désaxée vers l’est. Elle d’arguments paraissent s’opposer à une telle hypothèse. L’absence mesure environ 7 m selon un axe nord-sud et plus de 4 m d’est en de revêtement en fond de structure ne paraît pas rédhibitoire, ouest, ce qui représente une superficie supérieure à 28 m². Les l’étanchéité pouvant être assurée par la nature hydrofuge parois, conservées sur une quinzaine de centimètres de hauteur, de la chape de béton 7055 et par la présence d’un cordon sont constituées de plaques de roches de couleur bleutée veinée d’étanchéité ; de même, l’absence d’indices concernant des Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ de blanc (nature et origine indéterminée) disposées côte à côte dispositifs d’alimentation ou d’évacuation d’eau peut s’expliquer (fig. 71). Larges de 20 cm à 30 cm, les plaques sont fichées par une fenêtre d’observation trop réduite. Dans l’attente à la verticale dans une tranchée étroite réalisée au pic (7035) d’indices complémentaires, l’hypothèse d’un aménagement dans l’épais béton du sol (7055). Le dispositif, fixé au mortier hydraulique sera proposée. On conviendra toutefois que la de tuileau de couleur rosé, est calé grâce à des morceaux de fragilité de l’aménagement ne permettant pas le maintien de placages en remploi. Côté interne, un cordon de mortier d’une volumes d’eau importants, la présence d’un miroir d’eau paraît dizaine de centimètres de largeur déposé au pied des plaques, en l’état une interprétation satisfaisante. 33 yannick labaune ET AL. Fig. 62 – Mode de construction du sol des portiques doubles jouxtant l’espace 5 (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 60 – Vue générale prise du sud-est des vestiges du portique double au nord de l’espace 5 (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 63 – Fragment de dalle de couverture (calcaire à entroques jaune) du stylobate M6 (cliché : Y. Labaune, Sava). Contrairement à l’espace 5, l’espace 9 n’est pas délimité sur tous ses côtés par des collecteurs d’eau pluviale. En effet, aucune structure hydraulique n’a été observée à l’ouest sans que cela puisse être imputé aux conditions de conservation : le sol en parfait état vient directement au contact du stylobate M22, conservé sur toute sa hauteur (fig. 69). En revanche la présence d’un collecteur peut être restituée au nord bien que les vestiges soient très abîmés 36. L’état de conservation de l’espace 9, à l’endroit de nos sondages, est excellent. Les horizons qui scellent directement le sol sont généralement, comme pour l’espace 5, absolument vierges de matériaux de construction qui pourraient témoigner de l’existence d’une couverture et sont assimilables à des « terres noires » (fig. 69). La seule exception concerne le secteur Fig. 61 – Vue générale prise du nord-ouest des vestiges du portique dégagé à l’extrémité orientale de l’îlot (voir supra) qui présente double au nord de l’espace 5 (cliché : Y. Labaune, Sava). une couche de démolition suggérant la présence d’un portique Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ hors emprise à proximité de la rue C8. Tout comme pour Le mode de construction, qui nécessitait de recouper l’espace 5, ces observations confortent l’hypothèse d’un espace au pic un béton de sol d’une épaisseur et d’une solidité ouvert cerné de portiques. remarquables, suggère une mise en place assez tardive qui n’était vraisemblablement pas prévue dans le cadre du projet architectural initial. Les arguments permettant de préciser la 36. Le secteur a été perturbé mais quelques indices (des traces de calcification) chronologie font malheureusement défaut. suggèrent une présence d’eau pérenne contre le piédroit M23. 34 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig.  64  –  Exemple d’empreinte dans le sol des portiques doubles à l’emplacement du dallage de couverture d’un stylobate (ici M6  ; cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 66 – Fragment de stuc représentant des feuilles disposées en quinconce (cliché, M. Gaudillère, Sava). Fig. 65 – Couche d’effondrement des plafonds des portiques doubles, riches en moellons de tufs liés au mortier (cliché : Y. Labaune, Sava). Un portique à double travée ? Plusieurs facteurs ont empêché de cerner correctement la nature des aménagements jouxtant l’espace 9. Ces espaces (espaces 10, 11) n’ont pu être appréhendés au nord que par le biais d’un transect étroit ne facilitant pas la lecture des vestiges en plan. D’autre part, comme les vestiges affleurent, ils s’avèrent extrêmement mal conservés, particulièrement dans l’angle nord-est de l’îlot où ils sont écrêtés (M34 a été épierré et le sol de l’espace 11 intégralement arraché). Au sud, ces espaces étaient inaccessibles car situés en dehors de l’emprise des sondages. L’espace 10, limité par M24 et M25, mesure environ 8,50 m de largeur (fig. 72). Aucun indice ne permet d’interpréter ces Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ maçonneries comme des stylobates, mais il peut simplement s’agir d’un biais documentaire (tranchée très étroite, épierrement de M25). Le sol de l’espace 10 (8002) est un béton composé d’éclats de calcaire dur concassés et calibrés. Son aspect Fig. 67 – Vue zénithale de l’espace 2b. Au premier plan, le mur M16, extérieur est similaire à celui des sols rencontrés dans les au second plan le stylobate  M17. Contre ce dernier les restes de portiques doubles. Toutefois, la qualité de mise en œuvre est pavement en grandes dalles de calcaire de Germolles (cliché  : bien plus modeste : les épaisseurs de la chape de béton et du Y. Labaune, Sava). 35 yannick labaune ET AL. Fig. 68 – Espace 2b, vue de détail des restes du pavement en grandes dalles de calcaire de Germolles (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig. 70 – Vue générale prise du nord-est des vestiges de la structure quadrangulaire  7035, peut-être un bassin de type «  miroir d’eau  » (cliché : Y. Labaune, Sava). Fig.  69  –  Vue générale prise de l’ouest de l’espace  9. Au premier Fig. 71 – Vue de détail des vestiges de parois plan, on remarque que le sol 7055 arrive directement au contact du (cliché : Y. Labaune, Sava). stylobate M22 et on note l’absence de structure hydraulique (cliché : Y. Labaune, Sava). sols ont été arrachés, les maçonneries épierrées et les couches archéologiques très fortement perturbées à date récente. Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ radier sont bien plus faibles, le béton est pulvérulent, le radier Bien que les tronçons de maçonneries ne soient peu solide et très hétérogène. La couche de démolition (8003), pas parfaitement alignés, on relève que M24 se situe presque entièrement composée de moellons de tuf calcaire, approximativement dans le prolongement de M11, M25 dans rappelle très fortement les caractéristiques des plafonds celui de M10 et M34 dans celui de M9. Certaines analogies effondrés dans le portique double méridional (espaces 3 et 4). (aspect des sols, nature des plafonds) permettent de proposer De l’espace 11, limité par M25 et M34, il n’y a pas grand- que les espaces 10 et 11 se situent dans le prolongement du chose à dire, si ce n’est qu’il mesure environ 8 m de largeur : les portique double septentrional mais dans le détail les techniques 36 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig.  73  –  Vue générale de l’espace  6, une galerie à claire-voie. Au premier plan on distingue le collecteur  C1 avant la fouille de son comblement et au second plan le sol  7055 de l’espace  9. à droite, aménagement en briques datant de l’époque industrielle (cheminée de machinerie à vapeur d’une menuiserie ; cliché : Y. Labaune, Sava). inDices concernant La présence De statuaire La statuaire retrouvée sur le site, abandonnée en cours de démantèlement, est très fragmentée. Deux morceaux en marbre blanc ont été découverts dans la partie orientale du pavillon d’angle (espace 1), piégés dans Fig. 72 – Vue générale de l’espace 10, le comblement de la fosse de récupération de l’aménagement en arrière-plan le sol 7055 de l’espace 9 (cliché : Y. Labaune, Sava). de seuil de l’ouverture monumentalisée pratiquée dans M3-M4 (5021). Il s’agit d’un morceau de drapé et d’un fragment de sculpture représentant le corps d’un serpent couvert de fines de mise en œuvre, plus modestes, diffèrent. En l’absence écailles. d’investigations complémentaires, on ne peut se prononcer sur De multiples fragments sculptés, témoignant du la nature exacte de ces espaces. démantèlement in situ d’une ou de plusieurs grandes statues confectionnées en calcaire, ont été découverts dans la partie Un aménagement original séparant les espaces 5 et 9 : méridionale de l’espace ouvert 5 (5043). un portique à claire-voie Parmi eux, une main grandeur nature tient une pomme de pin (diamètre maximum, 8,5 cm ; hauteur conservée, 12 cm) : Les espaces 5 et 9 sont séparés par une galerie de 5 m de des doigts arrachés ne subsiste que l’index. L’ensemble semble largeur, limitée par deux stylobates, M21 et M22 (espace 6). venir d’une plaque en haut-relief de 4 cm d’épaisseur (fig. 74). Les piles de fondations rencontrées sur ces deux maçonneries Son interprétation est malaisée car la symbolique de la pomme sont parfaitement alignées. À l’endroit du sondage, les niveaux de pin est variée. Si elle surplombe généralement un thyrse lié de circulation de l’espace 6 étaient très abîmés et en grande à Bacchus, ce dernier n’est jamais représenté en tenant une à partie arrachés (fig. 73). Quelques lambeaux de stratigraphie la main. Les références mythologiques liées à l’arbre lui-même suggèrent la succession de trois sols (7016, 7019, 7021). (Pitys ou Attis, culte de Cybèle) peuvent aussi être évoquées. Il Leurs caractéristiques évoquent celles du sol rencontré dans s’agit également de l’emblème orphique de l’immortalité et de l’espace 10 (8002) : béton friable de faible épaisseur composé l’éternel retour (cippes ou faîtages de monuments funéraires en de fragments de calcaire dur concassés calibrés liés au mortier, forme de pomme de pin). radier hétérogène et peu solide. Les perturbations ayant Une dizaine d’autres fragments pourraient quant à eux fortement tronqué la stratigraphie, aucun indice concernant le provenir d’une même statue ou relief équestre grandeur naturelle Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ type de plafond et de couverture n’est conservé à cet endroit. ou plus grande que nature (fig 75). Plusieurs concernent les Les caractéristiques structurelles invitent à interpréter cet pattes d’un équidé : outre quatre fragments de la partie médiane, aménagement comme un portique à claire-voie permettant on relève la présence d’un sabot sur un lit de pose à traitement d’établir un lien visuel direct entre les espaces ouverts 5 et 9. strié (hauteur constante : 10 cm) et d’un paturon. Deux autres La présence d’un collecteur d’eau pluviale uniquement à l’ouest fragments plus ubiquistes (animal ?) sur lit de pose sont attestés. de cette galerie est une caractéristique remarquable qui sera Enfin, un morceau de lambrequin de grande taille (largeur : discutée plus loin. 7 cm) suggère la présence d’un cavalier en tenue militaire. 37 yannick labaune ET AL. et 310 38 : mention répétée en 297, 298 et 311 de l’attribution de sommes allouées à la réfection des monuments publics d’Augustodunum (opera et templa ; voir Panégyriques latins, IV (8), XXI, 2 ; V (9), III, 2 ; VIII (5), IV, 4) ; remise en état de l’adduction d’eau de la ville par l’armée en 298 (Panégyriques latins, V (9), IV 3) ; restauration des thermes de la ville par Constance Chlore, qui fournit des subsides pour reconstruire les caldaria des bains 39; évergésie d’Eumène en faveur de la restauration des scholae maenianae d’Augustodunum (Panégyriques latins, V, 9). Le chantier de l’îlot XI 9 semble donc s’intégrer dans un moment particulier de réalisations urbanistiques du début de l’Antiquité tardive, ayant peu d’équivalent en Gaule à cette époque, abstraction faite de la construction de certaines enceintes à Trèves, Arles et Reims. ÉTAT 5. ABANDON ET DÉMANTÈLEMENT DU COMPLEXE MONUMENTAL CARACTÉRISATION DU PHÉNOMÈNE Dans la partie méridionale de l’îlot, les modalités particulières de sédimentation, massives et rapides (voir infra) ont figé certaines phases de démantèlement de l’édifice. La fouille a Fig. 74 – Fragment de statue en calcaire : main grandeur naturelle ainsi permis de préciser quelques aspects du mode opératoire tenant une pomme de pin (cliché : M. Gaudillère, Sava). des récupérateurs de matériaux de la fin de l’Antiquité et de cerner leur période d’activité. La nature du matériau employé, un calcaire et non pas un Dans le portique double méridional (espace 3), une colonne marbre ou un bronze, invite à écarter l’hypothèse d’une a été retrouvée effondrée in situ sur une couche compacte d’une représentation impériale. vingtaine de centimètres d’épaisseur, exclusivement composée de fragments de décors de placage (encadrement d’ouvertures, corniches moulurées, plaques…), de fragments de terre cuite mise en perspective De cette pHase De restructuration architecturale et de moellons de tufs provenant du plafond, au Début De L’antiquité tarDive dans une matrice de mortier détritique (5060, 5065). Reposant sur le sol du portique, ce niveau correspond certainement à La reconstruction de l’édifice monumental de l’îlot XI 9 à la l’occupation du secteur par les récupérateurs. La base de la fin du iiie s. ou dans la première moitié du ive s. s’inscrit dans un colonne a été retrouvée couchée sur le flan, partiellement contexte de réfection de l’équipement urbain d’Augustodunum sciée : il semblerait qu’on ait voulu la débiter avant de choisir attesté tant dans la documentation archéologique que par les de l’abandonner sur place. L’ensemble composé des fûts et textes. du chapiteau a, en revanche, été consciencieusement brisé. Bien que la documentation archéologique soit souvent Environ 90 % du volume initial de cet ordre a été fracturé en d’interprétation malaisée, quelques découvertes paraissent éclats de faibles dimensions qui ont été évacués en dehors de significatives. Ainsi, peu après les années 250-270, la principale notre fenêtre d’observation (fig. 76). Les morceaux restés sur rue de la ville qui longe le côté occidental de notre îlot a été place reposaient face sculptée ou taillée contre le sol, scellés entièrement recouverte de dalles de granite losangiques de par une épaisse couche de poussière de calcaire (fig. 77). Ce fort module sur une longueur de plus de 1 500 m (Labaune, mode opératoire suggère la réutilisation d’une partie importante Kasprzyk, 2008, p. 267-268 ; Kasprzyk, à paraître). Il faut des vestiges architectoniques comme combustible dans un également signaler la découverte à Autun, au xixe s. et en 1986, four à chaux, dont aucune trace n’a été retrouvée au cours de de fragments de placage en marbre qui portent un registre de l’opération. À l’échelle du site, un ensemble de fragments de rais-de-cœur typologiquement proche de décors assurément cannelures, de chapiteaux et de corniches, tous en calcaire, attribuables au premier quart du ive s. 37 (Kasprzyk, à paraître). témoigne d’un démantèlement raisonné et systématique des Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Les données les plus explicites proviennent cependant du ordres architecturaux. recueil des Panégyriques latins, qui signalent l’existence de nombreux chantiers à Augustodunum entre les années 295 38. Sur ces chantiers, voir en dernier lieu Hostein, 2012, p. 141-175. 39. Panégyriques latins, VIII (5), IV, 2 : mention des pecuniis ad caldaria largiendis et lauacris quae corruerant exstruendis. Étant donné la nuance 37. Architrave avec kymation lesbique de la basilique de Maxence (Milella, apportée par l’orateur de ce discours aux restaurations de Constance Chlore, 1999, p. 113, fig. 14) ; moulure de la villa de Piazza Armerina (Kähler 1973, qualifiées de promesses pour l’essentiel, on ne peut guère douter de la réalité pl. 12, no 12f) de ces travaux. 38 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 75 – Hypothèse de restitution d’une même statue ou relief équestre en calcaire grandeur naturelle (conception, DAO : V. Brunet-Gaston, Inrap, M. Gaudillère, Sava). D’autres traces témoignant d’une activité de démantèlement prélevés avec soin puisqu’il s’agit là d’un matériau façonné de d’éléments en calcaire ont été retrouvées en façade du portique telle manière qu’il est aisément débitable et réutilisable dans double (espace ouvert 1). Là aussi des éléments architectoniques les constructions. Ces fondations constituent ainsi une source Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ mais également de la grande statuaire ont été fracturés. de matière première de meilleure qualité que les blocs noyés (fig. 74-75 ; voir supra). dans le caementicum des massifs de maçonnerie. En outre, L’opération a montré que l’on a récupéré presque le volume de cette matière première est important. Un simple systématiquement les piles de fondations des colonnes calcul prenant en compte le volume moyen d’une fondation composées d’un assemblage de blocs parallélépipédiques de de colonne (environ 1,5 m3) et la quantité de ces dernières à grande taille en grès d’arkose (fig. 19). Cet épisode est postérieur l’échelle du site (une centaine) permet de fournir une estimation au démantèlement des ordres. Les blocs ont visiblement été d’environ 1 500 m3. 39 yannick labaune ET AL. indéterminés ; rien d’atypique n’apparaît cependant dans ce faciès (nos 3, 15). Plusieurs de ces monnaies offrent des repères chronologiques précieux (terminus post quem) pour la connaissance de l’histoire de l’îlot dans la seconde moitié du ive s. Dans le détail, la couche d’abandon 5060 recèle deux monnaies de Valens et Gratien (nos 12, 13). Elle témoigne des prémices de son démantèlement complet et systématique, qui intervient à l’extrême fin du ive s. ou au début du ve s. Les marqueurs les mieux attestés de cette destruction sont les couches scellées par l’effondrement des plafonds des portiques (interface 5032 et 5038, 5063) qui piègent des monnaies datées des règnes de Maxime et Théodose Ier (nos 10, 11). Leur état prouvant qu’elles ont circulé plusieurs années, cette destruction doit se situer, à titre d’hypothèse, au début du ve s. plutôt que dans la dernière décennie du ive s. Cela nous fournit sans doute un terminus post quem pour le fonctionnement des ateliers Fig. 76 – État 5 et démantèlement d’un ordre tombé à terre. Vue de de récupération des matériaux du site qui viennent recouvrir détail des restes du fût débité à proximité de la pile de fondation les niveaux d’abandon (5060) et d’effondrement des plafonds (cliché : Y. Labaune, Sava). (5063 ; voir infra). MISE EN PERSPECTIVE DU PHÉNOMÈNE Le monument de l’îlot XI 9, sans doute à l’abandon depuis quelques décennies, fut démonté à un moment de profonde transformation de la parure monumentale urbaine. Au dernier tiers du ive s. et au début du ve s., on assiste au démantèlement de certains îlots centraux de l’agglomération, qui paraissent désormais à l’abandon ou connaître de fortes modifications. Dans les îlots XI 8 et XII 8, sans doute un important sanctuaire situé de l’autre côté de la platea qui longe le bord occidental de notre îlot, on observe la multiplication des indices de démontage des monuments du Haut-Empire et l’apparition de fours à chaux et de couches liées à la récupération de matériaux (Kasprzyk, 2005, I, p. 112-113 ; Louis, 2012). Plus au nord, des activités de récupération de matériaux de Fig.  77  –  État  5. Vue zénithale du chantier de débitage au moment la seconde moitié du ive s. sont attestées dans l’îlot VIII-IX 8 de son abandon. Les contours de la couche de poudre et d’éclats de calcaire laissent deviner la forme de la colonne tombée à terre. (le forum ?). Une surveillance effectuée au cœur de l’îlot a Au premier plan, la pile de fondation conservée en place (cliché  : montré la présence de vastes nappes de chaux et de roches Y. Labaune, Sava). carbonisées, datables du milieu ou du troisième quart du ive s. À peu de distance, au milieu du xixe s., on a découvert plus de mille fragments d’inscriptions sur plaque de marbre ayant subi un débitage particulièrement poussé. À nouveau, de nombreux DATATION DE L’ÉPISODE éléments montrent des traces nettes de combustion, donc qu’ils proviennent sans doute du voisinage d’un four à chaux Le mobilier céramique issu de cet horizon d’abandon/ (Kasprzyk, 2012, p. 268). démantèlement n’est pas en mesure de nous fournir des Dans l’îlot VIII-IX 7, une couche d’abandon postérieure ancrages chronologiques corrects compte tenu d’un taux de au milieu du ive s. a livré un chapiteau en grès du début du résidualité important (fig. 78). Haut-Empire, provenant sans doute d’une construction publique Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ En revanche, le corpus monétaire, essentiellement issu de voisine. ces horizons, nous fournit des indices de meilleure qualité. Il À la même époque, on observe une contraction de l’aire se caractérise par sa très grande cohérence et son homogénéité, occupée dans l’enceinte augustéenne, les indices de fréquentation une fois éliminés les spécimens trouvés hors stratigraphie. Les se concentrant désormais le long des rues menant aux principales monnaies frappées en Occident (Lyon, Arles, Trèves) sont, rues menant aux portes de l’enceinte augustéenne. L’occupation de manière attendue, bien représentées (nos 5, 9, 10, 11, 12, intra muros tend à se réduire à quelques pôles séparés par des 13). Quelques exemplaires proviennent d’ateliers orientaux vastes zones peu ou pas occupées. 40 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 78 – Planche des monnaies découvertes au cours de l’opération (cliché : A. Hostein, Université de Paris-I ; DAO : M. Gaudillère, Sava). 41 yannick labaune ET AL. La méthode employée pour tenter de restituer le plan repose sur trois principes généraux : le prolongement des parements des murs observés, la projection des entr’axes des supports, et la symétrie par rapport à l’axe central de l’édifice. L’intégration des données issues des relevés topographiques du diagnostic au sein d’un logiciel de conception de bâtiments et travaux publics permet une application rigoureuse de ces principes. Cette méthode nécessite donc de connaître l’axe longitudinal de l’édifice, afin de restituer la symétrie du programme, et de connaître la mesure la plus cohérente possible de l’entr’axe des supports. Si le tracé de l’axe central est aisément déductible en traçant une ligne médiane entre différents points des stylobates repérés d’une tranchée à l’autre (fig. 79), l’obtention de la côte d’entr’axe est plus délicate. En traçant les diagonales des rectangles constituant les limites inférieures des négatifs de fondations 42 de colonnes, il est possible de restituer le centre de ces massifs et, par conséquent, le centre théorique de la colonne correspondante. Le choix du fond de ces cavités, recevant les lits de pose des premiers blocs de fondation, permet de réduire l’imprécision due aux épaufrures des maçonneries dans leurs parties sommitales, écrêtées par les différentes phases de récupération et de démolition pratiquées depuis l’abandon de l’édifice. En pratiquant ainsi ce tracé sur plusieurs négatifs de piliers contigus, il est possible, en mesurant la distance de centre à Fig. 79 – Principe de restitution de l’axe de symétrie ; centre, d’en connaître l’entr’axe. SD, sondage (DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). Cette méthode a généré deux résultats différents sur le même stylobate (mur M10, fig. 80) : un entr’axe de 3,40 m, un second ÉTUDE ARCHITECTURALE de 3,20 m. En projetant la cote de 3,40 m sur l’ensemble des ET RESTITUTION DE L’ÉDIFICE stylobates du site, elle répond parfaitement à tous les entr’axes observables, en revanche la cote de 3,20 m paraît isolée. La côte LA RESTITUTION DU PLAN DU MONUMENT, retenue est donc celle de 3,40 m, soit 11,5 pieds 43 romains, pour MÉTHODE ET RÉSULTATS l’ensemble des portiques du bâtiment 44. La présence de l’entr’axe atypique au niveau du stylobate M10 L’intégration des problématiques de restitution architecturale est probablement explicable par une erreur d’implantation du à la stratégie d’implantation des sondages dès le début de massif de fondation. Soit la colonne est disposée au centre de ce l’opération, rend possible une réflexion sur l’édifice monumental massif décalé, ce qui aurait généré à un point précis du portique découvert. Ainsi, malgré une fenêtre d’observation réduite qui une différence d’entrecolonnement à peine discernable à l’œil correspond, rappelons-le, à 9 % de la superficie d’un îlot nu, compte tenu des dimensions importantes de l’édifice. Soit la théorique 40, il est possible de tenter une étude et restitution du colonne est décalée d’une vingtaine de centimètres par rapport programme architectural à l’origine du complexe monumental au centre du massif de fondation 45. partiellement dégagé 41. Avant d’exposer l’argumentaire de cette restitution, il 42. Ces dispositifs de fondation de colonnes, appelés par R. Ginouvès et convient d’en rappeler le caractère éminemment hypothétique. R. Martin piliers de fondations (Ginouvès, Martin, 1992, p. 10-11), sont bien connus et sont attestés par plusieurs exemples encore en place, comme au temple La présente étude résulte d’une volonté de déduire un maximum des Castores sur le forum romain (Aupert, 2011, p. 333), ou à l’Hadrianeum sur d’hypothèses architecturales, en plan puis en élévation, des le Champs de Mars pour les exemples de l’Urbs (Adam, 2005, p. 116). Dans données récoltées, aussi minimes soient elles, en restant les Gaules, ce type de fondation fut découvert notamment au sanctuaire du toujours dans les limites épistémologiques de la discipline Cigognier d’Avenches (Bridel, 1982, p. 39-40 et p. 62), à Autun sur les portiques monumentaux de bordure du cardo maximus (Olivier, Rebourg, 1985). (Golvin, 2005, p. 18-19 et Aupert, 2011, p. 209). En définitive, cette étude propose l’établissement d’un modèle argumenté 43. En considérant le pied employé égal à 0,2956 m. En comparaison le pied déduit des ruines du temple du Fâ de Barzan est de 0,2957 m (Aupert, 2011, théorique du projet monumental du grand édifice de l’îlot XI 9, p. 263). Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ en attente de la réalisation de fouilles complémentaires qui elles 44. Cette mesure ronde fournit un argument supplémentaire quant au choix seules pourront le valider ou le réfuter. de cet entr’axe, celui de 3,20 m impliquerait une mesure de 10,82 pieds. Le diamètre de la colonne 5058 correspond à 2,5 fois cette mesure. 40. Selon le dernier modèle d’îlot actuellement en cours (Labaune, Kasprzyk, 45. Un décalage identique entre le centre des supports, colonne, pilastre ou 2008). pilier d’arcade, et le centre des piliers de fondation sous-jacents est visible sur les fondations des colonnes du temple de Vespasien (Gros, 2002, p. 166). 41. Il convient de rappeler que la restitution a pour but ici de retrouver un projet P. Aupert explique aussi par cette hypothèse certains décalages visibles sur les cohérent d’architecture, et non le bâtiment avec son vécu. Pour les principes de fondations de supports du temple circulaire du Fâ, (2011, p. 209). restitutions architecturales (Golvin, 2005, p. 14). 42 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Fig. 80 – Essai de restitution et plan coté du complexe monumental (DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). 43 yannick labaune ET AL. Une fois la cote des entr’axes et l’axe de symétrie longitudinal engagée, comme c’est souvent le cas lorsqu’un portique s’achève obtenus, il convient de cadrer l’expérience dans un espace contre un mur 47 (fig 80). donné, afin de limiter la prolongation des murs et la projection Le même système est observable aux extrémités opposées des supports, et ce particulièrement pour le côté est de l’îlot. des portiques, à la jonction de ces colonnades avec l’imposant Pour cela, il est possible de s’appuyer sur la bonne connaissance mur M16, à l’ouest. La découverte de cette maçonnerie aux générale de la trame urbaine d’Autun (Labaune, Kasprzyk, dimensions exceptionnelles faisait penser lors de la fouille qu’il 2008) mais aussi sur les aménagements de voirie (chaussés, pouvait s’agir d’un massif isolé en rapport avec un aménagement portiques et caniveaux de bord de rue) observés récemment dans particulier. Or, la restitution évoque aussi en cet endroit la les îlots immédiatement voisins (voir supra ; fig. 4a). En outre, présence de supports engagés qui fonctionneraient parfaitement la présence de vestiges d’habitat pour la fin du Haut-Empire avec une prolongation de M16 avec sa largeur de 3 m sur toute récemment observés dans l’îlot théorique XI 10 immédiatement la longueur entre M10 et M6 48. En revanche, s’il est possible de contiguë à l’est (cf. supra) permet de circonscrire l’emprise du restituer cet imposant mur d’une manière cohérente sur plus de monument à un seul îlot. 63 m, il semble qu’il ne traversait pas totalement l’îlot comme La documentation disponible permet ainsi de restituer le l’atteste le mur M3, aligné avec M6 mais d’une largeur moindre. tracé des rues bornant l’îlot XI 9. Dans ce cadre, il apparaît que En terme de métrologie, il faut constater que l’ensemble les murs M9 et M35, attestés par la fouille, forment les limites constitué par les portiques des stylobates M10 et M6, le mur septentrionale et méridionale de l’îlot. Le mur M8 pourrait M16 et le mur oriental restitué en limite du complexe MR1 correspondre au stylobate du portique bordant la rue D10. Le forme un tout d’une grande cohérence. En mesurant cet espace, tracé ainsi restitué de la limite orientale à partir de ces données il apparaît qu’il possède une longueur et une largeur mesurables est parfaitement aligné avec la limite de l’îlot voisin IX-X 9 en entr’axes complets. Dans cette hypothèse de restitution, cet observé en fouille (fig. 79), le tout formant un ensemble voirie- ensemble a en effet 18 entr’axes sur son petit côté correspondant trottoir-portique identique et aligné sur les deux îlots. aux colonnades, et 20 entr’axes sur son côté constitué par les Une fois l’espace de travail clairement circonscrit et les murs M16 et MR1, soit respectivement 207 pieds par 230 49. limites de l’îlot obtenues, les prolongations de mur et les Une autre particularité qui fut appréhendée dès la phase projections d’entr’axes sont effectuées, et une ébauche de plan de terrain apparaît sur le plan. Il s’agit des décalages entre apparaît (fig. 80). les portiques des stylobates M10 et M11 et M6 et M7. Ces Il est alors possible d’observer puis d’analyser les résultats anomalies sont trop grandes pour pouvoir être interprétées de ces projections par rapport aux structures découvertes, et comme des erreurs de centrage des piliers de fondations. Le d’en tirer quelques hypothèses. décalage entre les fondations de M10 et de M11 est de 1,17 m, Tout d’abord, il convient de constater que les projections soit 1,5 fois le diamètre de la colonne. Pour M6 et M7, cette d’entr’axes génèrent de légers décalages, systématiquement différence d’alignement est de 0,59 m 50. Il est fortement inférieurs au diamètre de la colonne 46. Ces anomalies se probable que ces différences soient autrement explicable que concentrent à l’angle des cours, aux points de jonction des par de simples erreurs, la projection des entr’axes à partir différents portiques perpendiculaires, et ne se répartissent pas des fondations observées pourrait fournir une piste possible de manière symétrique sur l’ensemble de la restitution du plan. d’interprétation de ces anomalies. Ceci oriente l’interprétation de ces phénomènes vers des défauts En effet, le modèle montre au niveau des stylobates M7 et d’implantation du plan au début de la construction. L’architecture M11, à leurs articulations avec le portique du stylobate M17, une antique, pas plus que l’architecture médiévale, moderne ou particularité remarquable par sa symétrie et son équivalence. contemporaine, n’est un art d’une précision centimétrique, En ces endroits, la restitution (fig. 80) fait apparaître deux même dans le cas de programme prestigieux (Gros, 2005, note colonnes qui semblent adossées, ce qui évoque un dispositif no 76, p. 509-510). Les aléas de chantier pouvant générer ce type bien connu de l’architecture gréco-romaine, appelé colonne de décalages peuvent en effet être fréquents, et leurs corrections rhodienne, s’intégrant dans un portique rhodien 51. Ce type n’étaient quoi qu’il en soit probablement pas discernables à l’œil de support double est utilisé sur certains monuments encore nu, tout du moins au premier regard. conservés en élévation. À partir de ces exemples, il est possible Cependant, en certains endroits précis, les prolongations des maçonneries et les projections réagissent de manière cohérente, 47. Comme dans le cas des peristasis des temples sine postico, par exemple au et peuvent correspondre à des formes architecturales antiques temple d’Auguste et de Livie de Vienne (Gros, 2002, p. 159), ou du temple de déjà connues. C’est le cas de la restitution des longueurs des Mars Ultor (Wilson Jones, 2000, p. XX) ou plus proche de l’édifice autunois, dans le cas des portiques des exèdres de la bibliothèque d’Hadrien à Athènes stylobates M10 et M6. La projection des entr’axes sur ces (Gros, 2002, p. 366). deux murs est essentielle pour vérifier l’hypothèse de la limite 48. Cette largeur est considérable : comme cela à déjà été précédemment orientale de l’îlot. Or, la forme obtenue par les projections évoqué, les murs les plus épais observés à Autun sont ceux de la courtine est cohérente, ces deux stylobates s’articulant parfaitement et (2,50 m de largeur). Des hypothèses quant à l’explication architectonique d’un Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ symétriquement avec ladite limite. La restitution permet donc tel gabarit sont exposées plus loin. d’imaginer la jonction des portiques avec le mur restitué MR1 49. Avec comme mesure du pied 0,2956 m. à l’est, articulation constituée d’un pilastre ou d’une colonne 50. La différence de longueur entre ces deux décalages montre de plus l’imprécision générale de la construction, ou aucune cote devant a priori être équivalente (comme la largeur des portiques de part et d’autres des cours centrales) ne le sont pas, comme le montre le plan coté. 46. Diamètre de 0,75 m qui est connu par la présence de la colonne 5058 51. Ce dispositif correspond au type appelé colonne bilobée par R. Ginouvès et effondrée décrite précédemment. R. Martin (Ginouvès, Martin, 1992, pl. 34). 44 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Cette hypothèse de deux états pourrait être corroborée par la chronologie relative entre le piédroit 5117 de la structure hydraulique C6 et le stylobate M7. Ce piédroit est un vestige de la canalisation C6 qui est recoupée par le mur M7. La construction de ce stylobate et de sa colonnade supprime alors un système d’évacuation d’eau antérieur, qui pouvait s’intégrer à la collecte et à la chasse des eaux d’une première façade disparue. Malheureusement l’observation de cette conduite a été limitée. Il est de fait très difficile de la rattacher à quelque dispositif architectural que ce soit. C’est pourquoi, lors d’une fouille future, une vigilance toute particulière devra porter sur les systèmes de caniveaux recueillant les eaux de pluies des toitures des portiques. En effet, si à un moment donné de l’histoire de l’édifice les stylobates M6 et M10 ont constitué la façade d’une grande cour, il devrait rester des traces de caniveaux au pied des colonnades 54, conduites recoupées ou recouvertes par les sols Fig. 81 – évocation schématique d’un portique rhodien des nefs ajoutées postérieurement. (dessin : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). Cependant, il faut aussi rappeler que les architectures anciennes ne dépendent pas des normes de conception et d’observer à quelle formes architecturales peuvent correspondre de construction actuelles. L’hypothèse des deux états peut ces descentes de charges doubles 52 (fig 81). Le choix de ce être confrontée à d’autres explications possibles, comme un dispositif pourrait expliquer cette anomalie, et provoquer le changement de volonté concernant le projet initial lors de la décalage entre les portiques internes des stylobates M6 et M10 construction, un repentir, ou une adaptation du projet due à des et ceux des murs M7 et M11, les colonnes doubles générant un aléas de construction 55. décalage dans les entr’axes des deux colonnades. Dans l’ensemble, certaines des caractéristiques décrites Une constatation s’impose alors : les espaces 5 et 9 semblent précédemment permettent de poser quelques réflexions sur obéir à une implantation différente du grand espace constitué l’élévation du monument, en certains points précis. par les stylobates des nefs internes (espaces 8 et 3). Les projections d’entraxes présentent une grande cohérence pour les murs M6 et M10, tous les problèmes d’alignements dépendent QUELQUES REMARQUES ET HYPOTHÈSES des portiques des cours. SUR L’ÉLÉVATION DE L’ÉTAT DU IVe S. L’espace 9 paraît cependant mieux implanté que l’espace 5, son portique sud-est s’alignant parfaitement sur les entr’axes des La première de ces remarques concerne la présence colonnades internes. Les problèmes d’alignements apparaissent hypothétique du portique rhodien. Cette solution architecturale, suite à la définition de la largeur du portique transversal, qui décrite par Vitruve (Vitruve, VI-9-3), s’intègre nécessairement ne correspondant pas à une division juste de l’entr’axe général. dans un portique à plusieurs côtés, l’obligation de la double Plus précisément, l’origine de tous les décalages est induite de colonne étant justifiée par la présence d’une différence de l’implantation du portique du mur M21, les autres fondations hauteur d’entablement entre les différents côtés du péristyle, les semblant quant à elles assez cohérentes. deux entablements nécessitant chacun un support propre. L’idée principale qui découle de ces observations est que, En appliquant un tel dispositif au monument autunois, il malgré l’impression de grande uniformité de l’ensemble de la serait possible d’imaginer le portique du stylobate M17 avec une construction, et comme la stratigraphie semble aussi l’évoquer, hauteur d’entablement plus importante que pour les portiques l’image actuelle de l’édifice est le résultat de deux phases de adjacents des murs M7 et M11. Cet aménagement implique par construction distinctes. Une première implantation aurait alors régi la construction des deux nefs internes (espaces 8 et 3), formant ainsi un grand espace unique aux proportions « justes », portique de Metellus dans son état républicain (Ginouvès, Martin, 1998, pl. 41), celles du forum de César (Ginouvès, Martin, 1998, pl. 105), ou du de 18 entr’axes sur 20, puis une seconde implantation, celle des portique du péribole du sanctuaire de Bel à Palmyre (Ginouvès, Martin, 1998, cours, aurait ensuite généré au sein de cet espace les décalages pl. 20). Nous donnerons cependant plus loin une autre explication à cette lors de la construction de l’espace 5. Cette hypothèse est de plus différence de largeur de nef. renforcée par le fait que les deux nefs des portiques doubles 54. Comme par exemple à Pompéi dans le cas des portiques du forum n’ont pas la même largeur, ce qui ne se constate habituellement triangulaire, du quadriportique du théâtre ou du portique du péribole de Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ sanctuaire d’Apollon (Coarelli, 2005, p. 85, 179 et 74), ou à Autun pour les pas dans ce type de programme 53. caniveaux de la platea du site du Pavillon Saint-Louis (Rebourg, 1987 et Labaune, Kasprzyk, 2008). 52. Voir par exemple le portique du péribole du sanctuaire de Bel à Palmyre 55. L’analyse des architectures anciennes peut être déformée par le prisme de pour l’architecture publique (Ginouvès, Martin, 1998, pl. 20) et le péristyle de la recherche, à l’aide des notions et des outils d’implantation et de construction la maison des Amours Dorés ou de la maison des Noces d’argent à Pompéi contemporains. Si les architectures antique et médiévale obéissent à des projets (Adam, 2005, p. 333). cohérents conçus en amont, il semble exister une forme d’empirisme, qui fait 53. Les portiques du monument ne correspondent pas à la description faite évoluer le projet lors de la construction (Gros, 2006, p. 509-510), comme par par Vitruve des portiques doubles (V-9-4), ou plus concrètement à ceux du exemple pour le pronaos du Panthéon de Rome (Wilson Jones, p. 199-213). 45 yannick labaune ET AL. conséquent la présence de deux colonnes de tailles différentes. Cette hypothèse évoquerait donc une volonté d’accentuation Or, le corpus des membra disjecta du site contient des vestiges de la monumentalité du portique de façade de l’espace 5, dont qui pourraient évoquer cette colonne de plus grand module. le stylobate M17 constitue la fondation 61. Il a été en effet retrouvé des fragments de cannelures (8001 : Cette idée est renforcée par la présence du pilier de fondation espaces 10 et 11) dont les dimensions ne correspondent pas à du mur M5, dont la position peut paraître surprenante, cette celles de la colonne effondrée au pied du stylobate M6. Cette colonne étant disposée face à l’entrée menant de l’espace 2a colonne disparue est restituable par la déduction du diamètre du à l’espace 3. Cette disposition « anormale » n’est évidemment fût de la largeur complète de cette seule modénature conservée. pas le fruit d’un hasard, et devrait avoir une explication Cette dimension est obtenue en ajoutant à la largeur du canal architecturale à rechercher dans les parties hautes disparues du de la cannelure celle du listel contigu. En prenant comme monument. postulat que la colonne à restituer ait les mêmes caractéristiques Pour tenter d’interpréter ce curieux support, il convient morphologiques que la colonne 5058 56, il est possible d’en de le considérer dans sa fonction première, la descente et la déduire le diamètre du fût au niveau de la cannelure conservée 57. transmission d’une charge importante vers le sol. La localisation Le problème des différences de diamètre dues à l’entasis peut de cette colonne ou de ce pilier constitue aussi un indice : elle être compensé par le fait que les fûts sont rudentés jusqu’au tiers est en effet située au milieu de la travée la plus large du portique de leur hauteur, au niveau où le renflement de la colonne est double, et dans l’axe du stylobate M17. La grande portée des maximal (Wilson Jones, 2000, p. 131). Comme le fragment de poutres reliant les deux côtés de ce large espace, implique que cannelure de la colonne à restituer ne présente pas de rudentures, ces linteaux avaient besoin d’être renforcés par un étai en ce il est probable que ces débris proviennent des parties hautes du point précis. En effet, aucune autre trace de support d’un autre fût ; le diamètre restitué est donc une cote minimale, le diamètre portique n’a été vu dans l’axe de cette colonne isolée, et ce sur à la base étant plus important. une certaine longueur dans l’espace 3. L’application de cette méthode donne un diamètre d’environ L’idée que cela suggère est qu’il existe un poids important 0,85 m dans les parties hautes du fût. En reprenant le rapport de à soutenir dans la prolongation du portique du mur M17, d’une la colonne 5058 entre la largeur des cannelures et le diamètre limite à l’étage, entre les espaces au rez-de-chaussée 2a et 3. à la base, le diamètre du fût restitué varierait entre 0,93 m L’hypothèse la plus simple est qu’il existerait une structure et 1,02 m, selon la position du fragment de cannelure dans maçonnée au-dessus du portique double, constituée soit par la la hauteur du fût. La seconde hypothèse, celle d’un diamètre continuité de l’entablement du portique du stylobate M17, soit de 1,02 m, correspondrait approximativement à 3,5 pieds 58, par un mur s’élevant plus haut que les portiques latéraux. La tandis que la première est équivalente à 3,15 pieds. Il est alors façade de la partie ouest du bâtiment donnant sur l’espace 5 tentant de considérer le diamètre de 1,02 m comme le diamètre ne correspondrait donc pas à l’imposante maçonnerie M16, probable du fût de cet ordre disparu. Dans cette hypothèse, la mais serait à l’aplomb du portique de M17. Cette colonnade ne différence de module entre la colonne 5058 et cette colonne serait alors pas couverte d’une toiture propre en appentis, mais restituée serait exactement d’un pied. La colonne 5058 aurait s’intégrerait à une façade monumentale de plus grande élévation ainsi pour hauteur complète 7,50 m et l’autre 10,30 m environ. que les portiques des cours (fig. 81). Cette hypothèse est aussi Il faut aussi remarquer que la corniche découverte lors de la renforcée par le système de caniveaux des cours internes. En fouille des Ateliers d’Art, dans l’îlot immédiatement contigu au effet, ce réseau, dont la fonction et les caractéristiques sont sud, pourrait aisément fonctionner avec cette colonne 59. décrites dans le paragraphe suivant, possède une conduite plus Il est alors possible de constater que le rapport entre ces large que les autres, le caniveau C3 au pied du stylobate M17 deux hauteurs de 1,373. Cette proportion est équivalente à (environ 1,40 m de largeur et 1 m de profondeur). Ceci pourrait celle qui régit la différence de hauteur entre les colonnes de s’expliquer par un important volume d’eau drainé par cette portique rhodien encore conservées en élévation, comme celle conduite, volume qui proviendrait de la collecte par une grande du péribole du temple de Bel à Palmyre, qui est de 1,370, ou superficie de toiture, peut-être liée à un grand pavillon dont la celle du portique du péristyle de la maison des Noces d’argent façade ouest correspondrait au mur M17. de Pompéi qui est de 1,333 60. La seconde remarque concerne les modes de couverture des différentes espaces constituant les portiques doubles. Il est en 56. Postulat basé sur la volonté d’uniformité de l’ensemble architectural, dans effet possible de raisonner sur les toitures à partir du réseau de l’esprit de la symetria et de l’eurythmia antique. canalisations, qui sont très probablement destinés, entre autres 57. La colonne conservée possède un fût décoré de 20 cannelures. Pour fonctions, à recueillir les eaux de pluie des toits des portiques connaître le diamètre du fût à partir d’une cannelure, il suffit donc de doubles. Ce réseau est remarquable par les grandes dimensions multiplier par 20 la largeur complète du motif (canal+listel) et de diviser le de ses caniveaux, bien qu’il faille considérer que le volume résultat par π. d’eau de ruissellement devait être très important en cas de fortes 58. En appliquant strictement à la multiplication la cote précise du pied issue des entr’axes, (3,5*0,2956) on obtient 1,03 m de diamètre, soit 1 cm de pluies, en raison des centaines de mètres carrés de toitures. Ce Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ différence. gabarit de conduite, plus important que dans le cas de simples 59. En se basant sur la restitution du bloc réalisé par A. Olivier (Rebourg, 1987) portiques (voir infra n.o 75), laisse supposer que la majeure et sur les proportions d’ordres postérieurs au ier s. encore en élévation (Wilson partie de ces eaux converge vers les cours centrales. Jones, 2000). 60. La différence entre l’hypothèse du portique rhodien autunois et celle de la maison des Noces d’argent pourrait s’expliquer par le fait qu’à Autun comme à 61. Comme dans le cas des domus pompéiennes, notamment la maison des Palmyre ce sont des ordres corinthiens, alors que pour l’exemple pompéien il Amours Dorés, pour laquelle J.-P. Adam parle même de théatralisation du s’agit d’un ordre toscan (Adam, 2005, p. 333). portique (Adam, 2005, p. 333 et Adam, 2012, p. 192). 46 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Selon Vitruve et sa description des portiques doubles, la dont la fonction pourrait être de relier les deux ailes des colonnade centrale du portique a pour fonction d’étayer la étages supérieures sans avoir à faire le tour complet des cours charpente à son point de flexion maximale, en son milieu. intérieures 64. Il serait cependant imprudent d’envisager cette Cependant, dans le cas vitruvien, les deux nefs sont égales possibilité à partir de ces indices, car l’hypothèse d’étage ne (Vitruve, V-9-4), le faîte du toit est donc à l’aplomb de la trouve aucune attache possible ni dans le corpus lapidaire colonnade centrale, alors que dans le cas du monument autunois, du site, ni dans les quelques caractéristiques architecturales les deux nefs n’ont pas la même largeur. Cette particularité rend observables 65. impossible la pose d’un toit symétrique sur cette structure. Une fouille prochaine pourrait apporter de nouveaux En respectant le point de vue de l’ingénieur antique, la poutre indices, par une vigilance particulière quant à la présence de faîtière des portiques doubles correspondrait à la colonnade blocs s’apparentant à des rambardes, ou aux vestiges d’un ordre des stylobates M6 et M10. Dans cette hypothèse, les poutres plus petit que la colonne 5058. chevrons nécessaires à ce dispositif seraient considérables, avec une portée supérieure à 10 m, ce qui paraît important (Adam, 2005, p. 226). (fig. 82) ÉTAT 6 : LE DEVENIR DU SITE Cette hypothèse aurait aussi pour conséquence de rabattre la AU HAUT MOYEN-AGE majorité des eaux de ruissellement vers l’extérieur du bâtiment, à l’opposé des caniveaux des cours centrales, qui n’ont dès lors aucune explication quant à leurs gabarits importants (fig. 82). PRÉSENTATION GÉNÉRALE Ce système de toiture impliquerait de plus que les eaux de pluie soient envoyées directement sur le domaine public, sur le Un complexe sédimentaire très épais recouvre les vestiges decumanus secondaire D10, alors que le droit romain possède monumentaux en cours de démantèlement. De couleur sombre, de nombreuses restrictions quant à la protection du domaine il peut être rapproché des « terres noires », documentés ici à public urbain (Saliou, 1994, p. 180), et ce notamment pour Autun comme dans de nombreux sites de Gaule au moins du l’évacuation des eaux de pluie, à travers entre autres l’interdit de Nord, en réservant à ce terme une valeur descriptive pour des via publica (Saliou, 1994, p. 170). dépôts sombres postérieurs à l’Antiquité en contexte urbain. Il faut alors imaginer un autre système de couverture plus Son acception historiographique est en effet débattue quant à cohérent et prenant en compte ces aspects. Le problème de la portée sa signification environnementale (Cammas et al., 1995), Nous trop importante des chevrons pourrait être résolu par l’adjonction nous limiterons ici à la description et à l’interprétation de ces sur les espaces 8 et 3 de toitures en bâtière indépendantes, dépôts et structures sédimentaires à partir des observations de portées par des fermes triangulées 62. Ce dispositif provoquerait terrain permettant de restituer l’origine et la dynamique des l’inversion de la répartition des surfaces de toiture, en rabattant la sédiments observés. On verra que la compréhension de leur plus grande surface vers l’intérieur de l’îlot, transformant les cours évolution au cours du temps dans une lecture géoarchéologique intérieures du monument en véritable compluvium (fig. 82). Cette régressive apporte des éléments pour restituer l’environnement hypothèse de couverture permet aussi d’expliquer la présence de du complexe monumental et permet de formuler certaines la colonne isolée sur le stylobate M5, en corroborant l’idée d’une hypothèses sur son organisation même. descente de charges particulières en cet endroit. Le couvrement des espaces 3 et 8 étant alors assuré sur leurs longueurs totale par des entrais, dont les poinçons des fermes auxquels ils s’intègrent DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE retiennent le fléchissement central du à leurs grandes portées. Les deux nefs externes des portiques doubles serait alors couvertes Les dépôts sombres peuvent être regroupés en deux par des toitures en appentis (fig. 82). ensembles correspondant à deux pôles de sédimentation : à la Une dernière question peut alors être posée : y a-t-il des étages base, un ensemble argileux gris-noir (5094 A) supportant un se développant au-dessus des portiques doubles ? Plusieurs ensemble à dominante détritique gris-jaunâtre (5094 B). Dans indices permettraient l’hypothèse d’un niveau supérieur, comme le détail la transition entre ces deux ensembles est progressive les dimensions importantes des fondations des stylobates, et s’effectue par intercalation de lits élémentaires de sédiments l’hypothétique péristyle rhodien (dont la différence de hauteur détritiques entre les couches d’argiles noires. d’entablement pourrait s’expliquer par la présence d’un étage à Le premier ensemble est composé d’argiles grises sombres balcon 63), ou la galerie à claire-voie constituée par l’espace 6, alternant à l’échelle centimétrique avec des lits d’argiles noires plus riches en matière organique, affectées à certains niveaux 62. À moins de disposer de poutres d’une section et d’un poids considérable, la ferme triangulée est le seul moyen de couvrir sans support intermédiaire 64. Par exemple dans le cas de la galerie transversale du Palais Royal de Paris, des largeurs supérieures à 8 m (Adam, 2005, p. 226), sans prendre en compte face au Louvre. Bien que cette comparaison issue de l’architecture classique Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ les systèmes de voûtes clavées, qui ne peuvent reposer sur des portiques aux n’ait évidement aucun point commun chrono-culturel avec le monument contrebutements latéraux insuffisants (Adam, 2005, p. 181). S’il serait possible antique autunois, le parallèle fonctionnel, en ne considérant que la structure en revanche de « poser » sur les portiques des voûtes concrètes (Adam, 2005, architecturale, est remarquable. p. 192), comme au temple Fortuna primigenia de Palestrina (Gros, 2002, 65. Et ce notamment vis-à-vis d’un plancher au-dessus des larges espaces 3 et p. 138), cette hypothèse de restitution, par les moyens financiers et techniques 8. Si la colonne isolée du mur M5 s’était intégrée à un portique intermédiaire que supposeraient de tels couvrements, serait trop subjective, aucun argument dans l’axe central de ces nefs, il aurait été possible d’imaginer un plancher à structurel ou archéologique ne venant appuyer cette vision. l’étage supporté par cette colonnade inexistante. Cependant, en l’absence de 63. Comme par exemple dans le cas de la stoa d’Attale sur l’agora d’Athènes, cette structure, et en considérant le poids considérable des planchers antiques ou du portique du forum de Pompéi. (Adam, 2005, p. 215), cette solution paraît, en l’état actuel du dossier, difficile. 47 Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ yannick labaune ET AL. Fig. 82 – Essai de restitution de la charpente des portiques doubles (DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). 48 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 83 – Base de colonne abandonnée après avoir été partiellement Fig. 84 – Détail de la base de l’ensemble argileux et des déformations sciée, recouverte par les dépôts sédimentaires sombres (cliché  : sous forme de plis en blague à tabac (cliché : Y. Labaune, Sava). Y. Labaune, Sava). à la base par des déformations plastiques. Ces sédiments noires (5094 A). Ce protocole s’est malheureusement avéré lités déposés par décantation en milieu calme et pauvre en décevant : les analyses fournissent en effet une datation haute oxygène sont analogues aux sédiments que l’on peut observer (80-240 AD) suggérant une intrusion dans ces niveaux d’un en remplissage d’étangs ou de mares actuels mis en place depuis matériel accumulé anciennement derrière le mur de terrasse qui l’époque médiévale. Ils traduisent l’existence d’un plan d’eau s’est éboulé (voir infra). Le deuxième ensemble gris-jaunâtre stagnante sur un temps relativement long eu égard à l’épaisseur détritique (5059) est bien exprimé dans l’angle sud-est du des dépôts observés. Les couches alternantes d’argiles reflètent sondage où il présente une épaisseur maximale et s’épand sur, une variation périodique de production organique (algues, et autour, des débris de colonnes après leur débitage. La mise microbes) ou d’apports organiques (feuilles, bois, matière en place du phénomène se situe au plus tôt dès la fin du ive s. organique amorphe). Le caractère permanent de cette mare dont ou dans le courant du ve s., d’après une datation radiocarbone les limites sont hors de la fenêtre d’étude du chantier est renforcé (5059, 1/6 : 353-505 AD). Il est composé de lits obliques à par l’absence de structures de dessication ou de pédogénèse à l’air pendages apparents vers le nord et vers l’ouest, de sables et libre. Il implique une alimentation en eau pérenne par une source graviers quartzeux anguleux hétérométriques (2 mm à 2 cm) souterraine et non seulement par les eaux de pluie saisonnières, contenant des graviers de chaux altérée, de fins débris de terres et nécessite, en aval, un barrage fortuit ou construit et entretenu. cuites architecturales et céramiques et de nombreux charbons Si les ruines du complexe monumental ou de l’îlot d’habitat ont de bois. Ces caractères font de chaque lit détritique un dépôt pu constituer un tel barrage ou fournir les matériaux nécessaires dynamique de ruissellement comparable aux lits élémentaires à son édification, ces dépôts ont en tout cas pour signification en nappes (sheet flood deposits) déposés par les crues d’orages. l’existence d’une source naturelle ou artificielle à proximité du Ceux-ci sont organisés à l’échelle de la coupe en un ensemble complexe monumental pendant son fonctionnement. granocroissant de lits sableux à la base passant vers le haut à L’ensemble argileux ennoie d’une manière générale en on des lits de plus en plus grossiers et riches en débris de matériaux lap tous les reliefs laissés par le démantèlement des murs et des de construction et anthropiques. La géométrie et la dynamique colonnes impliquant un plan d’eau assez conséquent (au moins sédimentaire liées au ruissellement et au colluvionnement de 1,50 m de profondeur) et explique que des fûts de colonnes aient l’ensemble détritique sont analogues, à une réduction d’échelle pu être conservés et soustraits aux regards après abattage et près, à celle d’un cône deltaïque correspondant au débouché débitage partiel (fig. 83). d’un cours d’eau pentu (torrent) dans un plan d’eau permanent Les déformations plastiques sont exprimées à la base sous (lac) dont les apports sédimentaires de crues épisodiques forme de plis en blague-à-tabac (ball-and-pillow structures) contribuent à l’édification de l’appareil sédimentaire. Ces ou de micro-failles dans le sédiment (fig. 84). Elles peuvent arrivées brutales de sédiments détritiques sur des sédiments être attribuées à des phénomènes de charge sédimentaire, argileux encore gorgés d’eau provoquent certaines déformations d’échappements d’eau et à des cisaillements consécutifs à un des couches sous-jacentes sous forme de figures de charge ébranlement de la pile sédimentaire. En l’absence de secousses (base 5094 A). Ces observations et interprétations impliquent Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ telluriques dans la région, cet ébranlement est interprété comme des apports depuis un point haut concentrés en un point la chute brutale dans la mare de blocs architecturaux ou de d’entrée (apex) dans le bassin récepteur et une rupture de pente pans de murs, à proximité mais hors de la fenêtre d’observation, brusque marquée par le niveau du plan d’eau. Ces conditions consécutifs la dégradation du complexe monumental. Pour sont réunies sur le site si on admet l’existence d’une terrasse tenter de caler la chronologie de mise en place de cette mare plus élevée dans l’îlot voisin (XII 9) étayée par un mur de postérieurement au démantèlement du site au début du ve s., soutènement. Et c’est l’éboulement progressif en plusieurs une datation radiocarbone a été effectuée à la base des argiles stades de ce mur non entretenu (dégradation de la chaux par 49 yannick labaune ET AL. dissolution, déchaussement des moellons) qui a pu à la fois topographique au sein de la ville antique, le complexe découvert fournir le matériel détritique issu de sa propre altération, ou boulevard Latouche répond bien aux deux critères permettant accumulé derrière lui, et le point d’entrée des sédiments dans la de l’identifier comme une schola vraisemblablement édifiée mare par une fissure, puis une brèche élargie au cours du temps. dans la première moitié du iie s., profondément restructurée à Là aussi, l’épaisseur des dépôts et le scénario de leur mise en l’époque tétrarchique et abandonnée au début du ve s. place plaide pour une dégradation du mur et des terrasses sur un temps long, nécessaire pour intégrer de nombreux épisodes d’orages efficaces en terme de ruissellement et la dissolution et précisions sémantiques le lessivage des mortiers de chaux. L’abattage final du mur de soutènement, dont témoignent Le terme schola, issu du grec scholè, revêt un sens à la les pierres sur chant encore liées au mortier dégradé qui repose fois abstrait, pour désigner un regroupement d’individus, une sur l’ensemble détritique, intervient à la suite et en masse école de pensée, mais aussi matériel, pour parler des locaux qui (5096, 5097). Cet abattage, naturel ou provoqué, est préalable abritent les activités qui en découlent (Cagnat, 1911). En aucun au nivellement du secteur dans une phase tardive de mise en cas, la définition du mot ne se limite à une simple équivalence culture du secteur. d’édifice collégial, réservé aux collegia, aux contours d’ailleurs difficiles à cerner (Subias Pascal, 1994 ; Carrillo Díaz-Pinés, 1995 ; Gros, 1997). Si les occurrences épigraphiques de la PISTES D’INTERPRÉTATION notion apparaissent en majorité dans ce contexte, elles peuvent aussi être observées pour des bâtiments purement militaires, Au final l’évolution du secteur du complexe monumental à l’intérieur de camps, désignant alors les bureaux chargés en ruines s’effectuerait en trois grandes phases s’échelonnant de la distribution des tâches au sein d’un corps de troupes de l’Antiquité tardive au Moyen-Âge ou à l’époque moderne (Goffaux, 2011, p. 53-63). Comme le rappelle le texte d’une (fig. 85) : inscription, érigée par les membres d’un collège et mise au 1. Création volontaire ou fortuite d’une mare assez jour à Lavinium (AE, 1998, 282), la schola est le lieu in quam conséquente au milieu des ruines et contre un mur de conuenimus [sujet : les membres du collège qui parlent à la soutènement d’une terrasse à la limite de l’îlot XII 9, après son première personne du pluriel], un bâtiment appartenant à un démantèlement. Cette mare implique une arrivée d’eau pérenne collegium, propice à la sociabilité, où les membres se réunissent à proximité du complexe monumental. notamment lors de banquets. 2. Fissuration puis création de brèches à la faveur de l’éboulement progressif du mur laissant ruisseler les sédiments provenant du mur et de la terrasse lors des crues d’orages. caractéristiques arcHitecturaLes et topograpHiques 3. Abattage en masse du reste de l’élévation du mur de Des SCHOLAE iDentifiées par L’épigrapHie soutènement et nivellement du quartier (mise en culture). et confrontation par rapport à notre Documentation Parfois, la schola se limite à un simple local associé à SYNTHÈSE : COMPARAISONS un autel, aediculum en latin, comme l’illustre la schola du ET HYPOTHÈSE D’INTERPRÉTATION collège des dendrophores Augustales du uicus de Nida (ciuitas Taunensium), salle mesurant 2,40 m sur 1,70 m (AE, 1962, DU COMPLEXE MONUMENTAL 232). De la même manière, la schola elle-même, en tant que lieu de réunion, est souvent présidée par une statue cultuelle LE COMPLEXE MONUMENTAL DE L’ÎLOT XI 9 : et comporte des ornements plus ou moins sophistiqués, selon UNE PROBABLE SCHOLA l’aisance matérielle du collegium et de ses bienfaiteurs. Comme le rappelle le formulaire des inscriptions, elle peut disposer d’un D’emblée, il faut exclure une interprétation qui ferait de fronton, d’un pronaos, de portiques, et peut être ornée au moyen ce complexe un marché, un sanctuaire (en raison de l’absence de matériaux coûteux, de statues, etc. Dans tous les cas, on d’un temple ou d’un podium), des thermes (en l’absence de retiendra avec Bertrand Goffaux que la schola demeure le lieu structures balnéaires et hydrauliques) ou bien encore le forum où se concentre « l’essence même de la nature associative », le de la cité (probablement situé ailleurs, à l’emplacement des deux terme désignant alors par synecdoque tout le complexe collégial, îlots placés au croisement du cardo principal et du decumanus quelle que soit sa taille (Goffaux, 2011, p. 66). On comprend maximus). dans ces conditions la difficulté d’identifier de telles structures L’Occident romain recèle un riche corpus d’édifices aussi disparates dans leurs composantes, empruntées à des protéiformes, bien documentés par l’archéologie et clairement topiques de l’architecture romaine, puisque l’unité du bâtiment Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ identifiés par les occurrences épigraphiques comme des demeure avant tout juridique et fonctionnelle : une inscription, scholae. Il convient de confronter cette documentation aux une statue cultuelle et quelques bancs suffisent à désigner une caractéristiques de notre édifice afin de suivre une nouvelle salle quelconque comme étant la schola d’un collegium. piste d’interprétation. L’enquête peut être conduite en s’appuyant Dans d’autres cas la schola peut correspondre à l’édifice sur trois publications récentes consacrées à la question lui-même. Ainsi la Casa dei Triclini d’Ostie siège du collegium (Goffaux, 2008, 2010 et 2011). Elle montre dans les lignes qui fabrum tignuariorum d’après CIL, XIV, 4569, ou la « scuola- suivent qu’en termes de syntaxe architecturale et d’implantation collegio » située dans l’insula II de Vélia, qui réunit un « collège 50 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 85 – Interprétation géoarchéologique de l’évolution post-antique du complexe monumental (conception, DAO : J.-P. Garcia, Université de Bourgogne). de médecins » (Fabbri, Trotta, 1989). Dans ce deuxième considérés comme des scholae monumentales 66. Il s’agit en exemple, il s’agit d’un complexe plus ample comportant de premier lieu de l’édifice d’Eumachia à Pompéi proche tout grandes similitudes architecturales avec le nôtre. Comme dans d’abord du point de vue de son organisation générale (Gros, Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ le cas autunois, cet édifice occupe la totalité d’un îlot urbain, 2002, p. 380 et Wallat, 1995 p. 345-373). L’une des particularités et son organisation interne comprenant deux cours à portiques de ce monument est aussi de posséder une façade interne ornée successives munies d’un système hydraulique complexe de vastes niches (fig. 86c). Appliqué à l’exemple autunois, s’apparente aux deux cours du monument d’Augustodunum (fig. 86b). 66. Nous ne rentrons pas dans le débat visant actuellement à réfuter pour ces Certaines caractéristiques architecturales rattachent deux édifices l’hypothèse d’interprétation comme schola et renvoyons aux le complexe du boulevard Latouche à deux autres édifices données publiées. 51 yannick labaune ET AL. ce principe de mise en œuvre permettrait de mieux comprendre la nécessité de se doter d’un mur aussi épais que M16 (3 m) : si cette caractéristique s’explique par une grande hauteur d’élévation, elle peut aussi l’être par l’adjonction dans cette épaisseur de niches décoratives. Pour les mêmes raisons, l’édifice d’Autun se rapproche aussi de l’exemple de la schola du Trajan d’Ostie (Gros, 2002, p. 380). (fig. 86d). Les comparaisons disponibles suggèrent de voir dans le complexe d’Autun un édifice aux dimensions particulièrement remarquables. Si l’on s’intéresse à l’insertion de la schola du collège dans les espaces publics des cités (Bouet, 2001 ; Goffaux, 2010 et 2011), il est permis de souligner plusieurs traits caractéristiques, toujours par rapprochement avec la documentation épigraphique. Quelques rares documents révèlent que dans le cas de collèges importants, le terrain de la schola a pu être concédé de manière officielle, par les autorités municipales, inscrivant dès lors l’édifice dans l’espace public (ainsi la schola des nautes du lac Léman, établie dans le uicus de Lousonna, qui dépendait d’Aventicum-Avenches : CIL, XIII, 5096). Néanmoins, la frontière entre espace privé et espace public, deux catégories structurantes dans l’organisation des villes du monde antique, demeure ici troublée. Comme pour un bâtiment public, les membres du collège recherchent un emplacement de choix au sein la parure monumentale (lieu de passage, îlot contigu d’un temple, etc.), emplacement destiné à souligner la visibilité de la schola, et que les Anciens désignaient par l’expression locus celeberrimus (Goffaux, 2008, p. 60). Pour autant, le bâtiment ne fait pas partie, stricto sensu, de la panoplie des ornamenta ciuitatis, autrement dit des bâtiments qui incarnent dans la pierre l’identité civique, la dignitas de la cité (Thomas, 1998, p. 263-284). Sur ce point, il convient de signaler une inscription italienne de Caere, datée de 113-114, qui commémore la fondation de la schola du collège des Augustales par un affranchi, à l’angle du portique entourant la basilique du forum appelée Sulpiciana (CIL, XI, 3614). Bien que reconnaissant le statut privé (priuatus) du bâtiment, le commanditaire rappelle au lecteur la nécessité de décorer la schola « publice … secundum dignitatem municipi », conformément à la dignité et au statut de la communauté civique. En d’autres termes, si la schola ne fait pas partie en droit des ornamenta ciuitatis, son bâtiment, par le voisinage entretenu avec la panoplie des monuments civiques, bénéficie de leur rayonnement et doit en retour contribuer à rehausser la dignitas ciuitatis. Il est très intéressant de souligner que le complexe monumental de l’îlot XI 9 s’inscrit bien dans ce schéma puisqu’il est construit sur les ruines d’anciennes maisons, dans un quartier clairement résidentiel situé à proximité immédiate du centre monumental d’Autun. Dans notre cas, la frontière – ou plutôt le trait d’union – entre les espaces publics et privés est marqué par la platea. Mieux encore, on remarquera que ce complexe monumental se situe face à l’îlot accueillant le grand temple de plan circulaire attribué à Apollon, et qu’un dialogue Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ semble lier les deux édifices : le complexe est clairement orienté en direction du temple qui le domine depuis une terrasse Fig. 86 – Planche comparative avec orientation (façade donnant sur surélevée 67 (fig. 87). la rue vers le bas) et échelle similaires : a, schola d’ Augustodunum/ En contexte civil, la schola peut être désignée à partir Autun, boulevard Latouche  ; b, schola de Vélia (première phase)  ; du nom du bienfaiteur à l’origine de sa création : sont ainsi c, édifice d’Eumachia à Pompéi  ; d, schola dite de Trajan à Ostie  ; d’après des illustrations de Gros, 2002, p. 379-380 (conception, DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). 67. Une telle notion de subordination est développée dans Bouet, 2001. 52 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Fig. 87 – Coupe des îlots XI8 et XI9 réalisée d’après la documentation archéologique conservée au service archéologique d’Autun (conception, DAO : A. Louis, Conseil général d’Eure-et-Loir). attestées une schola Laeliana à Pérouse/Perugia datée de 166 Dans le Panégyrique latin V(9), l’orateur s’adresse au (CIL, XI, 1924 = ILS, 5503) ou encore une schola Pollionis représentant du prince alors en visite d’inspection pour obtenir à Brindisi/Brundisium datée de 144 (AE, 1910, 203). Dans le l’autorisation en haut lieu de restaurer le bâtiment des écoles de cas d’Augustodunum, des scholae Maenianae, fondées par un la cité – les Maenianae scholae (§ 3, 2), ruinées depuis plusieurs Maenius, inconnu par ailleurs, sont attestées par des sources décennies (Hostein, 2010 ; 2012, p. 59-80). L’affaire s’inscrit littéraires uniques pour la Gaule centrale, qui décrivent avec dans le contexte difficile de restauration de l’Empire et des précision le centre monumental de la ville. cités, intervenue au lendemain des graves crises qui ont affecté l’Occident romain à partir des années 250. Comme cela a été démontré par ailleurs, le Panégyrique latin V(9) contient des LA SCHOLA DE L’ÎLOT XI 9 : indications institutionnelles très fiables sur le fonctionnement LES SCHOLAE MAENIANAE ? de la vie municipale et sur les relations des élites locales avec l’empereur Constance Ier (Hostein, 2012, p. 282-284 et Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ À ce stade de l’analyse, il convient de se demander si p. 461-468). Le discours d’Eumène, bien qu’imprégné de le complexe monumental découvert en fouille et identifié fleurs de rhétorique, n’est ni obscur, ni ampoulé. Au contraire, comme une schola d’après sa syntaxe architecturale et son il contient des mots précis, employés dans leur définition emplacement dans la ville pourrait, ou non, correspondre à ces technique et juridique (Hostein, 2012, p. 177-217). scholae Maenianae connues par un discours prononcé en 298 Dans cette démarche, il convient en premier lieu de par un notable originaire de la cité, Eumène, en présence du s’interroger sur le sens à donner à l’expression scholae Maenianae gouverneur de Lyonnaise. et confronter les descriptions fournies par Eumène aux vestiges 53 yannick labaune ET AL. retrouvés en fouille. Par convention, les principaux éditeurs du p. 144-145). Ces mêmes iuuenes firent un accueil chaleureux texte, depuis la redécouverte du corpus des Panegyrici latini à Constance Ier lors d’une visite qu’il convient de situer durant au milieu du xve s., traduisent scholae Maenianae par « écoles les années 293-297 (Panégyrique latin V(9), 14, 1 ; rapide méniennes » (Galletier, 1949). Or Eumène utilise une palette commentaire dans Hostein, 2012, p. 328). variée pour désigner à la fois la fonction et la nature du bâtiment Les deux grandes cours à portiques mises en évidence en question. S’agissant d’une affaire de reconstruction, le mot sur le complexe monumental de l’îlot XI 9 pourraient bien opus, qui renvoie à la matérialité du bâtiment, apparaît de loin le correspondre à des espaces de palestres ou de gymnases, plus fréquent (§ 3,4 ; 9,3 ; 10,3 ; 11,3 ; 16,3 ; 16,5 ; 17,3 ; 20,1). À à l’image de la « grande palestre » de Pompéi, permettant plusieurs reprises, il est question d’un monimentum (monument) d’associer activités intellectuelles et physiques (Gros, 2011, destiné à commémorer le fondateur ainsi que l’art oratoire p. 377-378). Sur ce dernier point, l’ambiance paramilitaire dont enseigné en ses murs (§ 4,2 ; 7,2 ; 16,6). Ailleurs, Eumène serait entouré l’édifice pourrait avoir été soulignée par des emploie le mot sedes, seul (§ 8,3) ou associé à un qualificatif : décors lapidaires. À ce titre on rappellera la découverte au sein sedes docendi (§ 17,1), litterarum (§ 5, 1 et 20,1). Enfin, il évoque de notre édifice, et plus particulièrement au niveau de la cour à deux reprises le fait que le bâtiment a vocation à favoriser les centrale à portiques (espace 5), de plusieurs fragments d’une réunions et les liens entre jeunes gens (iuuenes), en utilisant des statue équestre en calcaire de grandeur naturelle, représentant mots comme conuentus (§ 6,4) ou conciliabulum (§ 9,2). un cavalier en costume militaire. En outre nous avons souligné La vocation de lieu d’enseignement de ce bâtiment apparaît la présence à proximité du complexe monumental d’un dépôt de indéniable, et renvoie à l’attention particulière accordée à la chaufournier comportant des représentations de trophées avec paideia dans la ville d’Augustodunum depuis ses origines, boucliers, cuirasses et lances qui, par hypothèse, pourraient être comme le rappelle incidemment Tacite lors de son récit de la issus de son démantèlement (voir supra). révolte de Sacrovir (Tacite, Annales, III, 43-45). Au passage, Enfin, la façade donnant sur le cardo principal, bien rien ne permet d’affirmer qu’en 21 apr. J.-C., les jeunes qu’appréhendée au travers d’une fenêtre d’observation réduite, gens issus de la noblesse gallo-romaine (… nobilissimam suggère la présence d’un bâtiment peut-être muni de niches Galliarum subolem, liberalibus studiis ibi operatam… ; (voir infra). Partant de l’idée que ce bâtiment, en vue, pourrait sur cette expression, Badel, 2005, p. 262-263) venus faire être le lieu « où se concentre l’essence de la nature associative », l’apprentissage de la paideia recevaient leur enseignement il serait tentant, à titre d’hypothèse, de le considérer comme dans les écoles méniennes, comme on le lit parfois. Cela l’édifice abritant des salles monumentales appelées scholae paraît peu vraisemblable à une date aussi haute. Néanmoins, à Maenianae, et qui désignerait par synecdoque, pour reprendre lire le texte de plus près, il est frappant de constater combien le raisonnement de Bertrand Goffaux (2011), l’ensemble des les mots employés renvoient en particulier au phénomène structures monumentales regroupées dans cet îlot. « associatif », autrement dit à celui des collèges (collegia) au Une fois admise la possibilité de calquer la description sens antique du terme, à savoir des associations juridiques d’Eumène sur les vestiges découverts par la fouille, il est permis rassemblant des individus dans le cadre de groupes constitués de réhabiliter un passage original qui concerne la description du au niveau infracivique (Tran, 2006, p. 3-21). Or ici, s’agissant centre monumental d’Augustodunum. Certes, l’extrait s’inscrit d’enseignement, il ne peut qu’être question du collegium clairement dans un topos attendu pour une source relevant iuuentutis, du collège des iuuenes. Ce genre d’association, du genre encomiastique, à travers l’emploi d’un vocabulaire collegia iuuenum, créé par Auguste, remonte à l’époque des emprunté au champ lexical du visage (Hostein, 2011, p. 12). Pour principes iuuentutis Caius et Lucius César (Jullian, 1900 ; autant, il n’y a aucune raison de penser qu’Eumène offrirait là Mohler, 1937 ; Jacques 1980 ; Jaczynowska, 1978 ; Gros, une description fantaisiste de la topographie locale, qui plus est 2011, p. 377-378). Placés sous ce prestigieux patronage, créés devant une assemblée composée du gouverneur et des notables au départ dans les cités et municipes d’Italie, leur vocation, locaux, réunie dans ces lieux mêmes. La description en question comme le rappelle Pierre Gros, était « d’assurer la formation intervient à un moment où Eumène cherche à convaincre son paramilitaire et particulièrement équestre des jeunes hommes auditoire de la nécessité de restaurer ce bâtiment en ruines, des classes dirigeantes » (Gros, 2011, p. 378). À Pompéi, la dont la présence déshonore les monuments et temples civiques « grande palestre », située tout près de l’amphithéâtre, véritable avoisinants (§ 9, 3-4) : campus iuuentutis (sur la notion de campus : Devijver, van 3. Ad hoc, Vir perfectissime, opus istud reddit inlustrius Wonterghem, 1984-1985 ; Devijver, 1994 ; Bouet, 1999), et cum ipsorum Caesarum, tum etiam omnium hominum offrirait un exemple remarquable d’une telle installation en adspectui promptius, quod praecipuo est loco positum parfaite conformité avec le programme d’équipement des quasi inter ipsos oculos ciuitatis, inter Apollinis templum villes développé sous Auguste (Gros, 2011, p. 377-378). Chez atque Capitolium. 4. Quo magis est etiam sacrosancta sedes les Éduens, qui ont pu bénéficier du droit latin à date haute, utriusque lateris ueneranda confinio utriusque (late selon Augustodunum pouvant être envisagée comme une colonie D. Lassandro) numinis instauranda respectu, ne fana longe Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ latine d’époque augustéenne (Hostein, 2012, p. 379-411), le omnium in hac urbe pulcherrima labes media deformet, collegium des iuuenes est attesté en 69 apr. J.-C. par Tacite, praesertim cum mihi uideatur ipse ille qui Maeniana haec à propos de la répression conduite par Vitellius contre les primus exstruxit idcirco ea illic potissimum conlocasse, 8000 insurgés commandés par le Boïen Marriccus (Tacite, ut ueluti cognato uicinorum sibi numinum tenerentur Histoires, II, 61). La révolte fut matée rapidement suite amplexu, cum augustissima tecta litteris dedicata inde à l’intervention de détachements de cohortes légionnaires Athenarum conditrix Minerua conspiceret, hinc Apollo auxquelles furent associés des iuuenes de la cité (Cosme, 2012, medius Camenarum. 54 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun Dans le même paragraphe, Eumène évoque indirectement cella du temple à Apollon ayant pu inciter Eumène à recourir à le cardo principal de la cité, toujours à propos des écoles, pour l’image des yeux pour le décrire. En outre, le bâtiment s’érige le signaler que la façade du bâtiment, particulièrement visible, long de la voie principale qui ne peut être que le cardo principal. s’ouvre sur cette voie empruntée par les visiteurs de marque : Une fois ces indications topographiques prises en compte, il 1. Et sane, Vir perfectissime, interest etiam gloriae convient de considérer que par leur nature, les écoles méniennes quam tanti principes tot uictoriis ac triumphis merentur, devaient très probablement s’élever dans un espace non pas ut ingenia quae canendis eorum uirtutibus excoluntur public mais privé : en cela la rangée d’îlots d’habitats située non intra priuatos parietes sed in publica ostentatione à l’est du cardo principal et de la platea semble un secteur et in ipso urbis istius ore uegetentur. 2. Quid autem hautement probable. Trois îlots situés quasi (presque) inter magis in facie uultuque istius ciuitatis situm est quam oculos ciuitatis peuvent dès lors figurer parmi les candidats haec eadem Maeniana in ipso transitu aduenientium huc potentiels. Il s’agit en premier lieu de l’îlot IX-X 9 au milieu des inuictissimorum principum constituta ? deux espaces : cet emplacement avait logiquement été proposé En résumé, au cœur de la ville, se trouvaient deux aires dans une première étude 68 (Hostein, 2011). Depuis la fouille monumentales composées des ornamenta civitatis les plus suggère qu’il abrite plutôt des domus. On peut aussi retenir remarquables. l’îlot VIII-IX 9 à conditionner de positionner le forum dans les Il s’agit d’une part de l’area forensis qui comprenait, outre îlots VIII-IX 8 et IX-X 8. La documentation est cependant trop un forum (§ 1,1 et 3,1), un temple du culte impérial et un sedes indigente pour se prononcer. Il reste un dernier emplacement iustitiae (§ 1, 2 – une basilique ?) où Eumène prononce son possible, l’îlot XI 9, qui abrite précisément l’édifice découvert discours. La documentation nous invite à placer l’area forensis en fouille répondant aux caractéristiques fonctionnelles et sur l’îlot VII-IX 8 et la faire se poursuivre sur les îlots VIII-IX 9 topographiques d’une schola. Ainsi, rien ne s’oppose dans la ou IX-X 8 (supra). documentation disponible à ce que ce l’édifice découvert dans Le second secteur concerne un temple dédié à Apollon. l’îlot XI 9 corresponde aux Maenianae évoquées par Eumène. Les indices actuellement disponibles permettent de l’identifier Quelle que soit la fonction assignée à ce vaste complexe, au grand temple circulaire à plan centré situé dans l’îlot XI 8 sa découverte illustre avec éclat l’entreprise de restauration (supra). monumentale intervenue au tournant des années 300 dans Le bâtiment des écoles se trouve « presque » au milieu de la ville d’Augustodunum. Assurément, la reconstruction ces deux espaces si l’on traduit le terme quasi dans son sens d’Augustodunum/Autun intervenue à l’époque tétrarchico- spatial, et non pour signifier une approximation, comme l’a constantinienne ne fut pas « un mythe » (Rebourg, 1998, fait Édouard Galletier en proposant la traduction : « pour ainsi p. 220 ; Hostein, 2010 ; 2012, p. 174-175). dire » (Galletier, 1949, p. 129). Ces espaces sont considérés comme les yeux (oculi) de la cité, la forme circulaire de la 68. Préalablement à la découverte du complexe monumental. ANNEXE CATALOGUE DES MONNAIES 1. US 000 – Tranché C – hors stratigraphie. SALVS REIPVBLICAE. Victoire ailée tirant un AE. 0, 99 g – 5 h. captif vers la g. -/-//-- atelier indéterminé (imitation) ; après 270. [DIVO CLAVDIO]. Buste radié à dr. 4. US 5002 – Tranche B – Sondage 5. CONSECRATIO. Aigle aux ailes déployées. AE. 1, 42 g – 12 h. Cunetio 2314-2315. -/•/-//฀[---]฀atelier฀indéterminé฀;฀383-388. DN[---]VSPFAVG. Buste diadémé, drapé et 2. US 000 – Tranche C – hors stratigraphie. cuirassé à dr. (dynastie théodosienne). AE. 2, 33 g – 6 h. VICTORIA AVGGG. Deux victoires ailées face Barre. 1864. à face. NAPOLEON III / EMPEREUR. Tête laurée à g., signée Barre. 5. US 5002 – Tranche B – Sondage 5. EMPIRE FRANÇAIS//50 CENT/1864/ ?. AE. 1, 99 g – 12 h. Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ Couronne impériale. O/FII//LVGA ; Lyon, 2e officine, 2e groupe ; 367-375. DN VALENTINI / ]---[PFAVG. Buste diadémé, 3. US 5002 – Tranche B – Sondage 5. drapé et cuirassé à dr. de Valentinien I. AE. 1, 04 g – 6 h. GLORIA RO / MANORVM. Empereur debout £/-// [---] atelier oriental ( ?) indéterminé ; 388-392. de face, tenant le labarum dans la main g. et posant DN[---]VSPFAVG. Buste diadémé, drapé et la main sur la tête d’un prisonnier à demi agenouillé. cuirassé à dr. (dynastie théodosienne). RIC 20a ; Bastien 89. 55 yannick labaune ET AL. 6. US 5002 – Tranche B – Sondage 5. 13. US 5060 – Tranche B – Sondage 5. AE. 1, 92 g – 5 h. AE. 3, 10 g – 6 h. -/-// [---] atelier indéterminé ; 392-395. -/-//LVGP ou LVGS ; Lyon ; 1re ou 2e officine ; 381-382. DN THEODO / SIVS P[---. Buste diadémé, drapé DN GRATIA / NV S PF AVG. Buste diadémé, et cuirassé à dr. drapé et cuirassé à dr. ---]ANO[---. Empereur debout, de face, tenant le REPARATIO [---. Empereur debout, de face, labarum dans la main g. et un globe nicéphore dans vers la g., tenant un globe nicéphore et relevant une la main dr. allégorie féminine tourelée, agenouillée. RIC 28a1 = Bastien 178f. 7. US 5023 – Tranche B – Sondage 5. AE. 2, 31 g – ? h. 14. US 5063 – Tranche B – Sondage 5. -/-// [---] atelier indéterminé ; datation incertaine. AE. 0, 94 g – 12 h. Droit illisible, monnaie cassée et très érodée. -/-// [---] ; Atelier indéterminé ; 389-392. Revers illisible. DN THEODO / SIVS PF A[---. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. 8. US 5023 – Tranche B – Sondage 5. VICTOR [---. Victoire ailée, tenant une couronne, AE. 0, 42 g – ? h. vers la g. -/-// [---] atelier indéterminé ; datation incertaine. Imitation radiée, Tétricus. 15. US 5063 – Tranche B – Sondage 5. AE. 1, 22 g – 6 h. 9. US 5023 – Tranche B – Sondage 5. -/-// [---] atelier oriental indéterminé ; 388-392. AE. 1, 59 g – 12 h. Légende illisible. Buste diadémé, drapé et cuirassé, O/FII//LVG•S฀ ;฀ ฀ Lyon,฀ 2e officine, 4e groupe ; à dr. 366-367. SALV[---]R[---. Victoire ailée tirant un captif vers DN VALENTIN / [-]ANVS PF AVG. Buste la g. diadémé, drapé et cuirassé à dr. GLORIA RO / MANORVM. Empereur debout, 16. US 5073 – Tranche B – Sondage 5. de face, tenant le labarum dans la main g. et posant la AE. 1, 08 g – ? h. main sur la tête d’un prisonnier agenouillé. -/-// [---] atelier indéterminé ; Constantin et ses fils. RIC 10a ; Bastien 44. CONSTA / NTI[---. Buste diadémé, drapé et cuirassé, à dr. 10. US 5038 (interface 5032/5038) – Tranche B – Légende illisible. Type indéterminé. Sondage 5. AE. 1, 1 g – 12 h. 17. US 7000 (hors stratigraphie) – Tranche C – -/-// [---] atelier occidental ; 387-388. Sondage 7. DN MAG MAX / [---] F [---]. Buste diadémé, AE. 1, 31 g – ? h. drapé et cuirassé à dr. -/-// [---] atelier indéterminé ; datation indéterminée. SPES / RO / MA /NOR [---]. Porte de camp à deux Légendes illisibles. Type indéterminé. tourelles ; au-dessus, une étoile. 18. US 7001 – Tranche C – Sondage 7. 11. US 5038 (interface 5032/5038) – Tranche B – AE. 0, 75 g – ? h. Sondage 5. -/-// [---] atelier indéterminé ; datation indéterminée. AE. 0, 81 g – 6 h. Légendes illisibles. Type indéterminé. -/-//CON ; Arles ; 1re ou 2e officine ; 389-392. DN THEODO / SIVS PF AVG. Buste diadémé, 19. US 7002 (iso 23) – Tranche C – Sondage 7. drapé et cuirassé à dr. AE. 1, 13 g – ? h. VICT[----] AVGGG. Victoire ailée, tenant une -/-// [---] atelier indéterminé ; datation indéterminée. couronne, vers la g. Légendes illisibles. Type indéterminé. Aes 4 ? RIC 30d. 20. US 7002 (iso 25) – Tranche C – Sondage 7. 12. US 5060 – Tranche B – Sondage 5. AE. 1, 09 g – 11 h. AE. 3, 03 g – 6 h. -/-// [---] atelier indéterminé ; 389-402. Gallia, 70-2, 2013, p. ฀฀฀-฀฀฀ OF-TE/I-R//LVG ; Lyon ; 1re officine, 5e groupe ; Légende illisible. Buste diadémé, drapé et cuirassé, 367-375. à dr. ---]ALEN / S PF AVG. Buste diadémé, drapé et VICTOR / I [---. Victoire ailée vers la g. cuirassé à dr. SECVRITAS REIPVBLICAE. Victoire ailée, 21. US 7010 (iso 6) – Tranche C – Sondage 7. tenant une palme et une couronne, vers la g. AE. 0, 98 g – 6 h. RIC 21a = Bastien 143. -/-// [---] atelier indéterminé ; 389-392. 56 une SCHOLA monumentale Découverte boulevarD FréDéric-latouche à AUGUSTODUNUM / autun DN ARCAD[---]. Buste diadémé, drapé et cuirassé, AE. 1, 19 g – 6 h. à dr. -/-// [---] atelier indéterminé ; 389-392. VICTOR / I [---. Victoire ailée vers la g. DN THEO[---]PF AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé, à dr. 22. US 7033 sur 7035 (iso 12) – Tranche C – Sondage 7. VICT[---]AVG[---. Victoire ailée vers la g. AE. 0, 85 g – 6 h. -/-// [---] atelier indéterminé ; 389-402. DN A[---]G. Buste diadémé, drapé et cuirassé, à dr. 24. US 8004 (iso 20) – Tranche C – Sondage 7. VICTOR / IA AVGGG. Victoire ailée vers la g. AE. 1, 12 g – 6 h. -/-// [---] atelier indéterminé ; 389-402. 23. US 8000 (hors stratigraphie) – Tranche C – DN[---]. Buste diadémé, drapé et cuirassé, à dr. Sondage 7. Légende illisible. Victoire ailée vers la g. BIBLIOGRAPHIE Abréviations APC Association des publications chauvinoises. AE L’Année épigraphique. CAG Carte archéologique de la Gaule. CIL Corpus Inscriptionum Latinarum. CUF Collections des Universités de France. DAF Document d’archéologie française. DRAC Direction régionale des affaires culturelles. EFR École française de Rome. ENS École normale supérieure. MSH Maison des sciences de l’homme. MSE Mémoires de la société éduenne. PUFC Presses universitaires franc-comtoises. RAE Revue archéologique de l’Est. 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  5. US 5002 -Tranche B -Sondage 5. AE. 1, 42 g -12 h. -/•/-//[---]atelierindéterminé;383-388. DN[---]VSPFAVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. (dynastie théodosienne).
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  9. US 5002 -Tranche B -Sondage 5. AE. 1, 92 g -5 h. -/-// [---] atelier indéterminé ; 392-395.
  10. DN THEODO / SIVS P[---. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. ---]ANO[---. Empereur debout, de face, tenant le labarum dans la main g. et un globe nicéphore dans la main dr.
  11. US 5023 -Tranche B -Sondage 5. AE. 2, 31 g -? h. -/-// [---] atelier indéterminé ; datation incertaine. Droit illisible, monnaie cassée et très érodée. Revers
  12. US 5023 -Tranche B -Sondage 5. AE. 1, 59 g -12 h.
  13. O/FII//L V G•S;L yon,2 e officine, 4 e groupe ;
  14. -367. DN VALENTIN / [-]ANVS PF AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. GLORIA RO / MANORVM. Empereur debout, de face, tenant le labarum dans la main g. et posant la main sur la tête d'un prisonnier agenouillé. RIC 10a ; Bastien 44.
  15. US 5038 (interface 5032/5038) -Tranche B - Sondage 5. AE. 1, 1 g -12 h. -/-// [---] atelier occidental ; 387-388.
  16. DN MAG MAX / [---] F [---].
  17. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. SPES / RO / MA /NOR [---].
  18. US 5038 (interface 5032/5038) -Tranche B - Sondage 5. AE. 0, 81 g -6 h. -/-//CON ; Arles ; 1 re ou 2 e officine ; 389-392.
  19. DN THEODO / SIVS PF AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. VICT[----] AVGGG. Victoire ailée, tenant une couronne, vers la g. RIC 30d.
  20. US 5060 -Tranche B -Sondage 5. AE. 3, 03 g -6 h. OF-TE/I-R//LVG ; Lyon ; 1 re officine, 5 e groupe ;
  21. 375. ---]ALEN / S PF AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. SECVRITAS REIPVBLICAE. Victoire ailée, tenant une palme et une couronne, vers la g. RIC 21a = Bastien 143.
  22. US 5060 -Tranche B -Sondage 5. AE. 3, 10 g -6 h. -/-//LVGP ou LVGS ; Lyon ; 1 re ou 2 e officine ; 381-382.
  23. DN GRATIA / NV S PF AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. REPARATIO [---. Empereur debout, de face, vers la g., tenant un globe nicéphore et relevant une allégorie féminine tourelée, agenouillée. RIC 28a1 = Bastien 178f.
  24. US 5063 -Tranche B -Sondage 5. AE. 0, 94 g -12 h. -/-// [---] ;
  25. Atelier indéterminé ; 389-392.
  26. DN THEODO / SIVS PF A[---. Buste diadémé, drapé et cuirassé à dr. VICTOR [---. Victoire ailée, tenant une couronne, vers la g.
  27. US 5063 -Tranche B -Sondage 5. AE. 1, 22 g -6 h. -/-// [---] atelier oriental indéterminé ; 388-392. Légende illisible. Buste diadémé, drapé et cuirassé, à dr. SALV[---]R[---.
  28. US 5073 -Tranche B -Sondage 5. AE. 1, 08 g -? h. -/-// [---] atelier indéterminé ; Constantin et ses fils. CONSTA / NTI[---. Buste diadémé, drapé et cuirassé, à dr. Légende illisible. Type indéterminé.
  29. US 7000 (hors stratigraphie) -Tranche C - Sondage 7. AE. 1, 31 g -? h. -/-// [---] atelier indéterminé ; datation indéterminée. Légendes illisibles. Type indéterminé.
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Conseil Général 28 (Eure-et-Loir), Department Member
INRAP, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, Faculty Member